{"id":9101,"date":"2016-06-23T01:06:04","date_gmt":"2016-06-23T01:06:04","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=9101"},"modified":"2016-06-23T02:23:16","modified_gmt":"2016-06-23T02:23:16","slug":"lhebreu-langue-de-terre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/lhebreu-langue-de-terre\/","title":{"rendered":"L&rsquo;h\u00e9breu, langue de terre"},"content":{"rendered":"<p>\n\tL&#39;h&eacute;breu, langue de terre<\/p>\n<div id=\"ancre_video\">\n<div>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tNul ne parlait plus cette langue depuis quinze&nbsp;si&egrave;cles, Elizer Ben Yehuda s&rsquo;est consacr&eacute; &agrave; sa r&eacute;surrection comme idiome officiel des juifs &eacute;tablis en Palestine. Inventant un lexique adapt&eacute; au monde moderne.<\/p>\n<p>\n\t\t\tComment Eliezer Perlman, sujet juif du tsar Alexandre&nbsp;II, a-t-il pu croire une seconde au songe qu&rsquo;il avait fait dans la p&eacute;nombre de sa chambre d&rsquo;&eacute;tudiant, les yeux ouverts, l&rsquo;esprit embras&eacute; par la r&eacute;volte des Bulgares contre le joug ottoman ? C&rsquo;&eacute;tait en&nbsp;1877, il avait 19&nbsp;ans, il &eacute;tait &eacute;l&egrave;ve du lyc&eacute;e russe de D&uuml;naburg, aux franges nord-ouest de l&rsquo;empire.&nbsp;&laquo;Apr&egrave;s plusieurs heures de lecture des journaux et de m&eacute;ditation concernant les Bulgares et leur prochaine lib&eacute;ration, soudain, comme en un &eacute;clair, ma pens&eacute;e s&rsquo;envola des ponts de la Chipka balkanique &agrave; ceux du Jourdain, et j&rsquo;entendis une &eacute;trange voix int&eacute;rieure m&rsquo;appeler : &quot;Renaissance d&rsquo;Isra&euml;l et de sa langue sur la terre des P&egrave;res&quot; ! Tel fut mon r&ecirc;ve&raquo;,&nbsp;&eacute;crira-t-il en&nbsp;1917.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<p>\n\t\t\t<br \/>\n\t\t\tEliezer Perlman, devenu Ben Yehuda, tente de d&eacute;m&ecirc;ler l&rsquo;&eacute;cheveau des chemins qui l&rsquo;ont men&eacute; &agrave; consacrer sa vie &agrave; un projet insens&eacute; : faire de l&rsquo;h&eacute;breu, que nul ne parle plus de fa&ccedil;on usuelle depuis 1 500 ans, la langue des juifs &eacute;tablis en Palestine, et l&rsquo;instrument de l&rsquo;&eacute;mancipation d&rsquo;un peuple dispers&eacute;.Lu sur &#8230;<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<p>\n\t\t\t<strong>Etude p&eacute;cheresse<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tEliezer est un jeune de son temps. N&eacute; en 1858 en Lituanie, dans la &laquo;zone de r&eacute;sidence&raquo; o&ugrave; sont assign&eacute;s les juifs de l&rsquo;empire, ce fils d&rsquo;un commer&ccedil;ant, vers&eacute; dans la Torah, grandit dans l&rsquo;onde de choc du &laquo;printemps des peuples&raquo;. En cette ann&eacute;e 1877, il a lu en secret un livre, interdit, du r&eacute;volutionnaire Piotr Lavrov qui entonne :&nbsp;&laquo;Faim, faim, faim partout ! Faim dans toute la Russie ! Les paysans meurent victimes de la faim et de la tyrannie&hellip;&raquo;&nbsp;Son c&oelig;ur bat contre le tsar &agrave; l&rsquo;unisson des d&eacute;sh&eacute;rit&eacute;s, il se dit&nbsp;&laquo;nihiliste&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\t\tMais le soul&egrave;vement des Bulgares le ram&egrave;ne &agrave; une autre cause, intime, celle des juifs, citoyens de seconde zone en Russie et presque partout en Europe.