{"id":9795,"date":"2014-11-23T23:44:04","date_gmt":"2014-11-23T23:44:04","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=9795"},"modified":"2014-11-23T23:44:04","modified_gmt":"2014-11-23T23:44:04","slug":"la-guerre-expliquee-a-mes-contemporains","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/la-guerre-expliquee-a-mes-contemporains\/","title":{"rendered":"La guerre expliqu\u00e9e \u00e0 mes contemporains"},"content":{"rendered":"<p>\n\tLa guerre expliqu&eacute;e &agrave; mes contemporains<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tPour Elie Barnavi, nos d&eacute;mocraties ne descendent pas de Mars<\/p>\n<div id=\"post-head\">\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"post-content-wrapper\">\n<div id=\"post-content\">\n<p>\n\t\t\t&laquo;&nbsp;L&rsquo;&Eacute;tat moderne est n&eacute; de et par la guerre, et est en train de d&eacute;sapprendre la guerre&nbsp;&raquo;&nbsp;: c&rsquo;est la premi&egrave;re des&nbsp;Dix th&egrave;ses sur la guerre, ouvrage dans lequel l&rsquo;historien &Eacute;lie Barnavi, ancien ambassadeur d&rsquo;Isra&euml;l en France, analyse un des ressorts d&eacute;cisifs de l&rsquo;histoire, les conflits arm&eacute;s. Comme il le rappelle dans sa premi&egrave;re th&egrave;se, bien avant l&rsquo;&eacute;poque contemporaine, le co&ucirc;t toujours plus &eacute;lev&eacute; des guerres a contraint les bellig&eacute;rants &agrave; cr&eacute;er des syst&egrave;mes de plus en plus sophistiqu&eacute;s de taxation et de contr&ocirc;le. Ces d&eacute;penses ont ruin&eacute; maints rois et empereurs, les obligeant &agrave; prendre des mesures extr&ecirc;mes&nbsp;&ndash; d&eacute;pouiller les pr&ecirc;teurs, qu&rsquo;ils soient juifs ou templiers&nbsp;&ndash; ou parfois &agrave; n&eacute;gocier et consentir &agrave; limiter leur pouvoir en &eacute;change d&rsquo;esp&egrave;ces sonnantes et tr&eacute;buchantes. &nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t\tIl n&rsquo;est pas inutile de rappeler que les deux grands s&eacute;ismes politiques du XVIIIe&nbsp;si&egrave;cle, les r&eacute;volutions am&eacute;ricaine et fran&ccedil;aise, ont pour cause imm&eacute;diate les imp&ocirc;ts suppl&eacute;mentaires qu&rsquo;entendaient lever les rois d&rsquo;Angleterre et de France pour payer des arm&eacute;es ou solder des dettes de guerre. Dans les deux cas, en &eacute;change de leur consentement, les contribuables ont exig&eacute; des droits politiques. Et, comme on ne les a pas &eacute;cout&eacute;s&hellip;<\/p>\n<p>\n\t\t\tCertes, on br&ucirc;le d&rsquo;envie de suivre Barnavi quand il avance que &laquo;&nbsp;la guerre n&rsquo;est pas une fatalit&eacute; humaine&nbsp;&raquo;. Mais on ne peut s&rsquo;emp&ecirc;cher de se demander en m&ecirc;me temps si les guerres ne sont pas, en quelque sorte, l&rsquo;adversit&eacute; qui nous pousse &agrave; pr&eacute;server et &agrave; d&eacute;velopper notre culture d&eacute;mocratique. Les Trente glorieuses auraient-elles &eacute;t&eacute; possibles sans la guerre de 1939-1945&nbsp;? La prosp&eacute;rit&eacute; sans pr&eacute;c&eacute;dent de la vaste classe moyenne occidentale des ann&eacute;es 1950-1990 n&rsquo;est-elle pas n&eacute;e de la n&eacute;cessit&eacute; pour les &eacute;lites &eacute;tatiques de se pr&eacute;parer &agrave; la guerre tout en r&eacute;compensant ceux qui avaient livr&eacute; la ou les pr&eacute;c&eacute;dentes&nbsp;? La th&egrave;se de Barnavi selon laquelle des d&eacute;mocraties lib&eacute;rales ne se font pas la guerre est certes prometteuse, mais, justement, nos d&eacute;mocraties lib&eacute;rales ne sont-elles pas les beaux enfants de la guerre&nbsp;? En tout cas, on aurait tort d&rsquo;oublier que leur p&eacute;rennit&eacute; s&rsquo;explique notamment par le fait qu&rsquo;elles sont plus efficaces en temps de guerre, car plus comp&eacute;titives que les dictatures pour mobiliser les ressources et les esprits.