{"id":9211,"date":"2014-08-28T00:15:48","date_gmt":"2014-08-28T00:15:48","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=9211"},"modified":"2014-08-28T00:15:48","modified_gmt":"2014-08-28T00:15:48","slug":"linquietant-exode-des-juifs-de-toulouse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/linquietant-exode-des-juifs-de-toulouse\/","title":{"rendered":"L&rsquo;inqui\u00e9tant exode des juifs de Toulouse"},"content":{"rendered":"<p>\n\tL&#39;inqui&eacute;tant exode des juifs de Toulouse<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div id=\"article-texte\" style=\"font-size: 12px;\">\n<div itemprop=\"articleBody\">\n<p>\n\t\t\tLes candidats &agrave; l&#39;immigration en Isra&euml;l, &laquo;l&#39;alyah&raquo; en h&eacute;breu, sont de plus en plus nombreux. La communaut&eacute; juive de&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.ladepeche.fr\/communes\/toulouse,31555.html\">Toulouse<\/a>&nbsp;tire le signal d&#39;alarme.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<br \/>\n\t\t\tLes attentats de Toulouse et de Bruxelles, la recrudescence des actes et des propos antis&eacute;mites mais aussi la stagnation &eacute;conomique de la France justifieraient, selon les t&eacute;moignages des migrants, ces d&eacute;parts massifs vers l&#39;eldorado isra&eacute;lien. C&#39;est le cas d&#39;E., un m&eacute;decin g&eacute;riatre de 52 ans, parti avec son &eacute;pouse et ses trois enfants le 31 juillet dernier, au plus fort du conflit isra&eacute;lo-palestinien. &laquo;Nous sommes arriv&eacute;s &agrave; Tel-Aviv un jeudi &agrave; minuit ; &agrave; 6 heures du matin, nous &eacute;tions d&eacute;j&agrave; dans un abri&raquo; raconte-t-il. Son alyah, il y songeait depuis longtemps : &laquo;La premi&egrave;re raison, c&#39;est l&#39;envie de vivre une vie juive pleine et enti&egrave;re ; la deuxi&egrave;me, c&#39;est la difficult&eacute; &agrave; mener cette vie juive en France. J&#39;en ai assez de justifier mes actes ou d&#39;&ecirc;tre stigmatis&eacute;. Par ailleurs, j&#39;ai &eacute;t&eacute; extr&ecirc;mement choqu&eacute; par la violence de certains propos et actes antis&eacute;mites commis en marge des derni&egrave;res manifestations de soutien &agrave; la Palestine. Oui je suis Fran&ccedil;ais et je le resterai ; oui je continuerai &agrave; payer mes imp&ocirc;ts en France. Mais je pr&eacute;f&egrave;re vivre l&agrave;-bas sous la menace des bombes qu&#39;ici avec la b&eacute;n&eacute;diction des insultes.&raquo; Et il ne regrette pas de &laquo;repartir de z&eacute;ro&raquo; ou apprendre l&#39;h&eacute;breu &mdash; une obligation pour chaque migrant &mdash; pour pouvoir exercer son m&eacute;tier : &laquo;Jamais je ne retournerai en France !&raquo;L&#39;alyah ou alya, terme h&eacute;breu qui d&eacute;signe l&#39;immigration des juifs en Isra&euml;l, serait-il devenu le nom d&#39;un nouvel exode ? Autrefois marginale, l&#39;installation des juifs fran&ccedil;ais en Isra&euml;l constitue aujourd&#39;hui un v&eacute;ritable ph&eacute;nom&egrave;ne au point d&#39;inqui&eacute;ter les responsables de la communaut&eacute; juive de Toulouse. Cette ann&eacute;e, des dizaines de Haut-Garonnais sont partis s&#39;y &eacute;tablir d&eacute;finitivement : vingt-sept familles au printemps dernier et une quinzaine d&#39;autres depuis le d&eacute;but de l&#39;&eacute;t&eacute;, les deux grandes p&eacute;riodes d&#39;alyah. Et c&#39;est encore plus qu&#39;en 2013.<\/p>\n<p>\n\t\t\tL&#39;&Eacute;tat h&eacute;breu ne serait pas le seul foyer d&#39;accueil des juifs migrants. Londres ou New-York constitueraient d&#39;autres foyers d&#39;adoption, essentiellement pour des raisons &eacute;conomiques. &laquo;On dit souvent que la communaut&eacute; juive de Toulouse repr&eacute;sente environ 20 000 personnes, explique l&#39;un de ses repr&eacute;sentants. Mais &ccedil;a, c&#39;&eacute;tait il y a vingt ans. Aujourd&#39;hui, on est plus proches des 10 000.