{"id":8807,"date":"2015-07-02T00:09:27","date_gmt":"2015-07-02T00:09:27","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=8807"},"modified":"2015-07-03T00:52:55","modified_gmt":"2015-07-03T00:52:55","slug":"les-francais-de-tunisie-en-images","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/les-francais-de-tunisie-en-images\/","title":{"rendered":"Les Fran\u00e7ais de Tunisie en images"},"content":{"rendered":"<table style=\"width:995px;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<div style=\"clear:both;\">\n\t\t\t\t\tLes Fran&ccedil;ais de Tunisie en images<\/div>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div aria-labelledby=\"ctl00_PlaceHolderMain_ctl01_RichImageField1_label\" id=\"ctl00_PlaceHolderMain_ctl01_RichImageField1__ControlWrapper_RichImageField\">\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<div aria-labelledby=\"ctl00_PlaceHolderMain_ctl01_RichImageField1_label\">\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<div aria-labelledby=\"ctl00_PlaceHolderMain_ctl01_RichImageField1_label\">\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<div aria-labelledby=\"ctl00_PlaceHolderMain_ctl01_RichImageField1_label\">\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<div aria-labelledby=\"ctl00_PlaceHolderMain_ctl01_RichImageField1_label\">\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<div aria-labelledby=\"ctl00_PlaceHolderMain_ctl01_RichHtmlField1_label\" id=\"ctl00_PlaceHolderMain_ctl01_RichHtmlField1__ControlWrapper_RichHtmlField\">\n\t\t\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<p>\n\t\t\tGenevi&egrave;ve Falgas<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div>\n\t\tTexte de communication au S&eacute;minaire doctoral de l&#39;Institut de recherche et d&rsquo;&eacute;tudes du monde arabe et musulman (IREMAM) &agrave; la Maison M&eacute;diterran&eacute;enne des Sciences de l&rsquo;Homme (MMSH), 17 mai 2010, Aix-en-Provence.<\/div>\n<div>\n\t\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<div>\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<div aria-labelledby=\"ctl00_PlaceHolderMain_ctl01_ctl02_label\" id=\"ctl00_PlaceHolderMain_ctl01_ctl02__ControlWrapper_RichHtmlField\">\n<blockquote dir=\"ltr\">\n<p>\n\t\t\t\t\t<em>&laquo;&nbsp;Les Fran&ccedil;ais de Tunisie en images d&rsquo;apr&egrave;s des albums de photos&nbsp;&raquo;<\/em>, le sujet ainsi&nbsp;pos&eacute; est apparu tr&egrave;s complexe d&egrave;s le d&eacute;part&nbsp;: de simples photos de famille peuvent-elles refl&eacute;ter l&rsquo;histoire d&rsquo;une communaut&eacute; tout enti&egrave;re&nbsp;? Peuvent-elles, en d&rsquo;autres termes, nous aider &agrave; nous repr&eacute;senter la vie des Fran&ccedil;ais de Tunisie &agrave; l&rsquo;&eacute;poque du protectorat&nbsp;?&nbsp;<br \/>\n\t\t\t\t\tPour tenter d&rsquo;y r&eacute;pondre, une&nbsp;introduction&nbsp;pr&eacute;cisera l&rsquo;origine des sources, c&rsquo;est-&agrave;-dire du corpus de photos sur lequel repose cette &eacute;tude.<br \/>\n\t\t\t\t\tPuis, dans une&nbsp;deuxi&egrave;me partie, seront pr&eacute;sent&eacute;es une s&eacute;lection de ces photos.&nbsp;<br \/>\n\t\t\t\t\tEt en&nbsp;conclusion, nous serons amen&eacute;s &agrave; d&eacute;gager des pistes de r&eacute;flexion sur la pr&eacute;sence fran&ccedil;aise en Tunisie entre 1881 et 1964.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"margin-left:-1cm;\">\n\t\t\t\t&nbsp;&nbsp;<\/p>\n<h1>\n\t\t\t\tINTRODUCTION<\/h1>\n<h2>\n\t\t\t\tQuelles sont ces sources et d&rsquo;o&ugrave; proviennent-elles&nbsp;?<\/h2>\n<p>\n\t\t\t\tAvec le temps, j&rsquo;ai rassembl&eacute; plus de 700 photos. Cependant, elles se rapportent en grande partie au milieu agricole et on pourrait regretter &agrave; premi&egrave;re vue le manque de vari&eacute;t&eacute; dans l&rsquo;origine de ces sources. En effet, la population agricole ne repr&eacute;sentait que 10 &agrave; 12 % de l&rsquo;ensemble de la population fran&ccedil;aise de Tunisie, qui s&rsquo;&eacute;levait &agrave; 180 000 personnes en 1956 &ndash; dernier recensement de la p&eacute;riode du protectorat (250 000 pour la population totale europ&eacute;enne)&nbsp;<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>. Le reste, 80%, &eacute;tant constitu&eacute; de tous les corps de m&eacute;tiers qui rel&egrave;vent habituellement de la vie en soci&eacute;t&eacute;&nbsp;: fonctionnaires, artisans, commer&ccedil;ants, professions lib&eacute;rales, militaires, etc.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tDans cet ensemble, on peut distinguer plusieurs s&eacute;ries de documents. Un premier fonds de plus de 400 photos provient d&rsquo;une m&ecirc;me famille, originaire de Lyon&nbsp;: elle resta, sur le long terme, de souche purement fran&ccedil;aise, contractant des alliances avec des familles souvent originaires de Lyon. Claude Charmetant, le premier de cette famille &agrave; &ecirc;tre venu en Tunisie en 1880<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>, &eacute;tait un industriel soyeux<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>, d&rsquo;une aisance financi&egrave;re appr&eacute;ciable, qui cherchait des d&eacute;bouch&eacute;s pour sa fabrication. Il sillonna le Maghreb, Tripoli, Djibouti, se faisant son propre repr&eacute;sentant de commerce. Il appr&eacute;cia particuli&egrave;rement la Tunisie et y acheta un domaine de 200 hectares dans la r&eacute;gion de Tunis &ndash; comme l&rsquo;avaient fait, quelques ann&eacute;es auparavant, la poign&eacute;e de capitalistes venus dans ce pays d&egrave;s que la France s&rsquo;y fut implant&eacute;e&nbsp;: la terre<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>&nbsp;passait pour &ecirc;tre un bon placement dans cette nouvelle colonie. Ces premiers arrivants firent construire de belles demeures o&ugrave; ils venaient passer l&rsquo;hiver comme ils allaient auparavant sur la C&ocirc;te d&rsquo;Azur, tout en g&eacute;rant leurs affaires avant de retourner en France. La presse, par allusion &agrave; ce mode de vie, les appela les&nbsp;<em>hiverneurs<\/em>. Pour en revenir &agrave; Claude Charmetant, c&rsquo;&eacute;tait un homme instruit, entreprenant, curieux de la connaissance du monde &ndash; il fut &agrave; l&rsquo;origine de la Soci&eacute;t&eacute; de G&eacute;ographie de Lyon &ndash; et appartenait &agrave; la bourgeoisie catholique lyonnaise o&ugrave; la tradition missionnaire &eacute;tait compatible avec la colonisation. Il adh&eacute;rait certainement &agrave; l&rsquo;air du temps, c&rsquo;est-&agrave;-dire &agrave; la th&eacute;orie de certains &eacute;conomistes fran&ccedil;ais, tel Paul Leroy-Beaulieu qui pr&ocirc;nait l&rsquo;expansion coloniale&nbsp;: la vieille Europe, de civilisation ancienne, &eacute;tait appauvrie dans ses richesses naturelles et devait donc aller les chercher ailleurs, l&agrave; o&ugrave; personne ne savait les exploiter, &agrave; condition que cette exploitation f&ucirc;t aussi profitable aux peuples colonis&eacute;s<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>. Le Lyonnais ne v&eacute;cut pas &agrave; demeure en Tunisie, mais il y installa deux de ses douze enfants&nbsp;: c&rsquo;est un des fils<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>&nbsp;qui rassembla ces photos, les annotant avec soin.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tUn second fonds de 250 photos environ provient, non plus des membres d&rsquo;une seule famille, mais de Fran&ccedil;ais d&rsquo;origines diverses, implant&eacute;s dans une m&ecirc;me r&eacute;gion agricole, &agrave; environ quatre-vingts kilom&egrave;tres au sud de Tunis, o&ugrave; furent cr&eacute;&eacute;s quelques-uns de ce que la direction (minist&egrave;re) de l&rsquo;Agriculture en Tunisie appela des &laquo;&nbsp;villages de colonisation<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a>&nbsp;&raquo;&nbsp;: je reviendrai plus loin sur ces villages.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tEnfin, un troisi&egrave;me fonds tr&egrave;s disparate d&rsquo;environ 100 photos, vient apporter une certaine diversit&eacute; dans l&rsquo;origine des sources, &eacute;manant de milieux plus divers&nbsp;: militaires, fonctionnaires, artisans, employ&eacute;s de soci&eacute;t&eacute;s, etc.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tTout compte fait, cet ensemble de 700 photos pr&eacute;sente des sources plus diversifi&eacute;es qu&rsquo;il n&rsquo;y paraissait au d&eacute;part.<\/p>\n<h2>\n\t\t\t\tDe quoi t&eacute;moignent-elles&nbsp;?<\/h2>\n<p>\n\t\t\t\tLes photos du premier fonds retracent la vie d&rsquo;une famille, suivant le titre donn&eacute;, en premi&egrave;re page de l&rsquo;album, par celui qui les a rassembl&eacute;es et annot&eacute;es&nbsp;:<em>&laquo;&nbsp;Souvenirs de Tunisie. Nos<\/em>&nbsp;<em>peines et nos joies&nbsp;&raquo;<\/em>. Et plus bas, il pr&eacute;cise&nbsp;:&nbsp;<em>&laquo;&nbsp;Notre habitat et sc&egrave;nes de notre vie en Tunisie de 1913 &agrave; 1964. Ces photos portent t&eacute;moignage de ce que furent pendant cette p&eacute;riode nos activit&eacute;s familiales et professionnelles&nbsp;<\/em><a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a><em>&raquo;<\/em>. C&rsquo;est donc une chronique que retracent ces &laquo;&nbsp;images&nbsp;&raquo;, racontant l&rsquo;implantation d&rsquo;une famille devenue tr&egrave;s nombreuse, parlant des lieux o&ugrave; se sont &eacute;tablis successivement les uns et les autres, montrant les saisons et le temps qui passe, jusqu&rsquo;&agrave; la fin de cette existence familiale en Tunisie.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tPour le deuxi&egrave;me fonds, c&rsquo;est plut&ocirc;t une vie sociale collective qui se d&eacute;gage des trois-quarts des photos consult&eacute;es&nbsp;: celle que menaient les Fran&ccedil;ais dans ces &laquo;&nbsp;villages de colonisation&nbsp;&raquo;, &agrave; l&rsquo;occasion surtout des festivit&eacute;s qui jalonnaient la vie quotidienne, alors que le temps des travaux les dispersaient dans leurs fermes.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tCes deux premiers fonds pr&eacute;sentent aussi des photos qui illustrent certains aspects de la vie &agrave; Tunis, entrouvrant des portes par lesquelles on devine, pour ceux qui vivaient &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur des terres, d&rsquo;autres habitudes, d&rsquo;autres mani&egrave;res de vivre quand ils venaient dans la capitale, et qui rejoignaient celles des habitants europ&eacute;ens de Tunis.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tQuant au troisi&egrave;me fonds, celui qui comporte une centaine de documents d&rsquo;origines diverses, souvent sans lien les uns avec les autres &ndash; au contraire des deux premiers fonds &ndash; on rel&egrave;ve une s&eacute;rie particuli&egrave;rement int&eacute;ressante&nbsp;: des&nbsp;<em>photos de propagande&nbsp;<\/em>en faveur du peuplement fran&ccedil;ais en Tunisie, et dont la signification est tout &agrave; fait diff&eacute;rente de celle des autres photos &eacute;tudi&eacute;es.&nbsp;Elles proviennent de la collection Jules Saurin&nbsp;: ce dernier &eacute;tait arriv&eacute; en Tunisie en 1887 comme professeur au &laquo;&nbsp;Lyc&eacute;e de Tunis&nbsp;&raquo;<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a>, mais il prit vite une autre voie. Comme lui-m&ecirc;me n&rsquo;avait pas d&rsquo;argent, il r&eacute;unit des actionnaires, en France, cr&eacute;a en Tunisie une soci&eacute;t&eacute; &laquo;&nbsp;Les Fermes Fran&ccedil;aises&nbsp;&raquo;, acheta des domaines, ensuite divis&eacute;s en lots (allotis) pour les louer &agrave; des m&eacute;tayers<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a>&nbsp;qu&rsquo;il esp&eacute;rait faire venir de France. Seulement cette immigration tant esp&eacute;r&eacute;e tardait &agrave; arriver<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a>. En attendant, le temps pressait, il fallait un jour ou l&rsquo;autre rendre des comptes aux actionnaires et leur donner les int&eacute;r&ecirc;ts pr&eacute;vus&nbsp;: de l&agrave; cette propagande.&nbsp;Il fit prendre des photos, dont les meilleures furent reproduites en cartes postales, pour diffuser au mieux le visage &ndash; idyllique &ndash; d&rsquo;une existence d&rsquo;agriculteur dans cette nouvelle terre fran&ccedil;aise.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tCependant, avant d&rsquo;aborder la deuxi&egrave;me partie de cette pr&eacute;sentation, il faut faire une remarque&nbsp;: la vie des Fran&ccedil;ais en Tunisie s&rsquo;&eacute;tait inscrite dans le cadre du protectorat. Or les photos des albums priv&eacute;s ne montrent pas &ndash; ou tr&egrave;s peu &ndash; les structures administratives et &eacute;conomiques qui en furent les assises&nbsp;: un autre ensemble, un autre corpus apporte cette documentation indispensable, et que j&rsquo;ai, ici, utilis&eacute; de temps &agrave; autre&nbsp;:&nbsp;<em>les cartes postales<\/em>. Elles constituent en quelque sorte le deuxi&egrave;me volet de ces&nbsp;<em>images<\/em>&nbsp;qui nous parlent des &laquo;&nbsp;Fran&ccedil;ais de Tunisie&nbsp;&raquo;. Les cartes postales forment un grand livre qui donnent &agrave; voir l&rsquo;&eacute;dification politique et mat&eacute;rielle de ce protectorat&nbsp;: construction des b&acirc;timents administratifs et autres&nbsp;: contr&ocirc;les civils, postes, municipalit&eacute;s, h&ocirc;pitaux&nbsp;etc., et toutes les structures n&eacute;cessaires &agrave; la vie &eacute;conomique&nbsp;: routes et ponts, ports, phares, et voies ferr&eacute;es, march&eacute;s, silos, b&acirc;timents industriels. Par ailleurs, l&rsquo;implantation militaire &eacute;tait importante dans le pays, ce que ne montrent pas les photos de ces albums&nbsp;: casernes, sc&egrave;nes de la vie militaire. De plus, elles font valoir abondamment la diversit&eacute; des sites naturels qu&rsquo;offre le pays, le c&ocirc;t&eacute; orientaliste de son architecture et l&rsquo;exotisme d&rsquo;un peuple autochtone si diff&eacute;rent des Europ&eacute;ens. L&rsquo;&eacute;poque &eacute;tait &agrave; la d&eacute;couverte du monde, &agrave; l&rsquo;acquisition des connaissances dans tous les domaines &ndash; g&eacute;ographie, botanique, ethnologie et autres sciences naturelles &ndash; en m&ecirc;me temps qu&rsquo;&agrave; la constitution et &agrave; la glorification des empires coloniaux.