MERCI A MONSIEUR DAVID COHEN, AUTEUR DU LIVRE « LE PARLER ARABE DES JUIFS DE TUNIS » EDITIONS MOUTON & CO – ET QUIL NOUS EXCUSE DAVOIR EXTRAIT UN TEXTE.
- Ne sais-tu pas toi-même ce quest un mariage chez nous ? Cest un grand souci pour celui qui a une fille, parce que actuellement on nimagine plus quun jeune homme, fut-il de la camelote (khorda), accepte de se marier, serait-ce avec la fille du Grand-Rabbin, sans dot…
- A quoi peut se monter une dot actuellement ?
- Ça dépend du rang du jeune homme et de son grade. Mais chez les gens bien, cest devenu une affaire de millions. Si tu veux marier ta fille à un médecin, un avocat, un pharmacien ou à quelquun qui soit fils de famille et un peu moderne, cest à dire, Dieu le bénisse, instruit et tout, il ne faut pas compter moins de 5 à 6 millions… Cela veut dire quà celui qui na pas de fortune, il ne resterait que quelque charbonnier à la culotte rapiécée. (faham sarwallu mraqqà).
- Non, je ne peux pas donner plus de 800.000… Non, et puis non, jusquà ce quils finissent par se mettre daccord. Disons 800.000, le trousseau de la mariée et le mobilier dune chambre.
Sils sont daccord, alors que reste-t-il ? Il reste que la fille doit plaire au garçon et le garçon à la fille. Il faut quils se rencontrent. Mais sils ne se plaisent pas mutuellement ? Est-il possible que le garçon vienne dire à la fille : « Tu ne me plais pas » ? Donc il faut quon ruse. On fixe un rendez-vous dans quelque café de la Bhaïra ou bien de La Goulette, ou à La Marsa au Safsaf. La fille, son père et sa famille sy installent, et passe la courtière avec le jeune homme et les siens. Si la fille ne lui plaît pas du tout, il ne sarrête même pas, et tout est fini. Mais le plus souvent, la courtière les présente lun à lautre et ils sassoient pour boire quelque chose, et puis ils sen vont. Si Dieu a permis quils se plaisent, les familles entrent en tractations sur le règlement de la dot, la date du mariage et tout.
SUITE AU PROCHAIN NUMERO.
Envoi de Henri Fitoussi