{"id":971,"date":"2016-02-05T15:10:40","date_gmt":"2016-02-05T15:10:40","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=971"},"modified":"2016-02-07T22:14:36","modified_gmt":"2016-02-07T22:14:36","slug":"grenade-punica-granatum-par-monique-zetlaoui","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/grenade-punica-granatum-par-monique-zetlaoui\/","title":{"rendered":"Grenade. Punica Granatum, par Monique Zetlaoui"},"content":{"rendered":"<p>\n\tGrenade. Punica Granatum<\/p>\n<h2>\n\t<em>Que tu es belle, mon amie, que tu es belle&nbsp;!<\/em><\/h2>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong><em>Ta joue est comme une moiti&eacute; de grenade, derri&egrave;re ton voile. (Cantique des Cantiques)<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n\tGrenade. Punica Granatum<\/p>\n<h2>\n\t<em>Que tu es belle, mon amie, que tu es belle&nbsp;!<\/em><\/h2>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong><em>Ta joue est comme une moiti&eacute; de grenade, derri&egrave;re ton voile. (Cantique des Cantiques)<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Nul n&rsquo;est rest&eacute; insensible &agrave; ta beaut&eacute; si particuli&egrave;re. Peut-&ecirc;tre m&ecirc;me ont-ils eu un peu&nbsp; peur de toi, les hommes. Toi, si charmeuse, si ensorceleuse, si flamboyante. Gain&eacute;e dans ta robe grenat qui laissait deviner des formes g&eacute;n&eacute;reuses, ils n&rsquo;avaient qu&rsquo;un d&eacute;sir, te d&eacute;shabiller et t&rsquo;avoir l&agrave;, de suite, nue au bout de leurs doigts. Provocante, tu l&rsquo;&eacute;tais, allumeuse aussi, mais ils s&rsquo;apercevaient vite que tu ne te donnais pas si facilement. Il en fallait du temps, de la persuasion, de l&rsquo;habilit&eacute; pour te l&rsquo;&ocirc;ter cette robe. Et, une fois tomb&eacute;e ta somptueuse toilette, tu cachais pudiquement tes perles rubis, couleur de sang et de vie derri&egrave;re un, fin, soyeux, virginal voile blanc.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Aguicheuse et timide, s&eacute;ductrice et effarouch&eacute;e, tu ne pouvais que les rendre fous de d&eacute;sir. Tu &eacute;tais si belle, si surprenante, si sensuelle, croquante et juteuse. Chacune de tes graines r&eacute;v&eacute;lait une nouvelle sensation, un nouveau plaisir. Alors, ils ont eut peur de la violence de leur propre d&eacute;sir et de toi, tentatrice en diable. Ils t&rsquo;ont fait entrer en religion, t&rsquo;ont par&eacute;e de mille vertus, t&rsquo;ont offerte aux dieux pour, pour ne plus avoir le droit de te d&eacute;sirer. Bien s&ucirc;r, ils go&ucirc;taient ton jus, savouraient tes graines, mais tu avais&nbsp; acquis un statut particulier, tu &eacute;tais devenu sacr&eacute;e. Perses, Babyloniens, Egyptiens, H&eacute;breux, Arabes, ils n&rsquo;ont cess&eacute; de chanter ta beaut&eacute; tellement charnelle, tellement &eacute;rotique et t&rsquo;ont choisi comme embl&egrave;me dans les temples et autres demeures divines.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Tu es apparue par une belle journ&eacute;e d&rsquo;automne entre l&rsquo;Iran et l&rsquo;Afghanistan. Ta beaut&eacute; &eacute;clatante avait la couleur &nbsp;du feu et, tu portais d&eacute;j&agrave; un charmant et minuscule diad&egrave;me, tu es n&eacute;e couronn&eacute;e. Les hommes admiratifs et &eacute;blouis t&rsquo;ont appel&eacute; <em>Anar<\/em>. Qui a choisi ton nom&nbsp;? Pourquoi t&rsquo;a-t-on baptis&eacute;e ainsi&nbsp;? Linguistes et grammairiens se sont lanc&eacute;s dans de savantes explications. Les uns disant qu&rsquo;ayant la m&ecirc;me couleur que les m&eacute;taux oxyd&eacute;s, ton nom persan viendrait de&nbsp; l&agrave;, d&rsquo;autres affirmant que le mot arabe <em>nar<\/em> qui d&eacute;signe le feu, fait r&eacute;f&eacute;rence &agrave; ta couleur. <em>Golnar,<\/em> fleur de grenade, en Perse, toutes les jeunes filles qui portent ce pr&eacute;nom esp&egrave;rent s&rsquo;approprier un peu de ta beaut&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp; Ta peau a la couleur