{"id":9279,"date":"2015-11-06T02:31:53","date_gmt":"2015-11-06T02:31:53","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=9279"},"modified":"2015-11-06T00:44:45","modified_gmt":"2015-11-06T00:44:45","slug":"paul-sebag-la-memoire-de-tunis-par-claude-sitbon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/paul-sebag-la-memoire-de-tunis-par-claude-sitbon\/","title":{"rendered":"Paul Sebag, la m\u00e9moire de Tunis &#8211; Par Claude Sitbon"},"content":{"rendered":"<div>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tPaul Sebag, la m&eacute;moire de Tunis<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tPar Claude Sitbon<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"boiteoutil2\">\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<p>\n\tPaul sebag n&#39;est plus depuis le 5 septembre dernier. C&#39;est une perte pour la Tunisie, dont il fut l&#39;un des brillants historiens, et pour la communaut&eacute; juive, dont il fut l&#39;un des chantres. N&eacute; &agrave; Tunis le 26 septembre 1919, Paul &eacute;tait un homme au sourire malicieux, dont l&#39;&eacute;tendue des connaissances n&#39;avait d&#39;&eacute;gale que la splendeur de sa biblioth&egrave;que. Cette biblioth&egrave;que &eacute;tait un objet de fiert&eacute;: il ne pouvait l&#39;&eacute;voquer sans penser &agrave; son p&egrave;re, l&#39;&eacute;minent avocat, qui lui avait appris &agrave; lire les classiques grecs et latins, les auteurs fran&ccedil;ais et &eacute;trangers, sans parler de la philosophie et de l&#39;histoire. Malgr&eacute;, ou &agrave; cause, de ses origines &laquo; bourgeoises &raquo;, il se passionna, comme bien des jeunes de son &eacute;poque, pour les id&eacute;es &laquo; r&eacute;volutionnaires &raquo;. On se souvient de ce climat de l&#39;entre deux-&nbsp;<br \/>\n\tguerres qui fit la force du Parti communiste, auquel l&#39;intelligentsia europ&eacute;enne s&#39;&eacute;tait largement ralli&eacute;e&#8230;&nbsp;<\/p>\n<p>\tApr&egrave;s des &eacute;tudes de droit et de philosophie, &agrave; Paris, interrompues par la guerre et les lois racistes, Paul Sebag devient militant communiste et prend une part importante &agrave; l&#39;action clandestine du Parti communiste tunisien (PCT) contre le r&eacute;gime de Vichy. Arr&ecirc;t&eacute;,&nbsp;<br \/>\n\til est condamn&eacute; par le tribunal de Bizerte aux travaux forc&eacute;s &agrave; perp&eacute;tuit&eacute;, mais ne fera que dix mois de prison. Lib&eacute;r&eacute; au lendemain du d&eacute;barquement des Alli&eacute;s, le 8 novembre 1942, il reprend son activit&eacute; politique au sein du PCT, dans Tunis occup&eacute; par les Allemands. Apr&egrave;s la lib&eacute;ration, le 7 mai 1943, Paul devient journaliste et assure la r&eacute;daction du journal du parti. Mais le journalisme, comme l&#39;on sait, ne nourrit pas son homme. Il ach&egrave;ve donc ses &eacute;tudes et devient, de 1947 &agrave; 1957, professeur de lettres au lyc&eacute;e Carnot de Tunis. Il marquera une g&eacute;n&eacute;ration enti&egrave;re d&#39;&eacute;tudiants, qui gardent de lui un souvenir lumineux.&nbsp;<br \/>\n\tEn 1951, il publie son premier livre La Tunisie \u0096 Essai de monographie, une analyse de l&#39;&eacute;conomie et de la soci&eacute;t&eacute; tunisiennes. Un livre &laquo; engag&eacute; &raquo; qui rencontre un grand succ&egrave;s. Il songe alors &agrave; pr&eacute;parer un doctorat et d&eacute;pose un sujet de th&egrave;se. En r&eacute;alit&eacute;, il commence par publier plusieurs &eacute;tudes de sociologie urbaine qui l&#39;am&egrave;nent &agrave; enseigner &agrave; l&#39;Institut des hautes &eacute;tudes de Tunis, puis &agrave; la facult&eacute; des lettres de cette m&ecirc;me ville. S&#39;&eacute;tant enfin attel&eacute; &agrave; la