{"id":9647,"date":"2015-10-26T00:37:25","date_gmt":"2015-10-26T00:37:25","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=9647"},"modified":"2015-10-27T00:43:29","modified_gmt":"2015-10-27T00:43:29","slug":"la-colonie-italienne-en-tunisie-francaise-1881-1956-par-alessio-loreti","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/la-colonie-italienne-en-tunisie-francaise-1881-1956-par-alessio-loreti\/","title":{"rendered":"LA \u00ab\u00a0COLONIE\u00a0\u00bb ITALIENNE EN TUNISIE FRAN\u00c7AISE (1881-1956), par Alessio Loreti"},"content":{"rendered":"<div>\n<p>\n\t\tLA &quot;COLONIE&quot; ITALIENNE EN TUNISIE FRAN&Ccedil;AISE (1881-1956)<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tJusqu&rsquo;au milieu du XIX&egrave;mesi&egrave;cle la colonie italienne de Tunisie est constitu&eacute;e de riches marchands juifs toscans ainsi que d&rsquo;Italiens captur&eacute;s lors d&rsquo;op&eacute;rations de corsaires tunisiens &agrave; travers la M&eacute;diterran&eacute;e .&nbsp;&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tEntre 1815 et 1861, la collectivit&eacute; italienne est compos&eacute;e de quelques milliers d&rsquo;activistes politiques, francs-ma&ccedil;ons, intellectuels, en provenance des r&eacute;gions centrales et septentrionales de la P&eacute;ninsule, ayant trouv&eacute; refuge dans la R&eacute;gence de Tunis. Il y a des tentatives d&rsquo;organisation de la communaut&eacute;&nbsp;: une &eacute;cole embryonnaire est fond&eacute;e (1821), une premi&egrave;re typographie voit le jour (1829), un journal de langue italienne appara&icirc;t (1838).&nbsp;&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tEntre 1861 et 1881 le peuplement italien s&rsquo;acc&eacute;l&egrave;re, cette fois-ci avec l&rsquo;arriv&eacute;e de migrants non qualifi&eacute;s originaires surtout des &icirc;les (Sicile, Pantelleria, Sardaigne, Procida, etc.) ainsi que d&rsquo;autres r&eacute;gions d&eacute;favoris&eacute;es du Midi. Dans la R&eacute;gence de Tunis la colonie, par le biais de ses propres institutions &#8211; &eacute;coles, journaux, soci&eacute;t&eacute;s philanthropiques etc. &#8211; joue un r&ocirc;le politique actif, visant &agrave; contrebalancer une croissante influence de la France qui impose son protectorat en 1881.<\/p>\n<p>\n\t\tN&eacute;anmoins la communaut&eacute; continue de s&rsquo;agrandir et &agrave; partir de 1896, date de l&rsquo;accord franco-italien confirmant le statu quo des Italiens ainsi qu&rsquo;il avait &eacute;t&eacute; d&eacute;fini par le trait&eacute; italo-tunisien de 1868; les relations entre les deux communaut&eacute;s semblent se d&eacute;tendre jusqu&rsquo;&agrave; la fin de la premi&egrave;re guerre mondiale. Les Italiens continuent de contester le protectorat fran&ccedil;ais pr&eacute;textant des raisons g&eacute;ographiques, historiques, ainsi que le poids d&rsquo;une colonie qui est num&eacute;riquement de loin la plus importante parmi toutes: en 1901, il y a en Tunisie 72.000 Italiens contre seulement 24.000 Fran&ccedil;ais (Loth, 1905).<\/p>\n<p>\n\t\tLa p&eacute;riode qui va de 1925 &agrave; 1943 voit la fascisation de la diaspora italienne, le renforcement des antagonismes politiques et le d&eacute;clenchement de la grande guerre.<\/p>\n<p>\n\t\tEntre 1943 et 1970, suite aux bouleversements de la seconde guerre mondiale et postcoloniaux, la communaut&eacute; dispara&icirc;t lentement de Tunisie.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>Une colonie multiforme<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tLa colonie d&rsquo;expatri&eacute;s italiens se caract&eacute;rise par l&rsquo;h&eacute;t&eacute;rog&eacute;n&eacute;it&eacute; de ses ressortissants et les ambivalences par rapport &agrave; la M&egrave;re Patrie ainsi qu&#39;&agrave; l&#39;&eacute;gard du colonisateur fran&ccedil;ais.