chaude et incandescente du feu, cette flamme qui deviendra le symbole du zoroastrisme, antique religion de la Perse. Tu deviens incontournable pour les adeptes de Zarathoustra. Certains rituels ne peuvent se d&eacute;rouler sans toi, pr&ecirc;tresse purificatrice. Tu d&eacute;barrasses le corps des souillures dans toutes les c&eacute;r&eacute;monies. Des mill&eacute;naires plus tard, les chercheurs reconna&icirc;tront tes vertus anti-oxydantes et ta capacit&eacute; &agrave; dissoudre les graisses dans les art&egrave;res. Oui, tu purifies le corps, oui tu le d&eacute;sintoxiques en le d&eacute;barrassant de toutes ses impuret&eacute;s.&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp; Tu es reine &agrave; la table de <em>Nowroz,<\/em> le nouvel an persan. Aum&ocirc;ni&egrave;re garnie d&rsquo;une multitude de rubis, tu symbolises la f&eacute;condit&eacute; et la prosp&eacute;rit&eacute;. Toujours vert, l&rsquo;arbre qui te porte est&nbsp; l&rsquo;embl&egrave;me de la cr&eacute;ation v&eacute;g&eacute;tale. A la cour de Pers&eacute;polis, lorsqu&rsquo;en rangs altern&eacute;s, M&egrave;des et Perses d&eacute;filaient devant les souverains ach&eacute;m&eacute;nides, tu &eacute;tais &agrave; leurs mains en bourgeons, en fleurs en fruits. Les soldats attribuaient &agrave; tes grains le pouvoir de les rendre invincibles sur les champs de bataille.&nbsp; Sans doutes apr&egrave;s les solennit&eacute;s se d&eacute;salt&eacute;raient-ils de ton nectar vermeil et se r&eacute;galaient-ils d&rsquo;un somptueux <em>fesenjan<a href=\"\/\/\/C:\/Users\/jaco\/AppData\/Local\/Microsoft\/Windows\/Temporary%20Internet%20Files\/Content.IE5\/6HUJKA3B\/Saveurs65.doc#_ftn1\" name=\"_ftnref1\" title=\"\"><strong>[1]<\/strong><\/a><\/em>. Une l&eacute;gende perse raconte l&rsquo;amour &eacute;perdu que Farhad voue &agrave; la belle Shirin, &eacute;pouse du roi Khosr&ocirc;. On l&rsquo;exila pour sa transgression dans des montagnes arides en lui promettant la main de Shirin s&rsquo;il parvenait &agrave; trouver de l&rsquo;eau. Apr&egrave;s plusieurs ann&eacute;es de recherches infructueuses, ayant d&eacute;j&agrave;&nbsp; sond&eacute; plus de la moiti&eacute; de la montagne, il finit par localiser une source. Le roi lui fit dire que c&rsquo;&eacute;tait trop tard, Shirin &eacute;tait morte. Fou de douleur, Farhad, lance sa hache,&nbsp; faite de bois grenadier, embrasse le sol et rend l&rsquo;&acirc;me. A l&rsquo;endroit o&ugrave; la cogn&eacute;e atterrit,&nbsp; jaillit un grenadier miraculeux et ses fruits devinrent des rem&egrave;des contre toutes les maladies. Bien s&ucirc;r, Shirin n&rsquo;&eacute;tait pas morte&nbsp; et pleura toutes les larmes de son corps en apprenant la triste nouvelle.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Rassur&eacute;e sur l&rsquo;amour que te portait l&rsquo;homme qui avait fait de toi sa reine, dans le sacr&eacute; comme dans le profane, en religion comme en cuisine, tu t&rsquo;es livr&eacute;e, offerte sans restriction. Il a savour&eacute; ton jus jusqu&rsquo;&agrave; sati&eacute;t&eacute; et, celui&nbsp; pourpre de ta robe, colorera de somptueux tapis. Toujours en Iran &agrave; une p&eacute;riode relativement r&eacute;cente de coquins et malicieux petits gar&ccedil;ons chipaient le tabac &agrave; leurs parents pour en bourrer ta fleur en forme de pipe et fumaient en en tapinois se prenant pour des hommes.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Tu fus convoit&eacute;e par d&rsquo;autres peuples, d&rsquo;autres hommes. La multitude de tes grains, leur couleur sang et vie devint pour tous, un symbole de prosp&eacute;rit&eacute;, de sant&eacute;, d&rsquo;immortalit&eacute;.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Tu arrives en M&eacute;sopotamie.