Acher Mizrahi – 2
Compositeur chanteur musicien et professeur de « Hazanout »
De nombreux chercheurs et musicologues affirment qu’Acher a introduit en Tunisie l’influence Andalouse, qui eut aussi un impact sur la musique arabe Tunisienne.
Acher a écrit pour les plus grands chanteurs de l’époque ; Il a composé et écrit plus de trois cent chansons en Arabe, plus de deux cent en Hébreu sans compter ses compositions en Espagnol.
Habiba Msika :
Parmi les nombreux interprètes des années 20, la plus célèbre, fut sans aucun doute Habiba Msika l’aimée de tous « habibat el kul ».
Acher Mizrahi lui enseigna le luth et le chant.
Cette chanteuse qui fut musicienne, danseuse, et surtout actrice eut une fin tragique ; son amant fou de jalousie l’arrosa d’essence pendant son sommeil et la brûla.
A sa mort Acher composa une complainte qui resta célèbre :
Quina ala Hbiba Msika
Ya ness essmeou el ghriba Venez écouter l’impensable
Eli gara li ana Hbiba Ce qui m’est arrivé à moi, Habiba
Zit men el khedma farhana Je suis entrée heureuse de mon travail
Tkhelt el farchi nassanna Fatiguée, j’ai été me coucher
Tkel aliya ouahad rhadar Sur moi s’est jeté un homme cruel
Rma aliya el nar Sur moi, il a jeté le feu
Ma tkelouch el denia nassiana Ne dites pas qu’on oublie avec le temps
Eli ameli ma khalitouch Moi, je ne l’ai pas laissé
I kamel el shar Finir le mois
Dans les années 30, Acher entreprend un voyage à Paris pour enregistrer des disques.
Sa fille Sarah l’accompagnait toujours pour s’occuper de ses affaires.

Acher Mizrahi, Messaoud Habib, Bichi Slama à Paris en 1932
C’est à cette époque qu’Acher Mizrahi est admis comme premier membre Etranger de la SACEM (Société des Auteurs Compositeurs et Editeurs de Musique).
A ce titre, ces œuvres sont ainsi protégées et lui rapportent des droits.

Relevé de droits d’auteur payés par la SACEM à Acher Mizrahi
Et datant de 1938
Dans ce relevé, on trouve les célèbres chansons
« TASFAR ou TETGHAREB »
« YA NAS AHMELT »
Reprises jusqu’à aujourd’hui par de nombreux artistes orientaux
Dont Feu Raoul JOURNO
Manuscrit de la chanson « YA NAS AHMELT » composée vers 1936
Chanson « YA NAS AHMELT » en phonétique

Chanson « YA NAS AHMELT » traduite en Français
Une collaboration fertile entre Juifs et Musulmans unis par l’amour de la musique

Vers 1935, les meilleurs Artistes Tunisiens qui figurent au programme DECCA

Les meilleurs Artistes Tunisiens : Acher Mizrahi debout, 2ème à partir de la gauche

Extrait du catalogue DECCA
« Ana Bayat En-Naouar » « Ma net faccarchi fine chouftaha »
« Ya zine Bagdadi » « Ouahidate Ezzine »
C’est en 1946 qu’Acher Mizrahi publie chez Maklouf Nadjar son recueil de Pioutim composés par lui,
« Ma’adané Mélekh », ce livre est préfacé par le Grand Rabbin Haïm Bellaïche
Chaque Piout (chant liturgique) est dédié à un de ses proches : Parent ou Ami
On y trouve un chant pour :
Mohamed Amin Bacha Bey Souverain de Tunis
Isaac et Vida Mizrahi
Grand Rabbin Haïm Bellaïche
Rahel et Isaac Mizrahi
Ses gendres et petits-enfants
Yacov ASSAL , Acher HASSAN, David NAHMANI
David Uzan
Sadani Baranès
etc. …
Acher Mizrahi enseigna la Hazanout à l’école « Or Thora », en février 1957 le Président Habib Bourguiba visite « la hara » le quartier juif de Tunis et l’Or Thora.
Le Président fut surpris par l’accueil chaleureux qu’il reçut à l’occasion de cette visite, par les chants et le parfait arabe que parlait mon grand-père.

Ecole Or Thora 1957 :
Maître Charles Haddad, le Président Bourguiba, le Grand Rabbin Meiss Cohen,
Acher Mizrahi

En attendant le Président Bourguiba
Acher Mizrahi est sollicité dans plusieurs synagogues où l’annonce de son passage est attendu par les fidèles .
Sa célébration de l’office de Kippour et particulièrement du Moussaf est un grand moment de ferveur pour chacun.

Synagogue de la Rue de la Loire, avant probablement un office de Roch Hachana
Avec ses élèves de l’Or Thora dits « Aouled el Baïout », il participe à tous les évènements de la communauté : Mariages et Bar Mitsvoth

Précédés par les élèves de l’Ohr Thora,
le Bar Mitsva et sa famille se rendent à pied à la synagogue

Office de Bar Mitsvah
A droite : Ma sœur Rachel Linda Mezrahi

Office de Bar Mitsvah de mon cousin Franklin Cohen-Zardi
A gauche : Charles Cohen-Zardi mon Oncle
Joseph Jaoui è Grand-père de la célèbre actrice « Agnès Jaoui »
Acher Mizrahi revint avec son épouse Rahel en 1967 en Israël, il ne lui restait que quelques jours à vivre.
A Jérusalem, Trente Huit ans après, il revit son quartier tout juste libéré et le moulin de Montefiore, sa maison et la synagogue de sa jeunesse
Il eut le temps de se rendre au Kotel avant d’être hospitalisé et de mourir en entendant les chants de « Simhat Thorah » qui résonnait de nouveau dans Jérusalem réunifié.

Ma grand-mère Rahel veuve de son cher époux à Jérusalem dans les années 70
Ma tante Sarah, mes cousines Rahel et Maya Gabbaï
Une vie riche et pleine d’enseignements

Documents sonores en possession de la famille

A nos chers disparus : « El Male Rahamim »
Acher MIZRAHI décédé le 25 Tichri (1967)
Rahel MIZRAHI née ALCHEIKH décédée le 25 Tammouz (1980)
Rébecca HASSAN bat Acher
Sarah ASSAL bat Acher
Judith NAHMANI bat Acher
Isaac MEZRAHI décédé le 6 Adar 5758
Elie HASSAN
Victor ASSAL
Jacques NAHMANI
Doris Moche HASSAN
David GABBAÎ
Acher NAHMANI
David UZAN
Koueïka UZAN née COHEN
Suzanne COHEN-ZARDI née UZAN
Charles COHEN-ZARDI
Sion UZAN
Ariane UZAN née TAÏEB
Yvette SAMAMA
Hommage aux vivants
A ma mère : Judith MEZRAHI
Mes sœurs : Rachel Linda MATTOUT, son époux Robert,
ses enfants Henri, Sarah et Déborah
( Kyriat Ata ISRAEL )
Yaël Joëlle DJIAN, son époux Pierre, ses enfants Sébastien et Cécilia
Mon épouse Betty née CHEMLA, mes enfants Franck et Kelly
Mes beaux-parents François et Fernande CHEMLA, et ma belle-sœur Véronique
Peggy et Thierry JAOUI et leurs enfants Jérémie, Gary et Stéphanie qui ont participé à la réalisation de ce document.
A la vie ! Le Haïm !
Veronique Chemla

