{"id":8867,"date":"2014-06-11T00:11:49","date_gmt":"2014-06-11T00:11:49","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=8867"},"modified":"2014-06-11T00:11:49","modified_gmt":"2014-06-11T00:11:49","slug":"des-juifs-en-quete-de-leur-memoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/des-juifs-en-quete-de-leur-memoire\/","title":{"rendered":"Des Juifs en qu\u00eate de leur m\u00e9moire"},"content":{"rendered":"<div>\n<div id=\"page_1\">\n<p>\n\t\t\tDes Juifs en qu&ecirc;te de leur m&eacute;moire<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tC&#39;est dans un climat tendu que quelques 2 500 Juifs ont accompli, entre mai, le p&egrave;lerinage annuel &agrave; la synagogue La Ghriba, &agrave; Djerba. Pourtant, de nombreux Juifs tunisiens vivant en Isra&euml;l t&eacute;moignent de leur attachement &agrave; leurs racines.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&quot;En arrivant &agrave; l&#39;a&eacute;roport, je prendrai un taxi pour aller directement &agrave; Sousse&quot;, d&eacute;clare Maurice Aehad, 67 ans, un Juif tunisien qui n&#39;a pas vu son pays natal depuis cinquante-huit ans. Pourtant, il se souvient tr&egrave;s bien de son enfance pass&eacute;e sur la c&ocirc;te tunisienne. &quot;La premi&egrave;re chose que je veux boire, c&#39;est du&nbsp;legmi&quot;, ajoute-t-il &agrave; propos du traditionnel jus de datte qu&#39;il n&#39;a pas go&ucirc;t&eacute; depuis ses 9 ans.<\/p>\n<p>\n\t\t\tMaurice Aehad vit &agrave; J&eacute;rusalem et fait partie de la diaspora juive qui a quitt&eacute; la Tunisie pour Isra&euml;l en 1956, peu apr&egrave;s l&#39;ind&eacute;pendance tunisienne. En 1948, il y avait environ 105 000 Juifs en Tunisie, le plus grand nombre jamais recens&eacute; dans ce pays, mais la plupart d&#39;entre eux ont fini par partir en France ou en Isra&euml;l. Aujourd&#39;hui, moins de 2 000 Juifs vivent en Tunisie, dont la plupart sur l&#39;&icirc;le de Djerba.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLes Isra&eacute;liens d&#39;origine tunisienne ont une relation complexe avec le pays de leurs a&iuml;eux. R&eacute;cemment, la question de l&#39;entr&eacute;e sur le territoire tunisien de visiteurs isra&eacute;liens a d&eacute;clench&eacute; une pol&eacute;mique et a de nouveau attir&eacute; l&#39;attention sur le lien entre ces deux Etats [en mars, quelques Isra&eacute;liens qui se trouvaient &agrave; bord d&#39;un bateau de croisi&egrave;re qui a fait escale &agrave; Tunis n&#39;ont pas &eacute;t&eacute; autoris&eacute;s &agrave; descendre &agrave; quai].<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Troubles postr&eacute;volutionnaires<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\t&quot;Tous les ans, nous nous disons que nous allons retourner voir notre pays, notre ville natale et les tombes de notre famille, explique Maurice Aehad.&nbsp;Les ann&eacute;es ont pass&eacute; et nous n&#39;y sommes jamais retourn&eacute;s.&quot; Maurice Aehad est n&eacute; &agrave; Sousse, une ville c&ocirc;ti&egrave;re &agrave; 150 km au sud de Tunis. Sa grand-m&egrave;re vendait des&nbsp;fota, la tenue traditionnelle des femmes, ainsi que d&#39;autres tissus. Son p&egrave;re vendait du mat&eacute;riel de cuisine. Il se souvient avec nostalgie de son lieu de naissance.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&quot;J&#39;ai &eacute;crit cinq histoires sur mon enfance en Tunisie et lorsque les lecteurs lisent mes descriptions, ils me demandent pourquoi j&#39;en suis parti. Je r&eacute;ponds que les circonstances nous y ont contraints.&quot; La famille de Maurice Aehad, comme celles de nombreux Juifs tunisiens &agrave; l&#39;&eacute;poque de l&#39;ind&eacute;pendance, ont eu peur de ce qui pouvait arriver &agrave; leur communaut&eacute;.&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tCurieux d&#39;en savoir plus sur la Tunisie n&eacute;e du printemps arabe, il me pose des questions sur la s&eacute;curit&eacute; et les changements que traverse la soci&eacute;t&eacute;. Il explique que les m&eacute;dias &eacute;voquent des troubles postr&eacute;volutionnaires et la prise de pouvoir des extr&eacute;mistes. A mesure qu&#39;il partage ses souvenirs, son d&eacute;sir de retourner en Tunisie grandit.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Chants et musiques soufis<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\t&quot;Je retournerai voir ma Tunisie, &ocirc; mon pays, je t&#39;ai abandonn&eacute;&quot;, commence-t-il &agrave; chanter sur un ton m&eacute;lancolique. &quot;La Tunisie est sans &eacute;gale, quel pays magnifique. Je voudrais un passeport tunisien. Est-ce que j&#39;y ai droit ? Je voudrais vivre en Tunisie, dans mon pays&quot;, poursuit-il.&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tIl reste tr&egrave;s attach&eacute; non seulement &agrave; sa nation d&#39;origine, mais aussi &agrave; la ville de son enfance. &quot;Quand je vais en France et que les gens me demandent d&#39;o&ugrave; je viens, je r&eacute;ponds &#39;Soussien sans soucis&#39;.