&nbsp; Babylone te baptise <em>nuarmu, n&ucirc;rmu(lurintu)<\/em> en akkadien qui donnera <em>armunta<\/em> en assyrien moderne( dialecte oriental, <em>romuno<\/em> en assyrien moderne dialecte occidental ) Tu plantes tes racines entre le Tigre et l&rsquo;Euphrate et tu es mentionn&eacute;e sur les tablettes cun&eacute;iformes. On a coutume de dire que l&rsquo;ancienne Chald&eacute;e avait le c&egrave;dre et que la M&eacute;sopotamie s&rsquo;enorgueillissait de ses grenades. Tu entres par la voie royale dans les fameux jardins suspendus de Babylone.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Tu fais ta premi&egrave;re escale dans le monde m&eacute;diterran&eacute;en en Egypte &agrave; l&rsquo;&eacute;poque du Moyen &ndash;Empire (-2003 &agrave; &ndash;1786.) Qui t&rsquo;y am&egrave;ne&nbsp;? Arch&eacute;ologues et botanistes ne le savent toujours pas, des commer&ccedil;ants, une arm&eacute;e&nbsp;? Peu importe, d&rsquo;ailleurs ils n&rsquo;ont m&ecirc;me pas imagin&eacute; un instant que tu ais pu prendre la route seule, que tu ais senti l&rsquo;appel des rivages m&eacute;diterran&eacute;ens, ces contours ourl&eacute;s de plantes odorif&eacute;rantes, sertis de bleu et de vagues mousseuses.&nbsp;&nbsp; D&rsquo;embl&eacute;e, tes formes, ta saveur, tes fleurs&nbsp; fascinent les Egyptiens. Les jardiniers t&rsquo;installent dans les vergers et les jardins royaux.. Les artistes ne sont pas insensibles &agrave; ta beaut&eacute;, ils te reproduisent en or, en argent, sertie des pierres les plus pr&eacute;cieuses comme pour concurrencer la nature qui t&rsquo;a dot&eacute;e de centaines de rubis.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp; La&nbsp; premi&egrave;re mention du grenadier en Egypte appara&icirc;t sur&nbsp; la tombe d&rsquo;Ineni. A la demande de son souverain Thutmose I, Ineni &eacute;tait charg&eacute; de r&eacute;pertorier toutes les esp&egrave;ces plant&eacute;es dans le royaume.&nbsp; Puis on retrouve tes traces dans la tombe de Djehuty, serviteur de la reine Hatshepsout, tu&nbsp; faisais partie des offrandes de nourriture qui accompagnait le d&eacute;funt dans le dernier voyage, derni&egrave;re gourmandise du pays des vivants &agrave; laquelle il refuse de renoncer.&nbsp; Toujours en Egypte, dans la chambre, connue aujourd&rsquo;hui, sous l&rsquo;appellation de <em>galerie botanique<\/em>,&nbsp; &agrave; Karnak, alors d&rsquo;autres dessins d&rsquo;arbres n&rsquo;ont pas r&eacute;sist&eacute; &agrave; l&rsquo;outrage du temps, le grenadier se reconna&icirc;t ais&eacute;ment par ses fleurs rouges. La plus belle pi&egrave;ce artisanale en forme de grenade est, en sans conteste, ce vase enfoui dans la pyramide qui abritait le corps de&nbsp; sur Toutankhamon. Un artiste anonyme offrit ainsi pour l&rsquo;&eacute;ternit&eacute; &agrave; son souverain la forme d&rsquo;un des plus beaux fruits de la nature et le savoir-faire de l&rsquo;homme.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En Gr&egrave;ce, dans l&rsquo;Olympe, d&eacute;esses et dieux savent qu&rsquo;il est impossible de te r&eacute;sister. Lorsque avec la complicit&eacute; de Zeus, Had&egrave;s enl&egrave;ve la belle Pers&eacute;phone, sa m&egrave;re D&eacute;m&eacute;ter, folle de douleur, cesse de faire fructifier la terre. Zeus, inquiet du sort des mortels finit par c&eacute;der et envoie Herm&egrave;s ramener Pers&eacute;phone &agrave; sa m&egrave;re &agrave; la seule condition que durant son s&eacute;jour aux Enfers, elle n&rsquo;ait rien absorb&eacute;. En guise de cadeau d&rsquo;adieux, le rus&eacute; Had&egrave;s, lui offre une grenade, se doutant bien, qu&rsquo;il &eacute;tait impossible de r&eacute;sister &agrave; la succulence de tes perles incarnates. C&rsquo;est bien ce qu&rsquo;il advint, pour sept graines brillantes et charnues, Pers&eacute;phone fut condamn&eacute;e &agrave; passer plus de la moiti&eacute; de l&rsquo;ann&eacute;e sous terre, ne restant avec sa m&egrave;re qu&rsquo;entre semailles et moissons.