&raquo; Pour E., la situation est critique : &laquo;L&#39;ann&eacute;e derni&egrave;re, seulement deux mariages ont &eacute;t&eacute; c&eacute;l&eacute;br&eacute;s &agrave; Toulouse. &Agrave; ce rythme, nous ne serons plus que 2 000 dans dix ans.&raquo; Un membre de la communaut&eacute; le r&eacute;sume autrement : &laquo;Un pays qui perd ses juifs n&#39;est jamais en bonne sant&eacute;&raquo;.<\/p>\n<hr \/>\n<p>\n\t\t\t<strong>L&#39;alyah ou la &laquo;mont&eacute;e&raquo; en Isra&euml;l<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\t&laquo;Alyah&raquo; signifie &laquo;mont&eacute;e&raquo; ou &laquo;ascension&raquo;, en r&eacute;f&eacute;rence &agrave; la ville de J&eacute;rusalem entour&eacute;e de collines. Vot&eacute;e en 1950, la Loi du retour garantit &agrave; tout juif le droit d&#39;immigrer en Isra&euml;l. Seuls peuvent en b&eacute;n&eacute;ficier les juifs mais aussi les enfants, petits-enfants et conjoints de juifs. Un organisme d&eacute;di&eacute;, l&#39;Agence juive, prend en charge le processus d&#39;installation et de naturalisation. Elle attribue notamment une aide financi&egrave;re &agrave; chaque famille sous la forme d&#39;un &laquo;panier d&#39;int&eacute;gration&raquo; : par exemple 35 000 shekels (environ 7000 euros) pour un couple et 10 000 shekels (environ 2000 euros) pour un enfant de moins de 4 ans.<\/p>\n<hr \/>\n<p>\n\t\t\t<strong>&laquo;Le climat &eacute;tait devenu invivable&raquo;<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tJ&eacute;r&ocirc;me a quitt&eacute; la banlieue toulousaine il y a un an, &agrave; l&#39;&eacute;t&eacute; 2013, pour s&#39;installer dans la banlieue de Tel-Aviv avec sa femme et ses deux enfants de 8 et 12 ans. Ce commer&ccedil;ant de 39 ans ne se voyait plus d&#39;avenir en France depuis les attentats de Toulouse : &laquo;Les &eacute;v&eacute;nements d&#39;Ozar Hatorah ont touch&eacute; de tr&egrave;s pr&egrave;s mes enfants. Le climat &eacute;tait devenu invivable. Ce n&#39;&eacute;tait plus la France que j&#39;ai connue, o&ugrave; je suis n&eacute;. Un jour je me suis demand&eacute; quel avenir je voulais donner &agrave; mes enfants et j&#39;ai pris la d&eacute;cision de partir en Isra&euml;l. Je savais qu&#39;il y avait aussi des probl&egrave;mes, que la r&eacute;alit&eacute; politique n&#39;&eacute;tait pas facile mais au moins, j&#39;avais le sentiment d&#39;affronter la r&eacute;alit&eacute; de face&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\t\tMalgr&eacute; la menace des bombes et l&#39;hostilit&eacute; des pays voisins, J&eacute;r&ocirc;me affirme se sentir plus en s&eacute;curit&eacute; en Isra&euml;l qu&#39;en France. &laquo;C&#39;est vrai que les premi&egrave;res alertes ont &eacute;t&eacute; difficiles mais on s&#39;habitue &agrave; vivre avec les sir&egrave;nes et les descentes dans l&#39;abri.&raquo; Cette famille &laquo;d&#39;olims&raquo; (migrants en h&eacute;breu) a d&ucirc; surtout se familiariser avec la soci&eacute;t&eacute; isra&eacute;lienne : &laquo;C&#39;est une mentalit&eacute; moyen-orientale, tr&egrave;s particuli&egrave;re. Les Isra&eacute;liens sont tr&egrave;s directs, &ccedil;a peut &ecirc;tre d&eacute;stabilisant. Il faut aussi apprendre l&#39;h&eacute;breu, on &eacute;tudie la langue pendant cinq mois. La nourriture, je dois avouer qu&#39;elle est meilleure en France. Et pour le co&ucirc;t de la vie, l&#39;immobilier et l&#39;automobile sont extr&ecirc;mement chers.