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LE PTB ET MOI ZOUZ.

Envoyé par albert 
Re: LE PTB ET MOI ZOUZ.
20 avril 2014, 12:52
Albert….

L’Enfant de la Goulette raconte…..
Mon beau château… 6°

Mimon l’Oukalien ou Mimon le Châtelain. ???

Breitou père avant qu’il ne devienne châtelain faisait peu cas des études de son fils Mimon. Puisque dans l’Oukalla les enfants étaient destinés à prendre la relève de leur père, soit pécheur, soit poissonnier à la sauvette soit plombier hlak’mi, soit marchand ambulants de quatre saisons, bien loin des collèges et lycées français.
Pour les études, juste trois ou quatre ans à l’école de La Goulette, apprendre à faire qqs additions, soustractions peut être la multiplication si le cerveau du petit s’y prête..Mais pas plus donc vers ses 12 ans hop fél hanout (boutique) ou alors la corita, la charrette.

Mais depuis que le papa Breitou avait construit son château, ce dernier avait revu les espérances de son fils à la hausse.

Sans demander l’avis de sa progéniture, il ira dans un collège bien loin de la Goulette là bas au fin fond de la France chez des gens biens, des Maristes juifs bien sur afin qu’il apprenne la bonne éducation, qu’il serve un jour la Goulette etc….

Mimon l’oukalien lui était heureux chez lui dans sa bita presque obscure. Gini sa maman le couvait avec des millions de men yaich ââlik alors que l’autre Mimon le châtelain avait perdu cette expression. Eugénie avait fait des cours de français à tel point qu’elle chantait des airs de Paris et esquissait qqs pas de danse apprise avec madame DEBAS…

Mimon l’Oukalien lui se contentait de la darbouka de son grand père l’ahouél. Comme il était heureux Mimon alors que l’autre guindé comme une momie avait peine à respirer sous son col amidonné…

A suivre…


Re: LE PTB ET MOI ZOUZ.
22 avril 2014, 11:41




Yé Salade él zin...
Yé Salade él zin..

Aâla bébi téthaq yé khodra'ti
Yé ââzizti marhaba bik

Yé Salade él zin...
Yé Salade él zin..

Yé khadra yéli ââdit él sénè'out
Dimé shghri'ra jé ouak'out él mahboub...

Yé Salade él zin...
Yé Salade él zin..

Méh'lé'è kess'ouatéc
Ou fi âïni yé chéba
El akhdar yob'rok fél lil


Yé Salade él zin...
Yé Salade él zin..

Zémélèti hadrin fél moghrob
Eli tayah ness'ténew él nej'mét rabi...

Yé Salade él zin...
Yé Salade él zin...§§§§§§



Re: LE PTB ET MOI ZOUZ.
23 avril 2014, 12:27
L’Enfant de la Goulette…Raconte…
MEIHA…La reine chez nous.
(Lire chapitres de 1 à 13)

Chapitre 14°

Au commencement, il n’y avait ni mamies ni papis, Adam et Eve n’ont pas eu d’aïeuls sinon nous l’aurions su. Ils furent les premiers habitants de la terre et les premiers papis et mamies.

A eux seuls ils ont formé un couple. Puis une famille qui plus tard devient une tribu et ainsi de suite, plusieurs tribus éparpillées de par le monde.

Tout commence par deux Meiha et Choua et bon nombre avant eux. Puis trois quatre etc….Une famille se crée, le début d’une tribu, celle des Lellouche. Papa maman et trois enfants. Pas besoin d’être cent pour former une garnison.
A leur tour Papa et Maman forment une petite tribu celle des Siméoni.

Donc chez nous à la Goulette, deux tribus vivaient ensemble. Lellouche et Siméoni, dans deux pièces misérables.

Meiha était chef des deux tribus et papa lui était un subalterne bien que chef de maison.

Deux de ses enfants se sont mariés et avec le temps, deux autres tribus se s’en formées ailleurs.

Meiha était partagée entre ses trois tribus. La notre puis celle de ses enfants qui vivaient à Tunis.

Le jeudi était consacré à sa fille à Tunis où le gendre la recevait très bien. A cette époque elle était autonome elle se déplaçait à Tunis en prenant le TGM et bien sur elle avait la même place chez sa fille Poupée, que chez nous son banc et bien sur, sa place à la cuisine et bien sur sa place dans son lit et bien sur et bien sur…Elle restait chez sa fille une semaine puis elle revenait chez nous très lasse en disant à chaque fois ‘…Loucen areft cent nôôk’ yad ouni, yad’betni Poupée… ! Si je savais, je serais resté chez moi (chez nous) elle m’a fatiguée ta sœur… !’ Cela n’était que des paroles en l’air parce qu’elle recommençait à y aller tous les mois en disant

‘…El kebdââ él mchoumé…Quelle est mauvaise cette fibre… !’