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les Ph&eacute;niciens, excellents agriculteurs, grands amateurs de tes saveurs et&nbsp; intr&eacute;pides navigateurs t&rsquo;embarquent &agrave; bord de leurs navires et te font d&eacute;couvrir un autre littoral. A bord, avec les marins, une femme, la belle Elyssa-Didon On raconte que c&rsquo;est elle, gourmande de toi,&nbsp; qui aurait insist&eacute; pour que tu fasses&nbsp; partie du voyage. Au gr&eacute; de leurs cabotages, ils aper&ccedil;oivent une anse bleu, aux deux extr&eacute;mit&eacute;s, deux pointes rocheuses, sentinelles qui veillent&nbsp; et prot&egrave;gent cette nacelle azur au fond soyeux et poissonneux. Les navires ph&eacute;niciens jettent l&rsquo;ancre, ils viennent de d&eacute;couvrir, le golfe en forme de&nbsp; berceau c&eacute;rul&eacute;en de leur nouvelle colonie et fondent&nbsp; &nbsp;Qar Hadassht,&nbsp; (Ville Nouvelle en ph&eacute;nicien, Carthage ) Didon en devient la reine, elle fait pousser dans les vergers son fruit favori. En revenant de la guerre de Troie, En&eacute;e s&rsquo;arr&ecirc;te &agrave; Carthage et cueille une grenade qu&rsquo;il offre &agrave; la belle reine ph&eacute;nicienne. Ensemble, ils te d&eacute;gustent et tombent &eacute;perdument l&rsquo;un de l&rsquo;autre. Mais en d&eacute;pit de l&rsquo;amour fou que lui porte Didon, En&eacute;e ob&eacute;it &agrave; l&rsquo;ordre de Jupiter, et quitte&nbsp; Carthage pour s&rsquo;&eacute;tablir au Latium. De d&eacute;sespoir, la jeune reine se suicide, avec l&rsquo;&eacute;p&eacute;e que lui avait offerte En&eacute;e&nbsp;:&nbsp;&laquo;&nbsp;<a href=\"\/\/\/C:\/Users\/jaco\/AppData\/Local\/Microsoft\/Windows\/Temporary%20Internet%20Files\/Content.IE5\/6HUJKA3B\/Saveurs65.doc#_ftn2\" name=\"_ftnref2\" title=\"\"><strong>[2]<\/strong><\/a><em>Elle parlait encore lorsque ses compagnes voient la malheureuse tomber sous le fer, le sang &eacute;cumer sur l&rsquo;&eacute;p&eacute;e et se r&eacute;pandre sur ses mains. Une clameur s&rsquo;&eacute;l&egrave;ve sous les plafonds du palais&nbsp;; la Renomm&eacute;e semblable &agrave; une Bacchante se d&eacute;cha&icirc;ne dans la ville effar&eacute;e. Les maisons r&eacute;sonnent des lamentations, des g&eacute;missements et du cri per&ccedil;ant des femmes. L&rsquo;air retentit d&rsquo;immenses clameurs comme si les ennemis dans une violente charge envahissaient tout Carthage et l&rsquo;antique Tyr et que les flammes furieuses d&eacute;ferlent sur les toits des hommes et des dieux.<\/em>&nbsp;&raquo;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ce lieu t&rsquo;ouvre les bras, fid&egrave;le &agrave; sa r&eacute;putation d&rsquo;hospitalit&eacute;. Le coup de foudre est r&eacute;ciproque. Tu vas l&rsquo;aimer passionn&eacute;ment cette terre, tu vas t&rsquo;y &eacute;panouir avec un tel bonheur, en prendre l&rsquo;accent et le mode de vie au point&nbsp; que plus tard, les Romains persuad&eacute;s que, c&rsquo;est ta terre natale te&nbsp; nomment <em>malum punica, <\/em>la pomme punique ou ph&eacute;nicienne<em>.&nbsp; <\/em>Carthage,&nbsp; est leur march&eacute; de pr&eacute;dilection, ils&nbsp; s&rsquo;y approvisionnent r&eacute;guli&egrave;rement. La description de l&rsquo;agriculture carthaginoise que nous laisse Pline l&rsquo;Ancien est &eacute;loquente&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>A l&rsquo;ombre du fier palmier pousse l&rsquo;olivier, sous l&rsquo;olivier le figuier, sous le figuier le grenadier, sous ce dernier la vigne, sous la vigne le bl&eacute;, puis les l&eacute;gumineuses, enfin les salades&nbsp;: tout cela la m&ecirc;me ann&eacute;e et toutes ces plantes sont nourries les unes &agrave; l&rsquo;ombre des autres.<\/em>&nbsp;&raquo;&nbsp;&nbsp; Il existait neuf&nbsp; vari&eacute;t&eacute;s de grenades dans&nbsp; le bassin m&eacute;diterran&eacute;en,&nbsp; selon Pline, distingu&eacute;es par leur degr&eacute; d&rsquo;acidit&eacute; et l&rsquo;on pratiquait des fa&ccedil;ons culturales propres &agrave; les adoucir. L&rsquo;auteur de la monumentale Histoire Naturelle&nbsp; &eacute;voque aussi le b&eacute;n&eacute;fice des pluies tardives sur certaines plantes dont la grenade&nbsp;: &laquo;&nbsp;<a href=\"\/\/\/C:\/Users\/jaco\/AppData\/Local\/Microsoft\/Windows\/Temporary%20Internet%20Files\/Content.IE5\/6HUJKA3B\/Saveurs65.doc#_ftn3\" name=\"_ftnref3\" title=\"\"><strong>[3]<\/strong><\/a><em>Les