{"id":9593,"date":"2015-10-15T00:44:24","date_gmt":"2015-10-15T00:44:24","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=9593"},"modified":"2015-10-15T04:25:25","modified_gmt":"2015-10-15T04:25:25","slug":"du-marche-de-noel-au-shouk-hacarmel-le-parcours-de-manu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/du-marche-de-noel-au-shouk-hacarmel-le-parcours-de-manu\/","title":{"rendered":"Du March\u00e9 de No\u00ebl au Shouk Hacarmel &#8211; Le parcours de Manu"},"content":{"rendered":"<div data-id=\"280\" id=\"urlBox\">\n<div>\n<p>\n\t\t\tDu March&eacute; de No&euml;l au Shouk Hacarmel &#8211; Le parcours de Manu<\/p>\n<p>\n\t\t\tiManusch&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>\n\t\tIl n&rsquo;existe pas de terre plus sioniste en France que&nbsp;l&rsquo;Alsace. Cette affirmation&nbsp;n&rsquo;est pas sans fondement&nbsp;historique. D&egrave;s les premiers congr&egrave;s sionistes il y&nbsp;avait des &nbsp;d&eacute;l&eacute;gu&eacute;s alsacien&nbsp;et c&rsquo;est &agrave; Strasbourg&nbsp;qu&rsquo;a &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute; le premier bureau du KKL d&egrave;s 1923 !<\/p>\n<p>\n\t\tCette r&eacute;flexion se refl&egrave;te &eacute;galement dans mon parcours qui prend ses racines dans cette r&eacute;gion,&nbsp;riche d&rsquo;une communaut&eacute; juive diverse vivant au c&oelig;ur et au rythme de la cit&eacute; alsacienne. Le&nbsp;parcours de chacun de nous est unique. Vivre en Alsace ne conditionne en rien le d&eacute;sir de Sion,&nbsp;mais cette terre de rencontre et d&rsquo;histoire pr&eacute;pare au mieux les candidats &agrave; l&#39;Alyah qui, comme&nbsp;moi, ont d&eacute;cid&eacute; de passer du March&eacute; de No&euml;l au Shouk Hacarmel &agrave; un moment ou a un autre de&nbsp;leur vie.<\/p>\n<p>\n\t\tVenir s&#39;&eacute;tablir dans un nouveau pays, changer de langue, de culture, vivre au rythme d&rsquo;une autre&nbsp;Histoire, cela reste et restera quelque chose d&rsquo;effrayant pour chacun d&rsquo;entre nous. Il existe une &nbsp;r&eacute;sistance intrins&egrave;que au changement. Mais de nombreux exemples nous montrent par quel&nbsp;processus l&#39;homme peut tirer parti de cette exp&eacute;rience, &eacute;voluer et en sortir grandi. Mon parcours&nbsp;n&#39;a rien d&rsquo;exceptionnel, mais il m&#39;a permit de vivre et de ressentir des &eacute;motions nouvelles. Monter&nbsp;en Isra&euml;l fait partie de ces moments de rupture qui nous rendent plus vivant et nous exaltent.<\/p>\n<p>\n\t\tA 25 ans, &agrave; l&#39;aube de ma vie professionnelle, la brutalit&eacute; qui a accompagn&eacute; ce changement a &eacute;t&eacute;&nbsp;adoucie par mes r&ecirc;ves de jeunesse. Oui des r&ecirc;ves, car il s&#39;agit bien de cela. L&#39;Alyah fait parti de&nbsp;ces r&ecirc;ves que tant de gens souhaitent r&eacute;aliser mais que si peu transforment en actes. C&#39;est un des&nbsp;moments cl&eacute;s, qui a des cons&eacute;quences pour tout le reste d&rsquo;une vie.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Le d&eacute;part<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tApr&egrave;s une &eacute;ducation et une scolarit&eacute; berc&eacute;e par le juda&iuml;sme et le sionisme &agrave; la sauce alsacienne,&nbsp;j&#39;ai entrepris des &eacute;tudes sup&eacute;rieures dans les domaines de l&rsquo;&eacute;conomie, de la gestion et de la&nbsp;finance &agrave; l&rsquo;&Eacute;cole Normale Sup&eacute;rieure de Cachan pr&egrave;s de Paris.