{"id":9995,"date":"2015-12-24T00:55:37","date_gmt":"2015-12-24T00:55:37","guid":{"rendered":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/?p=9995"},"modified":"2015-12-24T01:11:16","modified_gmt":"2015-12-24T01:11:16","slug":"de-linde-a-tunis-lincroyable-destin-de-la-famille-thanwerdas","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/harissa.com\/news-wp\/de-linde-a-tunis-lincroyable-destin-de-la-famille-thanwerdas\/","title":{"rendered":"De l\u2019Inde \u00e0 Tunis, l\u2019incroyable destin de la famille Thanwerdas"},"content":{"rendered":"<p>\n\tDe l&rsquo;Inde &agrave; Tunis, l&rsquo;incroyable destin de la famille Thanwerdas<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n<div>\n<div>\n<div>\n<p>\n\t\t\t\t&bull; Cela fait exactement 100 ans qu&rsquo;elle vit en Tunisie<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<div>\n<p>\n\t\t\t\t&nbsp;<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<div>\n<div property=\"articleBody\">\n<p>\n\t\t\t\t\t&lsquo;&lsquo;Je vous parle d&rsquo;un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre&rsquo;&rsquo;. Ainsi chantait Aznavour et c&rsquo;est cette m&ecirc;me nostalgie que partagent les Thanwerdas &agrave; l&rsquo;&eacute;vocation de leur histoire familiale et plus particuli&egrave;rement celle de Thanwerdas Fatechand, de son vrai nom Fatchend Thanwerdas Mirpouri. Cet Indien arriv&eacute; en Tunisie, il y a tout juste 100 ans, &agrave; l&rsquo;&acirc;ge de 14 ans et qui y a fait carri&egrave;re, fortune et nom. Retour sur une belle histoire de famille.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t<br \/>\n\t\t\t\t\t<strong>D&eacute;j&agrave;, les articles de d&eacute;coration&hellip;<\/strong><br \/>\n\t\t\t\t\tPour retracer l&rsquo;incroyable vie de cet homme, qui de mieux que ses enfants, aujourd&rsquo;hui devenus grand-p&egrave;re et grand-m&egrave;re, pour nous en parler. Et c&rsquo;est avec une certaine nostalgie qu&rsquo;oncle Lachou a plong&eacute; dans ses souvenirs et &eacute;voqu&eacute; ce pass&eacute; qui fait aujourd&rsquo;hui sa fiert&eacute; et celle de toute la famille. Prenant la parole en premier, il raconte &laquo; Originaire de la province du Sind en Inde, mon p&egrave;re est n&eacute; en 1900. Il a &eacute;t&eacute; envoy&eacute; en Tunisie &agrave; l&rsquo;&acirc;ge de 14 ans par sa m&egrave;re pour y rejoindre son fr&egrave;re, alors employ&eacute; dans la succursale d&rsquo;une maison indienne internationale. Aussit&ocirc;t arriv&eacute;, il est parti travailler &agrave; Ferry Ville (l&rsquo;actuel Menzel Bourguiba) puis &agrave; Tunis. Il a travaill&eacute; dur, sans jamais se plaindre. A l&rsquo;&acirc;ge de 20 ans, mon p&egrave;re est reparti dans son pays d&rsquo;origine pour s&rsquo;y marier puis est revenu en Tunisie mais sans sa femme car c&rsquo;&eacute;tait la coutume.