arbres tardifs, et qui ont besoin d&rsquo;une alimentation prolong&eacute;e, re&ccedil;oivent aussi un b&eacute;n&eacute;fice des pluies tardives&nbsp;; tels sont la vigne, l&rsquo;olivier et le grenadier<\/em>&nbsp;&raquo; Si les meilleurs grenades &eacute;taient import&eacute;es de Ph&eacute;nicie et de Carthage, les Romains grands amateurs de ce fruit se lancent &agrave; leur tour dans sa culture et Columelle<a href=\"\/\/\/C:\/Users\/jaco\/AppData\/Local\/Microsoft\/Windows\/Temporary%20Internet%20Files\/Content.IE5\/6HUJKA3B\/Saveurs65.doc#_ftn4\" name=\"_ftnref4\" title=\"\"><strong>[4]<\/strong><\/a> donne aux agriculteurs de pr&eacute;cieux conseils pour obtenir des beaux fruits.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ils n&rsquo;avaient qu&rsquo;un Dieu, Ils&nbsp; leur donna 613 commandements et leur promit une terre b&eacute;nie par sept fruits.&nbsp; Tu &eacute;tais la plus belle, la plus exquise, la plus prometteuse de vie, d&rsquo;espoir, de lendemains qui chantent. C&rsquo;est de Tyr que Salomon fit venir Hiram, capable d&rsquo;ex&eacute;cuter tout travail de bronze. Et toi, par l&rsquo;adresse et l&rsquo;habilit&eacute; d&rsquo;un Tyrien, sans doute amateur&nbsp; comme tant de Ph&eacute;niciens de tes pulpeuses graines et de ta&nbsp; sculpturale beaut&eacute;, te voil&agrave;&nbsp; reproduite en deux cents exemplaires&nbsp;:&nbsp;&laquo; <a href=\"\/\/\/C:\/Users\/jaco\/AppData\/Local\/Microsoft\/Windows\/Temporary%20Internet%20Files\/Content.IE5\/6HUJKA3B\/Saveurs65.doc#_ftn5\" name=\"_ftnref5\" title=\"\"><strong>[5]<\/strong><\/a><em>Il fit les grenades&nbsp;: il y en avait deux rang&eacute;es autour de chaque treillis, et de m&ecirc;me&nbsp; l&rsquo;autre chapiteau&hellip; appliqu&eacute;es contre le noyau qui &eacute;tait derri&egrave;re le treillis, il y avait deux cents grenades autour d&rsquo;un chapiteau<\/em>&nbsp;&raquo;&nbsp;&nbsp; Tu &eacute;tais digne d&rsquo;enter avec les pr&ecirc;tres dans les tabernacles&nbsp;: <em>&laquo;&nbsp;<a href=\"\/\/\/C:\/Users\/jaco\/AppData\/Local\/Microsoft\/Windows\/Temporary%20Internet%20Files\/Content.IE5\/6HUJKA3B\/Saveurs65.doc#_ftn6\" name=\"_ftnref6\" title=\"\"><strong>[6]<\/strong><\/a>Et l&rsquo;on fit des clochettes d&rsquo;or pur, et l&rsquo;on entrem&ecirc;la les clochettes aux grenades, au bas de la robe, tout autour, entre les grenades, une clochette, puis une grenade.&nbsp;&raquo;&nbsp;<\/em>Les H&eacute;breux t&rsquo;appellent <em>rimmon<\/em>. Tu &eacute;tais digne d&rsquo;&ecirc;tre un objet cultuel et te voil&agrave; reproduite en ivoire, une toute petite grenade sculpt&eacute;e dans une seule pi&egrave;ce et portant une inscription en caract&egrave;res h&eacute;bra&iuml;ques &nbsp;post-exiliques&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>Appartenant au Temple de Yavh&eacute;, sacr&eacute; aux yeux des pr&ecirc;tres&nbsp;<\/em>&raquo; Ton nom devient aussi celui des tiares qui couronnent la Thora, les <em>rimonim.<\/em> Rabbins mais non moins hommes, ils sont eux aussi &eacute;merveill&eacute;s, troubl&eacute;s par la belle s&eacute;ductrice que tu es, alors, pour se prot&eacute;ger,&nbsp; ils d&eacute;cr&eacute;t&egrave;rent que tu poss&eacute;dais 613 graines, m&ecirc;me nombre que celui des injonctions divines. Ils&nbsp; t&rsquo;inventent des valeurs sacr&eacute;es pour ne pas succomber au charme de la femme. Tu es sur la table, le soir du nouvel an,&nbsp; <em>Rosh Hashana<\/em>, objet de b&eacute;n&eacute;dictions.&nbsp; Sanctifi&eacute;e l&rsquo;&eacute;rotique, sacralis&eacute;e, la sensuelle&nbsp;; Ce n&rsquo;est que dans le Cantique des Cantiques que tu restes l&rsquo;amoureuse, la ravissante, la d&eacute;sirable.