{"id":8921,"date":"2014-06-18T00:27:42","date_gmt":"2014-06-18T00:27:42","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=8921"},"modified":"2014-06-18T00:27:42","modified_gmt":"2014-06-18T00:27:42","slug":"les-dernieres-heures-de-bourguiba","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/les-dernieres-heures-de-bourguiba\/","title":{"rendered":"Les derni\u00e8res heures de Bourguiba"},"content":{"rendered":"<p>\n\tLes&nbsp;derni&egrave;res heures de Bourguiba : Un t&eacute;moignage exceptionnel du Dr Saida Douki<\/p>\n<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tPsychiatre, alors Chef de Service &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital Razi, le Dr Saida Douki &eacute;tait appel&eacute;e en grande urgence, fin mars 2000, au chevet de Bourguiba, transf&eacute;r&eacute; de Monastir &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital Militaire de Tunis, pour une ultime tentative de lui faire retrouver le sommeil. Elle y parviendra et se verra d&eacute;sign&eacute;e, pour le raccompagner &agrave; Monastir et le suivre jusqu&rsquo;au dernier soupir. Un t&eacute;moignage exceptionnel que le Dr Douki, aujourd&rsquo;hui &eacute;tablie &agrave; Lyon, a bien voulu livrer en exclusivit&eacute; &agrave;&nbsp;Leaders.<\/p>\n<p>\n\t\tLa m&eacute;moire nous joue de dr&ocirc;les de tours. Je garde un souvenir intact du jour o&ugrave; j&rsquo;eus l&rsquo;immense privil&egrave;ge d&rsquo;&ecirc;tre appel&eacute;e au chevet du Pr&eacute;sident Bourguiba mais je ne peux me rappeler la date, ni celle de son d&eacute;c&egrave;s qui devait suivre quelques semaines plus tard, comme si mon cerveau refusait d&rsquo;enregistrer cette date. Il ne vous &eacute;tonnera gu&egrave;re d&rsquo;apprendre que j&rsquo;ai &eacute;galement totalement oubli&eacute; la date du d&eacute;c&egrave;s de mon p&egrave;re.<\/p>\n<p>\n\t\tJe me dirigeai vers la Coupole pour assister &agrave; une c&eacute;r&eacute;monie comm&eacute;morative de je ne sais plus quoi, (a posteriori, il s&rsquo;agissait du 20 mars) &agrave; laquelle j&rsquo;avais &eacute;t&eacute; convi&eacute;e. Il &eacute;tait moins de huit heures, j&rsquo;&eacute;tais au carrefour d&rsquo;El Menzah VI quand mon portable sonna. Mon coll&egrave;gue et ami, le Pr Mohamed Gueddiche &eacute;tait au bout du fil. &laquo;Sa&iuml;da, me dit-il, o&ugrave; que tu sois, change de destination et rends-toi &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital militaire o&ugrave; le Zaim (texto) est hospitalis&eacute; et il faudrait que tu le voies&raquo;. Et me voil&agrave;&nbsp; &agrave; Montfleury en moins de temps qu&rsquo;il ne faut pour le dire. J&rsquo;&eacute;tais totalement d&eacute;personnalis&eacute;e ! Moi, aller voir le grand Bourguiba qui avait &eacute;t&eacute; ravi &agrave; la vue de son peuple depuis tant d&rsquo;ann&eacute;es ?<\/p>\n<p>\n\t\tJe suis attendue par le Pr Gueddiche dans son service, introduite et mon regard se porte (pour la premi&egrave;re fois, en vrai) sur ce monument de mon histoire, de notre histoire, allong&eacute; sur un lit d&rsquo;h&ocirc;pital. Mes premi&egrave;res impressions furent : comme il est petit et comme il est grand ! C&rsquo;est curieux, mais il est vrai qu&rsquo;autant son corps &eacute;tait rapetiss&eacute; autant sa t&ecirc;te &eacute;tait toujours aussi imposante que de coutume. Une t&ecirc;te d&rsquo;empereur romain ! Un regard toujours per&ccedil;ant bien que voil&eacute; par la cataracte. Il souffrait &agrave; l&rsquo;&eacute;vidence, il geignait, il grognait, il grommelait, faute de pouvoir s&rsquo;exprimer du fait de l&rsquo;&eacute;vident effondrement de ses capacit&eacute;s cognitives. Il ne dormait plus, ne s&rsquo;alimentait plus, m&rsquo;a-t-on dit et ne cessait de s&rsquo;agiter, de crier, depuis qu&rsquo;il avait contract&eacute; une pleur&eacute;sie. Il fallait imp&eacute;rativement le soulager, le calmer.