<br \/>\n\t\t\t\t\tEn 1922, gr&acirc;ce &agrave; ses &eacute;conomies, il a ouvert son premier magasin d&rsquo;articles de d&eacute;coration import&eacute;s d&rsquo;Inde, de Japon et de Chine, situ&eacute; au 14 bis, rue de l&rsquo;&eacute;glise (Jem&acirc;a Zitouna), juste apr&egrave;s l&rsquo;actuel poste de police. C&rsquo;&eacute;tait un tr&egrave;s joli magasin avec deux vitrines, des comptoirs, des colonnes. Aujourd&rsquo;hui, plus rien ne subsiste de ce commerce d&rsquo;antan. Entre temps, mon premier fr&egrave;re est n&eacute; mais n&rsquo;a pas surv&eacute;cu. En 1929, Nari, mon grand fr&egrave;re, est n&eacute; en Inde. A cette &eacute;poque, mon p&egrave;re se rendait tous les deux ans en Inde. En 1933, il a pris la d&eacute;cision ferme de ramener avec lui sa femme en Tunisie. M&ecirc;me si &ccedil;a n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; facile de convaincre sa m&egrave;re, la matriarche, il a fini par avoir gain de cause et ils se sont install&eacute;s dans un appartement &agrave; la Rue de la Commission o&ugrave; je suis n&eacute; quelque temps apr&egrave;s. Ma s&oelig;ur Padou est la benjamine d&rsquo;entre nous. Gr&acirc;ce &agrave; son incroyable sens du commerce et &agrave; son intelligence, mon p&egrave;re a rapidement r&eacute;ussi &agrave; fid&eacute;liser sa client&egrave;le et ses affaires ont bien march&eacute;. Mais c&rsquo;&eacute;tait un infatigable touche-&agrave;-tout et il ne pouvait se contenter d&rsquo;un seul magasin. Il en a alors ouvert un deuxi&egrave;me et a ramen&eacute; un des ses neveux de l&rsquo;Inde pour s&rsquo;en occuper. Malheureusement, cela ne s&rsquo;est pas bien pass&eacute;. Inexp&eacute;riment&eacute; et mauvais gestionnaire, ce neveu a failli causer la faillite de mon p&egrave;re lorsqu&rsquo;il l&rsquo;a envoy&eacute; diriger son stand &agrave; la Foire de Barcelone. Au bout de deux ans, mon p&egrave;re a d&ucirc; le renvoyer chez lui. &raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t<br \/>\n\t\t\t\t\t<strong>Le businessman<\/strong><br \/>\n\t\t\t\t\tMr Latchou poursuit son r&eacute;cit: &laquo; Loin de le d&eacute;courager, cette aventure l&rsquo;a pouss&eacute; &agrave; entamer de nouvelles aventures. Il s&rsquo;est associ&eacute; &agrave; plusieurs personnes ou encore louait des magasins tels que l&rsquo;actuelle Javanaise ou encore un de ceux situ&eacute;s dans la galerie du cin&eacute;ma Le Colis&eacute;e. Il avait ramen&eacute; son fr&egrave;re a&icirc;n&eacute; de l&rsquo;Inde pour l&rsquo;aider &agrave; g&eacute;rer ses magasins. Malheureusement, mon oncle &eacute;tait un grand joueur et n&rsquo;h&eacute;sitait pas miser le gros lors de ses parties. Il allait jusqu&rsquo;&agrave; Korbous pour jouer, n&rsquo;h&eacute;sitant pas en fr&egrave;re du patron qu&rsquo;il &eacute;tait, &agrave; puiser directement dans la caisse des magasins. Mon p&egrave;re tenait beaucoup &agrave; sa famille et c&rsquo;est donc le c&oelig;ur lourd qu&rsquo;il a pris la d&eacute;cision commune avec son fr&egrave;re cadet, depuis install&eacute; &agrave; Tanger d&rsquo;obliger leur fr&egrave;re a&icirc;n&eacute; &agrave; retourner en Inde car sinon c&rsquo;&eacute;tait la ruine pour tout le monde. Il a aussi occup&eacute; pour un certain temps un grand magasin situ&eacute; entre les deux portes de l&rsquo;&eacute;glise dont le fonds de commerce appartenait &agrave; un Juif. Il a alors lou&eacute; le fonds de commerce et y a fait travailler le propri&eacute;taire qui &eacute;tait son grand ami &agrave; l&rsquo;&eacute;poque, comme g&eacute;rant. