{"id":8745,"date":"2014-05-21T00:49:56","date_gmt":"2014-05-21T00:49:56","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=8745"},"modified":"2014-05-21T00:52:16","modified_gmt":"2014-05-21T00:52:16","slug":"gett-ou-lhistoire-dun-divorce-impossible-en-israel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/gett-ou-lhistoire-dun-divorce-impossible-en-israel\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Gett\u00a0\u00bb, ou l&rsquo;histoire d&rsquo;un divorce impossible en Isra\u00ebl"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p><header> <\/header>\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&quot;Gett&quot;, ou l&#39;histoire d&#39;un divorce impossible en Isra&euml;l<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div style=\"font-size: 12px;\">\n<div itemprop=\"author\" itemscope=\"\" itemtype=\"http:\/\/schema.org\/Person\">\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<p>\n\tPr&eacute;sent&eacute; &agrave; la Quinzaine des R&eacute;alisateurs le formidable film de Ronit Elkabetz et de son fr&egrave;re cadet Shlomi, montre pour la premi&egrave;re fois les tribunaux rabbiniques isra&eacute;liens au cin&eacute;ma.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div style=\"font-size: 12px;\">\n<div itemprop=\"articleBody\">\n<p>\n\t\t\tTrois films, trois huis-clos. &quot;Prendre femme&quot; cueillait Viviane (Ronit Elkabetz), coiffeuse au teint p&acirc;le, aux yeux baiss&eacute;s et &agrave; la crini&egrave;re de lionne, dans son appartement de Tel-Aviv : elle ne supportait plus la cohabitation avec Elisha, son mari (Simon Abkarian) et affrontait une cohorte de m&acirc;les mena&ccedil;ants &#8211; p&egrave;re, fr&egrave;res, rabbin, amis &#8211; tous acharn&eacute;s &agrave; la faire rentrer dans le rang.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&quot;Les Sept Jours&quot;, ancr&eacute;s en 1991, pendant la premi&egrave;re guerre du Golfe, enfermait, sur fond de sir&egrave;nes d&rsquo;alerte, Viviane et les siens dans une vaste demeure, p&eacute;rim&egrave;tre propice aux r&egrave;glements de comptes, pendant les sept jours r&eacute;glementaires suivant un deuil familial. &quot;Gett&quot; confronte Viviane &agrave; un tribunal rabbinique, dont nul ne sortira pendant une heure cinquante-cinq.<\/p>\n<p>\n\t\t\tElle y demande enfin le divorce d&rsquo;avec Elisha, processus incertain et houleux qui va prendre des mois. Viviane, vaguement inspir&eacute;e de la m&egrave;re des r&eacute;alisateurs mais aussi de toutes les femmes en guerre contre un environnement patriarcal et r&eacute;pressif, est interpr&eacute;t&eacute;e depuis 2004 par Ronit Elkabetz, masque n&ocirc; et gestuelle volcanique, qu&rsquo;on compare avec raison &agrave; Falconetti, &agrave; la Callas ou &agrave; Magnani.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Tribunal rabbinique<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tLe dispositif du Bressonnien &quot;Gett&quot; est d&rsquo;une simplicit&eacute; confondante : d&rsquo;un c&ocirc;t&eacute; Viviane, de l&rsquo;autre Elisha, assis &agrave; des tables d&rsquo;&eacute;coliers, avec leurs deux avocats (celui de Viviane la d&eacute;sire visiblement, celui d&rsquo;Elisha ergote) dans la salle d&rsquo;audience. Face &agrave; eux, sur une estrade en surplomb pour bien signifier leur position dominante, les trois membres du tribunal rabbinique.<\/p>\n<p>\n\t\t\tEn&nbsp;<a href=\"http:\/\/tempsreel.nouvelobs.com\/tag\/israel\">Isra&euml;l<\/a>, lorsqu&rsquo;une femme accepte d&rsquo;&eacute;pouser un homme, elle est aussit&ocirc;t priv&eacute;e du &quot;guet&quot; de divorce, et doit remuer ciel et terre pour rompre les liens du mariage et retrouver son ind&eacute;pendance. Seul son &eacute;poux, qui a le droit de son c&ocirc;t&eacute;, peut la lib&eacute;rer.