{"id":9175,"date":"2014-08-22T00:17:37","date_gmt":"2014-08-22T00:17:37","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=9175"},"modified":"2014-08-22T00:17:37","modified_gmt":"2014-08-22T00:17:37","slug":"les-ecrivains-judeo-algeriens","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/les-ecrivains-judeo-algeriens\/","title":{"rendered":"Les \u00e9crivains jud\u00e9o-alg\u00e9riens"},"content":{"rendered":"<p>\n\tLes &eacute;crivains jud&eacute;o-alg&eacute;riens<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div style=\"font-size: 12px;\">\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<div>\n<div>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tEn ces jours funestes o&ugrave; les haines et les guerres sacr&eacute;es tr&egrave;s sales sont devenues la culture quotidienne, banale, dans le monde arabo-musulman, et afin de lever tout amalgame politico-culturel, j&rsquo;&eacute;voque la litt&eacute;rature jud&eacute;o-alg&eacute;rienne d&rsquo;expression fran&ccedil;aise.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tSi l&rsquo;&eacute;cole jud&eacute;o-alg&eacute;rienne de musique est consid&eacute;rablement connue, par le large public comme par les sp&eacute;cialistes, la litt&eacute;rature jud&eacute;o-alg&eacute;rienne, quant &agrave; elle, demeure totalement m&eacute;connue ou tabou.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tLe monde de la culture artistique conna&icirc;t assez bien les g&eacute;nies de la musique et de la chanson &agrave; l&rsquo;image de cheikh Raymond, Reinette l&rsquo;Oranaise,&nbsp;Lili Labassi, Blond-Blond, Salim Halali, Jos&eacute; de Suza, Lili Boniche, Ren&eacute; Perez, Maurice El-Medioni, et j&rsquo;en passe. Une &eacute;cole jud&eacute;o-alg&eacute;rienne qui a marqu&eacute; l&rsquo;histoire de la musique alg&eacute;rienne jusqu&rsquo;&agrave; nos jours.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tDe l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute;, la soci&eacute;t&eacute; litt&eacute;raire et les gens du livre alg&eacute;riens ne savent rien ou peu de chose sur les &eacute;crivains jud&eacute;o-alg&eacute;riens, &agrave; l&rsquo;image de&nbsp;:<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<p>\n\t\t\t\tElissa Rha&iuml;s,&nbsp;de son vrai nom Rosine Boumendil, qui est consid&eacute;r&eacute;e comme la pionni&egrave;re de la litt&eacute;rature jud&eacute;o-alg&eacute;rienne. Elle est n&eacute;e en 1876 &agrave; Blida, et d&eacute;c&eacute;d&eacute;e en 1940. La premi&egrave;re &eacute;crivaine alg&eacute;rienne publi&eacute;e et reconnue en France. Je rappelle quelques-uns de ses titres&nbsp;:&nbsp;Le&nbsp;Caf&eacute; chantant, La Fille des pachas, La Fille du douar, Le Mariage de Hanifa, Enfants de Palestine&hellip;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tSadia L&eacute;vy, n&eacute;e &agrave; Oran en 1875 et d&eacute;c&eacute;d&eacute;e en 1951, fut l&rsquo;une des proches du po&egrave;te Guillaume Apollinaire. Jean S&eacute;nac a t&eacute;moign&eacute; et a reconnu de ce qu&rsquo;il doit &agrave; l&rsquo;&eacute;rudition de Sadia L&eacute;vy. Elle a &eacute;crit quelques titres en collaboration avec Robert Randau, chef du courant litt&eacute;raire alg&eacute;rianiste, parmi eux un recueil de nouvelles intitul&eacute;&nbsp;Onze journ&eacute;es en force.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tJules Tordjman est n&eacute; &agrave; B&eacute;char en 1907 et d&eacute;c&eacute;d&eacute; en 1990, son g&eacute;nie po&eacute;tique a &eacute;t&eacute;&nbsp;salu&eacute; par L&eacute;opold S&eacute;dar Senghor et par Emmanuel Robl&egrave;s.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tMaximilienne Heller, de son vrai nom F&eacute;nech, est n&eacute;e &agrave; Constantine en 1889 et d&eacute;c&eacute;d&eacute;e en 1960. Elle est laur&eacute;ate du Grand prix litt&eacute;raire de l&rsquo;Alg&eacute;rie en 1922. Ses &eacute;crits sont jug&eacute;s anticolonialistes.