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp; D&eacute;cid&eacute;ment ma belle, tu fascines toutes les religions, et le Coran &agrave; son tour ne t&rsquo;oublie pas. Le proph&egrave;te Mahomet pensait que la grenade &eacute;loignait les sentiments d&rsquo;envie et de haine. Tu es un des trois fruits &eacute;voqu&eacute;s dans la&nbsp; sourate&nbsp; <em>al-Anam<\/em> (1.141)&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>c&rsquo;est Lui qui a cr&eacute;e les jardins, treillag&eacute;s et non treillag&eacute;s&nbsp;; ainsi que les palmiers et la culture aux r&eacute;coltes diverses&nbsp;; de m&ecirc;me que l&rsquo;olive et la grenade, d&rsquo;esp&egrave;ces semblables et diff&eacute;rentes. Mangez de leurs fruits, quand ils en produisent&nbsp;; et acquittez-en les droits le jour de la r&eacute;colte. Et ne gaspillez point car Il n&rsquo;aime pas les gaspilleurs&nbsp;&raquo;<\/em> Le grenadier comme le palmier dattier qui r&eacute;galent les hommes sur terre sont aussi des arbres du paradis, selon la sourate Ar-Ramman. Pour les chiites, tes graines &agrave; la couleur du sang&nbsp; symbolisent les larmes du Proph&egrave;te et aussi celle de sa fille Fatima lorsqu&rsquo;elle apprit&nbsp; la mort de son fils Hussein &agrave; Kerbala. Omar ban al Khattab raconte comment&nbsp; le Proph&egrave;te confirme la pr&eacute;sence de grenadier au paradis&nbsp;:&nbsp;&laquo;&nbsp;<em>Des juifs vinrent trouver le Messager de Dieu et lui demand&egrave;rent&nbsp;: &Ouml; Mohammed, y a t-il des fruits au Paradis&nbsp;? Il leur r&eacute;pondit, certes oui, et aussi des palmiers et des grenadiers&nbsp;&raquo; <\/em>D&rsquo;autres&nbsp; hadiths &eacute;voquent tes vertus&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>mangez des grenades. Car pas une graine n&rsquo;entre dans l&rsquo;estomac sans &eacute;clairer le c&oelig;ur et faire taire Satan.&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;Il n&rsquo;est pas une&nbsp; grenade qui ne contienne une graine des grenades du Paradis. Aussi si une graine venait &agrave; tomber (pendant que vous mangez une grenade)ramassez la, car cette graine n&rsquo;entre pas dans l&rsquo;estomac d&rsquo;un musulman sans l&rsquo;&eacute;clairer pendant quarante matin&eacute;es&nbsp;&raquo;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <\/em>Pour les soufis, tes graines sont &agrave; l&rsquo;image de la multiplicit&eacute; de la Cr&eacute;ation, tu es le &laquo;&nbsp;Jardin de l&rsquo;Essence.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; S&eacute;duisante et s&eacute;ductrice, tu es aussi une femme cultiv&eacute;e et tu offres ton sang rouge pour en faire de l&rsquo;encre. Avant l&rsquo;invention de l&rsquo;imprimerie, de nombreux manuscrits sont &eacute;crits &agrave; ton encre, dont le dernier datant du XIV&deg; est conserv&eacute; au British Museum.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dehors, les hommes venaient vers toi pour &eacute;tancher leur soif, ils buvaient goul&ucirc;ment ton jus, croquaient tes graines, mais pr&egrave;s de l&rsquo;&acirc;tre, dans les cuisines les femmes se m&eacute;fiaient de toi, te jalousaient. Est-ce la tiare que tu as pos&eacute;e sur ta t&ecirc;te qui les a impressionn&eacute;s&nbsp;? Tes perles vermeilles pars&egrave;ment quelques plats, mais l&rsquo;&eacute;clat de ta beaut&eacute; les effrayent&nbsp; et c&rsquo;est avec r&eacute;ticence qu&rsquo;elles t&rsquo;admettent dans les menus. Les Perses et Ph&eacute;niciens (Libanais) familiers avec toi depuis plus longtemps osent&nbsp; t&rsquo;appr&ecirc;ter mais seulement lors de festins et de r&eacute;jouissances. Tu es d&eacute;cid&eacute;ment trop belle pour les cuisines et seule la main d&rsquo;un homme sait te d&eacute;v&ecirc;tir.<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et, il y a puis cette ville magique&nbsp; d&rsquo;Espagne qui porte ton nom. Qui l&rsquo;a baptis&eacute; ainsi&nbsp;? Une tradition raconte qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;arriv&eacute;e des Arabes, une importante colonie juive&nbsp; &eacute;tait &eacute;tablie sur les collines de l&rsquo;Abaicin.&nbsp; Les Arabes appel&egrave;rent la ville qu&rsquo;ils d&eacute;couvraient Granat-al Yahoud.