<\/p>\n<p>\n\t\tJe m&rsquo;enquis du traitement qu&rsquo;il prenait et me contentai de le prescrire, litt&eacute;ralement terroris&eacute;e par ma responsabilit&eacute; et en me croisant les doigts, par voie parent&eacute;rale en augmentant l&eacute;g&egrave;rement la posologie. Et miracle, dans les minutes qui suivirent, les m&eacute;dicaments firent leur effet. Il s&rsquo;endormit paisiblement.&nbsp;<br \/>\n\t\tJ&rsquo;ai oubli&eacute; de vous dire que j&rsquo;avais essay&eacute; d&rsquo;entrer en contact avec lui en l&rsquo;appelant avec un respect affectueux: si El Habib, vous m&rsquo;entendez ? Et je me fis rabrouer par Mohamed Gueddiche, manifestement scandalis&eacute; par ma &laquo; familiarit&eacute; &raquo; : Appelles-le Sa&iuml;d El Za&iuml;m, Sa&iuml;da ! Et je remarquai &agrave; ce moment que son dossier m&eacute;dical portait ce titre en fran&ccedil;ais: Le leader Bourguiba. Il n&rsquo;avait apparemment plus droit au titre de Pr&eacute;sident (ce qui e&ucirc;t &eacute;t&eacute; l&eacute;gitime car tous les anciens pr&eacute;sidents y ont droit) mais personne ne pouvait lui &ocirc;ter celui qu&rsquo;il affectionnait tout particuli&egrave;rement d&rsquo;ailleurs.<\/p>\n<p>\n\t\tJe compris aussi rapidement qu&rsquo;on attendait de mon intervention la possibilit&eacute; de le ramener au plus vite &agrave; Monastir, de crainte probablement que la population, inform&eacute;e de son s&eacute;jour &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital ne s&rsquo;y pr&eacute;cipit&acirc;t. J&rsquo;ai quand m&ecirc;me demand&eacute; et obtenu un sursis de 24 heures pour m&rsquo;assurer de la stabilisation de son sommeil, le probl&egrave;me de la pleur&eacute;sie ayant &eacute;t&eacute; r&eacute;gl&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t\tComme il avait pass&eacute; une bonne nuit et &eacute;tait retomb&eacute; dans une stupeur tranquille, on proc&eacute;da &agrave; son transfert d&egrave;s le lendemain, au grand dam de son fils. Mais il me fut demand&eacute; (&agrave; mon grand bonheur) de l&rsquo;y accompagner, en toute discr&eacute;tion. C&agrave; tombait bien, nous &eacute;tions &agrave; la veille de l&rsquo;A&iuml;d El Kebir et d&rsquo;un tr&egrave;s long week-end.&nbsp;&nbsp;<br \/>\n\t\tAinsi f&ucirc;t fait, et je d&eacute;barquai, en voiture sp&eacute;ciale, dans la fameuse villa du gouverneur local qui abritait le Pr&eacute;sident depuis des ann&eacute;es. Une villa moderne sans pr&eacute;tention mais o&ugrave; j&rsquo;eus l&rsquo;agr&eacute;able surprise de d&eacute;couvrir une chambre &agrave; coucher parfaitement m&eacute;dicalis&eacute;e, un bureau totalement reconstitu&eacute; avec meubles et photo de Mend&egrave;s France tels que vus &agrave; la TV, une &eacute;quipe (cuisiniers, valets, secr&eacute;taires, gouvernantes etc.) tout droit venue de Carthage en m&ecirc;me temps que le Pr&eacute;sident. C&rsquo;&eacute;tait une marque ind&eacute;niable d&rsquo;&eacute;gards mais que pesait-elle face &agrave; l&rsquo;isolement qui lui avait &eacute;t&eacute; impos&eacute; jusqu&rsquo;&agrave; ses derniers jours ? Certes, il est important, pour les personnes &acirc;g&eacute;es, de leur garantir des rep&egrave;res physiques. Ce fut fait. Mais il est encore plus important de leur offrir un environnement affectif, de continuer &agrave; les solliciter &agrave; ce niveau o&ugrave; le cerveau ne s&rsquo;use uniquement que quand on ne s&rsquo;en sert pas. Et on a inflig&eacute; &agrave; l&rsquo;avocat la pire des sanctions, celle de ne pas parler.