&nbsp;&laquo;En v&eacute;rit&eacute;, soufflait en moi, en m&ecirc;me temps qu&rsquo;un vent de libert&eacute;, le vent politique qui secouait les nations&raquo;,&nbsp;&eacute;crira-t-il en&nbsp;1918. Or la nation, en cette Europe agit&eacute;e, se fonde sur une terre et surtout une langue : est bulgare qui parle bulgare, polonais qui parle polonais&hellip; Les juifs ont une terre, pense Eliezer, ancestrale, en Palestine ottomane, il suffit d&rsquo;y aller. Mais d&rsquo;idiome commun, point. Environ les trois quarts naissent en yiddish, comme lui et sa fianc&eacute;e Deborah qui lui apprend alors le russe, le fran&ccedil;ais et l&rsquo;allemand ; les autres en jud&eacute;o-arabe ou jud&eacute;o-espagnol. Pour retrouver une place parmi les nations, ils doivent avoir une langue, songe-t-il. Ce ne peut &ecirc;tre que l&rsquo;h&eacute;breu.<\/p>\n<p>\n\t\t\tCommander un caf&eacute; ou insulter un chien dans la langue de la Torah : l&rsquo;id&eacute;e est d&eacute;mente. L&rsquo;h&eacute;breu a cess&eacute; d&rsquo;&ecirc;tre parl&eacute; peu apr&egrave;s la destruction du Second Temple de J&eacute;rusalem qui, en&nbsp;70, sonna la dispersion des juifs de Jud&eacute;e. Il est, depuis, la langue de la Bible, des &eacute;crits rabbiniques et savants, des pri&egrave;res et des rituels. Nul ne le parle dans la rue, nul ne l&rsquo;apprend au berceau. La majorit&eacute; de la masse juive, laborieuse et peu &eacute;rudite, ne le comprend pas. Pire, de l&rsquo;idiome vivant dans l&rsquo;Antiquit&eacute;, il ne reste dans les textes que 8 000 mots. L&rsquo;h&eacute;breu ignore le train, les chaussettes, le restaurant, les tomates&hellip; Perlman sait sa folie.<\/p>\n<p>\n\t\t\tComme tous les gar&ccedil;ons juifs de cette Europe &eacute;loign&eacute;e, il a appris &agrave; lire la Torah d&egrave;s l&rsquo;&acirc;ge de 3&nbsp;ans. Apr&egrave;s sa bar mitzva, il est all&eacute; dans une yeshiva (&eacute;cole rabbinique) &agrave; Polotsk, en Bi&eacute;lorussie. Mais l&agrave;, il a fait une d&eacute;couverte fantastique : l&rsquo;h&eacute;breu est une langue comme les autres, que l&rsquo;on peut &eacute;tudier en tant que telle. Etude p&eacute;cheresse car elle &eacute;loigne de celle des textes.<\/p>\n<p>\n\t\t\tPourtant, chaque nuit de shabbat, son ma&icirc;tre de la yeshiva, Yossi Blo&iuml;ker, l&rsquo;initie &agrave; la grammaire h&eacute;bra&iuml;que. Le rabbin est un adepte de la Haskala, le mouvement des &laquo;Lumi&egrave;res juives&raquo; inspir&eacute; de la pens&eacute;e de Moses Mendelssohn. Ce philosophe juif allemand du XVIIIe&nbsp;si&egrave;cle, connu comme le nouveau Platon, invitait ses coreligionnaires &agrave; s&rsquo;int&eacute;grer sans renoncer &agrave; leur foi. Ils devaient laisser le yiddish pour l&rsquo;allemand et retrouver une dignit&eacute; comme &laquo;peuple de la Bible&raquo; en produisant en h&eacute;breu des textes profanes. Para&icirc;tront ainsi des romans et des journaux. Le style est ampoul&eacute;, les p&eacute;riphrases absconses : l&rsquo;expression biblique &laquo;celui qui domine l&rsquo;orgueil des mers&raquo; d&eacute;signe un amiral ; &laquo;celui qui parle &agrave; l&rsquo;oreille de l&rsquo;homme&raquo;, un perroquet.