<\/p>\n<p>\n\t\tAlbert Memmi par exemple, dans son c&eacute;l&egrave;bre&nbsp;Portrait du colonis&eacute;(1957), assimile les Italiens de Tunisie aux &laquo;&nbsp;mystifi&eacute;s&nbsp;&raquo; du colonialisme&nbsp;:<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;&laquo;&nbsp;La pauvret&eacute; des Italiens est telle qu&rsquo;il peut sembler risible de parler &agrave; leur sujet de privil&egrave;ges. Pourtant, s&rsquo;ils sont souvent mis&eacute;rables, les petites miettes qu&rsquo;on leur accorde sans y penser, contribuent &agrave; les diff&eacute;rencier, &agrave; les s&eacute;parer s&eacute;rieusement des colonis&eacute;s. Plus ou moins avantag&eacute;s par rapport aux masses colonis&eacute;es, ils ont tendance &agrave; &eacute;tablir avec elles de relations du style colonisateur-colonis&eacute; [&hellip;] On comprendra que, pour d&eacute;sh&eacute;rit&eacute;s qu&rsquo;ils soient dans l&rsquo;absolu, ils auront vis-&agrave;-vis du colonis&eacute; plusieurs conduites communes avec le colonisateur&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\tMemmi ne mentionne pas la pr&eacute;sence d&rsquo;une &eacute;lite italienne o&ugrave; &eacute;merge de bonne heure une composante italo-juive. Si ces Juifs italiens ne repr&eacute;sentent qu&rsquo;une minorit&eacute; &#8211; ils ne sont que 1.333 sur 4.744 nationaux italiens en 1871, et 1.867 sur 67.420 en 1900&#8230; &#8211; ils restent cependant influents dans la Tunisie coloniale et en position presque paritaire &agrave; l&#39;&eacute;gard du colonisateur fran&ccedil;ais. Par ailleurs dans son &oelig;uvre Memmi tend &agrave; mettre en sc&egrave;ne des personnages italiens sous forme de clich&eacute;s; dans la&nbsp;Statue de sel(1953) par exemple, un certain Giacomo, italien ou maltais on l&rsquo;ignore, est l&rsquo;acteur de jeux sexuels aupr&egrave;s des gar&ccedil;ons du lyc&eacute;e Carnot&nbsp;:&nbsp;&laquo;&nbsp;[un] grand &eacute;l&egrave;ve s&rsquo;offrait pour caresser pr&eacute;cis&eacute;ment et jusqu&rsquo;&agrave; la jouissance tous ceux qui le d&eacute;siraient&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\tCe regard ne peut que confirmer une image p&eacute;jorative:&nbsp;&laquo;&nbsp;Si les Italiens de Tunisie ont toujours envi&eacute; aux Fran&ccedil;ais leurs privil&egrave;ges juridiques et administratifs, ils sont tout de m&ecirc;me en meilleure posture que les colonis&eacute;s. Ils sont prot&eacute;g&eacute;s par des lois internationales et un consulat fort pr&eacute;sent, sous le constant regard d&rsquo;une m&eacute;tropole attentive&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\tCela est justifi&eacute; probablement par les animosit&eacute;s intercommunautaires qui voient s&rsquo;opposer les Juifs tunisiens habitant le ghetto de&nbsp;La Hara&nbsp;&agrave; Tunis (les&nbsp;Tounsa), dont Memmi est issu, et les Juifs italiens (les&nbsp;Grana) qui, tout comme d&rsquo;autres Italiens ais&eacute;s, ne manquent de montrer un certain m&eacute;pris &agrave; l&rsquo;&eacute;gard des autres.<\/p>\n<p>\n\t\t&laquo;&nbsp;Dans cette diversit&eacute;, o&ugrave; n&rsquo;importe qui se sent chez-soi et personne &agrave; l&rsquo;aise, chacun enferm&eacute; dans son quartier, a peur de son voisin, le m&eacute;prise ou le hait. La peur et le m&eacute;pris nous les avons connus d&egrave;s l&rsquo;&eacute;veil de notre conscience, dans cette ville malodorante, sale et d&eacute;braill&eacute;e. Et pour nous d&eacute;fendre, pour nous venger, nous m&eacute;prisions, nous ricanions&hellip;.entre nous&nbsp;; esp&eacute;rant &ecirc;tre craints autant que nous craignions&nbsp;&raquo; (Memmi, 1953).