<\/p>\n<p>\n\t\tEt mon s&eacute;jour monastirien commen&ccedil;a. Pourquoi m&rsquo;avait-on choisie plut&ocirc;t qu&rsquo;un psychiatre militaire (tenu au secret), d&rsquo;autant qu&rsquo;il en existait d&rsquo;&eacute;minents ? Probablement parce que j&rsquo;&eacute;tais une femme (hommage &agrave; Bourguiba) et parce que j&rsquo;&eacute;tais originaire de Monastir et donc aussi suspecte que tous mes concitoyens de loyaut&eacute; ind&eacute;fectible envers le plus illustre des natifs de la petite ville. Car l&rsquo;heure &eacute;tait grave et la fin &agrave; l&rsquo;&eacute;vidence approchait.<\/p>\n<p>\n\t\tJe me joignis &agrave; l&rsquo;&eacute;quipe m&eacute;dicale locale en charge de la sant&eacute; du Pr&eacute;sident mais j&rsquo;avais l&rsquo;avantage d&rsquo;&ecirc;tre totalement disponible sur place. Je pus observer les acc&egrave;s d&rsquo;oscillations erratiques du moniteur cardiaque et me r&eacute;solus &agrave; faire part du pronostic fatal au Gouverneur qui nous rendait visite quotidiennement et &agrave; la famille qui, avec une dignit&eacute; exemplaire, approuva ma proposition de mettre fin &agrave; l&rsquo;acharnement th&eacute;rapeutique. Car ses m&eacute;decins continuaient avec un d&eacute;vouement digne d&rsquo;&eacute;loges &agrave; vouloir multiplier les explorations et mettre en &oelig;uvre de nouveaux protocoles th&eacute;rapeutiques vou&eacute;s &agrave; l&rsquo;&eacute;chec. C&rsquo;est alors que la surveillance se rel&acirc;cha et que de nombreux proches, parents et amis, furent autoris&eacute;s &agrave; lui rendre une derni&egrave;re visite.<\/p>\n<p>\n\t\tC&rsquo;est ainsi que je re&ccedil;us (car j&rsquo;&eacute;tais devenue l&rsquo;h&ocirc;tesse de la demeure) mon ma&icirc;tre, le Pr Amor Chadli et M. Mohamed Sayah et que je recueillis des confidences &eacute;mouvantes et historiques sur leur relation avec le Pr&eacute;sident. C&rsquo;est ainsi que le jour de l&rsquo;A&iuml;d et pour la premi&egrave;re fois depuis son exil, la table fut dress&eacute;e pour une vingtaine de personnes parentes, amies ou alli&eacute;es. Dans l&rsquo;intervalle, je passais de longues heures seule et en profitai pour remonter le cours de mon histoire. Je m&rsquo;asseyais &agrave; son chevet et le regardai longuement pour me repa&icirc;tre de la vue de ce personnage qui avait transform&eacute; mon destin de femme et de tunisienne. Je n&rsquo;ai jamais vu un aussi beau vieillard, aussi d&eacute;ment f&ucirc;t-il ! Je regretterai toujours de ne l&rsquo;avoir jamais rencontr&eacute; de son &laquo; vivant &raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\tSon magnifique visage aux yeux bleus &eacute;tincelants et au sourire ravageur se superposait au masque fig&eacute; par l&rsquo;&acirc;ge et la maladie. Je discutais aussi longuement avec le personnel et fus confondue par leur d&eacute;votion envers le Pr&eacute;sident Bourguiba, qu&rsquo;eux appelaient d&rsquo;ailleurs &laquo; El Ra&iuml;s &raquo;. Il en &eacute;tait de m&ecirc;me du personnel param&eacute;dical qui se relayait pour lui prodiguer les soins n&eacute;cessaires.<\/p>\n<p>\n\t\tJe savais que Bourguiba n&rsquo;avait laiss&eacute; personne indiff&eacute;rent, m&ecirc;me apr&egrave;s son &eacute;clipse involontaire, mais je pris la mesure de l&rsquo;attachement et du respect hors normes qu&rsquo;il avait inspir&eacute;s. Je connus de grands moments d&rsquo;&eacute;motion. Quand le majordome me montra le cercueil et surtout son &eacute;pitaphe inscrite sur une petite plaque dor&eacute;e et r&eacute;dig&eacute;e par Si El Habib lui-m&ecirc;me : &laquo; Habib Bourguiba, Fondateur de la R&eacute;publique Tunisienne, Emancipateur de la Femme Tunisienne &hellip; &raquo;, je ne pus retenir mes larmes de gratitude, d&rsquo;admiration, pour l&rsquo;Homme qui avait r&eacute;sum&eacute; en deux phrases l&rsquo;ouvrage accompli et qui est encore revendiqu&eacute; par tant de nations.