{"id":9277,"date":"2016-10-16T00:20:54","date_gmt":"2016-10-16T00:20:54","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=9277"},"modified":"2016-10-16T05:32:29","modified_gmt":"2016-10-16T05:32:29","slug":"tgm-tunis-goulette-marsa-par-fred-mel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/tgm-tunis-goulette-marsa-par-fred-mel\/","title":{"rendered":"TGM Tunis Goulette Marsa, par Fred Mel"},"content":{"rendered":"<div>\n<p>\n\t\tTGM Tunis Goulette Marsa<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\t\t<a href=\"http:\/\/www.lulu.com\/shop\/search.ep?contributorId=1298534\" target=\"_parent\">By&nbsp;Fred Mel<\/a><\/p>\n<div class=\"spotlight-action\">\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<div>\n<div dir=\"ltr\">\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tJe ne suis pas Juif !<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<div>\n<p>\n\t\tTGM Tunis Goulette Marsa<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<div>\n<p>\n\t\t\t<a href=\"http:\/\/www.lulu.com\/shop\/search.ep?contributorId=1298534\" target=\"_parent\">By&nbsp;Fred Mel<\/a><\/p>\n<div class=\"spotlight-action\">\n\t\t\t&nbsp;<\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<div>\n<div dir=\"ltr\">\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tJe ne suis pas Juif !<\/p>\n<p>\n\t\t\tAu seuil de mon adolescence &agrave; Tunis, mon oncle m&rsquo;a presque donn&eacute; envie de l&rsquo;&ecirc;tre. C&rsquo;&eacute;tait un antis&eacute;mite dur comme fer.&nbsp; O combien avais-je alors souhait&eacute; avoir la m&ecirc;me &eacute;ducation que mon pote d&rsquo;alors, Serge Bensasson, et devenir le futur Einstein de la rel&egrave;ve&hellip;<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; J&rsquo;y consacre tout un chapitre dans mon polar &laquo; TGM Tunis Goulette Marsa &raquo; r&eacute;cemment publi&eacute; en num&eacute;rique chez <a href=\"http:\/\/lulu.fr\/\" target=\"_blank\">lulu.fr<\/a>, o&ugrave; le Tunisien exil&eacute; en Italie depuis des d&eacute;cennies que je suis,&nbsp; m&ecirc;le l&rsquo;intrigue politico-mafieuse du r&eacute;gime r&eacute;cemment d&eacute;chu aux souvenirs des lieux&nbsp; et des moments de pur bonheur, sous le soleil de la Tunisie.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Voici le lien, absolument clean,&nbsp; pour le t&eacute;l&eacute;charger, si vous voudrez bien.<\/p>\n<p>\n\t\t\t<a href=\"http:\/\/www.lulu.com\/shop\/fred-mel\/tgm-tunis-goulette-marsa\/ebook\/product-21760570.html\" target=\"_blank\">http:\/\/www.lulu.com\/shop\/fred-mel\/tgm-tunis-goulette-marsa\/ebook\/product-21760570.html<\/a><\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans cet espoir, je vous souhaite bonne lecture et de bons souvenirs. Et merci d&rsquo;avance pour vos &eacute;ventuels commentaires.<\/p>\n<div>\n<div class=\"product-image\">\n\t\t\t\t<\/p>\n<div id=\"productPreviewAction\">\n\t\t\t\t\t<a class=\"preview-action\" href=\"http:\/\/www.lulu.com\/shop\/fred-mel\/tgm-tunis-goulette-marsa\/ebook\/product-21760570.html#\">Preview<\/a><\/div>\n<\/p><\/div>\n<div class=\"pricing\">\n<div class=\"actual-price-display\">\n\t\t\t\t\t<span class=\"price-label\">Price:<\/span>&nbsp;<span class=\"actual-price\">$4.02<\/span><\/div>\n<\/p><\/div>\n<div class=\"shipping-info\">\n\t\t\t\tDownload immediately.