{"id":9831,"date":"2014-12-04T01:49:57","date_gmt":"2014-12-04T01:49:57","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=9831"},"modified":"2014-12-04T00:20:52","modified_gmt":"2014-12-04T00:20:52","slug":"que-faire-face-au-terrorisme-par-mohamed-sifaoui","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/que-faire-face-au-terrorisme-par-mohamed-sifaoui\/","title":{"rendered":"Que faire face au terrorisme? Par Mohamed Sifaoui"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p><header> <\/header>\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\tQue faire face au terrorisme? Par Mohamed Sifaoui<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div id=\"mainentrycontent\">\n<div>\n<p>\n\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p>\n\t\tSoyons clairs&nbsp;: il n&#39;existe aucune recette miracle que nous pourrions concocter pour endiguer la menace terroriste. Et je ne pense pas qu&#39;il soit possible de l&#39;&eacute;radiquer compl&egrave;tement. Nos soci&eacute;t&eacute;s doivent apprendre &agrave; vivre avec cette menace, la g&eacute;rer &eacute;motionnellement et psychologiquement et nos dirigeants ont le devoir de la r&eacute;duire, de la contenir et de la traiter afin qu&#39;elle ne soit plus capable de repr&eacute;senter une menace majeure ou strat&eacute;gique. Quoi qu&#39;il en soit, nous ne serons plus &agrave; l&#39;abri, car m&ecirc;me r&eacute;duit, le fl&eacute;au terroriste continuera &agrave; repr&eacute;senter, &agrave; tout le moins, une s&eacute;rieuse nuisance qui apportera son lot de sang, de larmes et de drames.<\/p>\n<p>\n\t\tPour g&eacute;rer la menace que repr&eacute;sente le terrorisme islamiste, il ne peut exister, en v&eacute;rit&eacute;, qu&#39;une superposition de bonnes volont&eacute;s et de r&eacute;ponses puis&eacute;es, non pas dans la pens&eacute;e x&eacute;nophobe, non pas dans une rh&eacute;torique raciste et non pas dans le corpus des droites extr&ecirc;mes ou des extr&ecirc;me-droites, mais, id&eacute;ologiquement, dans des valeurs universelles incarn&eacute;es par les grandes d&eacute;mocraties et, singuli&egrave;rement, par la France. Le sujet est, en effet, trop s&eacute;rieux pour le laisser entre les mains irresponsables de ceux qui le nourriraient au lieu de l&#39;affaiblir.<\/p>\n<p>\n\t\tPartant de ce postulat, il convient aussi de signaler que si des mesures polici&egrave;res et judiciaires, probablement adapt&eacute;es aux r&eacute;alit&eacute;s, ont &eacute;t&eacute; mises en place, ainsi qu&#39;une r&eacute;ponse militaire appropri&eacute;e qui permet &agrave; la France de se projeter dans une logique pr&eacute;ventive capable d&#39;endiguer le danger terroriste, ou, &agrave; tout le moins, d&#39;affaiblir ses bases de lancement (au Mali et en Irak notamment), il ne faudrait pas commettre l&#39;erreur de penser que le terrorisme islamiste doit &ecirc;tre combattu exclusivement par des voies judiciaires et militaires. Nous constatons d&#39;ailleurs que ce serait remplir les tonneaux des Dana&iuml;des que de pr&eacute;coniser cette seule approche. La r&eacute;currence des actions terroristes, des cycles de violence, des projets d&#39;attentats, des menaces contre les d&eacute;mocraties, des appels au meurtre et toute cette haine diffus&eacute;e, notamment sur les r&eacute;seaux sociaux, sont autant de faits qui montrent qu&#39;il serait suicidaire d&#39;opposer la seule troupe &agrave; un ph&eacute;nom&egrave;ne complexe qui exige une riposte multiple&nbsp;: sociologique, p&eacute;dagogique, &eacute;ducative, philosophique, id&eacute;ologique, m&eacute;diatique, &eacute;conomique, diplomatique, financi&egrave;re, etc.