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Google attaqué en justice pour ses suggestions de recherche

 

Google attaqué en justice pour ses suggestions de recherche

 

Plusieurs associations ont assigné en référé Google pour que la justice interdise au moteur de recherche d'associer automatiquement le mot "juif" au nom de personnalités faisant l'objet de requêtes d'internautes. Des résultats indépendants d'un choix éditorial de sa part, se défend le groupe.

 

L'audience est fixée à 10 heures, mercredi prochain. Plusieurs associations ont assigné en référé la société Google pour que la justice interdise au moteur de recherche d'associer automatiquement le mot "juif" au nom de personnalités faisant l'objet de requêtes d'internautes. L'avocat de SOS Racisme, Me Patrick Klugman estime que la fonctionnalité "Google Suggest" a abouti à "la création de ce qui est probablement le plus grand fichier juif de l'histoire". Disponible en France depuis 2008, "Google Suggest" permet de suggérer à l'internaute, quand il entre une requête dans la barre de recherche Google, d'autres demandes sur la foi notamment des requêtes faites par d'autres internautes.

Dans leur assignation, consultée, l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), J'accuse!-action internationale pour la justice (AIPJ), SOS Racisme et le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) s'insurgent contre le fait que le terme "juif" soit souvent proposé par Google Suggest lorsqu'une recherche est faite sur le nom d'une personnalité. "De très nombreux utilisateurs du premier moteur de recherche de France et du monde sont quotidiennement confrontés à l'association non sollicitée et quasi systématique du terme juif avec les patronymes des personnes les plus en vue dans le monde de la politique, des médias ou des affaires", déplorent ces organisations, qui ont fait le test en entrant le nom des candidats à la présidentielle.

"Les dégâts sont considérables"

"Se trouve ainsi diffusé et amplifié, de la manière la plus visuellement immédiate, le sentiment de l'omniprésence des Juifs aux commandes de la France", poursuivent ces associations. Pour les associations, en proposant le mot "juif" dans la saisie semi-automatique, Google Suggest enfreint la loi réprimant la constitution de fichiers ethniques.

Elles demandent donc au tribunal d'interdire à Google "de mettre ou de conserver en mémoire informatisée, sans le consentement exprès des intéressés, des données à caractère personnel qui, directement ou indirectement, font apparaître les origines raciales ou ethniques" et de lui interdire "d'associer le mot juif aux patronymes des personnes physiques figurant dans les requêtes des internautes". Sur son site, Google dit exclure de Google Suggest "une catégorie restreinte correspondant à des termes pornographiques, violents, incitant à la haine et liés à la violation de droits d'auteur". "Si le propre du programme Google Suggest n'est pas idéologique, son utilisation l'est et les dégâts sont considérables", a assuré Me Klugman, pour qui cette fonctionnalité "répond de manière claire et objective à un souci malsain qui est de débusquer les Juifs".

De son côté, Google a souligné que les résultats des requêtes des internautes n'étaient pas influencés par lui et qu'ils ne dépendaient pas d'un choix éditorial de sa part. "Google ne suggère pas ces résultats. Ils sont générés de manière
totalement algorithmique, sur la base de critères purement objectifs correspondant notamment aux requêtes préalablement saisies par les internautes
", a ainsi indiqué un porte-parole du groupe.

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