<\/div>\n<\/p><\/div>\n<p>\n\t\t\tFred Mel&nbsp; <a href=\"mailto:belkomel@gmail.com\" target=\"_blank\">belkomel@gmail.com<\/a><\/p>\n<p>\n\t\t\t<em>(nom de plume)<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p>\n\t\t\t<strong>Chap 47 &#8211; L&rsquo;oncle <\/strong><\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tApr&egrave;s le cocktail chez Alex, exclu de la cavalerie qui partait pour K&eacute;bili pour incapacit&eacute; guerri&egrave;re, Farouk rendit visite, &nbsp;comme promis, &nbsp;&agrave; l&rsquo;ami Rachid, le marchand du kiosque du terminus du TGM qui avait conc&eacute;d&eacute; l&rsquo;att&eacute;nuante de la soif de culture &agrave; la bande de jeunes basketteurs-voleurs de journaux. Meriam, l&rsquo;&eacute;pouse de Rachid lui avait pr&eacute;par&eacute; un somptueux couscous au poisson, son plat pr&eacute;f&eacute;r&eacute;,<\/p>\n<p>\n\t\t\t&mdash; C&rsquo;est vraiment d&eacute;licieux dit-il &agrave; Oum* Meriam,&nbsp; je me r&eacute;gale vraiment. Je vais revenir plus souvent &agrave; Tunis, ton couscous et votre amiti&eacute; valent le voyage.<\/p>\n<p>\n\t\t\tApr&egrave;s les desserts et le th&eacute;, Rachid &eacute;voqua les souvenirs du temps pass&eacute;, ceux des autres membres du groupe qui avaient continu&eacute; &agrave; acheter leurs journaux chez lui, maintenant qu&rsquo;ils avaient les cheveux gris.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&mdash; Apr&egrave;s ton d&eacute;part pour l&rsquo;Europe, m&ecirc;me Si Ammar,&nbsp; ton oncle, &nbsp;est venu &nbsp;r&eacute;guli&egrave;rement au kiosque, jusqu&rsquo;&agrave; son d&eacute;c&egrave;s. Il achetait son <em>Paris Turf<\/em> et <em>La Presse, <\/em>&nbsp;commentait en long et en large les &eacute;v&egrave;nements internationaux, et critiquait les journalistes qui ne comprenaient pas que le monde &eacute;tait et sera toujours domin&eacute; par l&rsquo;internationale des juifs et des francs-ma&ccedil;ons.&nbsp; Tu m&rsquo;avais dit que c&rsquo;&eacute;tait son id&eacute;e fixe, mais &agrave; ce point, je ne l&rsquo;aurai jamais cru. &nbsp;Si j&rsquo;ai bien compris, il voulait t&rsquo;inculquer sa v&eacute;rit&eacute;, &nbsp;allez, &nbsp;raconte.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C&rsquo;est ainsi que Farouk en profita pour &eacute;voquer cette p&eacute;riode de sa vie, devant Rachid et Meriam.<\/p>\n<p>\n\t\t\tIl commen&ccedil;a par reconna&icirc;tre que ce fut l&rsquo;oncle, en voulant faire son &eacute;ducation avec des raisonnements &agrave; coup de marteau, soutenus par des proverbes et des dictons nuls et enfantins, &nbsp;qui &eacute;veilla en lui son esprit critique, le fit r&eacute;fl&eacute;chir, comparer, approfondir, et surtout, se m&eacute;fier des idoles qui entendent pr&ecirc;cher le vrai et le verbe.<\/p>\n<p>\n\t\t\tL&rsquo;oncle &eacute;tait un petit homme trapu qui suintait la suffisance. Il paradait devant son image dans la glace, en cale&ccedil;on, tricot de corps, chaussettes soutenues par des jarretelles, et des souliers de style anglais, reluisants comme un miroir.<\/p>\n<p>\n\t\t\tIl admirait son reflet, retouchait la teinture rouquine de ses cheveux afin qu&rsquo;aucun poil blanc ne rest&acirc;t en vue, et taquinait l&rsquo;institutrice fran&ccedil;aise qu&rsquo;il &eacute;tait orgueilleux d&rsquo;avoir pour compagne &mdash; selon lui, seuls les grands personnages de sa stature intellectuelle, &nbsp;pouvaient aspirer &agrave; &eacute;pouser une citoyenne fran&ccedil;aise. Il lui r&eacute;citait des vers estropi&eacute;s des fables de la Fontaine&nbsp;: &laquo;&nbsp;Ma&icirc;tresse Corinne, derri&egrave;re moi cach&eacute;e&hellip;&nbsp;&raquo; &nbsp;qui amusaient follement cette derni&egrave;re, remplie d&rsquo;admiration par la fantaisie cr&eacute;ative du grand homme..<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;L&rsquo;oncle affrontait ensuite le probl&egrave;me majeur, qui lui prenait un bon quart d&rsquo;heure, le choix &nbsp;du complet, de la chemise et de la cravate. Aucune intervention de son &eacute;pouse n&rsquo;&eacute;tait admise. C&rsquo;&eacute;tait une affaire d&rsquo;homme.