&raquo; Difficile de s&#39;installer en Terre promise sans un sou en poche : &laquo;Une alyah, &ccedil;a se pr&eacute;pare, affirme J&eacute;r&ocirc;me. Il faut pr&eacute;voir entre six mois et un an de salaire et de loyer. Il y a des aides &agrave; l&#39;installation mais elles ne durent pas plus d&#39;un an&raquo;. Bien s&ucirc;r, sa famille et ses amis rest&eacute;s &agrave; Toulouse lui manquent. Comme les matches du Stade Toulousain et du TFC qu&#39;il continue de suivre &agrave; distance. Mais J&eacute;r&ocirc;me est convaincu d&#39;avoir fait le bon choix : &laquo;Je pense m&ecirc;me que nous sommes partis &agrave; temps ! D&#39;ailleurs de plus en plus de Toulousains font leur alyah, comme nos voisins. On a l&#39;impression ici de rattraper le temps perdu. Peut-&ecirc;tre que demain on ne sera plus l&agrave; alors on vit chaque instant &agrave; 100 %.&raquo;<\/p>\n<hr \/>\n<p>\n\t\t\t<strong>Nicole Yardeni : &laquo;De plus en plus de d&eacute;parts &raquo;<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tNicole Yardeni est la pr&eacute;sidente du Conseil repr&eacute;sentatif des institutions juives de France (CRIF) de Midi-Pyr&eacute;n&eacute;es. Entretien.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Peut-on parler d&#39;exode massif des juifs vers Isra&euml;l ?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tJe ne crois pas. Cependant, il est vrai que l&#39;on observe de plus en plus de d&eacute;parts : cinq mille cette ann&eacute;e contre trois mille l&#39;ann&eacute;e derni&egrave;re, et plusieurs dizaines de familles toulousaines. Pour autant, l&#39;alyah est un choix propre &agrave; chacun et il ne faut pas oublier que les juifs fran&ccedil;ais, pour l&#39;immense majorit&eacute;, restent en France et se sentent profond&eacute;ment fran&ccedil;ais.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Mais pourquoi autant de d&eacute;parts ?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tIl y a plusieurs raisons. Certains se sentent en ins&eacute;curit&eacute;, un sentiment renforc&eacute; par les attentats de Toulouse et de Bruxelles. L&#39;affaire Merah a &eacute;t&eacute; un d&eacute;clencheur pour beaucoup de juifs, pas seulement &agrave; Toulouse, et l&#39;attaque cibl&eacute;e du mus&eacute;e juif de Bruxelles a fini d&#39;enfoncer le clou. D&#39;autres en ont assez d&#39;entendre des propos antis&eacute;mites &agrave; tout bout de champ ou de devoir se justifier sur tous les sujets, notamment la situation en Isra&euml;l pour laquelle les juifs ont un attachement naturel comme les Arm&eacute;niens avec l&#39;Arm&eacute;nie. Enfin, il y a une question de dynamisme &eacute;conomique : certains consid&egrave;rent que la France offre moins de perspectives et ils se tournent vers Isra&euml;l mais aussi les &Eacute;tats-Unis ou le Royaume Uni.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<strong>Ce ph&eacute;nom&egrave;ne vous inqui&egrave;te-t-il ?<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\tLes communaut&eacute;s vont souffrir, bien s&ucirc;r. Je suis vraiment surprise par le profil de ceux qui quittent la France. Avant, c&#39;&eacute;taient des jeunes qui partaient pour leurs &eacute;tudes ou leur service militaire; ou des personnes &acirc;g&eacute;es qui partaient prendre leur retraite au soleil. Mais aujourd&#39;hui, le ph&eacute;nom&egrave;ne touche essentiellement des jeunes familles avec des enfants. Ce qui &eacute;tait ultra-minoritaire autrefois est devenu majoritaire. C&#39;est ce qui a chang&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t\t\tLa communaut&eacute; toulousaine est-elle vraiment plus proche des dix mille membres que des vingt mille ?<\/p>\n<p>\n\t\t\tPeut-&ecirc;tre pas dix mille mais douze mille, oui.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p>\n\t\tPropos recueillis par S&eacute;bastien Marti<\/p>\n<p>\n\t\tLadepeche.fr<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&#39;inqui&eacute;tant exode des juifs de Toulouse &nbsp; &nbsp; Les candidats &agrave; l&#39;immigration en Isra&euml;l, &laquo;l&#39;alyah&raquo; en h&eacute;breu, sont de plus en plus nombreux. La communaut&eacute; juive de&nbsp;Toulouse&nbsp;tire le signal d&#39;alarme. 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