<\/p>\n<p>\n\t\tAdrien Salmieri parle d&#39;une sorte de &quot;fracture&quot; au sein de la colonie italienne, entre une minorit&eacute; d&rsquo;enseignants, de notables, d&rsquo;artisans et de commer&ccedil;ants gravitant autour du consulat d&rsquo;Italie et de l&rsquo;association culturelle Dante &#8211; qui se revendique italienne &agrave; part enti&egrave;re &#8211; et une masse populaire multiforme, souvent aux identit&eacute;s fragiles, d&eacute;racin&eacute;e et sans rep&egrave;res, candidate potentielle &agrave; la naturalisation fran&ccedil;aise, car elle trouve au sein de la nation du protecteur les moyens pour satisfaire les besoins quotidiens qui lui sont ni&eacute;s (Salmieri, 2001).<\/p>\n<p>\n\t\tMais contrairement &agrave; la masse d&rsquo;ouvriers non qualifi&eacute;s et de travailleurs prol&eacute;taires tous secteurs confondus, les quelques Italiens qui b&eacute;n&eacute;ficient d&rsquo;une situation &eacute;conomique plus ais&eacute;e, sont &agrave; la t&ecirc;te des r&eacute;seaux associatif, scolaire, hospitalier et bancaire italiens cr&eacute;es en Tunisie d&egrave;s la fin du 19e&nbsp;si&egrave;cle. Ma&icirc;trisant l&rsquo;italien litt&eacute;raire, ils aiment affecter leur diff&eacute;rence par rapport &agrave; leurs compatriotes, tr&egrave;s souvent analphab&egrave;tes.<\/p>\n<p>\n\t\tCette minorit&eacute; italienne de bourgeois, domin&eacute;e par un clan de notables parmi lesquels on d&eacute;compte de nombreux&nbsp;Grana, parvient &agrave; mener aupr&egrave;s de ses compatriotes plus d&eacute;munis, une campagne civilisatrice parall&egrave;le &agrave; celle du colonisateur fran&ccedil;ais (Salmieri, 2001).&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t&laquo; Les Livournais, patriotes nationalistes, uniques et vrais gestionnaires de la colonie, vont tirer vers l&rsquo;italianisation les grandes masses d&rsquo;immigr&eacute;s siciliens parfaitement &eacute;trangers sinon hostiles &agrave; ce qui est italien, et qui, en terre d&rsquo;Afrique se sont naturalis&eacute;s italiens&nbsp;&raquo;&nbsp;(Salmieri, 2001).<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Finalement Memmi a bien raison de souligner que la condition des Italiens est en quelque sorte &agrave; mi-chemin entre &laquo;&nbsp;colonisateur&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;colonis&eacute;&nbsp;&raquo;. Il clarifie ce concept dans le passage suivant&nbsp;:&nbsp;&laquo;&nbsp;loin d&rsquo;&ecirc;tre refus&eacute;s par le colonisateur, ce sont eux qui h&eacute;sitent entre l&rsquo;assimilation et la fid&eacute;lit&eacute; &agrave; leur patrie [&hellip;] Ne b&eacute;n&eacute;ficiant de la colonisation que par emprunt, par leur cousinage avec le colonisateur, les Italiens sont bien moins &eacute;loign&eacute;s des colonis&eacute;s que ne le sont les Fran&ccedil;ais&nbsp;&raquo;&nbsp;(Memmi, 1956).<\/p>\n<p>\n\t\tCette position interm&eacute;diaire et ambivalente leur est d&rsquo;ailleurs inconfortable. Les Italiens vivent un sentiment de pr&eacute;carit&eacute;, voire d&#39;anxi&eacute;t&eacute;, surtout face &agrave; des conjonctures politiques qui &eacute;chappent &agrave; leur contr&ocirc;le. Ainsi, par exemple, suite &agrave; l&rsquo;invasion italienne de la Libye en 1911, des Italiens vivant dans la M&eacute;dina de Tunis sont assassin&eacute;s pendant des jours d&rsquo;&eacute;meutes anti-italiennes. Dans&nbsp;Le Pharaon&nbsp;de Memmi, un roman situ&eacute; dans les ann&eacute;es 1950, juste avant l&rsquo;ind&eacute;pendance de la Tunisie, des personnages implorent leurs bourreaux avant que ceux-ci ne les &eacute;gorgent:&laquo;&nbsp;nous sommes Italiens nous vous n&rsquo;avons rien fait&nbsp;!&nbsp;&raquo;&nbsp;(Memmi, 1981).<\/p>\n<p>\n\t\tDans le dilemme entre la fid&eacute;lit&eacute; &agrave; la nation italienne, qui leur appara&icirc;t souvent distante, et l&rsquo;assimilation fran&ccedil;aise, impos&eacute;e par le colonialisme, l&rsquo;Italo-tunisien se retrouve partag&eacute; entre le courant nationaliste des siens qui le pousse vers un patriotisme intransigeant, voire &agrave; la gallophobie, et le protecteur fran&ccedil;ais qui veut imposer son influence dans le pays, tout en essayant d&rsquo;accro&icirc;tre sa pr&eacute;sence d&eacute;mographique par une politique d&rsquo;encouragement &agrave; la naturalisation de tous les Europ&eacute;ens de Tunisie.