<\/p>\n<p>\n\t\t\tL&rsquo;adolescent a n&eacute;anmoins d&eacute;vor&eacute; nuitamment son premier roman, pr&ecirc;t&eacute; par son ma&icirc;tre : une traduction h&eacute;bra&iuml;que de&nbsp;Robinson Cruso&eacute;,&nbsp;parabole d&rsquo;un monde nouveau&hellip;<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Id&eacute;e ch&egrave;re<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tParis est la capitale des Lumi&egrave;res, le centre de la vie politique : Perlman y accourt l&rsquo;ann&eacute;e m&ecirc;me de son r&ecirc;ve &laquo;bulgare&raquo;. Il veut y &eacute;tudier la m&eacute;decine, qui lui donnera un m&eacute;tier &agrave; J&eacute;rusalem. Car il compte bien s&rsquo;y installer, m&ecirc;me si les intellectuels juifs de la capitale lui rient au nez &#8211; dont ceux de l&rsquo;Alliance isra&eacute;lite universelle qui misent sur l&rsquo;int&eacute;gration en diaspora. Seuls des hommes pieux vont alors en Palestine vivre de pri&egrave;res et des aum&ocirc;nes de la diaspora. Perlman n&rsquo;est pas pieux, et son projet de d&eacute;part cache l&rsquo;autre, qu&rsquo;il sait plus fou encore. Dans ce Paris bouillonnant, son id&eacute;e ch&egrave;re m&ucirc;rit au fil des rencontres. Le voil&agrave; boulevard Saint-Michel, avec un aristocrate russe lib&eacute;ral, journaliste, qui l&rsquo;encourage &agrave; publier son projet et lui fait d&eacute;couvrir l&rsquo;Assembl&eacute;e. Le voici, plus tard, attabl&eacute; &agrave; Montmartre. Il jubile : son article &laquo;Une question br&ucirc;lante&raquo; a &eacute;t&eacute; accept&eacute; dans un journal viennois en h&eacute;breu. Dans sa chambre, il commence &agrave; construire des n&eacute;ologismes sur des racines h&eacute;bra&iuml;ques. Le premier est&nbsp;milon,&nbsp;&laquo;dictionnaire&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Un an de prison<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tA Alger, o&ugrave; il s&eacute;journe un hiver pour soigner une tuberculose, il d&eacute;couvre qu&rsquo;il peut, en parlant h&eacute;breu, se faire comprendre des s&eacute;farades dont il admire, d&rsquo;ailleurs, l&rsquo;accent. De retour &agrave; Paris, revigor&eacute;, il est pr&ecirc;t. Il a 22&nbsp;ans. Il se fait d&eacute;sormais appeler Eliezer Ben Yehuda. Il part pour la Palestine via Vienne, o&ugrave; le rejoint sa fianc&eacute;e qu&rsquo;il &eacute;pousera en chemin.<\/p>\n<p>\n\t\t\tEn septembre&nbsp;1881, il d&eacute;barque &agrave; Jaffa dans un &eacute;tat d&rsquo;abattement profond, d&eacute;couvrant la population&hellip; arabe.&nbsp;&laquo;Un sentiment d&eacute;primant de peur remplit mon &acirc;me. Je per&ccedil;us qu&rsquo;ils se sentaient citoyens de ce pays, terre de mes anc&ecirc;tres. [&hellip;] Je n&rsquo;avais sur cette terre de mes p&egrave;res ni droit politique ni citoyennet&eacute;. J&rsquo;&eacute;tais ici un &eacute;tranger. [&hellip;] Epouvante !