&nbsp; Nous savons qu&rsquo;en arabe le nom de la grenade est <em>romann,<\/em> et que <em>malum granatum<\/em> ou <em>granatum punica<\/em> en sont les noms latins. La ville s&rsquo;&eacute;tait appel&eacute; successivement Iliberis (nom ib&eacute;rique) ou Florentia (nom latin) Sans doute, &eacute;tais-tu arriv&eacute; dans le sud de la p&eacute;ninsule ib&eacute;rique avec les Ph&eacute;niciens, mais granatum est un mot latin et nom ph&eacute;nicien. Toujours est-il que la ville devint ton homonyme et que l&rsquo;origine de cette similitude reste myst&eacute;rieuse.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tVoyage du mot<\/p>\n<p>\n\tPictograme&nbsp;; LWMN<\/p>\n<p>\n\tAkkadien&nbsp;: nuarmu,&nbsp; nurm&ucirc;, liruntu,&nbsp;&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tAram&eacute;en&nbsp;: rumn<\/p>\n<p>\n\tH&eacute;breu&nbsp;: rimm&ocirc;n<\/p>\n<p>\n\tArabe&nbsp;: r&ucirc;mman<\/p>\n<p>\n\tPortugais&nbsp;: roma<\/p>\n<p>\n\tParsi&nbsp;: anar<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<h2>\n\t<u>Recette d&rsquo;hier<\/u><\/h2>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Apicius&nbsp;;<\/strong><\/p>\n<p>\n\t<strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pour conserver les pommes et les grenades les plonger&nbsp; dans l&rsquo;eau bouillante, les retirer aussit&ocirc;t et les suspendre<\/strong><\/p>\n<p>\n\t<strong>&nbsp;Columelle et Pline proc&egrave;dent de la m&ecirc;me fa&ccedil;on, mais font ensuite s&eacute;cher les fruits au soleil. <\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Anonyme Andalous (XIII&deg; si&egrave;cle)<\/strong><\/p>\n<p>\n\t<strong>Khabisa aux grenades&nbsp;&nbsp;&nbsp; <\/strong><\/p>\n<p>\n\t<strong>Prends un <em>ratl<\/em> de sucre que tu mets dans un r&eacute;cipient de m&eacute;tal ou terre cuite, avec trois <em>ratl<\/em> de jus de grenade douce. Ajoute une demi &ucirc; <em>qiya <\/em>d&rsquo;eau de rose tr&egrave;s parfum&eacute;e. Porte &agrave; &eacute;bullition &agrave; feu doux&nbsp; jusqu&rsquo;&agrave; obtention d&rsquo;un sirop. Ajoute ensuite un <em>mudd<\/em> de semoule fine et&nbsp; laisse cuire. Ajoute &agrave; la pr&eacute;paration un quart de <em>dirham<\/em> de safran r&eacute;duit en poudre s, et trois <em>&ucirc; qiyas<\/em> d&rsquo;amandes. Transf&egrave;re-le tout&nbsp; dans un plat, saupoudre de sucre et confectionne de petites boulettes.&nbsp; <\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong><u>Recettes d&rsquo;aujourd&rsquo;hui<\/u><\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Recette iranienne&nbsp;: Fesenjan<\/strong><\/p>\n<p>\n\t<strong>Poulet ou canard aux grenades et aux noix&nbsp; <\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Ingr&eacute;dients ( pour 8 personnes)<\/strong><\/p>\n<p>\n\t<strong>Deux volailles d&eacute;coup&eacute;es sans la peau<\/strong><\/p>\n<p>\n\t<strong>350 gr de noix grossi&egrave;rement hach&eacute;es<\/strong><\/p>\n<p>\n\t<strong>1 verre de m&eacute;lasse de grenade ( dans les &eacute;piceries libanaises ou iraniennes) <\/strong><\/p>\n<p>\n\t<strong>500 gr d&rsquo;oignons<\/strong><\/p>\n<p>\n\t<strong>1 tasse de graines de grenade <\/strong><\/p>\n<p>\n\t<strong>huile sel, poivre, citron et cassonade <\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Faire revenir les morceaux de volaille dans&nbsp;&nbsp; l&rsquo;huile et&nbsp; r&eacute;server. Hacher les oignons, les faire revenir rapidement et ajouter les noix hach&eacute;es. Remuer deux minutes.<\/strong><\/p>\n<p>\n\t<strong>Ajouter le verre de m&eacute;lasse, 2 cuill&egrave;res &agrave; soupe de sucre et un demi verre d&rsquo;eau. Remettre la volaille&nbsp; avec sel et poivre et laisser mijoter.&nbsp;&nbsp; Le plat doit avoir une saveur&nbsp; douce et que lui conf&egrave;re la m&eacute;lasse de grenade. Go&ucirc;ter au cours de la cuisson et rectifier si besoin est avec&nbsp; le jus d&rsquo;un citron et une cuill&egrave;re &agrave; soupe de cassonade. Arr&ecirc;ter la cuisson lorsque le plat a un aspect caram&eacute;lis&eacute;. Parsemer de graines de grenades et servir avec du riz.