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs ce m&ecirc;me ami qui est all&eacute; d&eacute;clarer la naissance de ma s&oelig;ur Padou. Malheureusement, il a d&eacute;&ccedil;u mon p&egrave;re quand il a tout fait pour le dissuader d&rsquo;acheter un bel immeuble situ&eacute; juste devant le magasin et en a fait profiter un tiers de ses connaissances. D&eacute;pit&eacute; et se sentant trahi, mon p&egrave;re a alors c&eacute;d&eacute; le magasin qui vaut aujourd&rsquo;hui une vraie petite fortune de par son emplacement. Mais c&rsquo;est la vie ! Quand j&rsquo;avais 10 ans, quand la guerre a &eacute;clat&eacute;, mon p&egrave;re n&rsquo;avait donc qu&rsquo;un seul magasin qu&rsquo;il avait vendu et c&eacute;d&eacute; tous les autres. Mais d&egrave;s 1937, il a commenc&eacute; &agrave; se d&eacute;tacher un peu de la vente et de l&rsquo;administration pour s&rsquo;occuper des affaires et faire fructifier son commerce. En 1946, il a pu s&rsquo;offrir notre belle villa de Mutuelle d&rsquo;ailleurs qui porte le nom de Padou. A 14 ans, mon fr&egrave;re qui n&rsquo;a pu faire des &eacute;tudes &agrave; cause de la guerre, a rejoint l&rsquo;entreprise familiale qui a subi de plein fouet les al&eacute;as de la guerre. Comme on ne pouvait plus importer d&rsquo;articles, on s&rsquo;est tourn&eacute; vers des produits traditionnels tunisiens tels que les couvertures ou encore le textile au m&egrave;tre de Ksar Helal. En 1952, mon p&egrave;re a repris un magasin en faillite &agrave; Alger qui appartenait &agrave; un Indien. Entre temps, moi, je poursuivais mes &eacute;tudes, esp&eacute;rant faire m&eacute;decine. Malheureusement, j&rsquo;ai appris que m&ecirc;me si j&rsquo;obtenais un dipl&ocirc;me, je ne pourrai exercer en Tunisie car je n&rsquo;&eacute;tais ni Tunisien, ni Fran&ccedil;ais. J&rsquo;ai donc rejoint, &agrave; mon tour, l&rsquo;affaire familiale. En 1953, mon p&egrave;re a d&eacute;nich&eacute; un magasin ferm&eacute; depuis belle lurette appartenant &agrave; l&rsquo;un de ses amis et l&rsquo;a rachet&eacute;. Il nous a confi&eacute;, &agrave; mon fr&egrave;re et &agrave; moi, la direction de ce magasin. Pendant ce temps, comme nous &eacute;tions des demi grossistes, mon p&egrave;re a &eacute;cum&eacute; les villes tunisiennes, entre 1954 et 1958, pour livrer la marchandise et conclure de nouveaux march&eacute;s. Quant aux magasins, il ne faisait plus que les superviser de loin et n&rsquo;intervenait, aupr&egrave;s de la banque par exemple, qu&rsquo;en cas de besoin. En 1959, nous nous sommes mis en soci&eacute;t&eacute; pour &eacute;viter les probl&egrave;mes fiscaux. Cette ann&eacute;e-l&agrave;, mon p&egrave;re a repris un grand magasin en faillite, situ&eacute; &agrave; la 8 rue Jemaa Ezzitouna, en face de l&rsquo;ancienne &eacute;cole des gar&ccedil;ons, avant de r&eacute;cup&eacute;rer, en 1961, &eacute;galement le petit magasin attenant et dont il a confi&eacute; la direction &agrave; mon beau fr&egrave;re, le mari de Padou. Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;actuel propri&eacute;taire y vend des caftans. A partir de 1970, mon p&egrave;re a commenc&eacute; &agrave; se faire rare dans ses magasins et il n&rsquo;y est plus jamais retourn&eacute; &agrave; partir de 1975. En 1980, il ne quittait presque plus la maison et est d&eacute;c&eacute;d&eacute; en 1987 &agrave; l&rsquo;&acirc;ge de 87 ans, entour&eacute; de sa famille qu&rsquo;il a tant aim&eacute;e. Mon p&egrave;re &eacute;tait un homme int&egrave;gre, droit et travailleur. Au del&agrave; des biens mat&eacute;riels, notre p&egrave;re nous a l&eacute;gu&eacute; l&rsquo;amour de la Tunisie, ce pays d&rsquo;adoption qu&rsquo;il ch&eacute;rissait et dans lequel il a tenu &agrave; ce que nous, ses enfants, nous vivions et nous nous mariions. &raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t<br \/>\n\t\t\t\t\t<strong>Le patriarche<\/strong><br \/>\n\t\t\t\t\tPrenant la parole &agrave; son tour, Auntie Padou parle avec tendresse de ce p&egrave;re pour qui elle portera &eacute;ternellement un profond respect: &laquo; Mon p&egrave;re &eacute;tait un infatigable travailleur. Toute son existence tournait autour de la famille et du travail. Il ne voyageait par exemple jamais pour se divertir mais toujours dans le cadre du travail. Il a connu des moments tr&egrave;s difficiles mais on raconte que quand je suis n&eacute;e, je lui ai port&eacute; bonheur car selon nos croyances, la fille n&eacute;e &lsquo;&lsquo;pu&icirc;n&eacute;e&rsquo;&rsquo; apr&egrave;s trois gar&ccedil;ons porte toujours bonheur &agrave; sa famille. Dans le souk, il &eacute;tait tr&egrave;s respect&eacute;. Tout le monde l&rsquo;appelait d&rsquo;ailleurs Monsieur Taon. Quant &agrave; ma m&egrave;re, c&rsquo;&eacute;tait une femme d&rsquo;une incroyable sagesse et d&rsquo;un courage remarquable qui a d&ucirc; rapidement s&rsquo;adapter dans cette contr&eacute;e si lointaine. Elle a perdu ses parents tr&egrave;s jeune et a gard&eacute; le deuil toute sa vie en portant immuablement un sari blanc lorsqu&rsquo;elle sortait. Elle avait aussi un diamant &agrave; son nez dont elle s&rsquo;est d&eacute;barrass&eacute;e et c&rsquo;est probablement d&rsquo;elle que parlait Fr&eacute;d&eacute;ric Mitterrand dans son livre, en &eacute;voquant cette fr&ecirc;le dame myst&eacute;rieuse au sari blanc qui donnait &agrave; l&rsquo;&eacute;poque un charme exotique et international au souk. Je garde encore un souvenir &eacute;mu de nos trois magasins: le &laquo; Grand Palais Oriental &raquo;, &laquo; Jayanti &raquo; et &laquo; Souvenirs d&rsquo;Inde &raquo;. Je suis s&ucirc;re qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, il serait fier de la r&eacute;ussite de ses enfants et de ses petits enfants. M&ecirc;me si la famille est &eacute;parpill&eacute;e aux quatre coins du monde, nous aimons tous la Tunisie. Mes fils, mes neveux et mes ni&egrave;ces font de leur mieux pour y revenir souvent car cette Tunisie, c&rsquo;est un peu la terre c&rsquo;est un peu la leur, malgr&eacute; la distance. &raquo;<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tRym BENAROUS<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\tLeTemps.com.tn<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De l&rsquo;Inde &agrave; Tunis, l&rsquo;incroyable destin de la famille Thanwerdas &nbsp; &nbsp; &bull; Cela fait exactement 100 ans qu&rsquo;elle vit en Tunisie &nbsp; &lsquo;&lsquo;Je vous parle d&rsquo;un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre&rsquo;&rsquo;. 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