&raquo;&nbsp;&eacute;crira-t-il.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLe jeune homme se ressaisit, file avec sa femme s&rsquo;installer dans une pauvre demeure dans l&rsquo;enceinte de J&eacute;rusalem o&ugrave; vivent alors la moiti&eacute; des 30 000 juifs de la Palestine ottomane. Il s&rsquo;est engag&eacute;, avec son &eacute;pouse, &agrave; ne s&rsquo;exprimer qu&rsquo;en h&eacute;breu, au risque de choquer et de manquer de termes. Il r&ecirc;ve que les enfants, dans les &eacute;coles juives, soient &eacute;duqu&eacute;s dans cette langue.<\/p>\n<p>\n\t\t\tQuand, l&rsquo;ann&eacute;e suivante, na&icirc;t son premier fils, Itamar, il proscrit tout autre idiome dans son foyer. Itamar parlera tard, &agrave; 4&nbsp;ans, mais il parlera h&eacute;breu. Ben Yehuda entrera dans l&rsquo;histoire comme le p&egrave;re du premier enfant des temps modernes dont la langue maternelle est l&rsquo;h&eacute;breu.<\/p>\n<p>\n\t\t\tPour l&rsquo;heure, Eliezer est tenu pour un h&eacute;r&eacute;tique. Il tente de s&eacute;duire les juifs pieux de J&eacute;rusalem, se met &agrave; manger casher, demande &agrave; sa femme de se couvrir la t&ecirc;te, se laisse pousser la barbe. En vain. En&nbsp;1891, les religieux refuseront d&rsquo;inhumer son &eacute;pouse, morte de la tuberculose ; en&nbsp;1894, ils le d&eacute;nonceront aux Ottomans pour une suppos&eacute;e s&eacute;dition, ce qui l&rsquo;enverra un an en prison.<\/p>\n<p>\n\t\t\tMais Ben Yehuda mise sur son talent de publiciste. A peine &agrave; J&eacute;rusalem, il est all&eacute; se pr&eacute;senter au directeur de l&rsquo;un des deux journaux en h&eacute;breu publi&eacute;s en Palestine,&nbsp;Havatzelet. Il en devient l&rsquo;adjoint. Multipliant les &eacute;ditoriaux sur l&rsquo;h&eacute;breu, il s&rsquo;attire quelques soutiens et forme, chez lui, un groupe de travail. Six intellectuels, plus ou moins motiv&eacute;s. Lui travaille de l&rsquo;aube au cr&eacute;puscule &agrave; r&eacute;aliser le premier dictionnaire recensant tous les mots de l&rsquo;h&eacute;breu, depuis les plus anciens, bibliques, jusqu&rsquo;&agrave; ceux forg&eacute;s par les rabbins dans le Talmud et par les po&egrave;tes h&eacute;bra&iuml;sants de l&rsquo;&acirc;ge d&rsquo;or espagnol. Le mot &laquo;&eacute;lectricit&eacute;&raquo; sera construit sur celui d&eacute;signant la &laquo;luminosit&eacute; divine&raquo; dans la vision d&rsquo;Ez&eacute;chiel, mais il faut inventer tant de termes : bicyclette, journal, lunettes&hellip; Pour enrichir le lexique, il fouille aussi, avec ses amis et sa seconde femme Hemda, l&rsquo;aram&eacute;en et l&rsquo;arabe, et aussi le latin, le fran&ccedil;ais, l&rsquo;allemand. Plus tard, il &eacute;cumera les biblioth&egrave;ques europ&eacute;ennes et d&eacute;crochera enfin un contrat &agrave; Berlin pour la publication d&rsquo;un dictionnaire en treize volumes. Le premier parait en&nbsp;1910 alors que la langue&nbsp;est devenue vraiment&nbsp;&laquo;une question br&ucirc;lante&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Nouvelle libert&eacute;<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tA la toute fin du XIXe&nbsp;si&egrave;cle, la Palestine conna&icirc;t un afflux de juifs, sans pr&eacute;c&eacute;dent dans l&rsquo;histoire moderne. Dix mille entre&nbsp;1881 et&nbsp;1903. Ils fuient les pogroms d&eacute;cha&icirc;n&eacute;s dans l&rsquo;empire russe depuis l&rsquo;assassinat du tsar Alexandre&nbsp;II.