<\/p>\n<p>\n\t\tDurant ces quelques 23 ann&eacute;es pass&eacute;es en France, les coutumes qui rythment la vie d&rsquo;un Juif traditionaliste, l&rsquo;apprentissage de l&rsquo;histoire de mon pays et les diff&eacute;rentes rencontres que j&#39;ai pu faire, ont permis de me construire. C&rsquo;est &eacute;galement dans ce terreau fertile qu&#39;a grandi mon lien si&nbsp;fort avec Isra&euml;l. Un pays maintes fois visit&eacute; lors de vacances en famille ou &agrave; l&rsquo;occasion de voyages&nbsp;organis&eacute;s entre amis.<\/p>\n<p>\n\t\tL&rsquo;id&eacute;e de faire mon Alyah a toujours sonn&eacute;e juste dans mon esprit, mais j&rsquo;ai syst&eacute;matiquement repouss&eacute; ce projet &agrave; plus tard. Apr&egrave;s avoir fini mes &eacute;tudes, et m&rsquo;&ecirc;tre ouvert l&rsquo;esprit le plus possible&nbsp;dans des temples fran&ccedil;ais du savoir, j&rsquo;ai compris que j&rsquo;arrivais au dernier tournant avant ma mise&nbsp;en orbite professionnelle. Allais-je pouvoir laisser tomber l&rsquo;un de mes r&ecirc;ves ? J&rsquo;ai alors d&eacute;couvert&nbsp;le programme &quot;Gvahim&quot; qui permet &agrave; un jeune dipl&ocirc;m&eacute; de faire un stage en Isra&euml;l.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>La d&eacute;couverte<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tC&rsquo;est lors de ce stage de 3 mois, dans une soci&eacute;t&eacute; internationale de logiciel de gestion financi&egrave;re,&nbsp;bas&eacute;e &agrave; Tel Aviv, que tout s&rsquo;est &eacute;claircit. Durant cette p&eacute;riode d&rsquo;essai que j&#39;avais accord&eacute; &agrave; Isra&euml;l,&nbsp;mon esprit curieux et assoiff&eacute; de nouvelles aventures a &eacute;t&eacute; servi. Ce changement de pays, m&#39;a &nbsp;permit de vivre au rythme des travailleurs de Tel Aviv, l&rsquo;autre m&eacute;gapole qui &ldquo;ne dort jamais&rdquo;.&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tFini&nbsp;les maillots de bain et les Matkot (le fameux jeu de raquette &agrave; la mode sur les plages du pays).&nbsp;Ces &eacute;quipements que j&rsquo;avais l&rsquo;habitude de porter lors de mes venues en p&eacute;riode estivale a laiss&eacute;&nbsp;place &agrave; des chemises, moins confortables par 36 degr&eacute;s &agrave; l&rsquo;ombre, et &agrave; un ordinateur un peu trop&nbsp;lourd pour m&#39;en servir de raquette.&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tPerch&eacute; au 28e &eacute;tage d&#39;une des tours du complexe Azrieli, j&rsquo;ai int&eacute;gr&eacute; une &eacute;quipe responsable du&nbsp;d&eacute;veloppement d&#39;un logiciel de finance. L&#39;ambiance de travail y &eacute;tait d&eacute;contract&eacute;e &agrave; l&#39;image des&nbsp;start-up qui poussent un peu partout dans le pays. Travaillant avec des banques du monde entier&nbsp;l&#39;anglais pr&eacute;dominait dans les &eacute;changes entre coll&egrave;gues, ce qui a facilit&eacute; mon int&eacute;gration au sein&nbsp;des &eacute;quipes.<\/p>\n<p>\n\t\t&Ecirc;tre en Isra&euml;l c&#39;est vivre dans une &eacute;poque, qui semble oubli&eacute;e aujourd&rsquo;hui, en Europe ou aux&nbsp;Etats Unis, celle o&ugrave; &quot;tout est possible&quot;. Ici, c&rsquo;est une r&eacute;alit&eacute; et non un slogan. &Ecirc;tre en Isra&euml;l c&#39;est&nbsp;ressentir cette libert&eacute; constructrice qui donne la main &agrave; une modernit&eacute; sans fin, permettant de&nbsp;transformer les r&ecirc;ves en r&eacute;alit&eacute;s. Sauvegarde des donn&eacute;es virtuelles, d&eacute;tection des maladies de&nbsp;mani&egrave;re non intrusive, jambes bioniques pour faire marcher les amput&eacute;s&#8230; Les exploits de ce tout&nbsp;jeune pays rayonnent dans le monde et rendent fier le nouvel isra&eacute;lien que je suis devenu. C&#39;est &agrave;&nbsp;la fin de mon stage que j&rsquo;ai d&eacute;cid&eacute; de faire mon Alyah et je suis devenu ainsi citoyen isra&eacute;lien.