<\/p>\n<p>\n\t\tCette situation, o&ugrave; la France d&eacute;couvre &eacute;bahie que certains de ses jeunes (y compris ceux issus de milieux non musulmans) sont devenus des barbares qui magnifient l&#39;&eacute;gorgement, est, faut-il le reconna&icirc;tre, le r&eacute;sultat d&#39;une mont&eacute;e en puissance de l&#39;islamisme international, permise, par ailleurs, par l&#39;extraordinaire laxisme des responsables politiques. S&#39;il est important d&#39;insister sur cette r&eacute;alit&eacute;, c&#39;est aussi pour mettre fin, une fois pour toute, au laisser aller, aux postures sans consistance et aux discours l&eacute;nifiants.<\/p>\n<p>\n\t\tAvant m&ecirc;me l&#39;&eacute;mancipation d&#39;Al-Qa&iuml;da et la cr&eacute;ation de l&#39;organisation dite &laquo;&nbsp;&Eacute;tat islamique&nbsp;&raquo;, les groupuscules islamistes n&eacute;s en &Eacute;gypte, en Arabie Saoudite, en Afghanistan, au Pakistan ou au Y&eacute;men, ensuite dans les pays du Maghreb, notamment en Alg&eacute;rie, n&#39;ont pas &eacute;t&eacute; suffisamment pris au s&eacute;rieux, tant et si bien que leur implantation en Europe (&agrave; un degr&eacute; moindre en France) est pass&eacute;e quasiment inaper&ccedil;ue. Les politiques les plus r&eacute;pressives ont certes combattu les groupes terroristes mais n&#39;ont presque rien fait contre les associations et les groupes charg&eacute;s du pros&eacute;lytisme, de l&#39;islamisation ou de la r&eacute;islamisation. En v&eacute;rit&eacute;, la mission de la lutte contre le terrorisme islamiste a &eacute;t&eacute; confi&eacute;e aux magistrats et aux policiers qui ne pouvaient traiter que la partie op&eacute;rationnelle&nbsp;: le terrorisme.<\/p>\n<p>\n\t\tLe chapitre id&eacute;ologique,&nbsp;l&#39;islamisme, a &eacute;t&eacute;, lui, totalement d&eacute;laiss&eacute;. En clair, pendant longtemps les terroristes furent arr&ecirc;t&eacute;s alors que les pr&ecirc;cheurs l&eacute;gitimant leurs actions violentes n&#39;&eacute;taient que tr&egrave;s rarement inqui&eacute;t&eacute;s. De ces pros&eacute;lytes int&eacute;gristes qui pr&eacute;parent des jeunes &agrave; accepter les id&eacute;es anti-la&iuml;ques et anti-d&eacute;mocratiques, n&#39;en parlons m&ecirc;me pas. Il y a l&agrave; donc, une premi&egrave;re approche &agrave; pr&eacute;coniser.<\/p>\n<p>\n\t\tDans la sp&eacute;cificit&eacute; de la lutte antiterroriste, l&#39;attitude qui tol&egrave;re le pr&ecirc;cheur haineux, l&#39;imam autoproclam&eacute; ou l&#39;endoctrineur clandestin est totalement absurde. Certes, les choses ont &eacute;volu&eacute; dans certains pays, mais il convient d&#39;apprendre la subtilit&eacute; de la mouvance islamiste dans son ensemble. Il appartient donc aux l&eacute;gislateurs de mettre sur pied l&#39;arsenal juridique qui puisse permettre &agrave; la justice de sanctionner aussi bien le terroriste que celui qui l&eacute;gitime son action. Mais il convient aussi de tordre le cou &agrave; toutes ces id&eacute;es re&ccedil;ues qui laissent penser, par exemple, que le salafisme wahhabite (saoudien) serait dangereux et pas les associations et personnalit&eacute;s proches de la pens&eacute;e des Fr&egrave;res musulmans. On oublie que ces derniers ont, depuis leur cr&eacute;ation en 1928, fait en sorte de rendre les gens perm&eacute;able &agrave; la violence m&ecirc;me si, dans plusieurs situations, ils n&#39;incitent pas &agrave; la violence de mani&egrave;re directe et assum&eacute;e. Leur devise r&eacute;sume clairement &agrave; la fois leur id&eacute;ologie et leur programme : &laquo;&nbsp;Dieu est notre but, le Proph&egrave;te notre chef, le Coran notre constitution, le djihad notre voie, le martyr notre plus grande esp&eacute;rance&nbsp;&raquo;. On ne peut &ecirc;tre plus clair.