Et bien sur, nous avons profitè pour aller rendre visite à mon papa et prier sur sa tombe à Tunis.
On arrive donc à Tunis par une belle journée printanière.
Première visite, la tombe de mon père.
Pour y aller, il faut traverser un chemin de fortune parsemé de ronces et de broussailles.
‘…Ah ye Deidou, cadech rhelit blastéc, toue’hech’tèc yesser.
Elle pleure et moi le cœur serré, je compatis à la perte de mon pére aprés plus de
30 ans.
Je l’écoute et je ne dis rien, sauf que le soleil tape fort et je sue.
Elle continue.
Je l’écoute en silence.
‘…Me jitch béch nech’qiléc, mélé béch net’féèd… !
J’écoute sa grande tragédie.
Puis, je lui dis…
‘…D’où… ?’
‘…De chez mon père… ?’
‘…Ah comme si tu savais combien cela me ferait plaisir… !’
‘…Parce que tu sais que certaines personnes peuvent avoir des nouvelles de leur mort… !’
A ce moment là, le portable sonne.
‘…Je crois que c’est lui Maman, il a entendu tes jérémiades… !’
‘…Ah bon, tu crois… ?’
‘…Attends, je décroche… !’ Allô… ? Il y a du tkhechich ( des bruits étranges) Surement la circulation de là bas… !’
‘…ALLLOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO…. ! PAPAAAAAA…. !’
‘…Quoi tu l’as au bout du fil…. ?’
‘…Oui, je reconnais sa voix… !’
‘…Olalala, il te dit quoi… ?’
‘…Il dit qu’il se sent seul… !’
‘…Ah bon… ?’
‘…Il demande si tu… !’
‘…Si quoi… ?’
‘…Si tu es bien… !’
‘…Je viens de lui dire que je suis mal, il n’entend pas ou quoi… ?’
‘…C’est loin maman mais il me répète qu’il se sent très seul et si tu ne veux… !’
‘…Veux pas quoi….?’
‘…Si tu VEUX…! Parce que là bas, il n’est pas bien apparemment… !’
‘…Passe le moi, je vais régler cette affaire honorablement… !
Elle prend le portable…
‘..Yé Deidou, zid ech’tèna chwiye, fél a’cal, e’ne menich mezrouba béch en ji… ! Narda aicha taht jouéneh débène khir fél jébèna… !’
( O Deidou, attend un peu, je ne suis pas pressée de venir, je préfère vivre sous les ailes d’une mouche qu’être enterrée au cimetière… !’
‘..Lève toi maman, je vois une nuée de Mouches qui arrive… !Et ca va pas être commode de vivre sous leurs ailes.’
Albert Simeoni