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t<em>On en revient &agrave; la question initiale<\/em>&nbsp;: &agrave; partir de ces photos peut-on se repr&eacute;senter la vie des Fran&ccedil;ais qui v&eacute;curent en Tunisie &agrave; l&rsquo;&eacute;poque du protectorat (1881-1956)&nbsp;? La r&eacute;ponse doit &ecirc;tre nuanc&eacute;e du fait qu&rsquo;il faut pour y r&eacute;pondre r&eacute;unir plusieurs conditions.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tEn premier lieu, il y a la question d&eacute;licate du&nbsp;<em>choix des photos<\/em>&nbsp;: pourquoi celle-ci plut&ocirc;t que telle autre&nbsp;? De ce choix, en effet, d&eacute;pendent les diff&eacute;rents &eacute;l&eacute;ments de r&eacute;ponse &agrave; la question pos&eacute;e par le sujet. Et, dans le domaine de l&rsquo;histoire, cette s&eacute;lection peut entra&icirc;ner des interpr&eacute;tations plus ou moins conformes &agrave; ce que fut la r&eacute;alit&eacute; &ndash; encore qu&rsquo;au sujet de cette v&eacute;rit&eacute; il y aurait beaucoup &agrave; dire&nbsp;: il peut y avoir en effet autant de points de vue qu&rsquo;il y a d&rsquo;observateurs. Pour en revenir au choix des photos, le pi&egrave;ge qui guette est de donner trop d&rsquo;importance &agrave; un clich&eacute; dont le th&egrave;me serait abondamment repr&eacute;sent&eacute; dans les s&eacute;ries de photos consult&eacute;es, ou, &agrave; l&rsquo;inverse, de passer sous silence un autre document plus important pour cette connaissance. La qualit&eacute; des photos aussi, prises par des amateurs et donc pas forc&eacute;ment r&eacute;ussies, risque de d&eacute;terminer ce choix &ndash; plus ou moins consciemment&nbsp;: une belle prise de vue peut primer sur l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t qu&rsquo;elle pr&eacute;sente.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tEnsuite, comment choisir puisque les photos en elles-m&ecirc;mes ne racontent pas grand-chose, ne montrant que des fragments de vie, d&eacute;tach&eacute;s les uns des autres&nbsp;? Elles ne sont en fait qu&rsquo;une des&nbsp;<em>&laquo;&nbsp;voix qui nous viennent du<\/em>&nbsp;<em>pass&eacute;&nbsp;&raquo;<\/em>, pour reprendre le titre d&rsquo;un ouvrage de Philippe Joutard, paru en 1983<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn12\" name=\"_ftnref12\">[12]<\/a>.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tD&rsquo;autres&nbsp;<em>&laquo;&nbsp;voix&nbsp;&raquo;<\/em>&nbsp;doivent &ecirc;tre &eacute;cout&eacute;es pour ressusciter la vie quotidienne&nbsp;: celles que d&eacute;livrent les t&eacute;moignages oraux de ceux qui sont encore vivants et les r&eacute;cits conserv&eacute;s au sein des familles, souvenirs in&eacute;dits ou imprim&eacute;s &agrave; compte d&rsquo;auteur pour une diffusion tr&egrave;s restreinte, correspondance, carnets intimes<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a>&hellip; Si on ne dispose pas de ce mat&eacute;riau brut, on risque de passer &agrave; c&ocirc;t&eacute; du sens de ces documents familiaux. Encore qu&rsquo;il faille se m&eacute;fier de ces t&eacute;moignages, suivant en cela la mise en garde de Pierre Nora&nbsp;:&nbsp;<em>&laquo; La m&eacute;moire est la vie, toujours port&eacute;e par des groupes vivants et, &agrave; ce titre, elle est en &eacute;volution permanente, ouverte &agrave; la dialectique du souvenir et de l&rsquo;amn&eacute;sie, inconsciente de ses d&eacute;formations successives&nbsp;<\/em>&raquo;<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn14\" name=\"_ftnref14\">[14]<\/a>. Il ne reste donc souvent dans les t&eacute;moignages que des pics de connaissance, qu&rsquo;il importe ensuite d&rsquo;interpr&eacute;ter, apr&egrave;s les avoir tri&eacute;s. Mais, comme l&rsquo;&eacute;crivent les historiens Jean Tulard et Guy Thuillier, cette d&eacute;cantation ne peut se faire sans une bonne compr&eacute;hension du milieu &eacute;tudi&eacute;, n&eacute;e d&rsquo;une certaine familiarit&eacute; du chercheur avec ce milieu<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn15\" name=\"_ftnref15\">[15]<\/a>.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tEnfin, pour que toutes ces&nbsp;<em>&laquo;&nbsp;voix&nbsp;&raquo;<\/em>&nbsp;puissent conduire &agrave; des informations plus g&eacute;n&eacute;rales, si tant est qu&rsquo;on y arrive, il est n&eacute;cessaire de conna&icirc;tre aussi le contexte historique dans lequel se sont inscrites ces vies d&rsquo;hommes illustr&eacute;es par les &laquo;&nbsp;images&nbsp;&raquo;. C&rsquo;est ce contexte qui contribue &agrave; en faire aujourd&rsquo;hui des sources documentaires signifiantes, m&ecirc;me si elles restent tr&egrave;s incompl&egrave;tes.<\/p>\n<h2>\n\t\t\t\tPr&eacute;sentation d&rsquo;une s&eacute;lection de photos<\/h2>\n<p>\n\t\t\t\tSi ces photos<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn16\" name=\"_ftnref16\">[16]<\/a>&nbsp;ne peuvent pas en elles-m&ecirc;mes d&eacute;livrer plus d&rsquo;informations g&eacute;n&eacute;rales qu&rsquo;elles n&rsquo;en rec&egrave;lent, de par leur nature fragmentaire, elles mettent n&eacute;anmoins en relief certains aspects de l&rsquo;existence de cette soci&eacute;t&eacute; coloniale aux multiples facettes. Lesquels&nbsp;?<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tOn peut, sans trop entrer dans le d&eacute;tail, d&eacute;gager le grand th&egrave;me illustr&eacute; par ces photos&nbsp;:&nbsp;<strong><em>la vie dans les campagnes<\/em><\/strong>, en toute logique puisqu&rsquo;elles &eacute;manent surtout du monde agricole.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tAvant d&rsquo;aller plus loin, il faut revenir aux photos appartenant &agrave; la collection Jules Saurin, qui sont, comme on l&rsquo;a vu, des&nbsp;<em>documents de propagande<\/em>, loin certainement des intentions intimistes des albums priv&eacute;s destin&eacute;s aux seules familles. Pourquoi peut-on parler de &laquo;&nbsp;photos de propagande&nbsp;&raquo; sans risque de tomber dans l&rsquo;interpr&eacute;tation abusive&nbsp;? Tout simplement parce que les cartes postales (tir&eacute;es des photos) sont sous-titr&eacute;es d&rsquo;un bandeau significatif, renforc&eacute; par la redondance des majuscules &ndash; ainsi que le montre la carte postale suivante&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>Le Peuplement Fran&ccedil;ais de l&rsquo;Afrique du Nord est l&rsquo;&OElig;uvre Nationale de la France au XXe si&egrave;cle<\/em>&nbsp;&raquo;. Saurin s&rsquo;adressait en premier lieu aux petits paysans touch&eacute;s de plein fouet par l&rsquo;exode rural &agrave; la fin du XIXe si&egrave;cle. Il leur disait, dans les conf&eacute;rences qu&rsquo;il faisait en France<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn17\" name=\"_ftnref17\">[17]<\/a>, qu&rsquo;en venant comme agriculteurs en Tunisie, ils travaillaient pour la grandeur de la France, n&rsquo;h&eacute;sitant pas &agrave; se servir du sentiment patriotique pour ses int&eacute;r&ecirc;ts personnels.<\/p>\n<p align=\"center\">\n\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/PublishingImages\/tunisie\/1.png\"><img decoding=\"async\" alt=\"\" border=\"0\" src=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/PublishingImages\/tunisie\/small01.png\" style=\"border-width:0px;border-style:solid;\" \/><\/a><br \/>\n\t\t\t\tCarte postale sous-titr&eacute;e par un slogan de propagande&nbsp;:&nbsp;<br \/>\n\t\t\t\t&laquo;&nbsp;Le Peuplement Fran&ccedil;ais de l&rsquo;Afrique du Nord est l&rsquo;&OElig;uvre nationale de la France au XXe si&egrave;cle&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tAvec ces prises de vue, il leur d&eacute;livrait un message qu&rsquo;on pourrait qualifier de subliminal, leur faisant miroiter des conditions d&rsquo;existence s&eacute;duisantes dans le nouveau pays&nbsp;: des petites fermes rapidement construites par les premiers install&eacute;s, et dont les terres pouvaient nourrir des troupeaux opulents, o&ugrave; puits et abreuvoirs&nbsp;en plein champ ne manquaient pas, comme les ouvriers pour ramasser les foins.&nbsp;Ces terres produisaient en abondance des c&eacute;r&eacute;ales, de la vigne, et le travail, dans l&rsquo;agriculture qui commen&ccedil;ait &agrave; se m&eacute;caniser, &eacute;tait moins p&eacute;nible.<\/p>\n<p align=\"center\">\n\t\t\t\t<strong><a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/PublishingImages\/tunisie\/2.png\"><img decoding=\"async\" alt=\"\" border=\"0\" src=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/PublishingImages\/tunisie\/small04.png\" style=\"border-width:0px;border-style:solid;\" \/><\/a><\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\t\tUne de ces photos, dat&eacute;e de 1897, m&eacute;rite une attention particuli&egrave;re, portant au revers l&rsquo;inscription suivante&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>Jules Saurin avec<\/em>&nbsp;<em>ses coll&egrave;gues<\/em>&nbsp;&raquo;. Ces&nbsp;<em>&laquo;&nbsp;coll&egrave;gues&nbsp;&raquo;<\/em>emplum&eacute;s, juch&eacute;s sur leur char &agrave; banc, ne sont-ils pas ses associ&eacute;s, ses actionnaires, venus de France voir ce que Saurin faisait de leur argent&nbsp;? Il semble qu&rsquo;au premier plan, plus rustiquement v&ecirc;tus &ndash; entourant Jules Saurin &ndash; figurent les m&eacute;tayers qui faisaient marcher le syst&egrave;me en courbant l&rsquo;&eacute;chine<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn18\" name=\"_ftnref18\">[18]<\/a>. Mais ce ne sont l&agrave; que des conjectures.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p align=\"center\">\n\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/PublishingImages\/tunisie\/3.png\"><img decoding=\"async\" alt=\"\" border=\"0\" src=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/PublishingImages\/tunisie\/small05.png\" style=\"border-width:0px;border-style:solid;\" \/><\/a><br \/>\n\t\t\t\tJules Saurin avec ses &laquo;&nbsp;coll&egrave;gues&nbsp;&raquo;, Saint-Cyprien (pr&egrave;s de Tunis), 1897.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tQuant aux photos d&rsquo;albums relatives &agrave; la vie dans les campagnes, et destin&eacute;es &agrave; la seule histoire familiale, elles donnent &agrave; voir l&rsquo;&eacute;volution progressive des conditions d&rsquo;existence, des m&eacute;thodes et des moyens de culture&nbsp;: on passe de la traction animale &ndash; moissonneuse et transport du fourrage &ndash; au mat&eacute;riel m&eacute;canis&eacute;&nbsp;; des installations rudimentaires aux fermes construites en dur, souvent de modeste apparence, parfois plus importantes, o&ugrave; la r&eacute;ussite fut plus affirm&eacute;e. Beaucoup des petits agriculteurs du d&eacute;but du protectorat, par manque de tr&eacute;sorerie, &eacute;chou&egrave;rent et vendirent leurs terres &agrave; ceux qui avaient mieux r&eacute;sist&eacute; permettant, pour certains, la constitution de grands domaines.<\/p>\n<p align=\"center\">\n\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/PublishingImages\/tunisie\/4.png\"><img decoding=\"async\" alt=\"\" border=\"0\" src=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/PublishingImages\/tunisie\/small06.png\" style=\"border-width:0px;border-style:solid;\" \/><\/a><br \/>\n\t\t\t\tFerme &agrave; A&iuml;n Ksil, ancien contr&ocirc;le civil de Medjez el Bab, 1955.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tDes territoires entiers furent d&eacute;frich&eacute;s, d&eacute;barrass&eacute;s des racines tenaces des jujubiers<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn19\" name=\"_ftnref19\">[19]<\/a>, mis en culture. La Tunisie, dans la seconde moiti&eacute; du XIXe si&egrave;cle, avait connu une p&eacute;riode de r&eacute;cession sans pr&eacute;c&eacute;dent, dans sa d&eacute;mographie et son &eacute;conomie. Les fellahs et les tribus de l&rsquo;int&eacute;rieur du pays ne pratiquaient plus qu&rsquo;une petite agriculture vivri&egrave;re tout juste suffisante &agrave; leur subsistance, laissant une grande partie des campagnes &agrave; la brousse. C&rsquo;est cette faiblesse qui attisa la convoitise des grands pays europ&eacute;ens. Pour revenir &agrave; nos photographes amateurs, ils fixaient sur la pellicule les activit&eacute;s les plus diverses comme la tonte des moutons, montrant le b&eacute;tail et les plantations&nbsp;: oliviers, vigne, amandiers; l&rsquo;&eacute;dification de caves ou d&rsquo;huileries. On les sent par ailleurs attentifs et sensibles &agrave; leur environnement&nbsp;: figurent souvent aussi les paysages proches des fermes, y compris quand ils servaient de cadre &agrave; des &eacute;v&eacute;nements particuliers comme le s&eacute;jour des oiseaux migrateurs, ou les d&eacute;g&acirc;ts occasionn&eacute;s par les al&eacute;as climatiques&nbsp;: inondation ou ravinements dus aux orages. On trouve &eacute;galement, au fur et &agrave; mesure de cette consultation, un autre sujet trait&eacute;&nbsp;: les photos relatives, parfois, aux petits fellahs&nbsp;voisins&nbsp;; plus souvent aux ouvriers des fermes<strong>.&nbsp;<\/strong>Ces derniers &eacute;taient recrut&eacute;s parmi les s&eacute;dentaires, mais aussi dans la population des tribus qui peuplaient l&rsquo;int&eacute;rieur du pays.