<\/p>\n<p>\n\t\tEn France, nous ne pouvons pas faire l&#39;&eacute;conomie d&#39;un d&eacute;bat sur la place de l&#39;UOIF en tant qu&#39;acteur institutionnel d&eacute;sign&eacute; par les pouvoirs publics, ceci au moment o&ugrave; les &Eacute;mirats Arabes Unis viennent d&#39;inscrire cette m&ecirc;me organisation parmi les &quot;groupes terroristes&quot;. L&#39;UOIF, porteur du message des Fr&egrave;res musulmans, ne peut &ecirc;tre tol&eacute;r&eacute; comme une simple association cultuelle. Il s&#39;agit d&#39;un groupement politique qui cherche &agrave; influer sur les d&eacute;cisions gouvernementales, &agrave; peser dans le champ public et &agrave; r&eacute;-islamiser ou &agrave; islamiser, notamment dans les quartiers populaires. Voil&agrave; un chantier qu&#39;il sera n&eacute;cessaire d&#39;ouvrir.<\/p>\n<p>\n\t\tS&#39;il faut lutter id&eacute;ologiquement contre ces fl&eacute;aux que sont le terrorisme et la pens&eacute;e djihadiste, comment pourrait-on agir? Explorons quelques pistes.<\/p>\n<p>\n\t\tIl est important de lancer &agrave; la fois un d&eacute;bat et une r&eacute;flexion sur les solutions possibles qui permettraient d&#39;arriver, &agrave; court et &agrave; moyen terme, &agrave; tout le moins, &agrave; affaiblir, autant que faire se peut, la capacit&eacute; de nuisance de la n&eacute;buleuse terroriste, avant d&#39;&eacute;radiquer compl&egrave;tement ce ph&eacute;nom&egrave;ne. Plusieurs ann&eacute;es seront probablement n&eacute;cessaires avant d&#39;atteindre un tel r&eacute;sultat. Seule une action globale &agrave; l&#39;&eacute;chelle plan&eacute;taire pourrait venir &agrave; bout de la menace islamiste. C&#39;est l&agrave; un premier &eacute;l&eacute;ment -un pr&eacute;alable- sur lequel tout le monde devra s&#39;accorder.<\/p>\n<p>\n\t\tLes &Eacute;tats devront d&eacute;passer leurs int&eacute;r&ecirc;ts g&eacute;ostrat&eacute;giques, leurs calculs &eacute;troits et envisager, avec sinc&eacute;rit&eacute; et responsabilit&eacute;, une action commune visant &agrave; &eacute;radiquer l&#39;islamisme. Il faut en effet, ne pas parler uniquement de terrorisme, mais d&#39;islamisme aussi, car il est n&eacute;cessaire de s&#39;attaquer, avec les pays musulmans (ils sont quasiment tous confront&eacute;s &agrave; ce ph&eacute;nom&egrave;ne, paradoxalement y compris ceux qui le nourrissent) &agrave; l&#39;id&eacute;ologie qui nourrit ce qu&#39;on appelle le &laquo;&nbsp;djihadisme&nbsp;&raquo;. De ce point de vue, certains pays, notamment les puissances occidentales, dont la France et les &Eacute;tats-Unis, devront jouer un r&ocirc;le de locomotive pour sensibiliser leurs diff&eacute;rents partenaires. Et parmi les points qu&#39;il faudrait &eacute;largir avec les autocrates musulmans, c&#39;est la n&eacute;cessit&eacute; de d&eacute;mocratiser les institutions et les soci&eacute;t&eacute;s, car les dictatures et les r&eacute;gimes policiers sont, quoi qu&#39;on puisse en dire, des g&eacute;n&eacute;rateurs d&#39;islam politique, devenu une pens&eacute;e refuge et une id&eacute;ologie de contestation. De ce point de vue, les dirigeants des pays musulmans doivent c&eacute;der -m&ecirc;me sous la pression, s&#39;il le faut- et accepter la mise en place de processus de d&eacute;mocratisation, d&#39;&eacute;ducation et de s&eacute;cularisation, capables de garantir l&#39;&eacute;mancipation des personnes, en dehors du champ religieux.<\/p>\n<p>\n\t\tL&#39;un des objectifs principaux -si ce n&#39;est le plus important- devra mettre en &oelig;uvre les moyens ad&eacute;quats afin de tarir les sources de recrutement. Il faut &ecirc;tre conscient aujourd&#39;hui que le ph&eacute;nom&egrave;ne &laquo;&nbsp;djihadiste&nbsp;&raquo; conna&icirc;t un succ&egrave;s non n&eacute;gligeable, car il est port&eacute; par une id&eacute;ologie qui r&eacute;pond &agrave; une attente. Ce ne sont pas les pauvres ni les ch&ocirc;meurs qui risquent de devenir des &laquo;&nbsp;&eacute;gorgeurs&nbsp;&raquo;&nbsp;; ce ne sont pas les &laquo;&nbsp;immigr&eacute;s&nbsp;&raquo; ou les personnes d&#39;origine &eacute;trang&egrave;re&nbsp;; ce ne sont pas des femmes ou des hommes, ceux qui risquent de basculer dans l&#39;inf&acirc;me sont tous ceux qui vivent avec des vuln&eacute;rabilit&eacute;s, avec des failles psychologiques, &eacute;conomiques, sociales et qui, par ce fait, deviennent perm&eacute;ables aux id&eacute;ologies extr&eacute;mistes, aux pens&eacute;es totalitaires, aux discours haineux et qui risquent d&#39;&ecirc;tre s&eacute;duits par des id&eacute;es mythifi&eacute;es et mystifi&eacute;es qui promettent la fraternit&eacute;, la solidarit&eacute; communautaire, et qui offrent une esp&eacute;rance, une r&eacute;compense et le Paradis. Tout un &laquo;&nbsp;programme&nbsp;&raquo; propos&eacute; dans un monde injuste o&ugrave; l&#39;on consacre, presque exclusivement, le consum&eacute;risme et l&#39;individualisme.<\/p>\n<p>\n\t\tEn gros, si l&#39;on devait expliquer la chose de fa&ccedil;on triviale, il faudrait dire&nbsp;: le djihadisme &laquo;&nbsp;&ccedil;a a de la gueule&nbsp;&raquo; dans un monde o&ugrave; le capital et le profit (et ce qui en d&eacute;coule) repr&eacute;sentent l&#39;alpha et l&#39;om&eacute;ga du monde moderne. C&#39;est ce qui explique, en partie, le fait que le &laquo;&nbsp;djihadisme&nbsp;&raquo; ne s&eacute;duit pas seulement des personnes issues de milieux musulmans, mais bien au del&agrave;. En fait, l&#39;islamisme, dans sa forme la plus violente, est un excellent refuge sectaire pour toute sorte de vuln&eacute;rabilit&eacute;. Un exemple, parmi tant d&#39;autres, Souad Merah, la s&oelig;ur du tueur de Toulouse, devient fanatique, adepte du djihad, au sortir d&#39;une d&eacute;ception amoureuse et d&#39;une violente d&eacute;pression nerveuse. Ce n&#39;est gu&egrave;re anecdotique&#8230;<\/p>\n<p>\n\t\tEn clair, tous les &quot;vuln&eacute;rables&quot; (disons les choses ainsi&nbsp;!) peuvent s&#39;&eacute;panouir dans une id&eacute;ologie qui offre &laquo;&nbsp;&eacute;gorgement&nbsp;&raquo; ici bas (et le sentiment de toute puissance qui l&#39;accompagne) et &laquo;&nbsp;vierges du Paradis&nbsp;&raquo; dans l&#39;Au-del&agrave; (et donc l&#39;assouvissement de fantasmes, y compris sexuels).<\/p>\n<p>\n\t\t&Eacute;videmment pour comprendre une telle inhumanit&eacute;, il faut accepter l&#39;id&eacute;e que notre monde et celui des djihadistes ne sont pas les m&ecirc;mes. Nous vivons dans le rationnel, ils vivent dans le royaume de l&#39;irrationnel&nbsp;; notre logique n&#39;est pas la leur&nbsp;; nos valeurs ne sont pas les leurs. Notre compr&eacute;hension de ce ph&eacute;nom&egrave;ne ne doit, par cons&eacute;quent, prendre en consid&eacute;ration que ce qui est de nature &agrave; d&eacute;crypter le fonctionnement mental et la psychologie de personnes tomb&eacute;es dans un mouvement sectaire, nourries par une id&eacute;ologie totalitaire et port&eacute;es par un projet messianique aux vis&eacute;es apocalyptiques. Elle ne doit pas prendre comme socle une posture id&eacute;ologique. En clair, ce n&#39;est pas parce qu&#39;on serait de gauche, qu&#39;il faudrait mod&eacute;rer sa condamnation de l&#39;islam djihadiste qui nourrit les d&eacute;capitations et les l&eacute;gitime.<\/p>\n<p>\n\t\tVoil&agrave; en trois phrases comment r&eacute;sumer la v&eacute;ritable nature du terrorisme d&#39;inspiration salafiste. Nous sommes dans quelque chose qui instrumentalise la religion, qui s&#39;inspire, &agrave; travers une approche litt&eacute;raliste, de certains textes coraniques, mais qui n&#39;est pas, quoi que puisse en penser les tenants de la diabolisation du corpus islamique dans son ensemble, un probl&egrave;me religieux. Et &eacute;crire cela, ce n&#39;est pas prendre la d&eacute;fense de l&#39;Islam qui &eacute;videmment m&eacute;rite une profonde r&eacute;forme, si ce n&#39;est une refondation de certains de ses dogmes