&nbsp; <\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>M&eacute;lasse de grenade ( si vous n&rsquo;en trouvez pas dans le commerce)<\/strong><\/p>\n<p>\n\t<strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp; 4 verres de jus de grenade<\/strong><\/p>\n<p>\n\t<strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp; 1\/2 verre de cassonade<\/strong><\/p>\n<p>\n\t<strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp; 1\/2Vverre de jus de citron<\/strong><\/p>\n<p>\n\t<strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; M&eacute;langer les trois ingr&eacute;dients et laisser&nbsp; cuire&nbsp; &agrave; feu doux au moins une heure jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;obtention d&rsquo;un sirop assez &eacute;pais. Le liquide doit r&eacute;duire au trois quart.<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>Salade de grenade&nbsp;: <\/strong><\/p>\n<p>\n\t<strong>Ingr&eacute;dients<\/strong><\/p>\n<p>\n\t<strong>2 grenades, 2 oignons rouges, 2 salades romaines ( ou laitue mais c&rsquo;est plus savoureux avec la romaine)<\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t<strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; D&eacute;cortiquer les grenades&nbsp; au-dessus d&rsquo;un saladier,&nbsp; recueillir les graines et r&eacute;server le jus qui s&rsquo;&eacute;coule. Laver et essorer la salade, la d&eacute;couper en lani&egrave;res, &eacute;mincer les oignons. M&eacute;langer&nbsp; salade, oignons et grenades&nbsp; et arroser de vinaigrette au dernier moment.&nbsp; <\/strong><\/p>\n<p>\n\t<strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pour la vinaigrette, m&eacute;langer huile d&rsquo;olive, vinaigre de framboise et le jus de grenade recueilli, sel et poivre. <\/strong><\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div id=\"ftn1\">\n<p>\n\t\t\t<a href=\"\/\/\/C:\/Users\/jaco\/AppData\/Local\/Microsoft\/Windows\/Temporary%20Internet%20Files\/Content.IE5\/6HUJKA3B\/Saveurs65.doc#_ftnref1\" name=\"_ftn1\" title=\"\"><br clear=\"all\" \/><br \/>\n\t\t\t[1]<\/a>Fesenjan&nbsp;: plat&nbsp; &agrave; base de jus ou m&eacute;lasse de grenade, volaille et noix<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn2\">\n<p>\n\t\t\t<a href=\"\/\/\/C:\/Users\/jaco\/AppData\/Local\/Microsoft\/Windows\/Temporary%20Internet%20Files\/Content.IE5\/6HUJKA3B\/Saveurs65.doc#_ftnref2\" name=\"_ftn2\" title=\"\">[2]<\/a>Virgile, l&rsquo;En&eacute;ide, chant IV.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn3\">\n<p>\n\t\t\t<a href=\"\/\/\/C:\/Users\/jaco\/AppData\/Local\/Microsoft\/Windows\/Temporary%20Internet%20Files\/Content.IE5\/6HUJKA3B\/Saveurs65.doc#_ftnref3\" name=\"_ftn3\" title=\"\">[3]<\/a>Pline&nbsp; l&rsquo;ancien&nbsp;: Histoire Naturelle, livre XVII.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn4\">\n<p>\n\t\t\t<a href=\"\/\/\/C:\/Users\/jaco\/AppData\/Local\/Microsoft\/Windows\/Temporary%20Internet%20Files\/Content.IE5\/6HUJKA3B\/Saveurs65.doc#_ftnref4\" name=\"_ftn4\" title=\"\">[4]<\/a>Columelle&nbsp;:&nbsp; De&nbsp; l&rsquo;agriculture,&nbsp; chap XXIII, &eacute;ditions les Belles Lettres Paris 1986 ( texte traduit et comment&eacute; par&nbsp; Raoul Goujard. )<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn5\">\n<p>\n\t\t\t<a href=\"\/\/\/C:\/Users\/jaco\/AppData\/Local\/Microsoft\/Windows\/Temporary%20Internet%20Files\/Content.IE5\/6HUJKA3B\/Saveurs65.doc#_ftnref5\" name=\"_ftn5\" title=\"\">[5]<\/a>La Bible, Livre des Rois 1, chap 7, versets 18,20.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"ftn6\">\n<p>\n\t\t\t<a href=\"\/\/\/C:\/Users\/jaco\/AppData\/Local\/Microsoft\/Windows\/Temporary%20Internet%20Files\/Content.IE5\/6HUJKA3B\/Saveurs65.doc#_ftnref6\" name=\"_ftn6\" title=\"\">[6]<\/a>La Bible, l&rsquo;Exode, chap 39, verset 22<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Grenade. Punica Granatum Que tu es belle, mon amie, que tu es belle&nbsp;! &nbsp; Ta joue est comme une moiti&eacute; de grenade, derri&egrave;re ton voile. 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