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tJusqu&rsquo;en 1930 &agrave; peu pr&egrave;s, la direction de l&rsquo;Agriculture cr&eacute;a, pour faciliter l&rsquo;implantation d&rsquo;agriculteurs aux moyens limit&eacute;s, des &laquo;&nbsp;lotissements de colonisation&nbsp;&raquo;. Ces derniers comprenaient les terres destin&eacute;es &agrave; la culture, divis&eacute;es en &laquo;&nbsp;lots&nbsp;&raquo; d&rsquo;une centaine d&rsquo;hectares chacun<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn20\" name=\"_ftnref20\">[20]<\/a>, et qui allaient de pair avec la cr&eacute;ation d&rsquo;un &laquo;&nbsp;<em>village de colonisation<\/em>&nbsp;&raquo;. Il s&rsquo;agissait de centres &eacute;difi&eacute;s de toutes pi&egrave;ces &agrave; l&rsquo;installation des agriculteurs quand il n&rsquo;existait auparavant aucune agglom&eacute;ration. S&rsquo;y construisirent peu &agrave; peu les structures n&eacute;cessaires au travail des agriculteurs comme des silos coop&eacute;ratifs, puis les b&acirc;timents tels que gare, bureau de poste<strong>,&nbsp;<\/strong>rues, &eacute;glise et salle de r&eacute;union ou des f&ecirc;tes. Au long des rues s&rsquo;&eacute;lev&egrave;rent des demeures priv&eacute;es. Plus tard, entre 1920 et 1930, furent &eacute;difi&eacute;s des monuments aux Morts. Dans ces centres avaient lieu des march&eacute;s hebdomadaires, importants sur le plan du commerce local, en particulier pour la vente des moutons. Des commer&ccedil;ants, des artisans&nbsp;<strong>&ndash;&nbsp;<\/strong>l&agrave;, les photos sont rares<strong>&nbsp;&ndash;&nbsp;<\/strong>n&eacute;cessaires &agrave; la vie agricole, s&rsquo;y fix&egrave;rent &eacute;galement, ainsi que d&rsquo;autres Europ&eacute;ens &ndash; surtout Italiens, Maltais, quelques Polonais, Russes blancs, Espagnols&#8230; qui, avec le temps, furent peu &agrave; peu naturalis&eacute;s. Ces Europ&eacute;ens, Fran&ccedil;ais compris, contractaient facilement entre eux des alliances matrimoniales. Une population tunisienne se fixa &agrave; la ceinture de ces centres pour trouver de l&rsquo;embauche. On trouvait parmi cette population des commer&ccedil;ants, les Djerbiens, qui implant&egrave;rent leur n&eacute;goce au sein des villages. Les photos du deuxi&egrave;me fonds &eacute;tudi&eacute; se rapportent surtout aux villages de Bou-Arada, El Aroussa, Pont du Fahs, Le Goubellat, tous voisins les uns des autres, et dont j&rsquo;ai d&eacute;j&agrave; pr&eacute;cis&eacute; la situation g&eacute;ographique, &agrave; quelque 80 kilom&egrave;tres au sud de Tunis.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tBeaucoup de ces petites agglom&eacute;rations veillaient de pr&egrave;s sur les &eacute;coles primaires&nbsp;qui y furent implant&eacute;es, les enfants constituant la vigueur future de cette communaut&eacute; fortement minoritaire<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn21\" name=\"_ftnref21\">[21]<\/a>. On trouve beaucoup de ces photos d&rsquo;&eacute;coles et de classes dans les albums priv&eacute;s.&nbsp;Pour permettre aux petits tunisiens d&rsquo;int&eacute;grer l&rsquo;&eacute;cole fran&ccedil;aise et la&iuml;que, furent cr&eacute;&eacute;es les &eacute;coles franco-arabes, o&ugrave; l&rsquo;enseignement se faisait dans les deux langues. Seulement, dans la pratique, peu d&rsquo;&eacute;l&egrave;ves arrivaient &agrave; acqu&eacute;rir une ma&icirc;trise du fran&ccedil;ais suffisante pour leur permettre d&rsquo;aller plus loin&nbsp;; beaucoup aussi, faute d&rsquo;aide financi&egrave;re, restaient au bord du chemin, parmi ces populations pauvres de l&rsquo;int&eacute;rieur du pays. Ici ou l&agrave; on trouve quelques &eacute;coles dites &laquo;&nbsp;mixtes&nbsp;&raquo;. Souvent, et pendant longtemps, les instituteurs de ces centres agricoles tinrent l&rsquo;agence postale cr&eacute;&eacute;e sur les lieux.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tCes photos de la&nbsp;<em>vie dans les campagnes<\/em>&nbsp;sont devenues &ndash; comme toutes celles du temps du protectorat &ndash; des archives historiques&nbsp;: que nous apportent-elles aujourd&rsquo;hui dans la connaissance de cette population agricole fran&ccedil;aise en Tunisie?<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tSans perdre de vue qu&rsquo;elles sont avant tout une chronique intime ne pr&eacute;tendant &agrave; aucun message, ces photos &eacute;voquent pendant pr&egrave;s de quatre-vingts ans l&rsquo;histoire &eacute;conomique des campagnes tunisiennes, dont les agriculteurs fran&ccedil;ais furent les principaux acteurs&nbsp;: nombreuses sont encore aujourd&rsquo;hui les fermes aux toits rouges&nbsp;qui marquent le paysage rural tunisien, en particulier dans le nord et le centre du pays &ndash; m&ecirc;me si la plupart d&rsquo;entre elles sont en ruines aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tPar ailleurs, certains de ces villages de colonisation, cr&eacute;&eacute;s pour les agriculteurs et par tous les artisans et commer&ccedil;ants qui vivaient autour d&rsquo;eux, sont devenus des villes&nbsp;: les photos des albums de famille racontent les origines de ces villes. Ainsi pour Bou-Arada (gouvernorat de T&eacute;boursouk), qui compte aujourd&rsquo;hui quinze mille habitants, alors qu&rsquo;un recensement de 1950 y d&eacute;nombre 213 Fran&ccedil;ais, 40 &eacute;trangers et 1570 Tunisiens<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn22\" name=\"_ftnref22\">[22]<\/a>. Ces Fran&ccedil;ais du protectorat eurent aussi leur part dans l&rsquo;&eacute;volution urbaine &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur du pays<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn23\" name=\"_ftnref23\">[23]<\/a>.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tMais ces photos, de par leur abondance m&ecirc;me et la vari&eacute;t&eacute; des sujets qu&rsquo;elles pr&eacute;sentent, parlent aussi sur le plan humain. On y comprend l&rsquo;attachement profond de ces hommes &agrave; la terre qu&rsquo;ils cultivaient, aux paysages dans lesquels s&rsquo;&eacute;tait inscrite leur existence &ndash; et qu&rsquo;il leur fut si dur de quitter, le moment venu de l&rsquo;ind&eacute;pendance&nbsp;: les t&eacute;moignages oraux et les r&eacute;cits que les uns et les autres ont laiss&eacute; prouvent abondamment cet attachement<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn24\" name=\"_ftnref24\">[24]<\/a>.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tD&rsquo;une mani&egrave;re plus g&eacute;n&eacute;rale, et bien au-del&agrave; de ces consid&eacute;rations humaines, la connaissance du contexte historique rappelle l&rsquo;importance du monde agricole dans l&rsquo;&eacute;dification du protectorat fran&ccedil;ais, qui reposa au d&eacute;part sur deux piliers&nbsp;: les fonctionnaires, qui organis&egrave;rent le cadre politique et administratif du protectorat, et les agriculteurs qui en furent les acteurs &eacute;conomiques tout en prenant possession du pays en profondeur, malgr&eacute; leur nombre restreint<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn25\" name=\"_ftnref25\">[25]<\/a>.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tUn deuxi&egrave;me th&egrave;me se retrouve dans un grand nombre de photos&nbsp;: au fil des jours,&nbsp;<strong><em>le temps des f&ecirc;tes et des loisirs<\/em><\/strong>&nbsp;venait ponctuer le temps du travail. Dans ces centres o&ugrave; vivaient les Fran&ccedil;ais, les lieux de sociabilit&eacute; &eacute;taient nombreux, comme les caf&eacute;s, brasseries, salles de r&eacute;union<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn26\" name=\"_ftnref26\">[26]<\/a>. D&egrave;s que les petits villages de l&rsquo;ancien contr&ocirc;le civil de Medjez-el-Bab, cit&eacute;s plus haut, furent organis&eacute;s en communes, ils cr&eacute;&egrave;rent des comit&eacute;s des f&ecirc;tes particuli&egrave;rement dynamiques&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>Le premier de l&rsquo;An, Carnaval, P&acirc;ques, Pentec&ocirc;te, le 14 juillet, le 15 ao&ucirc;t, f&ecirc;tes religieuses et f&ecirc;tes profanes, comm&eacute;morations en tous genres, &eacute;taient autant de pr&eacute;textes festifs<\/em><a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn27\" name=\"_ftnref27\">[27]<\/a>&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p align=\"center\">\n\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/PublishingImages\/tunisie\/5.png\"><img decoding=\"async\" alt=\"\" border=\"0\" src=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/PublishingImages\/tunisie\/small07.png\" style=\"border-width:0px;border-style:solid;\" \/><\/a><br \/>\n\t\t\t\tUn banquet &agrave; Bou-Arada, ancien contr&ocirc;le civil de Medjez el Bab, vers 1950.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tAux bals, banquets, apr&egrave;s-midi r&eacute;cr&eacute;atives, repr&eacute;sentations th&eacute;&acirc;trales se joignaient de nombreuses associations sportives qui&nbsp;s&rsquo;affrontaient en matchs et concours de toutes sortes&nbsp;: football, p&eacute;tanque, v&eacute;lo, tir, rallyes automobiles. Parfois le cur&eacute; du lieu organisait une chorale qui s&rsquo;en allait chanter dans les centres environnants. Les villages ces jours-l&agrave; rassemblaient non seulement les agriculteurs qui vivaient habituellement isol&eacute;s dans leurs fermes, mais tous les Europ&eacute;ens habitant la r&eacute;gion ainsi que les notables tunisiens s&rsquo;ils en avaient le d&eacute;sir<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn28\" name=\"_ftnref28\">[28]<\/a>.&nbsp;Les nombreux t&eacute;moignages existants, &eacute;crits et oraux, montrent que partout &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur du pays, en dehors de ces petits villages et quelle que soit leur situation g&eacute;ographique, les Fran&ccedil;ais s&rsquo;&eacute;taient organis&eacute;s de la m&ecirc;me mani&egrave;re.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tOn peut s&rsquo;interroger sur ce consensus local qui faisait des jours de f&ecirc;tes des moments de rassemblement entre Europ&eacute;ens, au-del&agrave; de la simple appartenance fran&ccedil;aise &ndash; d&rsquo;autant plus qu&rsquo;on peut remarquer l&rsquo;absence d&rsquo;associations r&eacute;gionales folkloriques, qui n&rsquo;existaient que dans la capitale<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn29\" name=\"_ftnref29\">[29]<\/a>. Ces jours-l&agrave;, toutes les origines europ&eacute;ennes se confondaient, inconsciemment peut-&ecirc;tre &agrave; la recherche d&rsquo;une autre identit&eacute;, tir&eacute;e du pr&eacute;sent et non du pass&eacute; &ndash; puisque le pass&eacute; n&rsquo;existait pas dans ces &laquo;&nbsp;villages de colonisation&nbsp;&raquo;, ou ailleurs en Tunisie pour la majorit&eacute; des Fran&ccedil;ais<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn30\" name=\"_ftnref30\">[30]<\/a>&nbsp;qui y r&eacute;sidaient. Pour citer Maurice Agulhon,&nbsp;<em>la vie associative<\/em>, dans ce contexte local, n&rsquo;est-elle pas &laquo;&nbsp;<em>d&rsquo;autant plus active<\/em>&nbsp;<em>qu&rsquo;elle est [&hellip;] le seul moyen pour cr&eacute;er un tissu social et une identit&eacute; locale<\/em>&nbsp;&raquo;&nbsp;? Elle a certainement &eacute;t&eacute;, en reprenant encore Maurice Agulhon, &laquo;&nbsp;<em>un support pr&eacute;cieux pour<\/em>&nbsp;<em>mat&eacute;rialiser une identit&eacute; communale<\/em>&nbsp;&raquo; qui s&rsquo;est r&eacute;ellement forg&eacute;e sur la dur&eacute;e&nbsp;: t&eacute;moins ces innombrables associations de rapatri&eacute;s<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn31\" name=\"_ftnref31\">[31]<\/a>&nbsp;constitu&eacute;es autour de leur lieu de vie en Tunisie. Elles perdurent<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn32\" name=\"_ftnref32\">[32]<\/a>&nbsp;depuis plus de cinquante ans, rassemblant ces &laquo;&nbsp;Fran&ccedil;ais&nbsp;&raquo; de toutes origines, et dont&nbsp;le souvenir de la vie d&rsquo;autrefois est le point identitaire, commun &agrave; tous.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tAu sein des familles, et non plus cette fois au niveau de la collectivit&eacute;, on trouve, dans ces fonds photographiques, de nombreux documents se rapportant &agrave; une habitude du temps des loisirs particuli&egrave;rement pris&eacute;e&nbsp;: les pique-niques<strong><em>,&nbsp;<\/em><\/strong>au premier rang desquels, le plus traditionnel, celui du lundi de P&acirc;ques<strong>.<\/strong>&nbsp;Mais il n&rsquo;y avait pas que dans les campagnes qu&rsquo;on organisait ce genre de r&eacute;unions amicales. Toutes les cat&eacute;gories sociales, toutes les associations folkloriques de la capitale en organisaient &eacute;galement, en particulier lors de leurs sorties annuelles pour ces derni&egrave;res<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn33\" name=\"_ftnref33\">[33]<\/a>. Les pique-niques se d&eacute;roulaient simplement, tous les participants s&rsquo;asseyant sur des nappes &eacute;tal&eacute;es par terre. C&rsquo;&eacute;tait par contre autour de paniers abondamment garnis&nbsp;!<\/p>\n<p align=\"center\">\n\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/PublishingImages\/tunisie\/6.png\"><img decoding=\"async\" alt=\"\" border=\"0\" src=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/PublishingImages\/tunisie\/small08.png\" style=\"border-width:0px;border-style:solid;\" \/><\/a><br \/>\n\t\t\t\tPique-nique, vers 1950, r&eacute;gion de Bou-Arada, ancien contr&ocirc;le civil de Medjez el Bab.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tA ces occasions, on pratiquait une sorte de petit &laquo;&nbsp;tourisme&nbsp;&raquo; local &ndash; sans le mot, qui n&rsquo;&eacute;tait pas alors en usage dans ce contexte. Au d&eacute;but des ann&eacute;es 50, on allait voir en particulier l&rsquo;un ou l&rsquo;autre des barrages en construction sur le cours de l&rsquo;oued Medjerda, ou de ses affluents, tel le barrage de Ben&nbsp;M&eacute;tir. Ou bien on visitait quelque site romain comme il y en a tant, et de si grandioses, dans ce pays, suivant le lieu le plus proche des participants. Par exemple, la ville de Tuburbo Majus, ou encore celle de Dougga&nbsp;: son magnifique th&eacute;&acirc;tre antique servait de cadre aux pi&egrave;ces du r&eacute;pertoire fran&ccedil;ais, et c&rsquo;&eacute;tait &agrave; chaque fois des &eacute;v&eacute;nements culturels d&rsquo;importance. Chacun baignait d&egrave;s le plus jeune &acirc;ge dans l&rsquo;histoire de Rome et de Carthage, car les vestiges de l&rsquo;Antiquit&eacute; faisant partie du paysage tunisien.