Elle sous entendait pour l’amour de ses enfants.


A suivre…
Re: LE PTB ET MOI ZOUZ.
24 avril 2014, 10:09

L’Enfant de la Goulette…Raconte…
MEIHA…La reine chez nous.
(Lire chapitres de 1 à 14°)
Chapitre 15°

Chaque tribu dans ce monde, je ne parle pas des grandes villes, honorent leurs vieux avec une foi inébranlable.

Chez nous à cette époque la vieille ou le vieux faisait parti du mobilier.

Chez les africains, le vieux devient le sage du village. La vieille celle qui,au pas de la hutte, surveille sa grande progéniture, tribu.

Chez les indiens des States, la vieille et le vieux sont éloignés à qqs pas des tepees, ils elles sont considérés comme partante dans l’au-delà et à ce titre, elles ils deviennent en marge de la tribu.

Ils, elles vivront seuls mais on ne les laissera pas mourir de faim ou de soif ou de froid . Les indiens considèrent qu’elles qu’ils ne sont plus aptes à servir. Le grand fleuve de la mort les attend.

Chez nous à la Goulette ou ailleurs cela ne se passait ainsi, chez les arabes aussi, ils, elles vivront tjs auprès de leurs enfants à tour de rôle et jamais, nous ou ils l’enverront dans un mouroir.

A Paris ou ailleurs, la présence d’une vieille mémé n’est plus d’actualité dans la maison d’un ou de ses enfants une fois mariés etc….Elle devient une grande charge. Lui aussi.

Après sa fille, Meiha se voyait, après la visite de chez Poupée, accompagner par son fils Jo, chez ce dernier pour passer encore une semaine chez lui, chez sa belle fille. Là malgré sa patience, elle attendait avec impatience de revenir chez nous et quand enfin elle était là, elle disait

‘…Rabi mââ’ye é’li jit Hayé… ! Euchkoun méjèl yem’chi i zouroum… ? ‘…D ieu est avec moi d’être venue vivante ma fille…Qui ira encore les voir… ? Et pourtant….

Meiha ne sentait bien que chez nous. Elle trouvait ses aises, et aussi étrange que cela parait, elle demandait toujours à nous servir du matin au soir. Pas de répit, elle ne pouvait pas rester sans rien faire.
Elle allait parfois tirer du linge propre pour voir s’il n’y avait pas une reprise à faire et maman qui lu disait ‘…Yéji yé mââ, chnoué él tounie e’di… ? ‘ Cesses maman, c’est quoi cette phobie…

Ainsi était Meiha la vieille mémé…



Re: LE PTB ET MOI ZOUZ.
26 avril 2014, 13:18
Re: LE PTB ET MOI ZOUZ.
26 avril 2014, 14:45
L’Enfant de la Goulette…Raconte…
MEIHA…La reine chez nous.
(Lire chapitres de 1 à 15°)
Chapitre 16°

Meiha, qd elle n’avait rien à faire comme petites charges, rentrait dans sa chambre. S’asseyait puis tirer de son tiroir sa feley’a ( petit peigne en corne dit à poux) .

Une fois assise, elle commençait à se peigner et à chaque passage, elle regardait si des cheveux se faisaient piéger d’entre les dents de son peigne couleur crème.

Avec minutie, elle enlevait la petite touffe de cheveux blancs qu’elle mettait dans un papier journal bien plié. Il ira se caser dans son tiroir avec d'autres petits paquets de cheveux blancs, nous en avons trouvé bcp dans son petit coffre secret.

Maman ne voulait pas les jeter pour ne pas contrarier sa maman et cette comptabilité de petits papiers nous faisaient rire, on lui disait ‘…Ye Meiha brabi, ech tââmel biyem él bakouat e’dou… ? Mais Meiha qu’est ce que tu comptes faire de ces petits sachets… ? Elle levait la tête, nous souriait puis disait ‘…Ouerta… ! C’est mon héritage… !’

Son héritage, accumulé au long de ces qqs années, constituait une sorte de mémoire pour elle comme si ces cheveux blancs, reliques de son vivant, allaient parler pour elle or elle ignorait sans doute qu’un jour un de ses petits fils parlerait d’elle avec éloquence, non pas parce que ses cheveux étaient là mais parce que toute sa présence, ces faits, ces gestes, sa façon de penser et de concevoir les choses étaient pour nous tous, l’histoire d’une vie celle d'une vielle dame qui a bcp souffert autrefois.