&nbsp; Pas si simple que &ccedil;a.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&mdash; Tu n&rsquo;&eacute;tais tout de m&ecirc;me pas oblig&eacute; d&rsquo;assister &agrave; ce num&eacute;ro.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&mdash; Dans un certain sens oui. Arm&eacute; de patience int&eacute;ress&eacute;e, dans l&rsquo;attente de toucher mon argent de poche de la semaine, depuis l&rsquo;&acirc;ge de 10 ans, &nbsp;j&rsquo;assistais tous les dimanches en fin de matin&eacute;e, &agrave; ce rituel vestimentaire dans la grande chambre &agrave; coucher. C&rsquo;&eacute;tait le prix &agrave; payer.<\/p>\n<p>\n\t\t\tC&rsquo;&eacute;tait toujours pareil. De la phase vestimentaire, il passait &agrave; la phase hippique.&nbsp; Une fois habill&eacute;, l&rsquo;oncle d&eacute;ployait <em>Paris-Turf <\/em>&nbsp;et lisait,&nbsp; &agrave; mon adresse, les noms des chevaux qui devaient participer aux courses programm&eacute;es durant l&rsquo;apr&egrave;s-midi au Parc de Vincennes, &agrave; Paris. Plus tard, Kassar Sa&iuml;d, le champ hippique de Tunis, transmettra en direct le compte-rendu m&egrave;tre par m&egrave;tre. L&rsquo;oncle &eacute;grenait alors des noms qui alternaient l&rsquo;exotique au grotesque: <em>Nouistiti, Tatayoyo, Rien Ne Va Plus,&nbsp; Kilo de Trot, Merci Tonton, Nabuchodonosor, <\/em>etj&rsquo;avais le grand privil&egrave;ge de choisir le nom du cheval qui me chantait le plus. Il le cochait au crayon rouge.<\/p>\n<p>\n\t\t\tToutefois, insensible aux d&eacute;sirs de l&rsquo;enfant que j&rsquo;&eacute;tais, il ne me proposa jamais de l&rsquo;accompagner au champ de courses et ne me r&eacute;v&eacute;la jamais si je lui avais indiqu&eacute; le nom d&rsquo;un cheval gagnant, ne f&ucirc;t-ce qu&rsquo;une seule fois. &nbsp;&ldquo;Pourquoi n&rsquo;emmenons-nous pas Farouk &agrave; Kassar Said avec nous ? &rdquo; avait demand&eacute; une fois sa compagne qu&rsquo;il finira par &eacute;pouser vingt cinq ans plus tard, pour des questions strictement mat&eacute;rielles. L&rsquo;oncle expliqua qu&rsquo;il ne fallait pas r&eacute;veiller des convoitises, ni pousser la jeunesse sur la voie du p&eacute;ch&eacute;, les paris, affirma-t-il, &eacute;tant le moins s&eacute;rieux des siens. Allah, le cl&eacute;ment, glissera s&ucirc;rement dessus.<\/p>\n<p>\n\t\t\tUn fois &agrave; table, il passait &agrave; la phase &laquo;&nbsp;&eacute;ducative&nbsp;&raquo;, initialement centr&eacute;e sur le d&eacute;nigrement de ceux que l&rsquo;oncle appelait les &laquo;&nbsp;<em>Krab&nbsp;&raquo;<\/em>, terme qui, dans sa bouche, attribuait &agrave; ses concitoyens les pires d&eacute;fauts de ce monde: hypocrites, imposteurs, d&eacute;loyaux, fourbes, malhonn&ecirc;tes et paresseux&#8230; &nbsp;Ensuite toute la famille, qui en voulait &agrave; son argent, en prenait pour son grade, sans oublier le directeur de la banque qui ne maintenait pas ses promesses, bien qu&rsquo;il v&icirc;nt souvent d&eacute;jeuner chez lui. &nbsp;Et, par dessus le march&eacute;, le locataire du caf&eacute; au rez-de-chauss&eacute;e de l&rsquo;immeuble ne payait pas le loyer depuis des mois&hellip; &nbsp;Je devais en prendre de la graine, me m&eacute;fier de cette cat&eacute;gorie de personnages inf&acirc;mes.<\/p>\n<p>\n\t\t\tAu plat de r&eacute;sistance,&nbsp; l&rsquo;oncle passait &agrave; la phase de transmission de son id&eacute;e fixe, &nbsp;afin que son neveu s&ucirc;t &agrave; quoi s&rsquo;en tenir &agrave; l&rsquo;avenir: faire gaffe aux Juifs et aux Francs Ma&ccedil;ons.