{"id":893,"date":"2011-02-08T18:48:00","date_gmt":"2011-02-08T18:48:00","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=893"},"modified":"2011-02-08T18:48:00","modified_gmt":"2011-02-08T18:48:00","slug":"les-freres-musulmans-une-force-politique-decisive-en-egypte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/les-freres-musulmans-une-force-politique-decisive-en-egypte\/","title":{"rendered":"Les Fr\u00e8res musulmans, une force politique d\u00e9cisive en Egypte"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<h1 class=\"titre_art\">\n\tLes Fr&egrave;res musulmans, une force politique d&eacute;cisive en Egypte<\/h1>\n<p>\n\t<span class=\"chapeau\">Tol&eacute;r&eacute; par le r&eacute;gime mais interdit comme parti politique, le mouvement fond&eacute; en 1928 impr&egrave;gne la soci&eacute;t&eacute; &eacute;gyptienne<\/span><\/p>\n<p>\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"10\" src=\"http:\/\/www.la-croix.com\/img\/la-croix\/commun\/pix_trans.gif\" width=\"1\" \/><\/p>\n<p>\n\tQui sont les Fr&egrave;res musulmans ?<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;Association des Fr&egrave;res musulmans est cr&eacute;&eacute;e en 1928 par Hassan El Banna (1906-1949), d<span class=\"Apple-style-span\" style=\"font-size: 12px; line-height: normal; \"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"10\" src=\"http:\/\/www.la-croix.com\/img\/la-croix\/commun\/pix_trans.gif\" width=\"1\" \/><\/span>ans une phase de profond d&eacute;sarroi du monde musulman. C&rsquo;est l&rsquo;&eacute;poque &agrave; la fois de l&rsquo;apog&eacute;e de la colonisation europ&eacute;enne et de la disparition du califat ottoman, aboli par Mustafa Kemal Atat&uuml;rk en 1924. &laquo; La cr&eacute;ation des Fr&egrave;res musulmans est l&rsquo;une des formes de r&eacute;ponse &agrave; ce d&eacute;sarroi, &eacute;crit le politologue sp&eacute;cialiste de l&rsquo;islam Gilles Kepel.<\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\tAux partis nationalistes &eacute;gyptiens qui r&eacute;clamaient l&rsquo;ind&eacute;pendance, le d&eacute;part de l&rsquo;occupant anglais et une Constitution d&eacute;mocratique, les Fr&egrave;res opposent un slogan toujours usit&eacute; dans la mouvance islamiste : &laquo; Le Coran est notre Constitution. &raquo; Pour le mouvement, que le politologue consid&egrave;re comme &laquo; la matrice de l&rsquo;islamisme moderne &raquo;, la solution aux probl&egrave;mes politiques que connaissent les musulmans r&eacute;side dans l&rsquo;instauration d&rsquo;un &Eacute;tat islamique appliquant la charia (le droit musulman).<\/p>\n<p>\tEn quelques ann&eacute;es, cette association devient un mouvement de masse, s&rsquo;appuyant sur la petite bourgeoisie urbaine. Son pros&eacute;lytisme s&rsquo;accompagne d&rsquo;une activit&eacute; caritative, avec des dispensaires, des ateliers et des &eacute;coles install&eacute;s autour des mosqu&eacute;es qu&rsquo;il contr&ocirc;le. Son ascension est brutalement stopp&eacute;e avec l&rsquo;arriv&eacute;e au pouvoir de Nasser en juillet 1952. En 1954, une tentative d&rsquo;assassinat du ra&iuml;s leur est imput&eacute;e : Sayyed Qutb, Mohammed Badie, actuel guide supr&ecirc;me de la confr&eacute;rie, et de nombreux autres fr&egrave;res sont condamn&eacute;s &agrave; de lourdes peines de prison. Le premier, d&eacute;crit par Gilles Kepel comme &laquo; l&rsquo;id&eacute;ologue le plus influent de l&rsquo;islamisme contemporain &raquo;, est pendu en 1966. Le mouvement entame une travers&eacute;e du d&eacute;sert qui dure deux d&eacute;cennies en &Eacute;gypte, mais qui lui donne l&rsquo;occasion de se diffuser &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger.<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"10\" src=\"http:\/\/www.la-croix.com\/img\/la-croix\/commun\/pix_trans.gif\" width=\"1\" \/><\/p>\n<h3 class=\"inter_art\">\n\t&nbsp;<\/h3>\n<p>\n\tQue repr&eacute;sentent-ils aujourd&rsquo;hui ?