moyen&acirc;geux. &Eacute;crire que ce n&#39;est pas un probl&egrave;me religieux tend, avant tout, &agrave; d&eacute;l&eacute;gitimer ceux qui ont pris la religion musulmane et les musulmans en otages et &agrave; d&eacute;complexer la majorit&eacute; des musulmans (pratiquants ou pas) qui se retrouvent d&#39;un c&ocirc;t&eacute; stigmatis&eacute;s par un Occident de plus en plus inquiet et, d&#39;un autre, menac&eacute;s par des hordes barbares qui jettent l&#39;anath&egrave;me sur tous ceux -surtout musulmans- qui n&#39;adh&egrave;rent pas &agrave; leurs projets macabres. C&#39;est pour ces raisons qu&#39;il ne faut pas pousser l&#39;&eacute;go&iuml;sme jusqu&#39;&agrave; oublier ou omettre que les musulmans sont statistiquement et historiquement les premi&egrave;res victimes du terrorisme islamiste. Souligner un tel fait est important car la victoire sur le djihadisme ne deviendra jamais effective sans les musulmans et certainement pas contre eux.<\/p>\n<p>\n\t\tIl est &eacute;vident que depuis les attentats du 11 Septembre 2001, certaines politiques ont davantage nourri l&#39;islamisme et le terrorisme qu&#39;elles ne les ont combattus. Il convient par cons&eacute;quent de s&#39;&eacute;loigner des postures qui pr&eacute;-fabriquent des excuses dans le but (conscient ou pas) de conforter les tenants des discours auto-victimaires dans ces insupportables complaintes qui visent, avant toute chose, &agrave; diaboliser les d&eacute;mocraties et &agrave; l&eacute;gitimer l&#39;inf&acirc;me.<\/p>\n<p>\n\t\tNon&nbsp;! On ne devient pas &eacute;gorgeur parce que ses grands-parents ont v&eacute;cu la colonisation, ses parents le racisme et soi-m&ecirc;me les discriminations. On ne devient pas &eacute;gorgeur parce que les d&eacute;mocraties seraient coupables du pass&eacute; qui est le leur. On devient terroriste islamiste lorsqu&#39;on se laisse embrigader dans un mouvement haineux, fasciste et totalitaire qui offre &agrave; ses adeptes les m&eacute;canismes de rationalisation de la barbarie. En substance, si l&#39;on devait reprocher quelque chose aux d&eacute;mocraties, c&#39;est leur incapacit&eacute; &agrave; doter tous les citoyens, d&egrave;s leur plus jeune &acirc;ge, d&#39;un v&eacute;ritable esprit critique, capable de rejeter le fait qu&#39;une d&eacute;capitation est un acte inhumain qu&#39;aucun Dieu et qu&#39;aucun Diable ne peut accepter. A fortiori &agrave; une &eacute;poque o&ugrave; toutes les avanc&eacute;es technologiques et toutes les pens&eacute;es philosophiques permettent, sans l&#39;aide d&#39;aucune religion, de comprendre que l&#39;&egrave;re des &eacute;gorgements, des &eacute;cart&egrave;lements, des mutilations, des lapidations et des b&ucirc;chers est bel et bien r&eacute;volue.<\/p>\n<p>\n\t\tDe m&ecirc;me qu&#39;il y a eu une lutte id&eacute;ologique, contre le nazisme par exemple, une lutte politique et id&eacute;ologique doit &ecirc;tre men&eacute;e contre l&#39;islamisme, pens&eacute;e totalitaire s&#39;il en est, qui a moult points communs avec les id&eacute;ologies fascistes. Et il ne s&#39;agit gu&egrave;re ici d&#39;un abus de langage. Il faudra donc n&eacute;cessairement assumer cette lutte id&eacute;ologique &agrave; condition qu&#39;elle soit suffisamment subtile pour ne pas se laisser emporter, et donc d&eacute;naturer, par des discours putrides. &Agrave; ce titre, il est n&eacute;cessaire de r&eacute;fl&eacute;chir, y compris &agrave; la criminalisation des pens&eacute;es et des discours pr&eacute;tendument religieux qui nourrissent la haine et la violence.<\/p>\n<p>\n\t\tCela &eacute;tant dit et au del&agrave; de cette liste non exhaustive, comment parer &agrave; l&#39;urgence&nbsp;? Comment faire face &agrave; cette menace int&eacute;rieure qui s&#39;est install&eacute;e progressivement ? Quelles r&eacute;ponses apporter &agrave; ses propres &laquo;&nbsp;compatriotes&nbsp;&raquo; qui menacent la soci&eacute;t&eacute; &agrave; laquelle ils appartiennent&nbsp;?