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tParfois certaines familles &ndash; mais ce n&rsquo;&eacute;tait pas la g&eacute;n&eacute;ralit&eacute;<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn34\" name=\"_ftnref34\">[34]<\/a>&nbsp;&ndash; pouss&eacute;es par le d&eacute;sir de mieux conna&icirc;tre la Tunisie, &eacute;largissaient leur champ de curiosit&eacute; et organisaient de v&eacute;ritables voyages de d&eacute;couverte &agrave; travers le pays, surtout dans le sud tunisien. Les photos retrouv&eacute;es sur ce th&egrave;me datent, pour les plus anciennes, du d&eacute;but des ann&eacute;es trente. Les voyageurs fixaient sur la pellicule les vastes&nbsp;&eacute;tendues d&eacute;sertiques, pour en garder le souvenir, en m&ecirc;me temps que les haltes dans les oasis. Sur une photo, on voit une de ces familles dans un h&ocirc;tel de Tozeur&nbsp;; sur une autre, c&rsquo;est le ramassage des dattes, montrant les cueilleurs agripp&eacute;s tout au long du tronc, de mani&egrave;re &agrave; se passer les r&eacute;gimes de dattes sans avoir &agrave; les jeter du haut de l&rsquo;arbre &ndash; ce qui les aurait endommag&eacute;s. On y voit aussi comment dans les ann&eacute;es trente, les voitures franchissaient le bras de mer entre Gab&egrave;s et l&rsquo;&icirc;le de Djerba&nbsp;: sur deux barques attach&eacute;es ensemble avec le v&eacute;hicule au milieu. Ces voyageurs s&rsquo;int&eacute;ressaient &agrave; la vie des populations qu&rsquo;ils d&eacute;couvraient au cours de ces p&eacute;riples. Par exemple, un mariage, si&nbsp;<em>typique<\/em>&nbsp;dans les tribus du sud, avec la mari&eacute;e enti&egrave;rement dissimul&eacute;e dans un palanquin&nbsp;; une fantasia, avec ses couleurs et ses mouvements, ou encore un charmeur de serpents. Ils appr&eacute;ciaient les paysages, les hommes et leurs coutumes dans l&rsquo;authenticit&eacute; de la vie quotidienne, bien loin des sc&egrave;nes de genre fabriqu&eacute;es pour les touristes<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn35\" name=\"_ftnref35\">[35]<\/a>. Si on trouve des t&eacute;moignages sur ces voyages chez les agriculteurs, ils semblent avoir &eacute;t&eacute; plus fr&eacute;quents dans les familles de fonctionnaires<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn36\" name=\"_ftnref36\">[36]<\/a>.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tLe temps des loisirs &eacute;tait aussi marqu&eacute; par les s&eacute;jours que faisait la parent&eacute; venue de France dans leurs familles en Tunisie &ndash; pour ceux qui avaient conserv&eacute; ces liens familiaux. C&rsquo;&eacute;tait alors l&rsquo;occasion de leur faire conna&icirc;tre l&rsquo;une ou l&rsquo;autre des r&eacute;gions du pays, que souvent ces Fran&ccedil;ais de Tunisie d&eacute;couvraient en m&ecirc;me temps que leurs invit&eacute;s. Un certain nombre de photos t&eacute;moignent de ce type de d&eacute;couvertes touristiques&nbsp;: sur l&rsquo;une, on voit la famille venue de France en train de visiter le capitole de Dougga&nbsp;; sur une autre, ce sont les remparts de la ville d&rsquo;Hammamet qui sont l&rsquo;objet de la visite.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tAvant d&rsquo;aborder un autre th&egrave;me, il convient de souligner que la presque totalit&eacute; des photos relatives au temps des f&ecirc;tes et des loisirs, provient du milieu agricole et des villages de colonisation. Ces photos nous donnent &agrave; voir&nbsp;<em>un certain art de vivre &agrave; la fran&ccedil;aise, le plus souvent communautaire<\/em>, tr&egrave;s implant&eacute; dans la g&eacute;ographie du pays, et sans aucune expression nostalgique au regard de lointaines origines familiales, de France ou d&rsquo;ailleurs. Leur pass&eacute; d&rsquo;avant l&rsquo;immigration, au fur et &agrave; mesure que les g&eacute;n&eacute;rations se succ&eacute;daient sur le sol tunisien, s&rsquo;effa&ccedil;ait au profit de ce qui s&rsquo;&eacute;tait construit en Tunisie.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tDans ces fonds photographiques &ndash; davantage dans celui de la famille lyonnaise &ndash; on rel&egrave;ve des photos non cantonn&eacute;es &agrave; la vie des campagnes, et qui sont &agrave; observer de plus pr&egrave;s parce qu&rsquo;elles abordent un sujet r&eacute;current&nbsp;<strong>:<em>&nbsp;les<\/em><\/strong><em>&nbsp;<strong>manifestations religieuses<\/strong>.<\/em>&nbsp;Elles &eacute;taient peut-&ecirc;tre les occasions qui rassemblaient le plus ces Europ&eacute;ens. L&rsquo;Eglise &eacute;tait puissante en Tunisie et exer&ccedil;ait son emprise sur la plupart des Fran&ccedil;ais, mais surtout sur deux populations particuli&egrave;rement attach&eacute;es &agrave; la religion catholique, les Italiens et les Maltais. On ne peut pas ici retracer cette histoire, car elle est trop dense pour trouver place dans cette pr&eacute;sentation. Elle a en effet ses racines dans les premiers si&egrave;cles de notre &egrave;re. Il suffit de rappeler qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;&eacute;poque du protectorat, chaque centre o&ugrave; v&eacute;curent des Fran&ccedil;ais et des Europ&eacute;ens, chaque petit village, fut dot&eacute; d&rsquo;une &eacute;glise, imposante ou discr&egrave;te. Bon nombre de ces constructions figurent dans les photos consult&eacute;es<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn37\" name=\"_ftnref37\">[37]<\/a>, comme les deux petites &eacute;glises de&nbsp;Bou-Arada et de Ben M&eacute;tir, l&agrave; o&ugrave; fut construit le barrage &eacute;voqu&eacute; pr&eacute;c&eacute;demment. Deux grands &eacute;difices domin&egrave;rent le paysage catholique en Tunisie&nbsp;: la cath&eacute;drale Saint-Paul et Sainte-Olive<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn38\" name=\"_ftnref38\">[38]<\/a>&nbsp;de Tunis et la primatiale Saint-Louis de Carthage<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn39\" name=\"_ftnref39\">[39]<\/a>, o&ugrave; avaient lieu de grandes processions qui rassemblaient des foules compactes. Par exemple, la procession annuelle en l&rsquo;honneur des saintes Perp&eacute;tue et F&eacute;licit&eacute;, martyris&eacute;es sur ces lieux m&ecirc;mes, jet&eacute;es aux fauves en mars 203 apr&egrave;s J&eacute;sus-Christ. Les c&eacute;r&eacute;monies de mariage, les jours de confirmation et de communion, sont abondamment fix&eacute;s sur la pellicule pour figurer dans la m&eacute;moire des familles comme des moments importants de leur vie. Les &eacute;coles priv&eacute;es catholiques &eacute;taient nombreuses dans le pays. Toutes sortes d&rsquo;&oelig;uvres avaient &eacute;t&eacute; fond&eacute;es sous le patronage de l&rsquo;Eglise&nbsp;: celles d&rsquo;abord relatives &agrave; l&rsquo;encadrement de la jeunesse, scouts, enfants de Marie, etc., celles relatives aux &oelig;uvres &eacute;ducatives, comme les ateliers d&rsquo;apprentissage pour les fillettes et les jeunes filles, ou charitables&nbsp;: orphelinats, maisons d&rsquo;accueil pour les pauvres, ou &eacute;tablissements de soins, qui s&rsquo;adressaient &agrave; tous les mis&eacute;reux, &agrave; tous les malheureux, regroup&eacute;s par confessions<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn40\" name=\"_ftnref40\">[40]<\/a>.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tAu mois de mai 1930 eut lieu un &eacute;v&eacute;nement retentissant&nbsp;: le&nbsp;<em>Congr&egrave;s<\/em>&nbsp;<em>eucharistique international<\/em>, qui se d&eacute;roula &agrave; Carthage, suivi avec d&eacute;votion par les uns, au grand m&eacute;contentement des autres&nbsp;: les la&iuml;cs, les socialistes et les Francs-ma&ccedil;ons europ&eacute;ens comme les nationalistes tunisiens et une partie du peuple d&eacute;nonc&egrave;rent un envahissement ostentatoire de l&rsquo;espace public par les catholiques. Dans le corpus des 700 documents qui ont servi pour cette &eacute;tude, trois photos seulement t&eacute;moignent de l&rsquo;&eacute;v&eacute;nement alors qu&rsquo;il fit grand bruit dans la presse, et dans le pays tout entier. La premi&egrave;re montre la procession des enfants, dont l&rsquo;uniforme &eacute;voque celui des crois&eacute;s de Saint-Louis d&eacute;barqu&eacute; &agrave; Carthage &ndash; o&ugrave; il mourut en 1270 &ndash; dans le but de convertir le sultan de l&rsquo;&eacute;poque. La seconde donne une id&eacute;e de l&rsquo;ampleur de ce congr&egrave;s o&ugrave; des d&eacute;l&eacute;gations vinrent de toutes parts, comme la d&eacute;l&eacute;gation belge avec ses drapeaux et ses oriflammes. Enfin la troisi&egrave;me montre le d&eacute;fil&eacute; des pr&ecirc;tres et religieux anciens combattants de la guerre de 1914, les poitrines bard&eacute;es de m&eacute;dailles.<\/p>\n<p align=\"center\">\n\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/PublishingImages\/tunisie\/7.png\"><img decoding=\"async\" alt=\"\" border=\"0\" src=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/PublishingImages\/tunisie\/small09.png\" style=\"border-width:0px;border-style:solid;\" \/><\/a><br \/>\n\t\t\t\tCongr&egrave;s eucharistique de Carthage, 1930, d&eacute;fil&eacute; des pr&ecirc;tres anciens combattants de la guerre de 1914.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tPar contre, ces fonds photographiques sont tr&egrave;s pauvres en photos qui &eacute;voquent le lieu le plus important de la vie des Fran&ccedil;ais dans ce pays&nbsp;:&nbsp;<strong><em>Tunis, la capitale<\/em><\/strong>, vers laquelle tout convergeait. Et il nous faut faire appel aux cartes postales pour en illustrer les b&acirc;timents et le cadre architectural qu&rsquo;elle constituait pour les activit&eacute;s et la vie des hommes. Il y avait d&rsquo;abord le si&egrave;ge du gouvernement du protectorat, la R&eacute;sidence g&eacute;n&eacute;rale, avec les minist&egrave;res, appel&eacute;s en Tunisie &laquo;&nbsp;directions&nbsp;&raquo;, dont certaines se trouvaient dans la ville ancienne<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn41\" name=\"_ftnref41\">[41]<\/a>, comme celle des Finances, y compris le palais de Justice. Dans la capitale se concentraient&nbsp;tous les &eacute;tablissements bancaires comme le Cr&eacute;dit Lyonnais, les si&egrave;ges des compagnies d&rsquo;assurances, les compagnies p&eacute;troli&egrave;res&nbsp;<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn42\" name=\"_ftnref42\">[42]<\/a>. S&rsquo;y concentraient &eacute;galement les m&eacute;tiers de la vie commer&ccedil;ante et artisanale, les grands h&ocirc;tels, &agrave; l&rsquo;image du Majestic, l&rsquo;un des plus beaux. Dans la capitale, se traitaient la plupart des affaires, et, du port, s&rsquo;en allaient les navires marchands charg&eacute;s de phosphates, de c&eacute;r&eacute;ales ou autres, comme les beaux transatlantiques qui faisaient traverser la mer aux vacanciers de l&rsquo;&eacute;t&eacute;. Tunis comptait les grands h&ocirc;pitaux du pays et les &eacute;tablissements de soins les plus divers, avec une place sp&eacute;ciale pour les centres de recherche comme l&rsquo;Institut Pasteur<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn43\" name=\"_ftnref43\">[43]<\/a>. La concentration de ces &eacute;tablissements et organismes importants donnaient lieu, comme dans toutes les capitales, &agrave; une vie sociale faite de r&eacute;unions de travail, de foires internationales, qui se terminaient par des r&eacute;ceptions et des banquets, souvent autour du R&eacute;sident g&eacute;n&eacute;ral.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tToute la vie officielle du protectorat se d&eacute;roulait aussi dans la capitale&nbsp;: d&eacute;fil&eacute;s militaires des 11 novembre et 14 juillet, r&eacute;ceptions de chefs d&rsquo;Etats &eacute;trangers, auxquelles &eacute;taient convi&eacute;s en grande tenue tous les consuls pr&eacute;sents &agrave; Tunis, messes consulaires<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn44\" name=\"_ftnref44\">[44]<\/a>, processions catholiques solennelles. Les r&eacute;ceptions qui rev&ecirc;taient le plus de faste &eacute;taient les visites des Pr&eacute;sidents de la R&eacute;publique fran&ccedil;aise, en particulier celle que fit Gaston Doumergue en 1931, pour la comm&eacute;moration du Cinquantenaire du Protectorat (1881-1931), et qui le conduisit jusqu&rsquo;&agrave; Zarzis dans le sud tunisien.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tTunis comptait de nombreuses &eacute;coles, certaines prestigieuses, comme l&rsquo;Ecole coloniale d&rsquo;Agriculture, des lyc&eacute;es classiques et coll&egrave;ges techniques, des instituts confessionnels de toutes sortes&nbsp;: les adolescents, une fois termin&eacute;e l&rsquo;&eacute;cole primaire dans les villages et les petites villes de l&rsquo;int&eacute;rieur, y poursuivaient leur scolarit&eacute;. La vie culturelle y fleurissait en un large &eacute;ventail de manifestations. A l&rsquo;exception de quelques villes importantes comme Sfax, Sousse ou Bizerte, tout partait de la capitale, tout finissait par arriver &agrave; la capitale &ndash; cette ville double, dont les Fran&ccedil;ais et les Europ&eacute;ens construisirent la partie moderne, accol&eacute;e &agrave; la ville ancienne et qui toutes deux communiquaient par la Porte de France. De cette derni&egrave;re, partaient l&rsquo;avenue de France, puis l&rsquo;avenue Jules Ferry<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn45\" name=\"_ftnref45\">[45]<\/a>, qui se prolongeaient jusqu&rsquo;au port sur &agrave; peu pr&egrave;s deux kilom&egrave;tres.