<\/p>\n<p>\n\t\t\tOr, depuis que Serge B., rencontr&eacute; quelques mois auparavant au Club de Judo, &eacute;tait devenu mon meilleur ami, j&rsquo;avais constat&eacute; que ces Juifs ne semblaient pas si diaboliques et si pervers que l&rsquo;oncle le proclamait &agrave; tous les repas, &agrave; l&rsquo;usage de quiconque s&rsquo;assoyait &agrave; sa table.&nbsp; En v&eacute;rit&eacute;, l&rsquo;entourage de Serge m&rsquo;avait ouvert les premiers horizons d&eacute;pourvus d&rsquo;anath&egrave;mes, et impressionn&eacute; par l&rsquo;accueil simple et chaleureux, sans impositions hypocrites, par la culture approfondie, &eacute;clectique, et par les sinc&egrave;res rapports d&rsquo;amour, de respect, qu&rsquo;ils manifestaient entre eux, et envers les autres.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &mdash; Bien s&ucirc;r, me ferma le clapet l&rsquo;oncle, il<em>s <\/em>cachent leur jeu sous les bonnes mani&egrave;res pour mieux te pi&eacute;ger&hellip; Ils ne sont pas idiots! Faut pas te fier aux apparences.&nbsp; Et aux propres sentiments&nbsp;? Aux sensations intimes&nbsp;? Me demandais-je. Petit &agrave; petit, je commen&ccedil;ai &agrave; me m&eacute;fier des sempiternelles &laquo;&nbsp;instructions&nbsp;&eacute;ducatives &raquo; rab&acirc;ch&eacute;es par l&rsquo;oncle.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &mdash; Tu vois, me dit-il un jour, tu ne t&rsquo;es jamais demand&eacute; pourquoi la famille de ton ami Juif poss&egrave;de le grand appartement que tu m&rsquo;as d&eacute;crit, dans le tr&egrave;s s&eacute;lect immeuble du Colis&eacute;e, en plein centre de Tunis&nbsp;?<\/p>\n<p>\n\t\t\tEt sans attendre de r&eacute;ponse, il ajouta&nbsp;:<\/p>\n<p>\n\t\t\t&mdash; Eh bien, simplement parce les Juifs ont pour mission la conqu&ecirc;te du monde entier. La preuve&nbsp;? &nbsp;La famille de ton ami contr&ocirc;le la production et la vente du sucre en Tunisie. Ce qui veut dire qu&rsquo;<em>ils<\/em> peuvent nous en priver quand <em>ils<\/em> le veulent. T&rsquo;es-tu pos&eacute; la question&nbsp;? Comment se fait-il que le sucre ne soit pas dans les mains de ton p&egrave;re, par exemple&nbsp;? C&rsquo;est bien simple, c&rsquo;est parce qu&rsquo;il n&rsquo;est pas Juif. <em>On<\/em> ne lui laissera aucune chance d&rsquo;y parvenir. Tu devrais le savoir maintenant, ces gens-l&agrave;&nbsp; contr&ocirc;lent les banques, la presse, la radio. Tu <em>leur<\/em> payes tous les films que tu va voir au cin&eacute;ma, <em>ils<\/em> nous font danser sur les disques que nous leurs achetons, nous vendent &agrave; prix fort les mati&egrave;res premi&egrave;res de nos terres, comme le p&eacute;trole, le bl&eacute; et le sucre. Chez les <em>krab<\/em> par contre, c&rsquo;est z&eacute;ro point&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t\t\tJe r&eacute;alisai alors que l&rsquo;oncle &eacute;prouvait un rejet &agrave; la fois haineux et admiratif pour ce peuple. Il <em>les<\/em> enviait, en somme. Il en &eacute;tait atrocement jaloux, et sa jalousie alimentait sa haine.<\/p>\n<p>\n\t\t\tQuand je voulus lui communiquer mon estime pour l&rsquo;entourage de mon ami, l&rsquo;oncle &nbsp;alla prendre un petit cahier d&rsquo;&eacute;colier assez us&eacute;, enti&egrave;rement &eacute;crit &agrave; la main, le posa sur la table et d&eacute;clara, l&rsquo;air solennel, d&rsquo;homme &agrave; homme:<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &mdash; Maintenant,&nbsp; tu es assez grand pour savoir comment <em>ils<\/em> ont planifi&eacute; les &eacute;tapes de leur complo<em>t <\/em>pour la conqu&ecirc;te du monde.