<\/p>\n<p>\n\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"10\" src=\"http:\/\/www.la-croix.com\/img\/la-croix\/commun\/pix_trans.gif\" width=\"1\" \/>&Agrave; la mort de Nasser, en 1970, Anouar El Sadate lui succ&egrave;de, qui sera assassin&eacute; onze ans plus tard. Arriv&eacute; au pouvoir en 1981, Hosni Moubarak m&egrave;ne, comme son pr&eacute;d&eacute;cesseur, une politique ambigu&euml; : il m&eacute;nage un espace religieux &ndash; avec la diffusion de nombreux programmes musulmans par la t&eacute;l&eacute;vision d&rsquo;&Eacute;tat &ndash; pour r&eacute;pondre aux accusations d&rsquo;impi&eacute;t&eacute; et favoriser le consensus politique. Il met aussi en &oelig;uvre une politique de &laquo; m&eacute;diation &raquo; &agrave; l&rsquo;&eacute;gard de l&rsquo;establishment religieux, dont il attend l&rsquo;appui face &agrave; la mouvance islamiste, responsable, &agrave; partir de 1992, de plusieurs attentats. Les Fr&egrave;res musulmans en profitent pour &eacute;largir leurs positions : ils disposent de d&eacute;put&eacute;s au Parlement, de financements gr&acirc;ce &agrave; l&rsquo;instauration d&rsquo;un syst&egrave;me bancaire islamique, contr&ocirc;lent les syndicats et les ordres professionnels.<\/p>\n<p>\tL&rsquo;association est devenue la premi&egrave;re force d&rsquo;opposition en &Eacute;gypte, avec 88 d&eacute;put&eacute;s sur 454 &eacute;lus en 2005, mais les &eacute;lections de 2010, &eacute;troitement contr&ocirc;l&eacute;es par le r&eacute;gime, les privent de cette repr&eacute;sentation. Le mouvement est tol&eacute;r&eacute;, mais interdit en tant que parti politique : ses d&eacute;put&eacute;s ne peuvent &ecirc;tre &eacute;lus que comme candidats ind&eacute;pendants. Il est divis&eacute; entre des conservateurs, qui veulent mettre l&rsquo;accent sur l&rsquo;islamisation en profondeur de la soci&eacute;t&eacute;, et des r&eacute;formateurs, ouverts &agrave; des alliances avec le reste de l&rsquo;opposition. &laquo; Il faut voir le mouvement comme une mouvance, compos&eacute;e de courants partageant la m&ecirc;me matrice id&eacute;ologique &raquo;, indique Brigitte Mar&eacute;chal, professeur &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; catholique de Louvain et auteur d&rsquo;un livre sur Les Fr&egrave;res musulmans en Europe. En janvier 2010, Mohammed Badie, conservateur, a &eacute;t&eacute; choisi comme guide supr&ecirc;me.<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"10\" src=\"http:\/\/www.la-croix.com\/img\/la-croix\/commun\/pix_trans.gif\" width=\"1\" \/><\/p>\n<h3 class=\"inter_art\">\n\t&nbsp;<\/h3>\n<p>\n\tQuel r&ocirc;le pourraient-ils jouer dans l&rsquo;avenir ?<\/p>\n<p>\n\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"10\" src=\"http:\/\/www.la-croix.com\/img\/la-croix\/commun\/pix_trans.gif\" width=\"1\" \/>Les manifestations montrent le d&eacute;sir des &Eacute;gyptiens d&rsquo;en finir avec un r&eacute;gime client&eacute;liste et autoritaire.<\/p>\n<p>\t&laquo; Mais la soci&eacute;t&eacute; &eacute;gyptienne reste tr&egrave;s conservatrice et ne r&eacute;clame pas la lib&eacute;ralisation des m&oelig;urs, rappelle Pierre-Jean Luizard, chercheur au CNRS (groupe de sociologie des religions et de la la&iuml;cit&eacute;), auteur de La&iuml;cit&eacute;s autoritaires en terres d&rsquo;islam (Fayard). Pour beaucoup de manifestants, la libert&eacute; implique la l&eacute;galisation des partis religieux, notamment celui des Fr&egrave;res musulmans. &raquo;<\/p>\n<p>\tUn sondage publi&eacute; en d&eacute;cembre 2010, men&eacute; aupr&egrave;s de 1 000 &Eacute;gyptiens par le Pew Global Attitudes Project, t&eacute;moigne de cette pr&eacute;gnance du religieux dans les mentalit&eacute;s &eacute;gyptiennes : 95 % des personnes interrog&eacute;es jugeaient positif que l&rsquo;islam joue un &laquo; grand r&ocirc;le &raquo; en politique. Concernant l&rsquo;application de la charia dans leur pays, 84 % se d&eacute;claraient favorables &agrave; la peine de mort pour les apostats et 82 % &agrave; la lapidation des coupables d&rsquo;adult&egrave;re&hellip;<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"10\" src=\"http:\/\/www.la-croix.com\/img\/la-croix\/commun\/pix_trans.gif\" width=\"1\" \/><\/p>\n<h3 class=\"inter_art\">\n\t&nbsp;<\/h3>\n<p>\n\tPourraient-ils participer au pouvoir ?