<\/p>\n<p>\n\t\tComprenons d&#39;abord que la strat&eacute;gie op&eacute;rationnelle des groupes terroristes est &agrave; la fois complexe et tr&egrave;s souple. Complexe, parce que des organisations comme Al-Qa&iuml;da, AQMI ou Daech, sont, en quelque sorte, organis&eacute;e &agrave; travers leur d&eacute;sorganisation dans le sens o&ugrave; elles ne fonctionnent pas comme les groupes terroristes dits &laquo;&nbsp;classiques&nbsp;&raquo; dont les m&eacute;canismes sont connus par les services de s&eacute;curit&eacute;. Elles sont souples parce que souvent &eacute;clat&eacute;es, non hi&eacute;rarchis&eacute;es, agissant &agrave; travers des cellules cloisonn&eacute;es et mobiles et fonctionnant parfois avec des effectifs tr&egrave;s r&eacute;duits&nbsp;: un seul op&eacute;rationnel (celui qu&#39;on appelle parfois &agrave; tort &laquo;&nbsp;loup solitaire&nbsp;&raquo;) soutenu par quelques appuis logistiques (cas Merah ou Nemmouche) et pouss&eacute; par des alli&eacute;s id&eacute;ologiques.<\/p>\n<p>\n\t\tCes organisations sont, en r&eacute;alit&eacute;, plus un label id&eacute;ologique qu&#39;un &eacute;tat-major. M&ecirc;me si des actions concert&eacute;es et pr&eacute;m&eacute;dit&eacute;es sont &eacute;labor&eacute;es, ces groupes terroristes offrent &agrave; leurs adeptes une assez grande autonomie d&#39;action puisqu&#39;ils les incitent &agrave; passer &agrave; l&#39;action selon leurs possibilit&eacute;s et selon leur agenda en prenant en compte leurs propres contraintes. Nous avons face &agrave; nous une mouvance et non pas des mouvements. Il existe certes un noyau dur qui dicte les grandes lignes strat&eacute;giques.<\/p>\n<p>\n\t\tOn peut affirmer que cette mouvance s&#39;articule aujourd&#39;hui autour de deux grands ensembles&nbsp;: d&#39;un c&ocirc;t&eacute; le centre, o&ugrave; l&#39;on retrouve des figures symboliques du djihad international et autour duquel se sont greff&eacute;s des organisations satellites ayant adh&eacute;r&eacute; au mouvement, et d&#39;un autre c&ocirc;t&eacute;, il existe une n&eacute;buleuse islamiste tentaculaire form&eacute;e de multiples cellules, de r&eacute;seaux, d&#39;individus, sans structure d&eacute;finie se d&eacute;veloppant, &agrave; l&#39;&eacute;chelle plan&eacute;taire, de fa&ccedil;on anarchique telles des m&eacute;tastases. Les uns et les autres, gr&acirc;ce &agrave; leur autonomie op&eacute;rationnelle, sont capable de concevoir une op&eacute;ration terroriste et de la mettre &agrave; ex&eacute;cution.<\/p>\n<p>\n\t\tCes microcellules, compos&eacute;es le plus souvent de quelques islamistes seulement, une bande de copains, des amis de lyc&eacute;e, de quartier, de prison, ne sont pas directement li&eacute;es les unes aux autres et ne d&eacute;pendent d&#39;aucun commandement central et certainement pas de la direction centralis&eacute;e de Daech ou d&#39;Al-Qa&iuml;da. Leurs points communs&nbsp;: une id&eacute;ologie (le salafisme), un mode op&eacute;ratoire (le terrorisme) et deux objectifs principaux&nbsp;(punir l&#39;Occident et r&eacute;-islamiser le monde musulman).<\/p>\n<p>\n\t\tL&#39;id&eacute;ologie islamiste est en quelque sorte leur v&eacute;ritable centre de commandement. Elle est accessible, simplifi&eacute;e voire vulgaris&eacute;e, et largement enseign&eacute;e. On la trouve abondamment sur Internet, dans des livres ou des pr&ecirc;ches enregistr&eacute;s, circulant sous le manteau, voire, le plus souvent, ais&eacute;ment accessible sur Internet. Cette id&eacute;ologie est enseign&eacute;e dans des groupes ferm&eacute;s ou des pages de r&eacute;seaux sociaux, Facebook notamment, elle n&#39;est plus dans les mosqu&eacute;es et le monde r&eacute;el, mais davantage sur la toile et dans le monde virtuel.