&nbsp; Vois-tu, j&rsquo;ai r&eacute;ussi &agrave; recopier ce document tr&egrave;s secret, destin&eacute; uniquement &agrave; l&rsquo;internationale des juifs. Lis-le attentivement et rends-le moi sans le faire voir &agrave; personne. Tu comprendras pourquoi ton soi-disant ami Serge ne pourra jamais &ecirc;tre un vrai ami pour toi, n&rsquo;&eacute;tant pas juif comme lui.<\/p>\n<p>\n\t\t\tIl me mit le cahier en main. Le titre, soulign&eacute; &agrave; l&rsquo;encre rouge, occupait toute la premi&egrave;re page: <em>&laquo;&nbsp;Les Protocoles des Sages de Sion&nbsp;&raquo;.<\/em> &nbsp;Il d&eacute;voilait, me dit-il, le plan secret de la conqu&ecirc;te du monde con&ccedil;u par les&nbsp;<a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Juif\" title=\"Juif\">Juifs<\/a>&nbsp;et les&nbsp;Francs-Ma&ccedil;ons. Je devais le lire attentivement, bien ouvrir les yeux pour d&eacute;crypter leurs manigances, afin deparvenir &agrave; contrecarrer leur complot.<\/p>\n<p>\n\t\t\tJe lus tout le cahier cette nuit-l&agrave; et, en le refermant, je me suis &nbsp;demand&eacute; si, en fin de compte, mon oncle n&rsquo;avait pas quelque bonne raison pour se m&eacute;fier de ces gens-la. C&rsquo;&eacute;tait, pensais-je alors, un plan d&eacute;j&agrave; mis en &oelig;uvre et tout &eacute;tait pr&eacute;vu, noir sur blanc,&nbsp; pour en assurer la pleine r&eacute;alisation.<\/p>\n<p>\n\t\t\tL&rsquo;oncle ne travaillait pas. Profession d&eacute;clar&eacute;e: propri&eacute;taire.&nbsp; Ses deux fr&egrave;res, dont mon p&egrave;re, et ses trois s&oelig;urs lui avaient confi&eacute; la g&eacute;rance de la majeure partie des propri&eacute;t&eacute;s agricoles et immobili&egrave;res de la famille. Une fois les rennes de ce patrimoine en mains, il ne leur versa plus la moindre quote-part annuelle au pr&eacute;texte que la moisson de l&rsquo;ann&eacute;e en cours n&rsquo;avait pas &eacute;t&eacute; bonne,&nbsp; que les frais d&rsquo;entretien des immeubles, toujours plus chers, l&rsquo;avaient oblig&eacute; &agrave; &eacute;quilibrer les comptes en y mettant du sien.<\/p>\n<p>\n\t\t\tC&rsquo;&eacute;taient eux qui devraient le rembourser, plut&ocirc;t, factures &agrave; l&rsquo;appui&hellip; Personne ne protesta de peur de devoir le faire, &nbsp;bien qu&rsquo;ils eussent toujours dout&eacute; du bien fond&eacute; de ses justificatifs.&nbsp; D&rsquo;autre part, les avocats et les experts comptables co&ucirc;teraient trop cher pour entamer une proc&eacute;dure en justice.<\/p>\n<p>\n\t\t\tQuelques jours apr&egrave;s la r&eacute;v&eacute;lation troublante des <em>Protocoles<\/em> qui d&eacute;vast&egrave;rent mes points cardinaux, en ami sinc&egrave;re, je finis par en parler &agrave; Serge. Pour toute r&eacute;ponse, celui-ci me fixa, l&rsquo;air incr&eacute;dule, atterr&eacute;:<\/p>\n<p>\n\t\t\t&mdash; Toi aussi?&nbsp; Comment peux tu croire &agrave; toutes ces balivernes. Viens avec moi &agrave; la biblioth&egrave;que municipale.<\/p>\n<p>\n\t\t\tL&agrave;, il me confia un exemplaire du <em>Dialogue aux Enfers entre Machiavel et Montesquieu<\/em>, publi&eacute; par Maurice Joly en 1864, pour d&eacute;noncer un complot bonapartiste.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&mdash; Lis-moi &ccedil;a et fais-toi voir d&egrave;s que tu auras compris.&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tEt il s&rsquo;en alla sur un salut tr&egrave;s cordial.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tMes troubles et ma confusion augment&egrave;rent quand je comparai, ligne &agrave; ligne, &nbsp;les <em>Protocoles <\/em>et les <em>Dialogues<\/em>. L&rsquo;oncle avait tout faux&nbsp;! Il m&rsquo;avait refil&eacute; la copie int&eacute;grale d&rsquo;un texte bien ant&eacute;rieur aux <em>Protocoles, <\/em>d&eacute;nu&eacute; de tout rapport avec les juifs. &nbsp;Le roi devint nu&nbsp;! Son aur&eacute;ole &laquo;&nbsp;culturelle&nbsp;&raquo; en prit un sacr&eacute; coup.