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tApr&egrave;s le temps du travail et des affaires, Tunis avait ses lieux rituels pour les moments de loisir ou de repos&nbsp;: le long terre-plein de l&rsquo;avenue Jules Ferry, ombrag&eacute; par quatre rang&eacute;es parall&egrave;les de ficus pleins d&rsquo;oiseaux, o&ugrave; se promenait tout Tunis, le parc du Belv&eacute;d&egrave;re&nbsp;au haut de la ville, le grand th&eacute;&acirc;tre Art Nouveau, les cin&eacute;mas tels le Palmarium, connu de tous ceux qui ont v&eacute;cu &agrave; Tunis, et puis le fameux TGM, le train toujours bond&eacute; qui, traversant le lac de Tunis semblait rouler sur l&rsquo;eau et conduisait vers les bords de mer pour les bains, les promenades, les moments pass&eacute;s en famille sur le sable &ndash; sans oublier qu&rsquo;on fr&eacute;quentait aussi les plages au sud de Tunis, comme Saint-Germain, aujourd&rsquo;hui Ez Zarah. Le TGM reliait Tunis &agrave; ses plages nord, La Goulette, La Marsa (d&rsquo;o&ugrave; ses initiales TGM), puis revenait en boucle vers la capitale.&nbsp;Il &eacute;tait une v&eacute;ritable institution pour tous ceux qui vivaient &agrave; Tunis ou y venaient, pour toutes les communaut&eacute;s, sans exception. Certains allaient s&rsquo;y promener pour la journ&eacute;e. D&rsquo;autres louaient un pied-&agrave;-terre pour le temps des vacances, d&rsquo;autres encore poss&eacute;daient des petites maisons sur ces bords de mer, ou des villas plus importantes. Non loin de Tunis, il y avait une station thermale, Korbous, tr&egrave;s pris&eacute;e, et dont les eaux curatives &eacute;taient connus depuis les Romains.<\/p>\n<p align=\"center\">\n\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/PublishingImages\/tunisie\/8.png\"><img decoding=\"async\" alt=\"\" border=\"0\" src=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/PublishingImages\/tunisie\/small10.png\" style=\"border-width:0px;border-style:solid;\" \/><\/a><br \/>\n\t\t\t\tPlage de Saint-Germain, 1922.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tDans la capitale r&eacute;sidait aussi l&rsquo;Etat-major de&nbsp;l&rsquo;arm&eacute;e, dont le si&egrave;ge &eacute;tait &agrave; Dar Hussein, un ancien palais du haut de la ville ancienne, qui devint l&rsquo;H&ocirc;tel de la Division. L&rsquo;arm&eacute;e en Tunisie &eacute;tait une division d&rsquo;environ 10 000 hommes. Plusieurs casernes &eacute;taient &eacute;tablies &agrave; Tunis, notamment les casernes Saussier et Forgemol &ndash; du nom des g&eacute;n&eacute;raux qui command&egrave;rent la campagne de conqu&ecirc;te de la Tunisie en 1881. Au haut de la m&eacute;dina &eacute;galement, pour loger les bureaux de l&rsquo;administration militaire, fut construit en 1895 un b&acirc;timent de trois &eacute;tages<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn46\" name=\"_ftnref46\">[46]<\/a>, o&ugrave; venait travailler un nombreux personnel, hommes et femmes, comme d&rsquo;ailleurs dans les autres casernes. Comme partout la vie sociale, chez les militaires, y &eacute;tait tr&egrave;s organis&eacute;e, marquant aussi les f&ecirc;tes du calendrier. L&rsquo;Etat-major quitta Tunis &agrave; l&rsquo;ind&eacute;pendance pour s&rsquo;installer &agrave; Salammb&ocirc;, dans les environs de la capitale&nbsp;: les comm&eacute;morations militaires avaient lieu d&eacute;sormais &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur du camp. Le 30 juillet 1958, l&rsquo;Etat-major fut transf&eacute;r&eacute; &agrave; Bizerte, qui restait encore une grande base fran&ccedil;aise et de l&rsquo;OTAN<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn47\" name=\"_ftnref47\">[47]<\/a>, avec de nombreuses installations militaires et autant de casernes. Toujours en ce mois de juillet 1958, l&rsquo;arm&eacute;e proc&eacute;da au transfert du &laquo;&nbsp;soldat inconnu&nbsp;&raquo; dont la tombe avait &eacute;t&eacute; &eacute;rig&eacute;e en plein centre-ville, l&agrave; m&ecirc;me o&ugrave; avaient lieu tous les d&eacute;fil&eacute;s. Il fut install&eacute; au cimeti&egrave;re militaire de Gammarth.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tLa vie des Fran&ccedil;ais de Tunisie fut marqu&eacute;e, comme partout ailleurs, par&nbsp;<strong><em>les grands<\/em><\/strong>&nbsp;<strong><em>&eacute;v&eacute;nements du monde<\/em><\/strong>. Quelques documents &eacute;voquent la Premi&egrave;re Guerre mondiale, comme cette photo de soldats incorpor&eacute;s dans l&rsquo;arm&eacute;e d&rsquo;Orient, Fran&ccedil;ais et Nord-Africains ensemble, qui firent la guerre dans les Balkans, en 1917, apr&egrave;s l&rsquo;avoir faite sur le front occidental. Le texte &eacute;crit au verso t&eacute;moigne d&rsquo;une tranche de vie quotidienne.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p align=\"center\">\n\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/PublishingImages\/tunisie\/9.png\"><img decoding=\"async\" alt=\"\" border=\"0\" src=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/PublishingImages\/tunisie\/small11.png\" style=\"border-width:0px;border-style:solid;\" \/><\/a><br \/>\n\t\t\t\tSoldats de l&rsquo;arm&eacute;e d&rsquo;Orient, en Mac&eacute;doine occidentale, Gr&egrave;ce 1917.<\/p>\n<p align=\"center\">\n\t\t\t\tOn peut lire au verso de la photo&nbsp;:<br \/>\n\t\t\t\t<em>&laquo;&nbsp;Souvenir de Kozani 14 mars 1917.<\/em><br \/>\n\t\t\t\t<em>Ton Antoine photographi&eacute; pendant qu&rsquo;il rendait compte d&rsquo;une mission de r&eacute;quisition. Je reste absent du r&eacute;giment 2 ou 3 jours, et je r&eacute;quisitionne dans les villages turcs et grecs&nbsp;: fourrages, grains, pailles, b&oelig;ufs, moutons, &hellip; que j&rsquo;envoie au r&eacute;giment.<\/em><br \/>\n\t\t\t\t<em>Je suis accompagn&eacute; de 4 &agrave; 5 cavaliers&nbsp;&raquo;.<\/em><\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tOn trouve aussi, dans ces albums de famille, l&rsquo;&eacute;vocation de certains &eacute;pisodes de la Seconde Guerre mondiale, entre le d&eacute;barquement anglo-am&eacute;ricain de novembre 1942 sur les c&ocirc;tes du Maroc et d&rsquo;Alg&eacute;rie, et la d&eacute;faite germano-italienne en mai 1943, six mois plus tard. Des photos de ces albums rappellent la campagne de Tunisie, souvent oubli&eacute;e aujourd&rsquo;hui, mais qui fut meurtri&egrave;re, causa beaucoup de destructions et mit l&rsquo;&eacute;conomie du pays &agrave; genoux. L&rsquo;une d&rsquo;elle montre les arm&eacute;es dans la plaine de Medjez-el-Bab, o&ugrave; se d&eacute;roula une grande bataille en janvier 1943&nbsp;; une autre est une vue du village de Bou-Arada, pr&egrave;s de Medjez, qui venait de subir de lourds bombardements&nbsp;; une troisi&egrave;me a fix&eacute; le temps de la victoire, celui o&ugrave; les soldats sont f&ecirc;t&eacute;s par la population des villages lib&eacute;r&eacute;s.<\/p>\n<p align=\"center\">\n\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/PublishingImages\/tunisie\/10.png\"><img decoding=\"async\" alt=\"\" border=\"0\" src=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/PublishingImages\/tunisie\/small02.png\" style=\"border-width:0px;border-style:solid;\" \/><\/a><br \/>\n\t\t\t\tLe temps de la victoire, sur les routes du bled dans la r&eacute;gion de Bou-Arada, mai 1943.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tCette campagne de Tunisie marqua, &agrave; la suite de Stalingrad (f&eacute;vrier 1943), un tournant d&eacute;cisif vers la victoire finale des arm&eacute;es alli&eacute;es. Ces derni&egrave;res, au d&eacute;but du mois de mai 1943, obtinrent la reddition de 200000 hommes avec tout leur mat&eacute;riel. Les prisonniers de&nbsp;guerre allemands furent envoy&eacute;s dans les fermes en particulier pour aider &agrave; r&eacute;parer les dommages caus&eacute;s par la guerre. Le 20 mai, il y eut &agrave; Tunis un grandiose d&eacute;fil&eacute; de la Victoire. Les cimeti&egrave;res militaires qui pars&egrave;ment la Tunisie sont les t&eacute;moins de ces heures sombres. Le plus grand d&rsquo;entre eux, relatif &agrave; la Seconde Guerre mondiale, est situ&eacute; &agrave; Gammarth&nbsp;: 2000 soldats<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn48\" name=\"_ftnref48\">[48]<\/a>&nbsp;y reposent dans un cadre saisissant, en surplomb de la baie de Carthage<strong>.<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\t\tEt puis, les Fran&ccedil;ais de Tunisie, comme tous ceux des autres colonies, furent emport&eacute;s par l&rsquo;un des &eacute;v&eacute;nements majeurs qui marqu&egrave;rent l&rsquo;Occident au XXe si&egrave;cle&nbsp;:<em>la d&eacute;colonisation.<\/em>&nbsp;En&nbsp;Tunisie et au Maroc &ndash; contrairement &agrave; une id&eacute;e re&ccedil;ue &ndash; elle n&rsquo;eut rien de pacifique<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn49\" name=\"_ftnref49\">[49]<\/a>.&nbsp;Les agriculteurs, isol&eacute;s dans les campagnes, furent des cibles privil&eacute;gi&eacute;es, que l&rsquo;arm&eacute;e tenta un temps de prot&eacute;ger&nbsp;: assassinats et sabotages en tous genres les &eacute;prouv&egrave;rent. Les Fran&ccedil;ais furent plus de 60000 &agrave; quitter la Tunisie au cours de l&rsquo;ann&eacute;e 1956-1957. Cependant, la majeure partie des d&eacute;parts s&rsquo;&eacute;chelonna &agrave; peu pr&egrave;s sur huit ann&eacute;es. Les circonstances qui les d&eacute;termin&egrave;rent furent multiples. Beaucoup eurent le temps de pr&eacute;parer leur d&eacute;part, comme en t&eacute;moigne la courte l&eacute;gende qui accompagne une photo&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>Adieux &agrave; la Tunisie<\/em>&nbsp;&raquo;. C&rsquo;&eacute;tait le dernier tour d&rsquo;horizon d&rsquo;un vieux couple qui s&rsquo;en allait.&nbsp;Certains autres, partis pour un temps de vacances en France sans intention de quitter le pays, ne revinrent pas. Sur une autre photo, la jeune fille qui sourit sur le pont du navire, au mois de juillet 1958, ne se doutait pas que ce voyage serait sans retour.&nbsp;Enfin, parmi ceux qui rest&egrave;rent le plus longtemps possible, une bonne partie quitta le pays dans la pr&eacute;cipitation, soit lors de &laquo;&nbsp;l&rsquo;affaire de Bizerte&nbsp;&raquo;, &agrave; la fin de l&rsquo;ann&eacute;e 1961, soit &agrave; la nationalisation des terres en 1964.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tL&rsquo;av&egrave;nement de l&rsquo;ind&eacute;pendance amena, entre autres, la suppression des symboles de la pr&eacute;sence fran&ccedil;aise, tels les monuments aux Morts. D&rsquo;apr&egrave;s les nombreux t&eacute;moignages, &eacute;crits ou oraux, faits par la suite, l&rsquo;un des &laquo;&nbsp;effacements&nbsp;&raquo; les plus douloureux pour ces Fran&ccedil;ais fut la d&eacute;saffectation des cimeti&egrave;res&nbsp;: ceux qui le purent financi&egrave;rement firent transf&eacute;rer leurs d&eacute;funts en France.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tEntre 1956 et 1964, la presque totalit&eacute; des 180000 Fran&ccedil;ais de Tunisie avaient quitt&eacute; le pays.<\/p>\n<h1>\n\t\t\t\tCONCLUSION&nbsp;<\/h1>\n<p>\n\t\t\t\tQuelles r&eacute;flexions ces photos nous inspirent-elles sur cette pr&eacute;sence fran&ccedil;aise en Tunisie&nbsp;?<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tCe que l&rsquo;on peut remarquer en premier lieu &ndash; et c&rsquo;est vrai pour les trois pays du Maghreb &ndash; comme l&rsquo;a formul&eacute; Jacques Fr&eacute;meaux, &agrave; l&rsquo;occasion du Colloque sur &laquo;&nbsp;<em>Marseille et le choc des d&eacute;colonisations<\/em>&nbsp;&raquo; qui s&rsquo;est tenu en 1995 &ndash; c&rsquo;est le fait que, venus de tous les coins de France et d&rsquo;ailleurs, &laquo;&nbsp;Fran&ccedil;ais de souche&nbsp;&raquo; ou naturalis&eacute;s, ils avaient r&eacute;ussi &agrave; former des &laquo;&nbsp;<em>soci&eacute;t&eacute;s<\/em>&nbsp;<em>relativement homog&egrave;nes, avec leur culture propre, leurs lieux de vie, de sociabilit&eacute;, leurs solidarit&eacute;s familiales&nbsp;<\/em>&raquo;<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn50\" name=\"_ftnref50\">[50]<\/a>.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tIls avaient de plus, dans la proximit&eacute; de la vie quotidienne, tiss&eacute; des liens avec les populations tunisiennes, que ce soit dans les villes ou les campagnes. Quant aux relations dans les espaces publics urbains, elles &eacute;taient le plus souvent empreintes de tol&eacute;rance&nbsp;: Nombreux sont les t&eacute;moignages, &eacute;crits ou oraux, qui parlent de ces rapports entre communaut&eacute;s&nbsp;: &laquo;<em>[&hellip;] &agrave; la fin des ann&eacute;es vingt et au d&eacute;but des ann&eacute;es trente, il fallait voir, &agrave; La Goulette, la journ&eacute;e et la procession du 15 ao&ucirc;t&nbsp;!&nbsp;L&agrave;, il n&rsquo;y avait plus ni nationalit&eacute;, ni race, ni religion. Toute la ville &eacute;tait en f&ecirc;te&nbsp;! Les cloches carillonnaient de bon matin [&hellip;]. C&rsquo;&eacute;tait la manifestation de sympathie, interconfessionnelle, des familles musulmanes et juives qui, le matin, faisaient porter des cierges &agrave; l&rsquo;&eacute;glise, et de ces femmes non chr&eacute;tiennes s&rsquo;habillant de neuf, ce jour-l&agrave; et saluant la Madone au passage, par de joyeux you-you<\/em>&nbsp;&raquo;<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn51\" name=\"_ftnref51\">[51]<\/a>.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tPar ailleurs, toutes les infrastructures administratives et &eacute;conomiques avaient &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute;es pour soutenir les fran&ccedil;ais, les aider &agrave; s&rsquo;installer durablement dans ce pays, et y faire souche. Ils &eacute;taient donc profond&eacute;ment ancr&eacute;s dans le pays d&rsquo;immigration, &agrave; la fois par leur position de communaut&eacute; dominante, et par les liens personnels que beaucoup avaient tiss&eacute;s avec les Tunisiens<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn52\" name=\"_ftnref52\">[52]<\/a>.