&quot; Plusieurs dizaines d&#39;ann&eacute;es plus tard, Maurice Aehad aime toujours autant la musique, la nourriture et les confiseries tunisiennes. &quot;Mes musiques pr&eacute;f&eacute;r&eacute;es sont la&nbsp;hadhra&nbsp;et la musique soufie. Elles me vont droit au c&oelig;ur. Quels bons moments j&#39;ai pass&eacute;s en Tunisie, quelle nourriture d&eacute;licieuse j&#39;y ai mang&eacute;, se souvient-il. C&#39;est incomparable.&quot;<\/p>\n<p>\n\t\t\tLa g&eacute;n&eacute;ration de Maurice Aehad, n&eacute;e en Tunisie, garde des souvenirs pr&eacute;cis du pays. L&#39;arabe tunisien, toutefois, n&#39;a pas &eacute;t&eacute; transmis aux g&eacute;n&eacute;rations suivantes qui ont grandi en Isra&euml;l. &quot;Les jeunes viennent &agrave; J&eacute;rusalem depuis la France, mais ils ne savent pas parler tunisien&quot;, dit-il. Quant &agrave; Maurice Aehad, il a lui-m&ecirc;me principalement parl&eacute; en arabe, utilisant le dialecte palestinien. La Tunisie d&#39;aujourd&#39;hui est un grand myst&egrave;re pour lui. Pendant l&#39;interview, il me demande s&#39;il est vrai que les jeunes Tunisiens ne parlent plus que le fran&ccedil;ais et s&#39;il est obligatoire d&#39;&eacute;tudier cette langue &agrave; l&#39;&eacute;cole.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>La Tunisie reste m&eacute;connue en Isra&euml;l<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tNon loin de Maurice Aehad se trouve David Emmanuel Uzan, un jeune de 20 ans, &eacute;tudiant &agrave; J&eacute;rusalem, dont les grands-parents sont n&eacute;s en Tunisie. Il y est all&eacute; pour la premi&egrave;re fois en 2011, deux semaines seulement apr&egrave;s la r&eacute;volution. Il explique qu&#39;au cours de son voyage, nombre de Tunisiens lui ont affirm&eacute; qu&#39;ils gardaient de bons souvenirs des Juifs. Il ajoute que la Tunisie reste essentiellement m&eacute;connue en Isra&euml;l. &quot;Ici, personne n&#39;a d&#39;image pr&eacute;cise de la Tunisie. Pour les Isra&eacute;liens, c&#39;est un pays lointain dont ils ignorent tout. La Tunisie, le Congo, c&#39;est du pareil au m&ecirc;me pour eux&quot;, avoue-t-il.&nbsp;<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"page_2\">\n<p>\n\t\t\tLe conflit politique qui a &eacute;clat&eacute; apr&egrave;s la d&eacute;cision du gouvernement tunisien d&#39;autoriser l&#39;entr&eacute;e de touristes isra&eacute;liens [notamment &agrave; l&#39;approche de la date du p&egrave;lerinage de La Ghriba et, de mani&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale, pour relancer le tourisme] n&#39;a pas fait beaucoup de bruit en Isra&euml;l, affirme David Emmanuel Uzan [la ministre du Tourisme, Amel Karboul, et le ministre d&eacute;l&eacute;gu&eacute; &agrave; la S&eacute;curit&eacute;, Ridha Sfar ont &eacute;t&eacute; vis&eacute;s le 9 mai par des motions de censure &agrave; l&#39;Assembl&eacute;e, une proc&eacute;dure qui n&#39;a pas abouti]. &quot;J&#39;ai entendu parler du probl&egrave;me de la &#39;normalisation avec Isra&euml;l&#39; sur Internet, mais ici personne ne l&#39;&eacute;voque. Je n&#39;ai lu qu&#39;une ou deux lignes sur la question.&quot;<\/p>\n<p>\n\t\t\tBazelel Raviv, un compositeur-interpr&egrave;te n&eacute; de parents juifs originaires de Tunisie, a &eacute;voqu&eacute; le pays dans une chanson de 2010 intitul&eacute;e&nbsp;Tunisia. &quot;En Isra&euml;l, ma chanson est rest&eacute;e m&eacute;connue, mais elle a &eacute;t&eacute; tr&egrave;s appr&eacute;ci&eacute;e des Musulmans tunisiens&quot;, explique le chanteur.&nbsp;En 2013, il s&#39;est rendu &agrave; la synagogue La Ghriba de Djerba pour le p&egrave;lerinage juif annuel. &quot;Tout le monde s&#39;est montr&eacute; aimable et j&#39;ai &eacute;t&eacute; tr&egrave;s bien accueilli&quot;, raconte-t-il. Il ajoute que sa prochaine chanson sera consacr&eacute;e &agrave; La Ghriba et il souhaite filmer le clip &agrave; Djerba.<\/p>\n<p>\n\t\t\tBazelel Raviv et David Emanuel Uzan ont tous deux affirm&eacute; qu&#39;ils n&#39;avaient pas eu de probl&egrave;me pour entrer en Tunisie avec des passeports isra&eacute;liens. &quot;La situation tunisienne est unique au monde, d&eacute;clare Bazelel Raviv &agrave; propos de la cohabitation pacifique des musulmans et des juifs. Plus la Tunisie s&#39;ouvrira au monde, plus sa beaut&eacute; sera reconnue.&quot;<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<ul>\n<li>\n<p>\n\t\t\t<a href=\"http:\/\/www.courrierinternational.com\/notule-source\/tunisia-live\">TUNISIA LIVE<\/a><\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p>\n\t\t\t| SAFA BEN SAID<\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Des Juifs en qu&ecirc;te de leur m&eacute;moire &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; C&#39;est dans un climat tendu que quelques 2 500 Juifs ont accompli, entre mai, le p&egrave;lerinage annuel &agrave; la synagogue La Ghriba, &agrave; Djerba. 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