{"id":9913,"date":"2014-12-15T01:21:53","date_gmt":"2014-12-15T01:21:53","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=9913"},"modified":"2014-12-14T19:30:03","modified_gmt":"2014-12-14T19:30:03","slug":"juifs-francais-de-jerusalem-la-vie-en-etat-de-siege","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/juifs-francais-de-jerusalem-la-vie-en-etat-de-siege\/","title":{"rendered":"JUIFS FRAN\u00c7AIS DE J\u00c9RUSALEM : LA VIE EN \u00c9TAT DE SI\u00c8GE"},"content":{"rendered":"<div>\n<p>\n\t\t<span style=\"font-size: 1.2em; line-height: 1.7em;\">JUIFS FRAN&Ccedil;AIS DE J&Eacute;RUSALEM :&nbsp;<\/span><span style=\"font-size: 1.2em; line-height: 1.7em;\">LA VIE EN &Eacute;TAT DE SI&Egrave;GE<\/span><\/p>\n<\/div>\n<figure>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p><figcaption>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/figcaption><\/figure>\n<\/p>\n<div itemprop=\"articleBody\">\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tCertains ont&nbsp;quitt&eacute; la France par choix. D&rsquo;autres devant la mont&eacute;e de&nbsp;l&rsquo;antis&eacute;mitisme. Mais, pour les Fran&ccedil;ais de J&eacute;rusalem la peur est d&eacute;sormais permanente et le danger impr&eacute;visible.<\/p>\n<p>\n\t\tLe matin, quand elle repasse les habits de son fils Rapha&euml;l, 5 ans, Ya&euml;l Benha&iuml;m en m&eacute;morise tous les d&eacute;tails. Elle s&rsquo;efforce aussi de retenir l&rsquo;emplacement des grains de beaut&eacute; sur son corps. &laquo; Au cas o&ugrave; il arrive un drame et qu&rsquo;il faille l&rsquo;identifer &raquo;, avoue-t-elle, embarrass&eacute;e de ne pas ma&icirc;triser cette angoisse qui la ronge. Ya&euml;l est n&eacute;e &agrave; Strasbourg, o&ugrave; son p&egrave;re &eacute;tait rabbin. Elle s&rsquo;est install&eacute;e &agrave; J&eacute;rusalem il y a dix ans et se consid&eacute;rait jusque-l&agrave; comme une optimiste, du genre &agrave; croire en la coexistence d&rsquo;Isra&euml;l et d&rsquo;un Etat palestinien. Elle et son mari, avocat, ont choisi de vivre dans un quartier mixte de la Ville sainte, l&rsquo;&eacute;l&eacute;gant Abu Tor, le seul o&ugrave; cohabitent des juifs et des musulmans, mais ils appartiennent les uns et les autres aux cat&eacute;gories ais&eacute;es. On y retrouve aussi les correspondants de la presse &eacute;trang&egrave;re et les responsables des ONG internationales. Ya&euml;l a peur pour son enfant. Elle a peur pour elle. Quand elle attend le tramway qui l&rsquo;emm&egrave;ne au centre d&rsquo;appels franco phone o&ugrave; elle est chef d&rsquo;&eacute;quipe, elle prend soin de se tenir &agrave; l&rsquo;endroit qu&rsquo;elle juge le moins expos&eacute;. Et elle a peur pour son mari. Avant le d&icirc;ner de shabbat, il lui a propos&eacute; d&rsquo;aller faire quelques courses chez l&rsquo;&eacute;picier arabe de la rue, mais elle l&rsquo;en a dissuad&eacute;. Elle n&rsquo;a pas confance. Bref, Ya&euml;l Benha&iuml;m ne se sent plus en s&eacute;curit&eacute;. Elle marche dans&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.parismatch.com\/Actu\/International\/Carnage-dans-une-synagogue-de-Jerusalem-653178\" target=\"_blank\">J&eacute;rusalem<\/a>&nbsp;avec le sentiment p&eacute;nible d&rsquo;&ecirc;tre une cible. En m&ecirc;me temps que le crachin glac&eacute; de l&rsquo;hiver, un brouillard poisseux s&rsquo;est abattu sur la ville. La peur.