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Tsahal comme &eacute;cole d&#39;int&eacute;gration<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tCette nationalit&eacute; nouvelle m&#39;impose de nouvelles obligations. Ma&icirc;triser la langue en est une.&nbsp;Int&eacute;grer Tsahal, l&#39;arm&eacute;e d&#39;Isra&euml;l, qui est le corps incontournable pour effectuer pleinement son&nbsp;Alyah, en est une autre.<\/p>\n<p>\n\t\tMalgr&eacute; mes 25 ans r&eacute;volus, j&rsquo;ai connu cette journ&eacute;e si particuli&egrave;re dans la vie de tout isra&eacute;lien&nbsp;arriv&eacute; &agrave; l&#39;&acirc;ge de 18 ans, cette journ&eacute;e qui prend l&#39;allure de filtre national, cette journ&eacute;e qui&nbsp;rassemble toute les couches sociales qui composent le pays, celle de l&rsquo;incorporation dans les&nbsp;rangs de l&rsquo;arm&eacute;e d&rsquo;Isra&euml;l.<\/p>\n<p>\n\t\tLes soldats sont jeunes. Trop jeunes diront certains. Ils donnent 3 ans de leur vie &agrave; leur&nbsp;pays et c&#39;est un sacrifice que chacun accepte. Cette jeunesse, avec cette na&iuml;vet&eacute; qui ne les a&nbsp;pas encore quitt&eacute;e, je la retrouve sur les murs des administrations militaires o&ugrave; dessins, c&oelig;urs &nbsp;et &eacute;toiles d&eacute;cor&eacute;s de paill&egrave;tes ornent les cadres o&ugrave; d&eacute;filent les photos personnelles remplies de&nbsp;sourire, d&#39;amour et d&#39;envie d&#39;avenir. Tout n&#39;est pas vert kaki dans les rangs de l&#39;arm&eacute;e d&#39;Isra&euml;l,&nbsp;loin de l&agrave;. Une tendresse juv&eacute;nile parcours l&#39;ensemble de ce corps central, pilier du pays. Du&nbsp;commandant fier de ses soldats ayant fini les cours pour devenir officiers, aux &quot;jobnikim&quot; (soldats&nbsp;servant depuis les bureaux) apportant leur contribution &agrave; la&nbsp;d&eacute;fense du pays, l&agrave; o&ugrave; ils sont, Tsahal&nbsp;r&eacute;sume la soci&eacute;t&eacute; isra&eacute;lienne et en explique le caract&egrave;re.<\/p>\n<p>\n\t\tAyant sign&eacute; pour 18 mois j&rsquo;ai int&eacute;gr&eacute; l&#39;unit&eacute; de &laquo;dover Tsahal&raquo; (le porte&ndash;parole de Tsahal). J&rsquo;y&nbsp;travaille en fran&ccedil;ais et sur internet. Mon quotidien est consacr&eacute; &agrave; la d&eacute;fense d&rsquo;Isra&euml;l sur les&nbsp;m&eacute;dias sociaux et &agrave; des reportages sur le terrain aupr&egrave;s de soldats qui ont des exp&eacute;riences&nbsp;insoup&ccedil;onn&eacute;es &agrave; raconter.&nbsp;L&#39;un d&#39;entre eux, Levi, combattant post&eacute; &agrave; H&eacute;bron, me racontait l&#39;importance &agrave; ses yeux de&nbsp;servir sous le drapeau &agrave; l&#39;&eacute;toile de David. Arriv&eacute; du Congo avec sa famille, sa tache n&#39;est pas&nbsp;simple tous les jours dans une ville ou les tensions&nbsp;religieuses &eacute;lectrisent l&#39;atmosph&egrave;re. Mais son&nbsp;parcours et l&#39;amour pour sa patrie sont les moteurs de son service.