<\/p>\n<p>\n\t\tCes r&eacute;seaux &eacute;clat&eacute;s sont tr&egrave;s efficaces parce qu&#39;ils disposent d&#39;une tr&egrave;s large autonomie. Ils peuvent concevoir et r&eacute;aliser des op&eacute;rations terroristes sans pr&eacute;venir le noyau dur de la mouvance. Faire l&eacute;gitimer une action terroriste contre un pays, dans un pr&ecirc;che, une fatwa, un discours, suffit &agrave; la d&eacute;clencher, &agrave; n&#39;importe quel moment et &agrave; n&#39;importe quel endroit. Cette l&eacute;gitimation doit &ecirc;tre faite par celui (ou ceux) que les terroristes consid&egrave;rent comme leur(s) r&eacute;f&eacute;rence(s) id&eacute;ologique(s). C&#39;est l&agrave;, l&#39;unique condition.<\/p>\n<p>\n\t\tDes membres, des r&eacute;seaux qui nous menacent, poss&egrave;dent tr&egrave;s souvent la nationalit&eacute; d&#39;un pays occidental. Cela leur donne la possibilit&eacute; d&#39;&ecirc;tre actifs sur l&#39;ensemble du Vieux continent ou en Am&eacute;rique du nord, mais surtout de circuler. Les actions terroristes, m&ecirc;me lorsqu&#39;elles sont d&eacute;cid&eacute;es au niveau de l&#39;ex&eacute;cutant, sont r&eacute;cup&eacute;r&eacute;es, politiquement et m&eacute;diatiquement, par la direction de la mouvance. La question de la privation de documents de voyage n&#39;est pas absurde. Elle m&eacute;rite un examen plus attentif pour la mettre en application &agrave; titre pr&eacute;ventif, de mani&egrave;re syst&eacute;matique, en garantissant les droits des mis en cause.<\/p>\n<p>\n\t\tCes jeunes, s&eacute;duits aujourd&#39;hui par ce fanatisme violent, nul ne les conna&icirc;t v&eacute;ritablement et directement, mais les id&eacute;ologues du terrorisme et les chefs de la mouvance djihadiste savent qu&#39;ils existent. Ils entretiennent avec eux, &agrave; distance, une relation de leaders charismatiques, sinon de gourous. L&#39;une des menaces pesant actuellement sur l&#39;Europe &eacute;mane sans nul doute de ce genre de groupes. Ils sont presque invisibles et tr&egrave;s r&eacute;actifs. Si ceux qui ont franchi le cap et ont bascul&eacute; dans le djihadisme sur le terrain irako-syrien, sont pour la plupart identifi&eacute;s par les services de renseignement (et encore&nbsp;! n&#39;oublions pas le cas Mehdi Nemmouche), il reste une frange difficilement d&eacute;tectable. Elle est constitu&eacute;e de ceux qui ont bascul&eacute;, d&#39;un point de vue philosophique et id&eacute;ologique, mais qui ne sont pas encore pass&eacute;s &agrave; une phase op&eacute;rationnelle. Ceux-l&agrave; pourraient, par exemple, passer &agrave; l&#39;action sans transiter par la case irako-syrienne. Il sera tr&egrave;s difficile de les identifier, de les mettre sous surveillance et enfin de les neutraliser, car contrairement &agrave; leurs a&icirc;n&eacute;s, ils ne partent plus s&#39;entra&icirc;ner en Afghanistan ou ailleurs. Les membres de la nouvelle g&eacute;n&eacute;ration d&#39;aspirants terroristes n&#39;ont pas d&#39;histoire, de parcours ni d&#39;ant&eacute;c&eacute;dents dans le terrorisme. Ils sont, en quelque sorte, vierges. Il faut donc les d&eacute;couvrir, les conna&icirc;tre et analyser leur mode de fonctionnement propre, sensiblement diff&eacute;rent de celui des terroristes plus &laquo;&nbsp;aguerris&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>\n\t\tNous avions eu quelques signaux par le pass&eacute;. L&#39;exemple le plus &eacute;difiant est celui des membres de la &laquo;&nbsp;cellule du 19e arrondissement de Paris&nbsp;&raquo; compos&eacute;e de jeunes gens, &agrave; peine sortis de l&#39;adolescence, inconnus pour la plupart des services de lutte antiterroriste. Ils avaient d&eacute;cid&eacute;s, entre 2003 et 2004, de se rendre en Irak pour y effectuer des op&eacute;rations kamikazes. C&#39;est ce genre de