&nbsp;&laquo;Un tiers se convertira, un tiers p&eacute;rira, un tiers fuira&raquo;,&nbsp;avait tonn&eacute; le chef de la police tsariste, Viatcheslav Plehve. Ces r&eacute;fugi&eacute;s sont jeunes, et pas religieux. Ils cr&eacute;ent les premiers villages agricoles juifs. Dans quelle langue &eacute;duqueront-ils leurs enfants ? Ils ne veulent plus du yiddish, stigmate de l&rsquo;oppression. Les&nbsp;associations juives qui &oelig;uvrent en Palestine ont leurs &eacute;coles, rivales, enseignant en fran&ccedil;ais, anglais ou allemand. Ils optent, en nombre, pour l&rsquo;h&eacute;breu, langue de leur nouvelle libert&eacute;. Malgr&eacute; leur peine &agrave; s&rsquo;y exprimer, malgr&eacute; les railleries de Th&eacute;odore Herzl &#8211;&nbsp;&laquo;Comment imaginer acheter un billet de train en h&eacute;breu ?&raquo;&nbsp;aurait lanc&eacute; le p&egrave;re du sionisme &#8211; ils ouvrent des jardins d&rsquo;enfants &laquo;parlant h&eacute;breu&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\t\tCes immigr&eacute;s auront un poids d&eacute;cisif dans la bataille de la langue qui culmine en&nbsp;1913. Les fondateurs allemands de l&rsquo;institut Technikum, &agrave; Ha&iuml;fa, exigent un enseignement dans la langue de Goethe. Manifestations, caillassages : l&rsquo;h&eacute;breu s&rsquo;imposera. La&nbsp;Premi&egrave;re Guerre mondiale balaye le joug ottoman, sonne le d&eacute;clin de la langue des vaincus, l&rsquo;allemand. Dans la Palestine sous mandat britannique, l&rsquo;h&eacute;breu devient langue officielle au c&ocirc;t&eacute; de l&rsquo;arabe et de l&rsquo;anglais. Ben Yehuda vient de l&rsquo;apprendre quand il succombe &agrave; la tuberculose le 21&nbsp;d&eacute;cembre&nbsp;1922, &agrave; 64&nbsp;ans, ayant achev&eacute; les sept premiers volumes de son dictionnaire.<\/p>\n<p>\n\t\t\tSources : &laquo;l&rsquo;H&eacute;breu, 3000 ans d&rsquo;histoire&raquo;, de Mireille Hadas-Lebel, &eacute;d.&nbsp;Albin Michel ; &laquo;le R&ecirc;ve travers&eacute;&raquo;, de Eliezer Ben Yehuda, suivi de &laquo;M&eacute;moires du premier enfant h&eacute;breu&raquo;, d&rsquo;Itamar Ben Avi, traduit par&nbsp;G&eacute;rard Haddad (avec Yvan Haddad), &eacute;d.&nbsp;Descl&eacute;e de Brouwer.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tPar Corinne Bensimon, publi&eacute; dans Lib&eacute;ration<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&#39;h&eacute;breu, langue de terre &nbsp; &nbsp; Nul ne parlait plus cette langue depuis quinze&nbsp;si&egrave;cles, Elizer Ben Yehuda s&rsquo;est consacr&eacute; &agrave; sa r&eacute;surrection comme idiome officiel des juifs &eacute;tablis en Palestine. 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