r&eacute;daction de sa th&egrave;se, il y consacre de tr&egrave;s nombreuses ann&eacute;es. L&#39;ayant enfin achev&eacute;e, il ne la publie pas. C&#39;est qu&#39;il est atteint de cette maladie qui&nbsp;<br \/>\n\tfrappe certains intellectuels: le perfectionnisme. De 1957 &agrave; 1977, il sert le gouvernement tunisien, mais, &agrave; la rentr&eacute;e d&#39;octobre 1977, son contrat n&#39;est pas renouvel&eacute;. Il est alors nomm&eacute; &agrave; la facult&eacute; de Rouen, o&ugrave; il enseignera pendant deux ans, puis fait valoir ses droits &agrave; la retraite pour se remettre &agrave; sa passion: l&#39;&eacute;criture.&nbsp;<br \/>\n\tCet homme qui fut l&#39;un des h&eacute;rauts de la lutte pour le communisme ne rougit pas d&#39;avoir partag&eacute; cette passion, m&ecirc;me si elle fut un &eacute;chec. Comme fut un &eacute;chec, h&eacute;las ! cette volont&eacute; de lutter pour la nation tunisienne, qui, comme toutes les jeunes nations, eut du mal &agrave; conserver en son sein les non-musulmans. Apr&egrave;s sa p&eacute;riode d&#39;enseignant et de militant, il se consacre &agrave; son &laquo; devoir de m&eacute;moire &raquo;: transmettre cette histoire qu&#39;il aime tant, celle de la Tunisie et de ses juifs. En 1989, il publie Tunis au XVIIe si&egrave;cle. Deux ans plus tard para&icirc;t La R&eacute;gence de Tunis &agrave; la fin du XVIIe si&egrave;cle, puis, en 1998, son&nbsp;livre majeur, celui de toute une vie : Tunis, histoire d&#39;une ville. Enfin, il faut rappeler qu&#39;il avait, en 1959, publi&eacute; avec Robert Attal une &eacute;tude sur la Hara de Tunis. Aujourd&#39;hui introuvable, cet ouvrage m&eacute;riterait sans nul doute d&#39;&ecirc;tre r&eacute;&eacute;dit&eacute;.&nbsp;<br \/>\n\tEt puis, remis de ses d&eacute;sillusions, il s&#39;est attel&eacute; &agrave; une partie de son histoire, dont il s&#39;&eacute;tait jusque-l&agrave; peu occup&eacute;: la &laquo; juda&iuml;cit&eacute; tunisienne &raquo;, selon l&#39;expression de son&nbsp;<br \/>\n\tcamarade Albert Memmi. En 1989, il participe &agrave; l&#39;&eacute;laboration de l&#39;excellent ouvrage collectif La Tunisie \u0096 images et textes. Deux ans plus tard, il publie Histoire des juifs de Tunisie, des origines &agrave; nos jours, expliquant comment et pourquoi cette communaut&eacute; de plus de cent mille &acirc;mes qui avait la coquetterie de faire remonter son histoire &agrave; la reine Didon s&#39;est arrach&eacute;e &agrave; sa terre pour s&#39;&eacute;tablir en Isra&euml;l ou en France. Son dernier ouvrage paru en 2002 sera Les Noms des Juifs de Tunisie, d&#39;une exceptionnelle richesse d&#39;information.&nbsp;<\/p>\n<p>\tEn 1994, &agrave; Paris, mon ami Abdelbaki Hermassi, qui &eacute;tait &agrave; l&#39;&eacute;poque ambassadeur de Tunisie &agrave; l&#39;Unesco (il est, depuis peu, le nouveau ministre tunisien des Affaires &eacute;trang&egrave;res), d&eacute;cora Paul Sebag, au nom du pr&eacute;sident Ben Ali, de l&#39;ordre du M&eacute;rite culturel. Lors de chacune de nos rencontres, Hermassi ne manque jamais de me rappeler &laquo; tout ce qui nous unit &raquo;. Je souhaite qu&#39;il poursuive ce dialogue entre interlocuteurs qui ont encore beaucoup &agrave; se dire. Ce serait le meilleur moyen de rendre justice &agrave; l&#39;action de Paul Sebag.<\/p>\n<p>\n\t<br \/>\n\tJeuneafrique.com&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Paul Sebag, la m&eacute;moire de Tunis &nbsp; Par Claude Sitbon &nbsp; Paul sebag n&#39;est plus depuis le 5 septembre dernier. C&#39;est une perte pour la Tunisie, dont il fut l&#39;un des brillants historiens, et pour la communaut&eacute; juive, dont il fut l&#39;un des chantres. 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