groupes qui pourraient &eacute;galement s&eacute;vir contre la France et contre ses int&eacute;r&ecirc;ts. Pour les mettre en &eacute;chec, il sera n&eacute;cessaire d&#39;&eacute;laborer une politique globale &agrave; m&ecirc;me de prendre en charge plusieurs aspects tels une surveillance accrue des r&eacute;seaux sociaux, un niveau de renseignement plus &eacute;lev&eacute; au niveau des prisons, une plus grande coop&eacute;ration entre les services de police pour suivre ces petits d&eacute;linquants, recycl&eacute;s dans le djihadisme, et, en somme, la mise en place de nouveaux m&eacute;canismes, qui permettraient de faire fluidifier l&#39;information et les renseignements entre les diff&eacute;rentes institutions. Parall&egrave;lement, un vrai travail doit &ecirc;tre accompli au niveau des prisons, car la mouvance djihadiste, qui se pr&eacute;sente comme un &laquo;&nbsp;mouvement r&eacute;volutionnaire&nbsp;&raquo; n&#39;ignore pas qu&#39;il est possible de recruter dans le vivier de la d&eacute;linquance. Tous les mouvements dits r&eacute;volutionnaires ont toujours recrut&eacute; davantage les prisons. Celles-ci sont, depuis plusieurs ann&eacute;es, pour la mouvance terroriste ce que sont l&#39;ENA et les grandes &eacute;coles pour l&#39;Administration.<\/p>\n<p>\n\t\tLe second volet, non moins important, est repr&eacute;sent&eacute; par une menace ext&eacute;rieure, diff&eacute;rente de la pr&eacute;c&eacute;dente puisqu&#39;elle est cens&eacute;e &eacute;maner d&#39;&laquo;&nbsp;&eacute;trangers&nbsp;&raquo; ou d&#39;individus ne vivant pas sur le sol fran&ccedil;ais mais susceptibles de viser le territoire national.<\/p>\n<p>\n\t\tCette menace peut &eacute;galement se caract&eacute;riser par des op&eacute;rations commises &agrave; l&#39;&eacute;tranger contre des int&eacute;r&ecirc;ts fran&ccedil;ais. C&#39;est d&#39;ailleurs l&agrave; que la France est tr&egrave;s vuln&eacute;rable. Il convient donc de s&eacute;curiser les int&eacute;r&ecirc;ts fran&ccedil;ais, y compris en formant les entreprises expatri&eacute;es et leur personnel, en les dotant d&#39;&eacute;l&eacute;ments de d&eacute;cryptage et de compr&eacute;hension.<\/p>\n<p>\n\t\tLa symbolique est un &eacute;l&eacute;ment important chez les islamistes. Ils ont frapp&eacute; sur terre, en mer et dans les airs. Ils ont cibl&eacute; (ou utilis&eacute;) l&#39;ensemble des moyens de transport. Mais aussi des symboles de puissance &eacute;conomique (le World Trade Center), militaire (le Pentagone), touristique (Bali et Djerba), p&eacute;troli&egrave;re (Le Limburg), des symboles religieux (synagogues, &eacute;glises et cath&eacute;drales) et enfin, ils ont tenu &agrave; montrer qu&#39;ils ciblaient les populations des cinq continents. C&#39;est dire que personne n&#39;est &agrave; l&#39;abri. Personne&nbsp;!<\/p>\n<p>\n\t\tPour finir, il faudra rappeler que les islamistes connaissent parfaitement les forces et les faiblesses des pays occidentaux. Ils savent jouer sur les diff&eacute;rences de l&eacute;gislation entre les diff&eacute;rents &Eacute;tats de l&#39;Union europ&eacute;enne et ils sont conscients des lenteurs administratives et des rat&eacute;s en mati&egrave;re de coop&eacute;ration internationale. Ce constat devrait amener nos dirigeants &agrave; adapter les l&eacute;gislations et les politiques aux enjeux actuels, notamment en mati&egrave;re de s&eacute;curit&eacute;.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; &nbsp; Que faire face au terrorisme? Par Mohamed Sifaoui &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Soyons clairs&nbsp;: il n&#39;existe aucune recette miracle que nous pourrions concocter pour endiguer la menace terroriste. Et je ne pense pas qu&#39;il soit possible de l&#39;&eacute;radiquer compl&egrave;tement. 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