<\/p>\n<p>\n\t\tLe 18 novembre, deux cousins palestiniens arm&eacute;s de hachoirs et d&rsquo;une arme &agrave; feu s&rsquo;introduisaient dans la synagogue d&rsquo;un secteur ultra-orthodoxe de la partie ouest de la ville. A l&rsquo;heure de l&rsquo;offce du matin, ils tuaient cinq personnes avant d&rsquo;&ecirc;tre abattus &agrave; leur tour. Les victimes : des Juifs religieux qui appartiennent &agrave; un courant du juda&iuml;sme plus port&eacute; sur l&rsquo;&eacute;tude de la Torah que sur la&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.parismatch.com\/Actu\/International\/Heurts-avec-les-soldats-israeliens-Un-ministre-palestinien-tue-dans-une-manifestation-667574\" target=\"_blank\">colonisation<\/a>. Mais ce n&rsquo;est pas la seule raison pour laquelle le massacre a marqu&eacute; les esprits ; la seconde est que ses auteurs ne sont pas des &eacute;trangers. L&rsquo;un d&rsquo;eux travaillait depuis des ann&eacute;es comme homme &agrave; tout faire dans le quartier. Ils sont des milliers, ainsi, que l&rsquo;on remarque &agrave; peine, des hommes qui d&eacute;barquent le matin avec, &agrave; la main, le petit sac en plastique noir renfermant pitas et olives, pour venir balayer le trottoir, d&eacute;charger les camions ou r&eacute;parer un mur, puis repartent &agrave; la nuit tomb&eacute;e. Ces anonymes auxquels on ne pr&ecirc;tait pas attention et que, d&eacute;sormais, on scrute parce qu&rsquo;ils ont l&rsquo;apparence de l&rsquo;ennemi int&eacute;rieur, celui qui fait revivre le souvenir des bombes humaines de la seconde Intifada, au d&eacute;but des ann&eacute;es 2000. Cette p&eacute;riode, Myriam Perez, 28 ans, se souvient l&rsquo;avoir travers&eacute;e avec insouciance.<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>LA QUESTION ARABE AGIT, CES&nbsp;JOURS-CI, COMME UN CHIFON ROUGE&nbsp;DANS L&rsquo;AR&Egrave;NE ISRA&Eacute;LIENNE<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tAdolescente tout&nbsp;juste arriv&eacute;e de France, elle courait alors de manifestations en enterrements sans avoir conscience d&rsquo;&ecirc;tre elle-m&ecirc;me mortelle. Ce n&rsquo;est plus le cas une d&eacute;cennie plus tard, alors qu&rsquo;elle est m&egrave;re de deux enfants. &laquo; Dans la rue ou m&ecirc;me dans ma voiture, quand je vois un Arabe pr&egrave;s de moi, je suis parfois prise de panique. Comment savoir s&rsquo;il ne s&rsquo;appr&ecirc;te pas &agrave; me tuer ? &raquo; dit-elle en &eacute;voquant le sort des onze Isra&eacute;liens qui, en novembre, ont trouv&eacute; la mort dans des attaques &agrave; l&rsquo;arme blanche ou &eacute;cras&eacute;s par des voitures b&eacute;liers. Avec son mari, Elie, qui a quitt&eacute; Paris il y a dix ans, elle vit &agrave; Baka, un quartier tranquille, pris&eacute; des familles sionistes religieuses. Des gens mod&eacute;r&eacute;s qui n&rsquo;imagineraient pas s&rsquo;installer dans les secteurs palestiniens de Sheikh Jarrah, de Silwan, du mont des Oliviers ou dans la partie musulmane de la vieille ville, comme ceux qui rach&egrave;tent &agrave; prix d&rsquo;or les maisons arabes pour participer &agrave; l&rsquo;&eacute;difcation du &laquo; grand J&eacute;rusalem &raquo; et rendre ainsi impossible une partition future. Ceux-l&agrave; ont pratiquement atteint leur objectif. Comment imaginer J&eacute;rusalem devenant la capitale d&rsquo;un Etat palestinien avec Har Homa au sud, au nord et &agrave; l&rsquo;est, les banlieues dortoirs de Pisgat Zeev, Maale Adoumim, et le mur de s&eacute;curit&eacute; ? Les 260 000 r&eacute;sidents palestiniens &ndash; plus du quart de la population &ndash; sont d&eacute;sormais coup&eacute;s du reste de la Cisjordanie.<\/p>\n<p>\n\t\tA J&eacute;rusalem plus que partout ailleurs, juifs et musulmans semblaient pourtant condamn&eacute;s &agrave; vivre ensemble. Dans le tramway inaugur&eacute; il y a trois ans, au &laquo; shouk &raquo; (march&eacute;), dans les h&ocirc;pitaux ou les centres commerciaux, les deux communaut&eacute;s coexistaient jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;&eacute;t&eacute; dernier. Sans illusions mais sans heurts. Tout a bascul&eacute; avec l&rsquo;enl&egrave;vement et le meurtre de trois jeunes Isra&eacute;liens, cet &eacute;t&eacute;, suivis de l&rsquo;assassinat d&rsquo;un adolescent musulman, de la guerre de Gaza, et d&rsquo;&eacute;meutes qui n&rsquo;ont jamais vraiment cess&eacute;. Une spirale infernale dont Mazeb Jobda, le chauffeur de taxi arabe qui parcourt depuis quinze ans J&eacute;rusalem au volant de sa Mercedes, conna&icirc;t le prix : les 100 shekels (20 euros) qu&rsquo;il gagne d&eacute;sormais par jour, soit quasiment rien, surtout lorsqu&rsquo;on a six enfants. Des clients arr&ecirc;tent sa voiture mais depuis quelques semaines, ils refusent de monter quand ils le d&eacute;couvrent. Restent les vendredis soir : &laquo; Quand les taxis juifs ne travaillent pas, alors ils font moins les difficiles. &raquo; Mais m&ecirc;me pour quelques shekels&nbsp;de plus, Mazeb Jobda n&rsquo;ira plus se risquer place de Sion, en plein centre-ville.