<\/p>\n<p>\n\t\tLe moment le plus bouleversant fut la pr&eacute;paration de ses fun&eacute;railles alors qu&rsquo;il gisait sur son lit d&rsquo;agonie. Je fus associ&eacute;e &agrave; la discussion entre Junior et le Gouverneur qui faisait part des instructions de Zine El Abidine Ben Ali. Il &eacute;tait question d&rsquo;organiser des fun&eacute;railles nationales auxquelles &laquo; tous les amis de Bourguiba &raquo; pouvaient &ecirc;tre convi&eacute;s, y compris les grands de ce monde qu&rsquo;il avait c&ocirc;toy&eacute;s &agrave; leur &eacute;gal. Il &eacute;tait &eacute;galement question de faire porter le cercueil sur &eacute;paules d&rsquo;hommes jusqu&rsquo;&agrave; sa derni&egrave;re demeure.<\/p>\n<p>\n\t\tPendant que les deux hommes discutaient des d&eacute;tails, je pleurai, boulevers&eacute;e, en silence, pour ne pas les d&eacute;ranger. C&rsquo;est ainsi que j&rsquo;appris que Bourguiba ne poss&eacute;dait aucun bien et que son compte en banque n&rsquo;avait jamais enregistr&eacute; que ses salaires de Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique. Conscient de mon profond chagrin, Junior me promit de m&rsquo;adresser une invitation et nota imm&eacute;diatement mon adresse. Quelle ne fut pas ma d&eacute;ception attrist&eacute;e de ne rien recevoir ! Quelle ne fut pas ma consternation d&rsquo;attendre en vain, devant des documentaires animaliers tournant en boucle, la retransmission t&eacute;l&eacute;vis&eacute;e de l&rsquo;enterrement ! Et quelle ne fut pas ma stup&eacute;faction horrifi&eacute;e d&rsquo;apprendre par la suite le traitement qui avait &eacute;t&eacute; r&eacute;serv&eacute; au Za&iuml;m dont le catafalque avait &eacute;t&eacute; transport&eacute; dans la soute d&rsquo;un avion ! Je ne pardonnerai jamais &agrave; ceux qui ont commis ce supr&ecirc;me outrage.<\/p>\n<p>\n\t\tEt je compris d&egrave;s lors que le sort de Ben Ali &eacute;tait scell&eacute; &agrave; plus ou moins court terme car le peuple tunisien ne pardonnerait jamais non plus l&rsquo;offense faite au P&egrave;re r&eacute;v&eacute;r&eacute;. La mort dans notre culture doit effacer tous les griefs possibles. Et Bourguiba qui reste le seul Pr&eacute;sident de ce pays, puisque son successeur s&rsquo;est d&eacute;chu de ce titre par ses multiples trahisons, sera toujours aussi grand mort que vivant. Vive Bourguiba et Vive la Tunisie.<\/p>\n<p>\n\t\tDr Saida Douki<\/p>\n<p>\n\t\t<a href=\"http:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/les-dernieres-heures-de-bourguiba-un-temoignage-exceptionnel-du-dr-saida-douki?id=4698\" style=\"color: rgb(102, 102, 102); text-decoration: underline; outline: none;\">Les&nbsp;derni&egrave;res heures de Bourguiba : Un t&eacute;moignage exceptionnel du Dr Saida Douki<\/a><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les&nbsp;derni&egrave;res heures de Bourguiba : Un t&eacute;moignage exceptionnel du Dr Saida Douki &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Psychiatre, alors Chef de Service &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital Razi, le Dr Saida Douki &eacute;tait appel&eacute;e en grande urgence, fin mars 2000, au chevet de Bourguiba, transf&eacute;r&eacute; de Monastir &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital Militaire de Tunis, pour une ultime tentative de lui faire&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[69,18,123,13,1],"tags":[],"class_list":["post-8921","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-habib-bourguiba","category-histoire","category-lyon","category-tunis","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8921","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8921"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8921\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8921"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8921"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8921"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}