Elle archivait aussi ces bandes de velpo auxquelles elle tenait tant.

Elles étaient tjs bien propres et elle ne laissait à personne le soin de les laver. Elle utilisait ces bandes pour son pied malade, hamra fél dem, érésipèle…Parfois aussi pour étaler ces onguent, sahka bsal ou melh quand qu’elle avait mal aux jambes.

A coté de tous ces ‘petits’ KHCOUCH ( bric à brac) les fourches à cheveux, les aiguilles à coudre, les boutons etc…étaient mis dans des petits boitiers. Comme elle ne voyait pas très bien, elle cousait parfois un bouton hraimi, c'est-à-dire d’une autre couleur que le reste et maman qui vérifiait sa reprise lui disait …’…Yé mââ chnoué, el kof’lé e’di kahlé, lokhrin obiod… ! Mais enfin maman, ce bouton est noir et celui là est blanc… ?’

Elle répondait ‘…Ech thab nââmelou, echkoun béch i choufni… ! Mais qu’importe, qui va me voir et s’en apercevoir… !

Elle était ainsi Meiha ma mémé…

Re: LE PTB ET MOI ZOUZ.
27 avril 2014, 01:31

L’Enfant de la Goulette…Raconte…
MEIHA…La reine chez nous.
(Lire chapitres de 1 à 16°)
Chapitre 17°.

Un vécu presque sans fin me diriez-vous…. ? Que celle de ma vieille mémé… ?
Non ressuez vous, tout à une fin dans cette vie qu’elle soit longue ou courte selon le jugement de D ieu.

J’ai épuisé presque tout en ce qui la concerne, je n’ai presque rien oublié, j’ai raconté tout ce qui peut se rapporter à une vieille dame qui nait à Tunis dans la quartier pauvre a fini sa vie entourée des siens.
uée certes d’un sein causé par un cancer qui ne l’a pas empêchée de vivre longtemps car elle ne savait même pas ce dont elle fut opérée.

Elle a dit ‘….Ye Hayé, ââjeb, winiyé bejoulti… ? ( Où est passé mon sein… ?’)Après une semaine de son opération….Maman lui a dit ‘…Kif él mesrana jeida, tkassét, teoué oullit khfifé… !’ ( Comme un surplus d’intestin, elle a été coupé, tu te sentiras plus légère… !’)

Ce fameux mardi du 16 Juillet 1974, soit presque 18 mois après sa sœur Louijé, qui elle aussi habitait chez nous, Meiha et maman mangeaient comme elles le faisaient souvent, ce jour là, dans son lit.

Vielle habitude qu’elles avaient institué. Maman montait avec le plateau sur son lit et les deux presque enchevêtrés par les jambes se délectaient des mets des mets du jour.

Ce fut son dernier couscous.

Durant la nuit, Meiha, alors que nous étions endormis râlait alors que toute la maisonnée roupillait.

Mon jeune frère Max, sa béquille comme elle s’amusait à l’appeler se lève et pousse la porte de sa chambre.

Il tente de lui parler mais la vieille flirtait avec la porte du paradis.
Il monte derrière elle et la prend dans son bras.

Au matin, maman rentre et trouve mon frère tenant sa mémé entre ses bras, elle s’en inquiète. Elle réveille mon frère. Meiha est allongée inconsciente. Elle respire mais elle n’est pas consciente. Elle prononce qd même qqs paroles presque inaudibles comme …Louije…Jojo …Maman comprend et on va vite appeler Fatouma notre voisine qui se fait passer pour sa sœur…Fatouma pleure…Je me fais passer pour Jojo son fils alors qu’il est 9 heures du matin et que je dois aller bosser, en espérant la voir vers les 13 heures encore vivante. Vers 13 heures, Meiha la Reine est partie mais avant, elle dira entre deux râles à maman ‘…Rodblelik ââla Deidou… !’ Prends soin de ton mari… !’ Elle ferma les yeux pour toujours.
Personne n’a pleuré ce jour là parce que Meiha n’a jamais aimé les pleurs, ni la tristesse. Elle est partie comme une fleur, avec son visage souriant.

Au cimetière du Borgel, elle fut enterrée prés de sa sœur, les deux tombes se touchent et papa Deidou est aussi prés d’elle. Comme dans notre appartement de la Goulette, les uns pas loin des autres.

La mort les a réunis.