<\/p>\n<p>\n\t\tC&rsquo;est le point de ralliement des ados juifs. La plupart sont inoffensifs, mais certains lui font peur, il sait qu&rsquo;ils se lanceraient volontiers dans une chasse aux Arabes. Lorsqu&rsquo;un incendie criminel a fait s&rsquo;embraser la seule &eacute;cole bilingue h&eacute;breu-arabe de J&eacute;rusalem, dans la nuit de samedi &agrave; dimanche 30 novembre, l&rsquo;indignation a &eacute;t&eacute; quasi g&eacute;n&eacute;rale. Le maire, Nir Barkat, avait beau faire preuve de d&eacute;termination et r&eacute;p&eacute;ter : &laquo; Nous ne laisserons pas les pyromanes et ceux qui se font justice eux-m&ecirc;mes menacer notre vie quotidienne &raquo;, personne n&rsquo;y a cru. La question arabe agit, ces jours-ci, comme un chiffon rouge dans l&rsquo;ar&egrave;ne isra&eacute;lienne. Le Premier ministre, Benyamin Netanyahou, risque la chute de son gouvernement pour faire adopter une loi r&eacute;affrmant le caract&egrave;re juif de l&rsquo;Etat d&rsquo;Isra&euml;l, remettant ainsi en cause un fou juridique de plusieurs d&eacute;cennies. M&ecirc;me le tr&egrave;s populaire chanteur Amir Benayoun, ajoute sa voix &agrave; ce concert g&eacute;n&eacute;ral : dans son nouveau titre, &laquo; Ahmed aime Isra&euml;l &raquo;, il met en musique l&rsquo;histoire d&rsquo;un jeune Arabe isra&eacute;lien auquel il pr&ecirc;te des projets d&rsquo;attentat. &laquo; Qui b&eacute;n&eacute;ficie, comme moi, du meilleur des deux mondes ? &raquo; disent les paroles. &laquo; Aujourd&rsquo;hui je suis mod&eacute;r&eacute; et souriant \/ Demain&hellip; j&rsquo;enverrai en enfer un Juif ou deux. &raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\t<strong>&quot;VOUS DEVREZ &Ecirc;TRE DISPONIBLES&nbsp;QUELQUES HEURES PAR MOIS POUR&nbsp;MONTER LA GARDE DEVANT LES CR&Egrave;CHES&quot;<\/strong><\/p>\n<p>\n\t\tJabel Mukaber, le quartier palestinien o&ugrave; vivaient Ghassan et Ouda&iuml; Abou Jamal, les assassins de la synagogue de Har Nof, est interdit aux v&eacute;hicules par de gros blocs de b&eacute;ton. La rue en pente qui m&egrave;ne aux maisons des terroristes est encore jonch&eacute;e de cartouches de grenades lacrymog&egrave;nes ; elle a longtemps empest&eacute; le &laquo; skunk &raquo;, ce liquide aux relents d&rsquo;excr&eacute;ments et de charogne utilis&eacute; pour disperser les &eacute;meutes. Mais &agrave; quelques pas, sous la tente de deuil &ndash; des b&acirc;ches tendues dans une cour &ndash;, certains n&rsquo;ont pas renonc&eacute; &agrave; justifer l&rsquo;acte unanimement condamn&eacute;. Al-Aqsa, la mosqu&eacute;e qui s&rsquo;&eacute;l&egrave;ve au-dessus du Mur des lamentations, au coeur de la vieille ville, est leur argument : &laquo; Ils sont tomb&eacute;s en martyrs pour emp&ecirc;cher les Juifs de souiller nos lieux saints &raquo;, r&eacute;p&egrave;tent-ils. Les Palestiniens soup&ccedil;onnent les radicaux juifs de vouloir leur prendre leur mosqu&eacute;e pour y reconstruire l&rsquo;ancien Temple du royaume de Jud&eacute;e, celui dont l&rsquo;&eacute;difcation devrait h&acirc;ter la venue du Messie. C&rsquo;est faux, mais c&rsquo;est ainsi que s&rsquo;attisent les haines. Un jeune au cr&acirc;ne ras&eacute;, entour&eacute; de ses copains, affche la satisfaction de qui d&eacute;couvre le go&ucirc;t de la vengeance. &laquo; Maintenant, c&rsquo;est eux qui ont peur de nous. &raquo;<\/p>\n<p>\n\t\tEn