<\/p>\n<p>\n\t\tSi la colonie italienne de Tunisie se caract&eacute;rise par l&rsquo;hybridit&eacute; des apports identitaires, elle subit plus particuli&egrave;rement l&#39;influence de la culture fran&ccedil;aise qui est per&ccedil;ue comme &eacute;tant en comp&eacute;tition avec l&#39;italianit&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t\tLes membre de la colonie, d&eacute;clare le r&eacute;alisateur italo-tunisien Bivona, ont souvent recours &agrave; un langage qui est&nbsp;&laquo;&nbsp;la somme de toutes les langues&nbsp;&raquo;.&nbsp;Expression linguistique h&eacute;t&eacute;roclite, ce parler sicilien local qui multiplie les emprunts &agrave; l&rsquo;arabe populaire, est la langue maternelle d&#39;une bonne partie de la communaut&eacute; et constitue un jargon familial parl&eacute; dans les lieux publics o&ugrave;&nbsp;&laquo;&nbsp;chacun parle &agrave; sa fa&ccedil;on et tout le monde se comprend&nbsp;&raquo;&nbsp;(Bivona, 1998).<\/p>\n<p>\n\t\tMais il est &eacute;vident que de nombreux artistes et intellectuels italiens optent pour le fran&ccedil;ais&nbsp;; c&rsquo;est le cas du po&egrave;te Mario Scalesi qui &eacute;crit&nbsp;:&nbsp;&laquo;&nbsp;c&rsquo;est elle [la langue fran&ccedil;aise] qui donnera aux races peuplant ce pays leur unit&eacute; intellectuelle, car c&rsquo;est en elle seule que leurs mentalit&eacute;s diverses pourront fusionner&nbsp;&raquo;&nbsp;(Scalesi, 1918). Salmieri nous explique comment son message italien de langue fran&ccedil;aise est plus &laquo;&nbsp;universel&nbsp;&raquo;; ainsi l&#39;auteur&nbsp;&laquo;&nbsp;aura plus de chances d&rsquo;&ecirc;tre entendu que s&rsquo;il &eacute;crivait en italien ou en calabrais, et c&rsquo;est cela qui constitue une mutilation bien que potentielle [&hellip;] le choix du fran&ccedil;ais, pour paradoxal que cela puisse sembler, se pr&eacute;sente comme un moyen de sauvetage de la langue et de la culture d&rsquo;origine &raquo;&nbsp;face &agrave;&nbsp;&laquo;&nbsp;une perte effrayante de l&rsquo;identit&eacute; linguistique mais encore de celle culturelle&nbsp;: de l&rsquo;identit&eacute; tout court&nbsp;&raquo;&nbsp;(Salmieri, 1993).<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Dans les ann&eacute;es 1930 Giovanni Wian, un nationaliste engag&eacute; dans la d&eacute;fense de l&rsquo;identit&eacute; italienne face &agrave; l&rsquo;acculturation fran&ccedil;aise, d&eacute;plore l&rsquo;excessive diffusion du fran&ccedil;ais parmi les ressortissants italiens de Tunisie &ndash; tout comme au Moyen Age, lorsque le po&egrave;te Sordello &eacute;crivait en proven&ccedil;al, rappelle-t-il &#8211; qui ignorent leur propre langue car ils fr&eacute;quentent souvent les &eacute;coles fran&ccedil;aises&nbsp;:&nbsp;&laquo;&nbsp;la majorit&eacute; de nos travailleurs de Tunisie ne conna&icirc;t pas l&rsquo;italien ou le parle mal&nbsp;&raquo;&nbsp;(Wian,1937). Il fait remarquer par ailleurs que les Italiens veulent se distinguer en parlant le fran&ccedil;ais qu&#39;ils d&eacute;forment par leur mauvaise prononciation.<\/p>\n<p>\n\t\tEt encore&nbsp;:&nbsp;&laquo;&nbsp;partout [&hellip;] ils ne parleront que le fran&ccedil;ais, l&rsquo;unique langue qu&rsquo;ils connaissent correctement [&hellip;] par cons&eacute;quent m&ecirc;me si Italiens et de sentiments patriotiques ils seront un instrument de propagande aupr&egrave;s de leurs compatriotes du moins pour la langue fran&ccedil;aise. Dans combien de cas cela est la premi&egrave;re condition pour les naturalisations&nbsp;!&nbsp;&raquo;&nbsp;(Wian, 1937). N&eacute;anmoins il faut rappeler les efforts de nombreux Italiens de Tunis qui ont &eacute;crit leur &oelig;uvre en italien.