<\/p>\n<p>\n\t\t\tViviane veut obtenir ce divorce &agrave; tout prix. Elisha s&rsquo;obstine &agrave; le lui refuser. Quant aux rabbins, ils essaient de gagner du temps sous les pr&eacute;textes les plus absurdes pour &eacute;viter la catastrophe &quot;nuisible &agrave; la soci&eacute;t&eacute;&quot; que repr&eacute;sente encore, pour le pays, l&rsquo;&eacute;clatement d&rsquo;un foyer. &quot;Prendre femme&quot;, succession de gros plans, pla&ccedil;ait Viviane face &agrave; elle-m&ecirc;me. &quot;Les Sept Jours&quot;, en plans larges, la mettait face &agrave; la soci&eacute;t&eacute; (le clan). &quot;Gett&quot;, tourn&eacute; des diff&eacute;rents points de vue des protagonistes, l&rsquo;enserre entre les quatre murs d&rsquo;un univers de plus en plus r&eacute;tr&eacute;ci, o&ugrave; elle doit affronter une loi inique et pervertie.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Magnifique plaidoyer<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tDans les premi&egrave;res s&eacute;quences du film, Ronit et Shlomi Elkabetz ne montrent pas Viviane, elle n&rsquo;appara&icirc;t qu&rsquo;au mot &quot;non&quot;. Elle vient, en effet, d&rsquo;&ecirc;tre d&eacute;bout&eacute;e dans ce dr&ocirc;le de proc&egrave;s qui ne respire pas la plus grande des objectivit&eacute;s.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLe film la force &agrave; se battre : c&rsquo;est alors un western muet de regards expressionnistes entre elle, magnifi&eacute;e dans ses peines muettes comme dans ses rares d&eacute;bordements, et Elisha. &quot;Des sc&egrave;nes &agrave; la Sam Peckinpah, mais &agrave; huis clos&quot;, commentent les r&eacute;alisateurs. Il la force aussi &agrave; se surveiller : sa voix p&egrave;se peanuts, elle se sait col&eacute;rique, braillarde, incontr&ocirc;lable, et les rabbins s&rsquo;empressent de lui clouer le bec &agrave; la moindre occasion.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&quot;Gett&quot; alterne les tons (<a href=\"http:\/\/tempsreel.nouvelobs.com\/tag\/abattement\">abattement<\/a>&nbsp;ou r&eacute;volte, trag&eacute;die et farce pass&eacute;e au brou de l&rsquo;humour noir) et fait appel &agrave; une kyrielle de t&eacute;moins qui dressent un portrait de la soci&eacute;t&eacute; isra&eacute;lienne et prennent le spectateur &agrave; t&eacute;moin: compagnons de synagogues d&rsquo;Elisha convaincus de l&rsquo;inf&eacute;riorit&eacute; des femmes, voisine de Viviane prisonni&egrave;re de clich&eacute;s, couple d&rsquo;immigrants venus des pays arabes cadenass&eacute; dans leur mode hypocrite de conduite et de pens&eacute;e.<\/p>\n<p>\n\t\t\tEntre rage contenue et frustration, combativit&eacute; et abdication, Ronit Elkabetz, qui, de &quot;Mon tr&eacute;sor&quot;, de Keren Yedaya, &agrave; &quot;Alila&quot;, d&rsquo;Amos Gita&iuml;, milite dans presque tous ses films contre les archa&iuml;smes, est g&eacute;niale de bout en bout. &quot;Gett&quot; se termine sur un plan de ses pieds. A demi-victorieuse- mais &agrave; quel prix ? &#8211; elle marche enfin vers cet avenir qu&rsquo;il lui faudra demain construire.<\/p>\n<p>\n\t\t\tSophie Grassin &#8211; Le Nouvel Observateur<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; &nbsp; &quot;Gett&quot;, ou l&#39;histoire d&#39;un divorce impossible en Isra&euml;l &nbsp; &nbsp; Pr&eacute;sent&eacute; &agrave; la Quinzaine des R&eacute;alisateurs le formidable film de Ronit Elkabetz et de son fr&egrave;re cadet Shlomi, montre pour la premi&egrave;re fois les tribunaux rabbiniques isra&eacute;liens au cin&eacute;ma. &nbsp; Trois films, trois huis-clos. &quot;Prendre femme&quot; cueillait Viviane (Ronit Elkabetz), coiffeuse au teint&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":18928,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[33,35,1],"tags":[],"class_list":["post-8745","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-cinema","category-tel-aviv","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8745","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8745"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8745\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/18928"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8745"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8745"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8745"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}