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tJeanne Benguigui est n&eacute;e &agrave; Sidi Bel-Abb&egrave;s en 1922 et d&eacute;c&eacute;d&eacute;e en 2003&nbsp;: son livre&nbsp;Conte de Sidi Bel-Abb&egrave;s&nbsp;montre son attachement &agrave; sa ville natale et &agrave; sa riche culture populaire.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tAlbert Bensoussan est n&eacute; en 1935 &agrave; Alger o&ugrave; il a pass&eacute; sa jeunesse, professeur&nbsp;au lyc&eacute;e Bugeaud d&rsquo;Alger (aujourd&rsquo;hui lyc&eacute;e &Eacute;mir Abdelkader) jusqu&rsquo;en 1961.&nbsp;L&rsquo;Alg&eacute;rie est fort pr&eacute;sente&nbsp;dans son &oelig;uvre, en particulier l&rsquo;univers jud&eacute;o-arabe. Son recueil de nouvelles&nbsp;L&rsquo;Echelle alg&eacute;rienne&nbsp;&eacute;voque avec d&eacute;tails la vie de cette communaut&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tMyriam Ben, n&eacute;e&nbsp;Marylise Ben Ha&iuml;m&nbsp;&agrave; Alger en 1928 et d&eacute;c&eacute;d&eacute;e en 2001, fut romanci&egrave;re, po&eacute;tesse, peintre et une voix anticolonialiste. Parmi ses livres &agrave; retenir et &agrave; lire&nbsp;:&nbsp;Le Soleil assassin&eacute;&nbsp;(po&eacute;sie),&nbsp;Au Carrefour des sacrifices&nbsp;(po&eacute;sie),&nbsp;Quand les cartes sont truqu&eacute;es&nbsp;(M&eacute;moires),&nbsp;Sabrina, ils t&rsquo;ont vol&eacute; ta vie&nbsp;(roman).<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tH&eacute;l&egrave;ne Cixous n&eacute;e en 1937 &agrave; Oran&nbsp;fut une grande figure litt&eacute;raire, critique et philosophique d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, elle est aussi connue pour ses engagements f&eacute;ministes et anticolonialistes. Elle a &eacute;crit une cinquantaine de livres, tous genres confondus, entre autres&nbsp;:&nbsp;Le Pr&eacute;nom de Dieu, Le Jour o&ugrave; je n&rsquo;&eacute;tais pas l&agrave;, &Egrave;ve s&rsquo;&eacute;vade&nbsp;: La Ruine et la vie&hellip;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tD&rsquo;autres &eacute;crivains et philosophes jud&eacute;o-alg&eacute;riens sont devenus des l&eacute;gendes et ont toujours l&rsquo;Alg&eacute;rie dans leur c&oelig;ur et dans le verbe&nbsp;: Jacques Derrida, n&eacute; &agrave; Alger en 1930, d&eacute;c&eacute;d&eacute; en 2004. Jean Daniel Bensa&iuml;d, dit Jean Daniel, n&eacute; &agrave; Blida en 1920, &eacute;crivain, journaliste et fondateur du Nouvel Observateur, un militant et grand ami de la r&eacute;volution alg&eacute;rienne&hellip;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tSi les &eacute;crivains alg&eacute;riens d&rsquo;expression fran&ccedil;aise d&rsquo;origine arabe (Mohammed Dib, Malek Haddad, Mostefa Lacheraf) ou d&rsquo;origine berb&egrave;re (Mouloud Feraoun, Mouloud Mammeri, Jean Amrouche) ont une place dans les r&eacute;flexions universitaires, les &eacute;crivains jud&eacute;o-alg&eacute;riens, quant &agrave; eux, sont totalement oubli&eacute;s.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tEn ce temps de haine et des guerres sacr&eacute;es sales, et afin de r&eacute;veiller l&rsquo;image d&rsquo;une Alg&eacute;rie plurielle, il faut que nous n&rsquo;oubliions jamais le chahid&nbsp;Fernand Iveton, ce juif alg&eacute;rien, mort pour l&rsquo;ind&eacute;pendance de l&rsquo;Alg&eacute;rie libre. Il a &eacute;t&eacute; condamn&eacute; &agrave; mort par la France coloniale et guillotin&eacute; en 1957.&nbsp;Il a &eacute;crit&nbsp;: &laquo;&nbsp;Dans la vie d&rsquo;un homme, la mienne compte peu, ce qui compte, c&rsquo;est l&rsquo;Alg&eacute;rie, son avenir, et l&rsquo;Alg&eacute;rie sera libre demain&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\tAmin Zaoui<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les &eacute;crivains jud&eacute;o-alg&eacute;riens &nbsp; &nbsp; &nbsp; En ces jours funestes o&ugrave; les haines et les guerres sacr&eacute;es tr&egrave;s sales sont devenues la culture quotidienne, banale, dans le monde arabo-musulman, et afin de lever tout amalgame politico-culturel, j&rsquo;&eacute;voque la litt&eacute;rature jud&eacute;o-alg&eacute;rienne d&rsquo;expression fran&ccedil;aise. 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