<\/p>\n<p>\n\t\tC&rsquo;est le cas de Francesco Cucca, autodidacte d&rsquo;origine sarde, auteur d&rsquo;un roman et d&rsquo;autres &eacute;crits &eacute;pars.<\/p>\n<p>\n\t\tDans un article consacr&eacute; aux Italiens de Tunisie Laura Dav&igrave; raconte&nbsp;:&nbsp;&laquo;&nbsp;un jour, un ami tunisien m&rsquo;a dit que sa grand-m&egrave;re, qui habitait Bizerte pr&egrave;s du quartier italien, n&rsquo;aurait jamais cru qu&rsquo;une intellectuelle comme moi p&ucirc;t &ecirc;tre italienne [&hellip;] D&rsquo;apr&egrave;s elle, tous les Italiens &eacute;taient des m&eacute;caniciens ou des&nbsp;p&ecirc;cheurs&nbsp;&raquo;&nbsp;(2000).<\/p>\n<p>\n\t\tLes Italiens de Tunisie correspondent &agrave; un imaginaire populaire qui les voit dans les aspects les plus caricaturaux et en g&eacute;n&eacute;ral dans une dimension &laquo;&nbsp;prol&eacute;taire&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\tLe po&egrave;te tunisien Majid El Houssi (1941-2008), italien d&rsquo;adoption, a voulu en quelque sorte d&eacute;mentir les &laquo;&nbsp;calomnies&nbsp;&raquo; dont auraient &eacute;t&eacute; victimes les Italiens en Tunisie. Dans son roman&nbsp;Une Journ&eacute;e &agrave; Palerme&nbsp;(2004), qui est finalement un hymne &agrave; la culture sicilienne, il &eacute;crit&nbsp;:<\/p>\n<p>\n\t\t&laquo;&nbsp;[&hellip;] tout mon avenir pouvait &ecirc;tre d&eacute;vi&eacute; ou ax&eacute; d&rsquo;une mani&egrave;re inattendue sur un pays si proche, voisin presque, l&rsquo;Italie. Un pays que nous avons tous, &agrave; cause du colonialisme, confondu avec quelque chose d&rsquo;autre, oubli&eacute; ou tout simplement ignor&eacute;, comme on ignore la petite phrase unie qui traverse le gros brouhaha des mara&icirc;chers, le ronflement des voitures&hellip; Une si grande langue, une culture si vaste, une histoire que nous partageons depuis Rome&hellip; &eacute;taient ainsi mises entre parenth&egrave;ses &agrave; cause du dominant fran&ccedil;ais mais pas exclues du c&oelig;ur du promeneur&nbsp;&raquo;&nbsp;(El Houssi, 2004).<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;&nbsp;<\/p>\n<div>\n<div id=\"edn17\">\n<p>\n\t\t\t\tAlessio Loreti&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t<a aise=\"\" en=\"\" href=\"http:\/\/tunisiaca.over-blog.com\/article-regards-sur-l-ancienne-colonie-italienne-de-tunisie-99650196.html\" italienne=\"\" sl-processed=\"1\" title=\"La \" tunisie=\"\">LA &quot;COLONIE&quot; ITALIENNE EN TUNISIE FRAN&Ccedil;AISE (1881-1956)<\/a><\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LA &quot;COLONIE&quot; ITALIENNE EN TUNISIE FRAN&Ccedil;AISE (1881-1956) &nbsp; Jusqu&rsquo;au milieu du XIX&egrave;mesi&egrave;cle la colonie italienne de Tunisie est constitu&eacute;e de riches marchands juifs toscans ainsi que d&rsquo;Italiens captur&eacute;s lors d&rsquo;op&eacute;rations de corsaires tunisiens &agrave; travers la M&eacute;diterran&eacute;e .&nbsp;&nbsp; Entre 1815 et 1861, la collectivit&eacute; italienne est compos&eacute;e de quelques milliers d&rsquo;activistes politiques, francs-ma&ccedil;ons, intellectuels, en&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":19307,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[188,10,17,13,9,1],"tags":[],"class_list":["post-9647","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-albert-memmi","category-france","category-souvenirs","category-tunis","category-tunisie","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9647","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9647"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9647\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/19307"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9647"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9647"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9647"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}