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t<em>Et pourtant<\/em>, en d&eacute;pit de cet ancrage fait de sentiments et d&rsquo;attachement au pays, de la force &eacute;conomique qu&rsquo;ils repr&eacute;sentaient, de l&rsquo;encadrement qu&rsquo;ils assuraient dans tous les domaines, on ne peut qu&rsquo;&ecirc;tre frapp&eacute; par la disparition rapide de ces soci&eacute;t&eacute;s&nbsp;dans les trois pays d&rsquo;Afrique du Nord, o&ugrave; les Fran&ccedil;ais avaient une communaut&eacute; de destin. Lors du colloque de Marseille, d&eacute;j&agrave; cit&eacute;, les causes plus pr&eacute;cises de cette disparition rapide ont &eacute;t&eacute; analys&eacute;es&nbsp;:<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t<strong>&ndash;&nbsp;<\/strong>la disparition brutale de cette communaut&eacute;, y est-il dit, comme celles du Maroc et encore plus d&rsquo;Alg&eacute;rie, appara&icirc;t comme la cons&eacute;quence logique d&rsquo;une situation qui n&rsquo;avait pas &eacute;volu&eacute;&nbsp;: les Fran&ccedil;ais d&rsquo;Afrique du Nord &ndash; donc ceux de Tunisie, puisque c&rsquo;est de cette communaut&eacute; dont nous parlons &ndash; maintenaient leur mani&egrave;re de vivre sans voir que le syst&egrave;me colonial qui avait permis son &eacute;tablissement en Tunisie &eacute;tait &laquo;&nbsp;<em>incapable de<\/em>&nbsp;<em>prendre en charge les &eacute;volutions culturelles, d&eacute;mographiques et &eacute;conomiques que commen&ccedil;ait &agrave; conna&icirc;tre le<\/em>&nbsp;<em>Maghreb<\/em>&nbsp;&raquo;<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn53\" name=\"_ftnref53\">[53]<\/a>. Le maintien de ces minorit&eacute;s qui d&eacute;tenaient tous les leviers de commande, politiques et &eacute;conomiques, &eacute;tait incompatible avec l&rsquo;accession de ces pays &agrave; l&rsquo;ind&eacute;pendance.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&ndash; Cette disparition s&rsquo;explique ensuite par la&nbsp;<em>rapidit&eacute; des transitions<\/em>&nbsp;: en quelques mois, pour la Tunisie et le Maroc, les Fran&ccedil;ais de ces pays se retrouv&egrave;rent avec le statut d&rsquo;&eacute;trangers, passant brusquement d&rsquo;une souverainet&eacute; fran&ccedil;aise &agrave; une souverainet&eacute; tunisienne, avec un sentiment d&rsquo;abandon face &agrave; l&rsquo;ampleur des changements.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&ndash; Et puis&nbsp;<em>leurs int&eacute;r&ecirc;ts mat&eacute;riels furent remis en question<\/em>&nbsp;: &agrave; part les fonctionnaires, reclass&eacute;s en France, les autres perdirent assez rapidement leurs moyens d&rsquo;existence, les conditions de travail devenant de plus en plus difficiles sit&ocirc;t l&rsquo;ind&eacute;pendance proclam&eacute;e. Pour les agriculteurs, le d&eacute;cret du 12 mai 1964 relatif &agrave; la nationalisation des terres appartenant aux &eacute;trangers eut raison des derni&egrave;res r&eacute;sistances<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn54\" name=\"_ftnref54\">[54]<\/a>.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tAinsi, quelques ann&eacute;es suffirent pour que disparaissent ces populations fran&ccedil;aises &eacute;tablies au Maghreb&nbsp;: de 1955 &agrave; 1959, le gros des d&eacute;parts s&rsquo;accomplit en Tunisie&nbsp;; il fallut encore moins de temps au Maroc, et deux ann&eacute;es seulement pour l&rsquo;Alg&eacute;rie, avec un pic pendant l&rsquo;&eacute;t&eacute; 1962.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tUne autre question se pose&nbsp;: les Fran&ccedil;ais de Tunisie auraient-ils pu organiser leur avenir sans &ecirc;tre pris de court par les &eacute;v&eacute;nements politiques qui se profilaient &agrave; l&rsquo;horizon de leur pr&eacute;sence m&ecirc;me en Tunisie&nbsp;? Il appara&icirc;t qu&rsquo;ils furent peu nombreux ceux qui surent pr&eacute;voir la suite, c&rsquo;est-&agrave;-dire leur &eacute;viction de toutes les activit&eacute;s professionnelles et administratives de la Tunisie, le moment venu du terme in&eacute;vitable du protectorat&nbsp;: l&rsquo;ind&eacute;pendance. En fait, il y avait au sein de cette communaut&eacute; une profonde m&eacute;connaissance de la r&eacute;alit&eacute; historique&nbsp;: un protectorat implique, plus clairement qu&rsquo;un autre syst&egrave;me colonial, l&rsquo;accession &agrave; l&rsquo;ind&eacute;pendance du pays &laquo;&nbsp;prot&eacute;g&eacute;&nbsp;&raquo;, le jour o&ugrave; ce dernier aurait &eacute;t&eacute; suffisamment &laquo;&nbsp;accompagn&eacute;&nbsp;&raquo; pour reprendre en main ses destin&eacute;es. Cette absence de r&eacute;alisme s&rsquo;explique en partie par une certitude, anesth&eacute;siante, toujours exprim&eacute;e par la France&nbsp;: quoi qu&rsquo;il arrive, les Fran&ccedil;ais de ce pays y verraient &laquo;&nbsp;grandir et prosp&eacute;rer leurs enfants et leurs petits-enfants&nbsp;&raquo;. M&ecirc;me les autorit&eacute;s tunisiennes, au moment de l&rsquo;ind&eacute;pendance, leur adress&egrave;rent des paroles rassurantes<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn55\" name=\"_ftnref55\">[55]<\/a>. Et puis, au sein des familles, la propre histoire de leur implantation en Tunisie, de v&eacute;ritables sagas, tenait lieu d&rsquo;Histoire: les obstacles qu&rsquo;il avait fallu vaincre, les difficult&eacute;s qui en avaient fait plier plus d&rsquo;un, renfor&ccedil;ant les autres, tout ce qu&rsquo;ils avaient construit, les terres d&eacute;frich&eacute;es et cultiv&eacute;es, les infrastructures implant&eacute;es partout, justifiaient &agrave; leurs yeux leur p&eacute;rennit&eacute; dans ce pays. Il y avait aussi peut-&ecirc;tre un autre trompe l&rsquo;&oelig;il qui cachait la r&eacute;alit&eacute; de la situation politique&nbsp;: les relations paisibles et faites de tol&eacute;rance que la plupart connaissaient dans une vie quotidienne partag&eacute;e par tous ceux qui vivaient en Tunisie, en premier lieu avec les Tunisiens. Il faut lire ou entendre les r&eacute;cits de retrouvailles d&rsquo;anciens Fran&ccedil;ais de Tunisie, agriculteurs ou autres, avec leurs ouvriers ou leurs voisins d&rsquo;autrefois, pour se convaincre de l&rsquo;existence de ces relations. Mais c&rsquo;&eacute;tait une chose que d&rsquo;&ecirc;tre bien avec ses ouvriers ou ses voisins, une autre de dissocier la r&eacute;alit&eacute; politique de cette vie quotidienne.<\/p>\n<p align=\"center\">\n\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/PublishingImages\/tunisie\/11.png\"><img decoding=\"async\" alt=\"\" border=\"0\" src=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/PublishingImages\/tunisie\/small03.png\" style=\"border-width:0px;border-style:solid;\" \/><\/a><br \/>\n\t\t\t\tLe retour-p&egrave;lerinage, dans la r&eacute;gion du Goubellat, ancien contr&ocirc;le civil de Medjez el Bab, 1997.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tOn pourrait aborder d&rsquo;autres questions relatives &agrave; ces communaut&eacute;s fran&ccedil;aises d&rsquo;Afrique du Nord. La premi&egrave;re d&rsquo;entre elles &ndash; d&rsquo;ailleurs formul&eacute;e lors du colloque de Marseille, pr&eacute;c&eacute;demment cit&eacute; &ndash; consiste &agrave; se demander si les pays nouvellement ind&eacute;pendants, et donc la Tunisie, n&rsquo;auraient pas eu int&eacute;r&ecirc;t &agrave; associer &agrave; la nouvelle donne politique cette population somme toute tr&egrave;s peu nombreuse, 180000 personnes, &agrave; peine celle d&rsquo;une ville de France comme Lille par exemple. Mais les Fran&ccedil;ais qui, en pr&egrave;s de quatre-vingts ans de pr&eacute;sence, avaient mis le pays sur les chemins de la modernit&eacute;, auraient-ils accept&eacute; le changement radical de situation qu&rsquo;aurait impliqu&eacute; cette coop&eacute;ration<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn56\" name=\"_ftnref56\">[56]<\/a>&nbsp;? Pourtant, forts de tout l&rsquo;encadrement administratif et &eacute;conomique du pays, ils auraient peut-&ecirc;tre facilit&eacute; les transmissions &ndash; m&ecirc;me si la Tunisie avait des &eacute;lites pr&ecirc;tes &agrave; la rel&egrave;ve &ndash; &eacute;vitant, pour eux &eacute;galement, le d&eacute;racinement d&rsquo;un d&eacute;part pr&eacute;cipit&eacute;. Par exemple, dans le registre du transfert des comp&eacute;tences et des savoirs, leur pr&eacute;sence aurait peut-&ecirc;tre &eacute;vit&eacute; l&rsquo;exp&eacute;rience collectiviste men&eacute;e dans l&rsquo;agriculture par le ministre du Plan, Ahmed Ben Salah. Commenc&eacute;e avec le d&eacute;cret de nationalisation des terres appartenant aux &eacute;trangers le 14 mai 1964, cette exp&eacute;rience &eacute;branla l&rsquo;agriculture en profondeur et se termina en 1970 par de violentes r&eacute;actions populaires. Le gouvernement fut oblig&eacute; d&rsquo;annuler du jour au lendemain cette politique de collectivisation<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn57\" name=\"_ftnref57\">[57]<\/a>&nbsp;qui avait, entre-temps, d&eacute;sorganis&eacute; le secteur agricole.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tUne autre question fut celle de leur &laquo;&nbsp;retour&nbsp;&raquo; en France qui se fit le plus souvent dans de mauvaises conditions, aucune politique de rapatriement n&rsquo;ayant &eacute;t&eacute; pr&eacute;vue. En r&eacute;alit&eacute;, d&egrave;s 1958, le G&eacute;n&eacute;ral De Gaulle refusait tout principe d&rsquo;indemnisation, jug&eacute;e trop lourde pour le budget national&nbsp;: le nombre total des rapatri&eacute;s, en 1962, s&rsquo;&eacute;levant &agrave; un million et demi de personnes<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn58\" name=\"_ftnref58\">[58]<\/a>, y compris le petit nombre des rapatri&eacute;s d&rsquo;Indochine (12000) et d&rsquo;Egypte (9000)<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn59\" name=\"_ftnref59\">[59]<\/a>. Ils en ressentirent un profond sentiment d&rsquo;injustice &agrave; l&rsquo;&eacute;gard d&rsquo;une m&egrave;re patrie qui les laissait &agrave; leur propre sort &ndash; alors qu&rsquo;elle avait su, rappelaient-ils, les inciter &agrave; partir outre-mer quand il fallait servir les int&eacute;r&ecirc;ts de la colonisation, et les mobiliser pour la d&eacute;fendre lors des deux guerres mondiales<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftn60\" name=\"_ftnref60\">[60]<\/a>. Mis &agrave; part les fonctionnaires, les autres, commer&ccedil;ants, artisans, agriculteurs, professions lib&eacute;rales, furent invit&eacute;s par le gouvernement fran&ccedil;ais de l&rsquo;&eacute;poque, soit &agrave; s&rsquo;adapter &agrave; la nouvelle situation des pays ind&eacute;pendants, soit &agrave; partir vers la France o&ugrave; ils b&eacute;n&eacute;ficieraient, comme tous les Fran&ccedil;ais, de facilit&eacute;s de cr&eacute;dit pour se refaire une situation en m&eacute;tropole. En r&eacute;alit&eacute;, ils n&rsquo;eurent pas le choix et durent quitter la Tunisie.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t<em>Ainsi,&nbsp;<\/em>il est possible de r&eacute;pondre &agrave; la question pos&eacute;e initialement&nbsp;: un corpus de photos peut&nbsp;<em>aider<\/em>&nbsp;&agrave; la connaissance de cette communaut&eacute; fran&ccedil;aise qui v&eacute;cut en Tunisie &agrave; l&rsquo;&eacute;poque du protectorat &ndash;&nbsp;<em>mais&nbsp;&agrave; condition<\/em>&nbsp;qu&rsquo;il soit &eacute;clair&eacute; par tout l&rsquo;&eacute;ventail des documents que l&rsquo;on peut qualifier d&rsquo;archives, par une bonne connaissance des circonstances historiques dans lesquelles v&eacute;cut cette population, et par la prise en compte du fait que des photos, en g&eacute;n&eacute;ral, montrent seulement des fragments de vie&nbsp;et non une existence tout enti&egrave;re.&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<p>\t\t\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<strong>Notes<\/strong><\/p>\n<div>\n<div id=\"ftn1\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref1\" name=\"_ftn1\"><em><strong>[1]<\/strong><\/em><\/a><em>&nbsp;Statistiques d&eacute;mographiques, ann&eacute;e 1956<\/em>, CADN (Centre des Archives Diplomatiques de Nantes), Tunisie 1<sup>er<\/sup>&nbsp;Versement, PER 589, page 101.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn2\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a>&nbsp;Un an avant l&rsquo;&eacute;tablissement du Protectorat fran&ccedil;ais en Tunisie.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn3\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a>&nbsp;Claude Charmetant (1850-1912) a laiss&eacute; d&rsquo;abondantes archives familiales, en particulier des carnets de voyage et une correspondance importante, en quantit&eacute; et en qualit&eacute;. J&rsquo;ai pu avoir acc&egrave;s &agrave; ces archives.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn4\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a>&nbsp;La question des terres est toujours une question &eacute;pineuse quand elle est incluse dans un syst&egrave;me colonial. Je l&rsquo;ai trait&eacute;e dans ma th&egrave;se,&nbsp;<em>Fran&ccedil;ais de Tunisie&nbsp;: une France d&rsquo;Outre-Mer dans le creuset tunisien<\/em>, Universit&eacute; de Toulouse II Le Mirail, mai 2003.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn5\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a>&nbsp;Paul Leroy-Beaulieu,&nbsp;<em>De la colonisation chez les peuples modernes<\/em>, Paris Guillaumin, 1874, 616 pages.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<em>L&rsquo; Alg&eacute;rie et la Tunisie<\/em>, Paris Guillaumin 1887, 472 pages.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn6\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a>&nbsp;Joseph Charmetant (1894 -1988). Il fut le 10<sup>e<\/sup>&nbsp;enfant de Claude Charmetant.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn7\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a>&nbsp;Il y eut 14 villages de ce type, cr&eacute;&eacute;s presque essentiellement dans la partie nord de la Tunisie. Certains v&eacute;g&eacute;t&egrave;rent sans parvenir &agrave; se d&eacute;velopper.