<\/p>\n<p>\n\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"10\" src=\"http:\/\/www.la-croix.com\/img\/la-croix\/commun\/pix_trans.gif\" width=\"1\" \/>Les Fr&egrave;res musulmans sont-ils susceptibles d&rsquo;une mutation, &agrave; la mani&egrave;re de l&rsquo;AKP, le parti conservateur au pouvoir &agrave; Ankara ? &laquo; En Turquie, c&rsquo;est l&rsquo;importance de la tradition soufie qui a incit&eacute; l&rsquo;AKP &agrave; &eacute;voluer, estime Pierre-Jean Luizard. En &Eacute;gypte, confr&eacute;ries soufies et Fr&egrave;res musulmans sont tr&egrave;s forts, mais s&eacute;par&eacute;s et antagonistes. La guerre qu&rsquo;ils se livrent pourrait &ecirc;tre un frein &agrave; l&rsquo;&eacute;volution de ces derniers. &raquo; L&rsquo;instauration d&rsquo;un &Eacute;tat islamique qui serait en tout &eacute;tat de cause bien diff&eacute;rent du r&eacute;gime des mollahs en vigueur dans l&rsquo;Iran chiite, para&icirc;t peut probable &agrave; court terme. En effet, si le chiisme est cl&eacute;rical, les Fr&egrave;res musulmans, n&eacute;s dans l&rsquo;islam sunnite, reposent surtout sur le leadership d&rsquo;avocats, de m&eacute;decins, d&rsquo;ing&eacute;nieurs dot&eacute;s d&rsquo;une solide formation religieuse.<\/p>\n<p>\tLes exemples &eacute;trangers sont peu &eacute;clairants, que ce soit en Jordanie ou en Syrie, o&ugrave; les Fr&egrave;res musulmans ont des d&eacute;put&eacute;s reconnus comme tels, ou dans la bande de Gaza, o&ugrave; le Hamas &ndash; qui appartient &agrave; leur mouvance &ndash; est au pouvoir, tant les diff&eacute;rences sont grandes entre eux. M&ecirc;me en &Eacute;gypte, les cartes seront rebattues. &laquo; Une ouverture du r&eacute;gime les obligerait &agrave; se repositionner compl&egrave;tement.<\/p>\n<p>\tCes derni&egrave;res ann&eacute;es, beaucoup de d&eacute;bats ont &eacute;t&eacute; &eacute;touff&eacute;s au nom de la lutte contre les r&eacute;gimes autoritaires. Et en cas de d&eacute;mocratisation, les jeunes pourraient prendre de l&rsquo;importance au d&eacute;triment de la vieille garde en place , estime Brigitte Mar&eacute;chal. Cela peut aller du pire jusqu&rsquo;au meilleur, selon le degr&eacute; d&rsquo;ouverture, le r&ocirc;le de l&rsquo;arm&eacute;e&hellip; De toute fa&ccedil;on, pour eux, l&rsquo;heure n&rsquo;est pas &agrave; l&rsquo;&eacute;laboration d&rsquo;un programme, mais &agrave; l&rsquo;organisation de l&rsquo;approvisionnement du Caire, et au soin des bless&eacute;s. &raquo;<\/p>\n<p>\tDimanche, toutefois, des discussions entre le pouvoir et les Fr&egrave;res musulmans ont commenc&eacute; au Caire, dans le cadre du dialogue national initi&eacute; par le vice-pr&eacute;sident Omar Souleimane, auquel ont &eacute;t&eacute; invit&eacute;es toutes les forces politiques.<\/p>\n<table cellpadding=\"0\" cellspacing=\"0\" width=\"100%\">\n<tbody>\n\t<\/tbody>\n<\/table>\n<table border=\"0\" width=\"100%\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"2\" src=\"http:\/\/www.la-croix.com\/img\/la-croix\/commun\/pix_trans.gif\" width=\"1\" \/><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td align=\"left\">\n\t\t\t\t<span class=\"signature\"><b>Anne-B&eacute;n&eacute;dicte HOFFNER<\/b><\/span><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Les Fr&egrave;res musulmans, une force politique d&eacute;cisive en Egypte Tol&eacute;r&eacute; par le r&eacute;gime mais interdit comme parti politique, le mouvement fond&eacute; en 1928 impr&egrave;gne la soci&eacute;t&eacute; &eacute;gyptienne Qui sont les Fr&egrave;res musulmans ? 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