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;Comment le grand homme pouvait-il transmettre sa haine envieuse, manipuler ma petite t&ecirc;te en pleine formation avec un document qu&rsquo;il n&rsquo;avait jamais pris la peine d&rsquo;en v&eacute;rifier l&rsquo;authenticit&eacute;&nbsp;?&nbsp; &Ccedil;a corroborait son antis&eacute;mitisme, &ccedil;a justifiait son fanatisme. C&rsquo;&eacute;tait suffisant.<\/p>\n<p>\n\t\t\tC&rsquo;est ainsi qu&rsquo;&agrave; 12 &nbsp;ans, &nbsp;je d&eacute;couvris un autre monde. Sans toutes ces id&eacute;es re&ccedil;ues r&eacute;v&eacute;latrices du cr&eacute;tinisme culturel dont souffrait alors &nbsp;une bonne partie de la g&eacute;n&eacute;ration de Tunisiens nantis, qui avaient all&egrave;grement v&eacute;cu en prenant l&rsquo;ap&eacute;ro avec les colons, dont le Brevet d&rsquo;&Eacute;tudes sanctionnait le savoir-faire, le Certificat, la culture, &nbsp;et le Baccalaur&eacute;at, &nbsp;le summum du savoir.<\/p>\n<p>\n\t\t\tPour combler cet ab&icirc;me culturel, ils &nbsp;transmettaient des histoires sans aucun fondement, sans aucune v&eacute;rification, sans nourrir aucun doute, de p&egrave;re en fils, d&rsquo;oncle &agrave; neveu, tels des biens et des valeurs h&eacute;r&eacute;ditaires, comme les immeubles, ou comme la religion. &nbsp;Surtout, &nbsp;ne pas laisser les enfants d&eacute;vier du droit chemin, tuer dans l&rsquo;&oelig;uf tous leurs doutes, toutes leurs questions, toute soif de connaissance d&eacute;fiant la leur.&nbsp; &laquo;&nbsp;Tu ne vas pas contredire ton oncle, tout de m&ecirc;me, disaient-ils, comment oses-tu lui manquer de respect&nbsp;? &nbsp;Tu comprendras quand tu seras plus grand&hellip;&nbsp;&raquo;&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tJe r&eacute;alisai alors que je poussais dans un milieu o&ugrave; j&rsquo;avais de fortes probabilit&eacute;s de mourir idiot.&nbsp; Quelle diff&eacute;rence avec ce qui se passait au sein de la famille de Serge o&ugrave; l&rsquo;&eacute;coute, le respect, l&rsquo;amour de l&rsquo;enfant et l&rsquo;attention aux mille sentiers de sa culture r&eacute;gnaient en ma&icirc;tres pour faire pousser les petits Einstein du futur. &nbsp;Que n&rsquo;&eacute;tais-je pas le Serge&nbsp;de la rel&egrave;ve?<\/p>\n<p>\n\t\t\t<em>*Oummi ma m&egrave;re en arabe. Utilis&eacute; en lieu et place de Lella avant le pr&eacute;nom, quand on s&rsquo;adresse &agrave; une personne d&rsquo;un certain <\/em><em>&acirc;<\/em><em>ge, consid&eacute;r&eacute;e comme membre de la famille. Pour un homme on dirait Baba, p&egrave;re en arabe, ou bien Ammi, mon oncle en arabe.<\/em><\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>TGM Tunis Goulette Marsa &nbsp; By&nbsp;Fred Mel &nbsp; &nbsp; Je ne suis pas Juif !<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":19151,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[19,56,23,14,13,9,1],"tags":[],"class_list":["post-9277","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-europe","category-italie","category-litterature","category-paris","category-tunis","category-tunisie","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9277","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9277"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9277\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/19151"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9277"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9277"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9277"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}