<\/p>\n<p>\n\t\tSur le chemin pour aller &agrave; la rencontre de ces soldats, les paysages d&#39;Isra&euml;l d&eacute;filent sous mes&nbsp;yeux, telle une carte postale devenue r&eacute;alit&eacute;. Les routes ensabl&eacute;es au plein c&oelig;ur du d&eacute;sert du &nbsp;N&eacute;guev me font d&eacute;couvrir une v&eacute;g&eacute;tation unique &agrave; l&#39;image des habitants du pays. Comme cette&nbsp;plante appel&eacute;e Sabra qui peuple les paysages d&eacute;sertiques d&#39;Isra&euml;l mais d&eacute;fini &eacute;galement le&nbsp;caract&egrave;re des habitants du pays. Une &eacute;corce s&egrave;che et piquante, mais un&nbsp;fruit&nbsp;sucr&eacute; et juteux. C&#39;est&nbsp;tout le paradoxe de ces Isra&eacute;liens qui vous accueillent parfois avec&nbsp;rugosit&eacute; mais qui se r&eacute;v&egrave;lent&nbsp;toujours d&#39;une gentillesse et d&#39;une solidarit&eacute; sans limite.<\/p>\n<p>\n\t\tDe retour &agrave; ma base, au c&oelig;ur de Tel Aviv, les obligations de tout soldat s&rsquo;imposent &agrave; moi. Les tours de garde, arme en bandouli&egrave;re, doivent &ecirc;tre assur&eacute;s. Je suis l&agrave;, avec pour responsabilit&eacute; de&nbsp;s&eacute;curiser un b&acirc;timent rempli de jeunes de mon &acirc;ge. Je ressens alors, un lien fort, qui me rappelle&nbsp;combien il est bon de faire ce que je fais. La gentillesse des regards, les attentions pour s&#39;assurer&nbsp;que rien ne vous manque, les bonjours et aux revoir toujours ponctu&eacute;s de sourires chaleureux, me&nbsp;donnent la chair de poule et me rendent si fier et heureux de servir mon pays.<\/p>\n<p>\n\t\tEncore quelques mois &agrave; d&eacute;couvrir ce magnifique pays, mon pays. Quelques mois&nbsp;pour&nbsp;am&eacute;liorer&nbsp;mon h&eacute;breu et capter les particularit&eacute;s de la soci&eacute;t&eacute; isra&eacute;lienne au travers&nbsp;de son arm&eacute;e, c&rsquo;est &nbsp;pour moi la meilleure &eacute;cole possible pour tout nouvel&nbsp;immigrant. Dans&nbsp;quelques mois, le destin &nbsp;me dira de quoi sera fait mon avenir dans les rues ensoleill&eacute;es et entre les b&acirc;timents toujours&nbsp;plus majestueux de Tel Aviv. Et pourquoi pas me lancer, moi aussi, dans l&#39;aventure des start-up isra&eacute;liennes ? Depuis quelques semaines, &agrave; cot&eacute; de mon service militaire, j&#39;ai cr&eacute;&eacute; une page&nbsp;Facebook consacr&eacute;e &agrave; Tel Aviv, ville blanche est fascinante. Bons plans en tous genres, Histoire&nbsp;de la ville mais aussi service de recherche de location de vacances pour touristes rythment cette page,&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/Happyintelaviv\">Happy in Tel Aviv<\/a>, dans laquelle j&#39;essaie de faire ressentir les couleurs et l&#39;&eacute;nergie si particuli&egrave;re de Tel Aviv.<\/p>\n<p>\n\t\tCe dont je suis s&ucirc;r c&#39;est que je suis connect&eacute; &agrave; ce pays, &agrave; ces pierres et &agrave; son Histoire tout&nbsp;comme je suis li&eacute; &agrave; jamais &agrave; l&#39;Alsace, ses b&acirc;timents gothiques et son patrimoine unique.&nbsp;Ces deux&nbsp;terres m&#39;inspirent et me portent au quotidien dans cette nouvelle vie qui d&eacute;bute.<\/p>\n<p>\n\t\t*initialement publi&eacute; dans l&#39;almanach 2014\/2015 du KKL Alsace.<\/p>\n<\/div>\n<p>\n\t&#8211; See more at: http:\/\/www.alyah.fr\/article\/280\/%E2%80%8BDu+March%C3%A9+de+No%C3%ABl+au+Shouk+Hacarmel+-+Le+parcours+de#sthash.0pxS7qE5.MEighk5n.dpuf<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Du March&eacute; de No&euml;l au Shouk Hacarmel &#8211; Le parcours de Manu iManusch&nbsp; &nbsp; &nbsp; Il n&rsquo;existe pas de terre plus sioniste en France que&nbsp;l&rsquo;Alsace. 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