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn8\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a>&nbsp;Plus pr&eacute;cis&eacute;ment ces photos, &agrave; de rares exceptions pr&egrave;s, commencent en 1920.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn9\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a>&nbsp;Futur Lyc&eacute;e Carnot.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn10\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a>&nbsp;<em>Trente-deux ans de colonisation,&nbsp;<\/em>Soci&eacute;t&eacute; d&rsquo;Editions G&eacute;ographiques, Maritimes et Coloniales, Paris, 1931.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn11\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a>&nbsp;La France ne fut jamais un pays d&rsquo;&eacute;migration de masse.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn12\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a>&nbsp;Philippe Joutard<em>, Ces voix qui nous viennent du pass&eacute;<\/em>, Paris, Hachette, 1983.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn13\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a>&nbsp;Voir&nbsp;<em>liste bibliographique<\/em>&nbsp;en annexe.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn14\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a>&nbsp;Pierre Nora<em>, Les Lieux de m&eacute;moire, I &ndash; La R&eacute;publique,&nbsp;<\/em>Paris, Gallimard, 1984, pages XIX-XX.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn15\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref15\" name=\"_ftn15\">[15]<\/a>&nbsp;Guy Thuillier et Jean Tulard,&nbsp;<em>La m&eacute;thode en histoire<\/em>, Collection&nbsp;<em>Que sais-je&nbsp;?<\/em>&nbsp;PUF, Paris, &eacute;dition corrig&eacute;e 1993 (page 38).<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn16\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref16\" name=\"_ftn16\">[16]<\/a>&nbsp;C&rsquo;est un ensemble de 160 documents (photos et cartes postales) qui a accompagn&eacute; cette communication.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn17\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref17\" name=\"_ftn17\">[17]<\/a>&nbsp;Il fit une s&eacute;rie de conf&eacute;rences, dans plusieurs r&eacute;gions de France sur ce th&egrave;me, rassembl&eacute;es dans un ouvrage&nbsp;:&nbsp;<em>Le<\/em>&nbsp;<em>Peuplement fran&ccedil;ais en Tunisie<\/em>, Challamel, Paris, 1910.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn18\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref18\" name=\"_ftn18\">[18]<\/a>&nbsp;D&rsquo;apr&egrave;s deux t&eacute;moignages d&rsquo;anciennes familles de ces m&eacute;tayers de Jules Saurin.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn19\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref19\" name=\"_ftn19\">[19]<\/a>&nbsp;Voir les&nbsp;<em>Rapports<\/em>, trimestriels puis semestriels, des contr&ocirc;leurs civils &agrave; partir de 1885, Centre des Archives Diplomatiques de Nantes &#8211; CADN.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn20\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref20\" name=\"_ftn20\">[20]<\/a>&nbsp;Avec des facilit&eacute;s de cr&eacute;dit payables en dix annuit&eacute;s.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn21\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref21\" name=\"_ftn21\">[21]<\/a>&nbsp;Au dernier recensement de la p&eacute;riode fran&ccedil;aise en 1956, d&eacute;j&agrave; cit&eacute; en note 1, la population tunisienne s&rsquo;&eacute;levait &agrave; 3 441 696 habitants, y compris 57 792 Isra&eacute;lites tunisiens&nbsp;; la population fran&ccedil;aise comprenait 180 440 personnes, et la population totale europ&eacute;enne, 255324 (in&nbsp;<em>Statistiques d&eacute;mographiques<\/em>, CADN, PER 589, pp.&nbsp;100-101).<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn22\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref22\" name=\"_ftn22\">[22]<\/a>&nbsp;<em>Annuaire Tunisien du Commerce, de l&rsquo;Industrie, de l&rsquo;Agriculture et des Administrations de la R&eacute;gence, 1950<\/em>, Edition 1950-1951, 51<sup>e<\/sup>&nbsp;ann&eacute;e, SAPI, Tunis, pp.&nbsp;310-311.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn23\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref23\" name=\"_ftn23\">[23]<\/a>&nbsp;Comme ce fut le cas dans les autres villes du pays, o&ugrave; une ville europ&eacute;enne se construisit accol&eacute;e &agrave; la ville existante&nbsp;: l&rsquo;exemple le plus typique est celui de Tunis, la capitale.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn24\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref24\" name=\"_ftn24\">[24]<\/a>&nbsp;Voir&nbsp;<em>liste bibliographique<\/em>&nbsp;jointe en annexe.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn25\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref25\" name=\"_ftn25\">[25]<\/a>Genevi&egrave;ve Falgas,&nbsp;<em>Fran&ccedil;ais de Tunisie&nbsp;: une France d&rsquo;Outre-Mer dans le creuset tunisien<\/em>, th&egrave;se de doctorat, Universit&eacute; de Toulouse II Le Mirail, 2003.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn26\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref26\" name=\"_ftn26\">[26]<\/a>&nbsp;Dans les centres agricoles, elles portaient souvent le nom de &laquo;&nbsp;<em>salle des colons<\/em>&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;<em>Maison des agriculteurs<\/em>&nbsp;&raquo;, etc.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn27\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref27\" name=\"_ftn27\">[27]<\/a>&nbsp;Genevi&egrave;ve Falgas,&nbsp;<em>Les Oies sauvages&nbsp;: une famille fran&ccedil;aise en Tunisie (1885-1964<\/em>), Paris, Editions L&rsquo;Harmattan, 2009, 287 pages.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn28\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref28\" name=\"_ftn28\">[28]<\/a>&nbsp;T&eacute;moignage en particulier d&rsquo;une &laquo;&nbsp;m&eacute;moire&nbsp;&raquo; de cette &eacute;poque-l&agrave;, Guy Vallin.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn29\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref29\" name=\"_ftn29\">[29]<\/a>&nbsp;Les associations des Bretons et des Corses furent les plus vigoureuses pendant la dur&eacute;e du protectorat.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn30\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref30\" name=\"_ftn30\">[30]<\/a>&nbsp;Certaines familles fran&ccedil;aises avaient, en Tunisie, une histoire beaucoup plus ancienne que celles venues apr&egrave;s l&rsquo;&eacute;tablissement du Protectorat. Un consulat de France avait &eacute;t&eacute; &eacute;tabli dans la R&eacute;gence de Tunis par Henri III, en 1577.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn31\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref31\" name=\"_ftn31\">[31]<\/a>&nbsp;L&rsquo;une de ces associations les plus vigoureuses et actives est &laquo;&nbsp;<em>la Diaspora Sfaxienne<\/em>&nbsp;&raquo;, qui regroupe les anciens habitants de la ville de Sfax et s&rsquo;est &eacute;galement dot&eacute;e depuis 1967d&rsquo;un bulletin annuel.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn32\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref32\" name=\"_ftn32\">[32]<\/a>&nbsp;Bien qu&rsquo;elles soient aujourd&rsquo;hui pr&egrave;s de leur fin, du fait que, par leur nature m&ecirc;me, il n&rsquo;y a pas de recrutement de jeunes pour assurer la rel&egrave;ve.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn33\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref33\" name=\"_ftn33\">[33]<\/a>&nbsp;La consultation de&nbsp;<em>La D&eacute;p&ecirc;che Tunisienne<\/em>, organe des Fran&ccedil;ais en Tunisie &agrave; l&rsquo;&eacute;poque du protectorat, fournit de nombreux comptes rendus de ces manifestations (Centre des Archives Diplomatiques de Nantes, CADN).<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn34\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref34\" name=\"_ftn34\">[34]<\/a>&nbsp;Ce d&eacute;sir de conna&icirc;tre la Tunisie a pu s&rsquo;affirmer davantage quand plus de familles (en particulier dans les villes) poss&eacute;d&egrave;rent, vers le d&eacute;but des ann&eacute;es cinquante, une automobile. Mais deux ans plus tard commen&ccedil;aient les &eacute;v&eacute;nements politiques qui conduisirent rapidement &agrave; l&rsquo;ind&eacute;pendance. Ce fut le coup d&rsquo;arr&ecirc;t de cet essor vers le tourisme int&eacute;rieur.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn35\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref35\" name=\"_ftn35\">[35]<\/a>&nbsp;T&eacute;moignage oral recueilli au cours d&rsquo;une conversation avec l&rsquo;un des fournisseurs de ces photos (2007) qui revenait de Tunisie dans le cadre d&rsquo;un voyage organis&eacute;.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn36\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref36\" name=\"_ftn36\">[36]<\/a>&nbsp;Suivant une enqu&ecirc;te d&rsquo;opinion que j&rsquo;ai faite en 2006, en vue de journ&eacute;es d&rsquo;&eacute;tudes sur le th&egrave;me du &laquo;&nbsp;d&eacute;veloppement du tourisme au Maghreb&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn37\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref37\" name=\"_ftn37\">[37]<\/a>&nbsp;La revue Tunisie touristique, &eacute;conomique, artistique et litt&eacute;raire, dans un num&eacute;ro sp&eacute;cial (50 pages) dat&eacute; d&rsquo;octobre 1954, r&eacute;pertorie, photos &agrave; l&rsquo;appui, toutes ces &eacute;glises de Tunisie, y compris les &eacute;coles catholiques, les orphelinats, les ateliers de bonnes &oelig;uvres, les &eacute;tablissements de soins tenus par des religieux et des religieuses.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn38\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref38\" name=\"_ftn38\">[38]<\/a>&nbsp;<em>Sainte Olive<\/em>&nbsp;&eacute;tait une sainte italienne&nbsp;: le cardinal Lavigerie voulut associer symboliquement les deux communaut&eacute;s catholiques les plus importantes de Tunisie.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn39\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref39\" name=\"_ftn39\">[39]<\/a>&nbsp;&laquo;&nbsp;Saint-Louis de Carthage&nbsp;&raquo; re&ccedil;ut le nom de &laquo;&nbsp;primatiale&nbsp;&raquo; quand le cardinal Lavigerie fut fait par Rome &laquo;&nbsp;primat d&rsquo;Afrique&nbsp;&raquo; &#8211; un des titres les plus prestigieux, ressuscit&eacute; de l&rsquo;Eglise antique, qui fut tr&egrave;s florissante.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t\tLe&nbsp;<em>Modus Vivendi<\/em>, sign&eacute; en 1964 entre le Vatican et la Tunisie, r&eacute;glait le sort de l&rsquo;Eglise dans ce pays. Tous les biens eccl&eacute;siastiques furent transf&eacute;r&eacute;s &agrave; la Tunisie, sauf l&rsquo;&eacute;glise Jeanne D&rsquo;Arc et la cath&eacute;drale, &agrave; Tunis. Saint-Louis de Carthage, restaur&eacute;e, est devenue un auditorium de musique classique et m&eacute;diterran&eacute;enne.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn40\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref40\" name=\"_ftn40\">[40]<\/a>&nbsp;De nombreuses congr&eacute;gations religieuses avaient fond&eacute; ces &oelig;uvres de charit&eacute;. Voir Abb&eacute; Fran&ccedil;ois Dornier,&nbsp;<em>La vie des catholiques<\/em>&nbsp;<em>en Tunisie au fil des jours<\/em>, Imprimerie Finzi, Tunis 2000, 650 pages.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn41\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref41\" name=\"_ftn41\">[41]<\/a>&nbsp;Dite aussi&nbsp;<em>ville arabe<\/em>&nbsp;ou&nbsp;<em>m&eacute;dina<\/em>.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn42\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref42\" name=\"_ftn42\">[42]<\/a>&nbsp;La plus importante &eacute;tant la compagnie Purfina (devenue par la suite la compagnie Fina)&nbsp;: t&eacute;moignage Chantal Dussouillez-Iannone, 2010.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn43\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref43\" name=\"_ftn43\">[43]<\/a>&nbsp;D&rsquo;autres instituts de ce type &eacute;taient &eacute;tablis &agrave; Tunis notamment dans la recherche agronomique (culture des c&eacute;r&eacute;ales, de la vigne \/ vinification, ovins et bovins, etc.).<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn44\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref44\" name=\"_ftn44\">[44]<\/a>&nbsp;Les&nbsp;<em>messes consulaires<\/em>, dites&nbsp;<em>concordataires<\/em>, &eacute;taient c&eacute;l&eacute;br&eacute;es &agrave; l&rsquo;occasion des six f&ecirc;tes principales de l&rsquo;ann&eacute;e catholique. Tous les consuls pr&eacute;sents &agrave; Tunis y assistaient en grand apparat.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn45\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref45\" name=\"_ftn45\">[45]<\/a>&nbsp;Aujourd&rsquo;hui &laquo;&nbsp;avenue Habib Bourguiba&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn46\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref46\" name=\"_ftn46\">[46]<\/a>&nbsp;Ce b&acirc;timent portait le nom de &laquo;&nbsp;<em>Services militaires<\/em>&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn47\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref47\" name=\"_ftn47\">[47]<\/a>&nbsp;Bizerte constituait &eacute;galement, dans le cadre de l&rsquo;OTAN, une base strat&eacute;gique avanc&eacute;e de la d&eacute;fense de l&rsquo;Occident face aux menaces de l&rsquo;Est.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn48\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref48\" name=\"_ftn48\">[48]<\/a>&nbsp;Sans compter les corps inconnus, 1220, et les urnes fun&eacute;raires, 1403. (cf. Wikip&eacute;dia). Les cimeti&egrave;res militaires musulmans sont situ&eacute;s &agrave; Haffouz et &agrave; Tarf-ech-Chena.