Ainsi s’en est allée Meiha la Reine de chez nous en ce jour du 17 Juillet 1974 en plein soleil.

FIN



Re: LE PTB ET MOI ZOUZ.
27 avril 2014, 02:10

Albert….

(Lire les précédents chapitres de 1 à 6)


Mon beau château…7°

Mimon l’Oukalien ou Mimon le Châtelain. ???

Un jour Mimon le châtelain vint à passer devant le terrain noir, celui du faham. Là où se réunissent les divers futurs champions de la toupie, du tire-haut, les mordus du ballon de SITBON, les petits voyous aux genoux sales, les grands blasphémateurs, les bouniteurs en herbes, les tafards, bref toute la belle faune de ce quartier Goulette Casino qui ont fait de ce terrain leur champ de bataille. Son cartable sous le bras, accompagné par son domestique, un grand noir Si Farjani, le chauffeur de son père, il s’arrête un instant , pose son cartable sur le graviers puis regarde tous ces jeunes libres comme le vent s’adonner à leur jeu favori.

Soudain, tout s’arrête et tous les regards se braquent vers lui. Mimon l’oukellien, Jean le Guerni, Charlinot le sioux, Max le volleyeur, Elie y’a pas de jeu etc….Le toiser d’une façon ironique. Lui, presque honteux baisse les yeux devant tous ces regards et sans dire un mot relève ses manches, enlève son costume de châtelain et devant le regard surprit de son chauffeur, va rejoindre cette bande hétéroclite aux visages presque noirs.

Mimon l’oukalien, suivi par Charlinot le sioux

‘…Tu veux participer à nos jeux… ? Mimon.
‘…Oui… !’ Répond le jeune châtelain.
‘…A quoi sais- tu jouer… ?’ Charlinot
‘…Au piano, au violon… !’ Le Châtelain.
‘…On ne connait pas mais on va t’apprendre nos jeux… !’

Mimon le Châtelain vient de désobéir à son père qui interdit à son fils de fréquenter les voyous.

Mais qu’importe Mimon le Châtelain est décidé à courir le risque au risque de se faire gronder par son papa.
Le voilà donc courir derrière un ballon qu’il maitrise mal, sauter en hauteur, se défouler sur un tire-haut et durant deux heures Mimon le Châtelain heureux comme un oiseau du paradis transpirer, tomber sur les tessons de verre, s’écorcher les genoux au grand damne de son chauffeur qui ne sait plus quoi faire….

A suivre…

Re: LE PTB ET MOI ZOUZ.
30 avril 2014, 12:25
Re: LE PTB ET MOI ZOUZ.
30 avril 2014, 12:53
BRACHITOU.

Il y avait une époque à Tunis, où les couples marchaient BRACHITOU ( bras dessus bras dessous). Surtout le samedi, le dimanche et les jours de fêtes, sur les avenues de Tunis.

Les couples juifs grènas ( livournais), français et italiens ne pouvaient concevoir de laisser leur conjoint marcher derrière. C’était mal vu. Ils étaient donc ‘...KHATOUA BKHATOUA… ! Pas un pas sans…BATA.
Costumés à la mode d’antan, les époux s’honoraient de tenir le bras de leur femme et de se promener ainsi dans les endroits à la mode…
L’avenue Jules Ferry était très prisée parce que piétonne avant la lettre.

Les gens de la hara par contre c’était dar él khlé tby él left (la maison du néant qui vend des navets), ils ne s’aventuraient pas dans ces hauts lieux destinés au seul ‘MERCANTIYE..’ ! Aux riches. Plus tard, ils se sont mis à la page suite à leur ‘émancipation’. Papa fut un de ceux là. Il adorait le chapeau feutre le ‘bardichou’ la cravate et les chaussures diplomates. Ils étaient un quarteron d’amis à se vêtir ainsi.
Le bon goût était de mise.

Aujourd’hui, qui marche BRACHITOU dans les rues et avenues de Paris … ? Rares sont les couples qui marchent ainsi. Soit lui est devant à dix mètres de son épouse et elle qui traine les pieds parce que madame doit lécher toutes les vitrines.

‘…Chéri, regarde cette belle paire de chaussures… !’
‘…Tu crois que j’ai le temps de voir ou de rentrer, tu ne peux pas rester une minute sans rien ne me demander… Tu m’emmerdes…? Si ce n’est pour un vrai tune ‘…In yadin rabec… ! ’

Quand aux jeunes, ils aiment se tenir les mains ou se faire l’accolade. Mais jamais BRACHITOU ca fait trop ‘Aâm cacah… !’ Ancien temps.


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