touchant au sacr&eacute;, le diff&eacute;rend isra&eacute;lo-palestinien ne risque-t-il pas, du coup, d&rsquo;&ecirc;tre happ&eacute; par le tourbillon djihadiste de l&rsquo;Etat islamiste qui ensanglante la r&eacute;gion ? C&rsquo;est en tout cas&nbsp;la conviction du d&eacute;put&eacute; des Fran&ccedil;ais &eacute;tablis hors de France&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.parismatch.com\/Actu\/Politique\/Crif-153462\" target=\"_blank\">Meyer Habib<\/a>, l&rsquo;un des plus farouches opposants &agrave; la reconnaissance de la Palestine vot&eacute;e par l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale la semaine derni&egrave;re : &laquo; L&rsquo;erreur, c&rsquo;est de croire qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un confit territorial alors qu&rsquo;il est religieux. &raquo; &laquo; C&rsquo;est au nom de cette m&ecirc;me guerre de religion que les juifs sont pris pour cible en France et &agrave; J&eacute;rusalem &raquo;, pr&eacute;venait d&rsquo;ailleurs ce parlementaire UDI apr&egrave;s&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.parismatch.com\/Actu\/Societe\/Apres-l-agression-de-Creteil-la-lutte-contre-l-antisemitisme-erigee-en-cause-nationale-664864\" target=\"_blank\">l&rsquo;agression antis&eacute;mite d&rsquo;un jeune couple, suivie d&rsquo;un viol, &agrave; Cr&eacute;teil<\/a>. Les autorit&eacute;s isra&eacute;liennes ne cachent pas leur impuissance face aux attaques spontan&eacute;es men&eacute;es par ces parfaits inconnus. A la diff&eacute;rence des branches arm&eacute;es du Fatah et du Hamas, qu&rsquo;il est toujours possible d&rsquo;infltrer, comment savoir ce qui se passe dans la t&ecirc;te d&rsquo;un p&egrave;re de famille qui, un beau matin, d&eacute;cide de jeter sa voiture sur la foule ?<\/p>\n<p>\n\t\tDans l&rsquo;urgence, il a donc &eacute;t&eacute; d&eacute;cid&eacute; de faire appel &agrave; des volontaires. Quelques heures apr&egrave;s l&rsquo;attentat contre la synagogue, les habitants de Beit Hakerem, un des derniers bastions la&iuml;ques de la ville, recevaient un SMS les invitant &agrave; rejoindre la garde civile. Le lendemain, en fn d&rsquo;apr&egrave;s-midi, une quinzaine d&rsquo;hommes et de femmes entre deux &acirc;ges se retrouvaient dans une salle du centre communautaire pour &eacute;couter Raf Avidan, le directeur, leur expliquer leur mission : &laquo; La police ne peut pas prot&eacute;ger tous les lieux publics. Beaucoup de Palestiniens travaillent sur les chantiers du secteur. Vous devrez &ecirc;tre disponibles quelques heures par mois pour monter la garde devant les cr&egrave;ches et les synagogues. &raquo; Sans manifester d&rsquo;enthousiasme excessif, chacun a sign&eacute; son engagement et la r&eacute;union a pris fin sur cette promesse : ceux qui souhaitent s&rsquo;armer pourront b&eacute;n&eacute;fcier d&rsquo;une proc&eacute;dure acc&eacute;l&eacute;r&eacute;e pour leur permis de port d&rsquo;arme. Ce sont les nouvelles instructions officielles. J&eacute;rusalem, la Ville sainte, s&rsquo;abandonne &agrave; ses d&eacute;mons. Les repr&eacute;sailles des uns r&eacute;pondent aux attentats des autres. De l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute; de la M&eacute;diterran&eacute;e, est en train de na&icirc;tre un nouveau Belfast.<\/p>\n<p>\n\t\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t\tDE NOTRE ENVOY&Eacute; SP&Eacute;CIAL &Agrave; J&Eacute;RUSALEM EMMANUEL MORTAGNE<\/p>\n<p>\n\t\tPARIS-MATCH<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>JUIFS FRAN&Ccedil;AIS DE J&Eacute;RUSALEM :&nbsp;LA VIE EN &Eacute;TAT DE SI&Egrave;GE &nbsp; &nbsp; &nbsp; Certains ont&nbsp;quitt&eacute; la France par choix. D&rsquo;autres devant la mont&eacute;e de&nbsp;l&rsquo;antis&eacute;mitisme. Mais, pour les Fran&ccedil;ais de J&eacute;rusalem la peur est d&eacute;sormais permanente et le danger impr&eacute;visible. 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