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn49\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref49\" name=\"_ftn49\">[49]<\/a>&nbsp;Genevi&egrave;ve Falgas,&nbsp;<em>Fran&ccedil;ais de Tunisie&nbsp;: les derni&egrave;res ann&eacute;es du protectorat<\/em>, Editions Alan Sutton, 2004, 127 pages. Voir aussi les actes du colloque de Marseille, d&eacute;j&agrave; cit&eacute;, p.&nbsp;16.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn50\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref50\" name=\"_ftn50\">[50]<\/a>&nbsp;<em>Marseille et le choc des d&eacute;colonisations. Les rapatriements 1954-1964<\/em>, sous la direction de Jean-Jacques Jordi et Emile Temime, Edisud, 1995&nbsp;:&nbsp;<em>Le reflux des Fran&ccedil;ais d&rsquo;Afrique du Nord (1956-1962)<\/em>,&nbsp;Jacques Fr&eacute;meaux, pages 14 &agrave; 28.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn51\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref51\" name=\"_ftn51\">[51]<\/a>&nbsp;Claudine Iacoponelli-Cal&eacute;ca,&nbsp;<em>Le pass&eacute; refleurit toujours comme les cyclamens du Bou-Kornine<\/em>, Editions M&eacute;moire de notre temps, 2002, p.&nbsp;67.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn52\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref52\" name=\"_ftn52\">[52]<\/a>&nbsp;Il faut remarquer que les diff&eacute;rentes communaut&eacute;s ne se m&eacute;langeaient pas. Les liens personnels s&rsquo;arr&ecirc;tant aux portes des maisons.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn53\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref53\" name=\"_ftn53\">[53]<\/a>&nbsp;<em>Marseille et le choc des d&eacute;colonisations<\/em>, op.cit., page 17.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn54\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref54\" name=\"_ftn54\">[54]<\/a>&nbsp;Les Fran&ccedil;ais &eacute;taient devenus des &eacute;trangers en Tunisie depuis l&rsquo;accession &agrave; l&rsquo;ind&eacute;pendance, le 20 mars 1956.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn55\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref55\" name=\"_ftn55\">[55]<\/a>&nbsp;Notamment &agrave; l&rsquo;occasion des discours prononc&eacute;s lors de la signature du &laquo;&nbsp;<em>Protocole de l&rsquo;accord franco-tunisien<\/em>&nbsp;&raquo;, le 20 mars 1956, relatif &agrave; l&rsquo;ind&eacute;pendance. Le vice-pr&eacute;sident du Conseil tunisien, Bari Ladgham, consacra l&rsquo;essentiel de sa courte d&eacute;claration &agrave; apaiser les inqui&eacute;tudes des Fran&ccedil;ais pour qui une nouvelle &egrave;re s&rsquo;ouvrait au sein d&rsquo;une coop&eacute;ration franco-tunisienne&nbsp;:&nbsp;<em>&laquo;&nbsp;Il faut leur dire que l&rsquo;ind&eacute;pendance de la Tunisie, et nous [le] leur disons solennellement, ne signifie pas leur &eacute;viction de Tunisie<\/em>&nbsp;&raquo;, Archives du CADN, Tunisie 2<sup>e<\/sup>&nbsp;Versement, Carton 2493,&nbsp;<em>Protocole de l&rsquo;accord Franco-Tunisien sign&eacute; le 20 mars 1956<\/em>, 11 pages.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn56\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref56\" name=\"_ftn56\">[56]<\/a>&nbsp;Lors d&rsquo;une enqu&ecirc;te d&rsquo;opinion, faite en 2002, certains agriculteurs d&eacute;clar&egrave;rent avoir envisag&eacute; de prendre la double nationalit&eacute; &#8211; si on la leur avait propos&eacute;e &#8211; afin de rester dans le pays.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn57\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref57\" name=\"_ftn57\">[57]<\/a>&nbsp;Tahar Belkhodja,&nbsp;<em>Les Trois d&eacute;cennies Bourguiba.<\/em>&nbsp;<em>T&eacute;moignage<\/em>, Publisud &#8211; Arcant&egrave;res, 1998, pages 75 &agrave; 111.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn58\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref58\" name=\"_ftn58\">[58]<\/a>&nbsp;<em>Marseille et le choc des d&eacute;colonisations<\/em>,&nbsp;<em>op. cit.<\/em>, Jacques Fr&eacute;meaux, pp.&nbsp;13-26.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t\tJean-Jacques Jordi,<em>&nbsp;1962&nbsp;: l&rsquo;arriv&eacute;e des Pieds-Noirs<\/em>, Editions Autrement, 1995, pp.&nbsp;135-138.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn59\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref59\" name=\"_ftn59\">[59]<\/a>&nbsp;Pour ces populations fran&ccedil;aises rapatri&eacute;es d&rsquo;Indochine (1954-1960) et d&rsquo;Egypte (1956-1957), se reporter &agrave;&nbsp;<em>Marseille et le choc des d&eacute;colonisations<\/em>,&nbsp;<em>op. cit.<\/em>pages 29 &agrave; 53.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn60\">\n<p>\n\t\t\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr\/Varia\/Pages\/falgas.aspx#_ftnref60\" name=\"_ftn60\">[60]<\/a>&nbsp;Enqu&ecirc;te d&rsquo;opinion effectu&eacute;e en 2002 sur un &eacute;chantillon de quelque 130 personnes. Genevi&egrave;ve Goussaud-Falgas,&nbsp;<em>Fran&ccedil;ais de Tunisie&nbsp;: une France d&rsquo;Outre-Mer dans le creuset tunisien<\/em>, Th&egrave;se de doctorat, Universit&eacute; de Toulouse II Le Mirail, 2003.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<h2>\n\t\t\t\tBibliographie<\/h2>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<div>\n\t\t\t\t<strong>T&eacute;moignages de Fran&ccedil;ais (ou de personnes d&rsquo;origines diverses) ayant v&eacute;cu en Tunisie&nbsp;<\/strong><\/div>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<h3>\n\t\t\t\tPubli&eacute;s<em>&nbsp;:<\/em><\/h3>\n<p>\n\t\t\t\tAmira-Bournaz Maherzia,&nbsp;<em>C&rsquo;&eacute;tait Tunis 1920<\/em>&nbsp;(tome I), collection Omnibus, 2005, 90p.&nbsp;;&nbsp;<em>Maherzia se souvient, Tunis 1930<\/em>&nbsp;(tome II), Tunis, C&eacute;r&egrave;s Editions, 1999, 182p.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tBou&eacute; Georges,&nbsp;<em>L&rsquo;Ecole Coloniale d&rsquo;Agriculture de Tunis et ses anciens &eacute;l&egrave;ves<\/em>, Toulouse, 1991, 720p.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tBurel Maurice,&nbsp;<em>Quand les oliviers nous regardaient pousser<\/em>, Guy Rousseau &eacute;diteur, 2003, 167p.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tChouchan Pierre,&nbsp;<em>La Ferme du juif<\/em>, Paris, Edition Romillat, 1998, 278p.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tCohen Georges,&nbsp;<em>De l&rsquo;Ariana &agrave; Galata<\/em>, Vincennes, Editions Racines, 1993, 188p.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tDucurtil Florian,&nbsp;<em>Historique d&rsquo;un bled. Le Goubellat<\/em>, Guinle Tunis, 1934, 114p.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tFalgas Genevi&egrave;ve,&nbsp;<em>Les Oies sauvages, une famille fran&ccedil;aise en Tunisie (1885-1964)<\/em>, Paris, L&rsquo;Harmattan, 2009, 287p.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tHouri-Pasoti Myriam,&nbsp;<em>Eliaou ma Tunisie en ce temps-l&agrave;<\/em>, Paris, Gil Wern Editions, 1995, 272p.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tIacoponelli-Cal&eacute;ca Claudine,&nbsp;<em>Le Pass&eacute; refleurit toujours comme les cyclamens<\/em>&nbsp;<em>du<\/em>&nbsp;<em>Bou-Kornine<\/em>, Montpellier, Editions M&eacute;moire de notre Temps, 2002, 195p.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tJean Nicole,&nbsp;<em>Une enfance tunisienne<\/em>, Paris, L&rsquo;Harmattan, 2004, 237p.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tLacour-Gal&eacute;a Joyce,&nbsp;<em>En fermant les yeux, je vois, l&agrave;-bas<\/em>, Marseille, Ed. Le Champ des Cadets, 1996,&nbsp;335p.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tLarrieu Fran&ccedil;oise,&nbsp;<em>Tant d&rsquo;aubes apr&egrave;s tant de nuits<\/em>, Jou&eacute;-l&egrave;s-Tours, La Simarre, 1991, 351p.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tMoussac (de) Chantal,&nbsp;<em>Pastorale d&rsquo;une femme &agrave; travers la vie de colons fran&ccedil;ais en Tunisie (1920-1960)<\/em>, Tourettes-sur-Loup, 1989, 314p.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tNahum Andr&eacute;,&nbsp;<em>Tunis-la-Juive raconte<\/em>, Paris, Descl&eacute;e de Brouwer, 2000, 137p.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tNicolas P.A.,&nbsp;<em>Lettres d&rsquo;un colon<\/em>, Soci&eacute;t&eacute; des Ecrivains de l&rsquo;Afrique du Nord, 1931, 60p.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tRendu Christian, La Saga des pionniers, Lyon et la Tunisie (1880-1914), Lyon, Ed. Chantoiseau, 1995, 265p.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tS&eacute;billote Richard,&nbsp;<em>Djebel Ahmar, Colonisation &agrave; Maknassy en 1931<\/em>, 5 tomes, auto-&eacute;dition (environ 1500p.)<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tSpit&eacute;ri G&eacute;rard,&nbsp;<em>Bonheur d&rsquo;exil<\/em>, Paris, Collection Haute Enfance, Gallimard, 1998, 155p.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tStefano (di) Rosaire,&nbsp;<em>A flanc de Bou-Kornine<\/em>, Auto-&eacute;dition Ragusa, Italie, 1985, 322p.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<h3>\n\t\t\t\tIn&eacute;dits&nbsp;:&nbsp;<\/h3>\n<p>\n\t\t\t\tChappuis Daniel,&nbsp;<em>L&rsquo;Oued R&rsquo;mil, ou d&rsquo;A&iuml;n Arnat &agrave; El Aroussa<\/em>, Chronique familiale, 1853-1962, 2009, 145p.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tCharmetant Claude,&nbsp;<em>archives familiales<\/em>&nbsp;rassembl&eacute;es par Joseph Charmetant, 11 fascicules (environ 1000p.)<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tChavent Augustin<em>, L&rsquo;Aventure tunisienne de la famille Augustin Chavent (1880-1960),<\/em>&nbsp;environ 600p.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tEscard Jean-Claude,&nbsp;<em>Les Portes de France, Histoire de la famille Gandolphe (XVIIe-XXe si&egrave;cle)<\/em>, 2009, 232p.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tGolvin-Milon Janine,&nbsp;<em>Ch&egrave;re et belle Tunisie<\/em>, 2000, 160p.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tVallin Guy,&nbsp;<em>Histoire d&rsquo;une vie<\/em>, 1995, 155p.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t<em>Ces bleds tunisiens d&rsquo;o&ugrave; nous venons, Bou-Arada, Goubellat, El Aroussa<\/em>, 2 fascicules, 2000, 120p.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tSSBA, Soci&eacute;t&eacute; Sportive Bou-Aradienne, 2007, 10p.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&OElig;uvre collective,&nbsp;<em>Livre d&rsquo;Or Massicault<\/em>, 2005, 187p. + 63 pages d&rsquo;annexes.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&OElig;uvre collective dirig&eacute;e par G. Regnet, date ind&eacute;termin&eacute;e (2000&nbsp;?), non pagin&eacute; (&agrave; peu pr&egrave;s 150p. avec nombreuses reproductions photographiques),&nbsp;<em>Notre Tunisie, 1882-1964<\/em>.<\/p>\n<h3>\n\t\t\t\tManuscrits&nbsp;:<\/h3>\n<p>\n\t\t\t\tDrouet Paule,&nbsp;<em>La Ferme de Sidi Ali El Attab<\/em>, 2008, 150 pages (format A4)<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tGoussaud-Audebert Alice,&nbsp;<em>Souvenirs(1895-1943)<\/em>, 1963, 30 pages format A4, t&eacute;moignage oral retranscrit, dat&eacute; et sign&eacute; par le t&eacute;moin apr&egrave;s relecture<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tLhospital Robert,&nbsp;<em>Souvenirs<\/em>, 1980 (10 cahiers d&rsquo;&eacute;colier)<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tPenet-Cr&eacute;t&eacute; Marguerite,&nbsp;<em>Souvenirs (1886-1914<\/em>), 1960, 30 pages (format A4)<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t<strong>Correspondances<\/strong>&nbsp;diverses et t&eacute;moignages oraux relatifs &agrave; la&nbsp;<em>vie quotidienne &agrave; l&rsquo;&eacute;poque du protectorat<\/em><\/p>\n<p>\n\t\t\t\tCourts&nbsp;<strong>r&eacute;cits<\/strong>&nbsp;sur des &eacute;v&eacute;nements pr&eacute;cis, entre autres,&nbsp;<em>conditions du d&eacute;part de Tunisie en 1964<\/em>.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t<strong>Trois enqu&ecirc;tes d&rsquo;opinion<\/strong>, la premi&egrave;re, en 2002 (une centaine de r&eacute;ponses), relative entre autres au&nbsp;<em>&laquo;&nbsp;retour<\/em>&nbsp;&raquo; en France&nbsp;; les deux autres relatives au&nbsp;<em>tourisme en Tunisie &agrave; l&rsquo;&eacute;poque du protectorat<\/em>&nbsp;: 2006 et 2009 (une cinquantaine de r&eacute;ponses).<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p>\n\t\t\tCitation :&nbsp;<br \/>\n\t\t\tGenevi&egrave;ve Falgas, Les Fran&ccedil;ais de Tunisie en images ,&nbsp;<em>Revue Science and Video<\/em>, N&deg; Varia .<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les Fran&ccedil;ais de Tunisie en images &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Genevi&egrave;ve Falgas &nbsp; &nbsp; Texte de communication au S&eacute;minaire doctoral de l&#39;Institut de recherche et d&rsquo;&eacute;tudes du monde arabe et musulman (IREMAM) &agrave; la Maison M&eacute;diterran&eacute;enne des Sciences de l&rsquo;Homme (MMSH), 17 mai 2010, Aix-en-Provence. &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &laquo;&nbsp;Les Fran&ccedil;ais de Tunisie&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":18955,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[279,182,68,19,10,123,136,388,17,94,9,1],"tags":[],"class_list":["post-8807","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-afrique-du-nord-est","category-central-intelligence-agency","category-encore","category-europe","category-france","category-lyon","category-maurice","category-saint-louis","category-souvenirs","category-tripoli","category-tunisie","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8807","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8807"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8807\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/18955"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8807"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8807"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8807"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}