<\/p>\n<p>\n\t\t\tM&ecirc;lant l&rsquo;analyse de l&rsquo;historien &agrave; l&rsquo;exp&eacute;rience du diplomate, au v&eacute;cu du soldat et aux sentiments de l&rsquo;homme, ce livre passionnant d&rsquo;&Eacute;lie Barnavi prouve &agrave; quel point nous avons tous la guerre chevill&eacute;e au corps. S&rsquo;en d&eacute;barrasser, faire de la paix autre chose qu&rsquo;une pause exceptionnellement longue entre deux guerres, exigerait un effort plus consid&eacute;rable qu&rsquo;on ne le croit.<\/p>\n<p>\n\t\t\tL&rsquo;avenir pacifi&eacute; dont r&ecirc;vent tous les hommes de bonne volont&eacute; bute sur les obstacles anthropologiques de nos soci&eacute;t&eacute;s&nbsp;: l&rsquo;individualisme, le mat&eacute;rialisme et l&rsquo;&eacute;norme difficult&eacute; &agrave; se mobiliser derri&egrave;re l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral, quel qu&rsquo;il soit. En bons h&eacute;ritiers de Montesquieu, qui croyait aux vertus du doux commerce, on pourrait penser que l&rsquo;h&eacute;donisme de la consommation joue en faveur d&rsquo;un monde pacifi&eacute;. Sauf que justement, si on en croit le vieil adage &laquo;&nbsp; Si tu veux la paix, pr&eacute;pare la guerre&nbsp;&raquo;, ce sont les soci&eacute;t&eacute;s d&eacute;sarm&eacute;es qui sont le plus menac&eacute;es par la violence. De plus, si le nationalisme qui a ensanglant&eacute; l&rsquo;Europe est aujourd&rsquo;hui en voie de disparition, un monde o&ugrave; on tient plus &agrave; son iPad qu&rsquo;&agrave; ses id&eacute;es ou &agrave; sa patrie pourrait bien &ecirc;tre celui de la guerre de tous contre tous.<\/p>\n<p>\n\t\t\t&Eacute;lie Barnavi,&nbsp;Dix th&egrave;ses sur la guerre, Flammarion, Collection &laquo;&nbsp;Caf&eacute; Voltaire&nbsp;&raquo;, septembre 2014.<\/p>\n<p>\n\t\t\t*Image : wikimedia.<\/p>\n<p>\n\t\t\tCauseur.fr<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La guerre expliqu&eacute;e &agrave; mes contemporains &nbsp; Pour Elie Barnavi, nos d&eacute;mocraties ne descendent pas de Mars &nbsp; &laquo;&nbsp;L&rsquo;&Eacute;tat moderne est n&eacute; de et par la guerre, et est en train de d&eacute;sapprendre la guerre&nbsp;&raquo;&nbsp;: c&rsquo;est la premi&egrave;re des&nbsp;Dix th&egrave;ses sur la guerre, ouvrage dans lequel l&rsquo;historien &Eacute;lie Barnavi, ancien ambassadeur d&rsquo;Isra&euml;l en France, analyse&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":19372,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[10,23,1],"tags":[],"class_list":["post-9795","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-france","category-litterature","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9795","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9795"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9795\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media\/19372"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9795"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9795"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9795"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}