Cette semaine, c’est la paracha Nasso qui est lue.
Celle-ci nous enseigne la cas de la « Sota », la femme soupconnee d’adultere, a qui on devait faire boire de l’eau dans laquelle etait dissout le nom de D-ieu, et qui revelait si elle avait commis la faute ou non.
Nos sages ont releve a ce sujet l’extreme importance de l’entente conjugale, au point que D-ieu demande a ce que l’on efface son nom (ce qui est habituellement interdit) afin de pouvoir retablir la paix dans un couple.
Nous allons etudier la facon dont la Torah a introduit les regles de la « Sota ».
Le verset nous dit : « Ich Ich Ki Tiste Ichto ».
Le sens de cette phrase est : « Un homme dont l’epouse se detourne ». C’est a dire qu’elle s’est detournee de l’attitude reservee qu’exige la Torah, et s’est isolee avec un autre homme, eveillant ainsi la suspicion de son mari.
Le mot « Titse », que j’ai traduit par « detourne » par rapport a sa racine dans le mot « sataya », provient egalement du mot « Chtout » (folie). Ces deux notions se rejoignent. Ainsi, nos sages ont enseigne qu’une personne ne peut commettre une faute vis-a-vis de D-ieu a moins qu’un esprit de folie soit entre en lui.
Cette parole apporte la reponse a une question importante. Chaque juif, quelqu’il soit, ressent en son ame un lien d’amour profond envers D-ieu. Il est pret a s’enfuir sans hesiter, a donner sa vie pour le nom de Dieu, plutot que de s’adonner a l’idolatrie. Les exemples qui, au cours des siecles, ont illustre ceci, sont nombreux.
Comment donc est-il possible qu’un juif trangresse une interdiction divine, alors que ceci le separe et l’eloigne de D-ieu? Comment comprendre qu’il puisse s’autoriser lui-meme a accomplir une action qui va a l’encontre de sa foi profonde ?
Cette paracha nous en apporte la reponse : Un esprit de folie est entre en lui. Il a ete domine par un esprit qui lui est etranger, un esprit de folie, qui a voile la foi ancree profondement dans son coeur. De ce fait, il n’a pas ressenti la gravite de son acte, la separation d’avec D-ieu que la faute provoque.
S’il avait ressenti la realite de la faute, et que cette transgression l’eloigne de la source de la saintete, en ancun cas il ne l’aurait commise.
Quel est donc cet « esprit de folie »? C’est tout simplement le desir, l’attirance vers le plaisir materiel lui fait perdre sa sensibilite spirituelle et son sentiment vis a vis de l’attachement a D-ieu. Il s’imagine que rien ne se passe, et que malgre la faute il demeure tout aussi proche de D-ieu. Le desir lui voile la verite, a savoir que chaque transgression, meme mineure, deteriore le lien qui le rattache a D-ieu.
D’un autre cote, du fait que l’essenciel de la faute est cet « esprit de folie » qui voile la verite, ceci entraine que meme lorsque quelqu’un faute, ceci ne signifie pas qu’il soit lui-meme mauvais. Au contraire, au profond de lui-meme il n’existe que du bien, de l’attachement a D-ieu, et il ne desire pas fauter. C’est simplement car il s’est laisse dominer par « l’esprit de folie » qu’il a pu en arriver a trangresser.
La faute est donc un element etranger ponctuel, mais ne fait pas partie integrante de lui-meme.
Cet enseignement provient, comme nous l’avons vu, du verset « ki tiste ichto ». Ce n’est bien sur pas par hasard. Il existe un lien essentiel entre la portee generale de la transgression et la faute de l’epouse qui se detourne de son mari.
La Torah etablit une comparaison entre le lien qui nous unit a D-ieu et celui qui unit un couple, D-ieu etant compare a l’homme et le peuple juif a la femme.
Lorsqu’un juif commet une faute,cela represente donc l’epouse qui se detourne son mari; a l’instar de l’epouse dont nous parle ce verset. Et pour cela, c’est precisement sur le verset de l’epouse qui se detourne de son mari que la Torah nous enseigne quelle est l’essence de la transgression.
Le parallelle avec la femme qui se detourne met egalement en valeur un autre aspect.
La « Sota » n’est pas une femme adultere, mais elle a simplement provoque, en se detournant du chemin de la pudeur, la suspicion de son mari; Et la Torah lui donne l’assurance, s’il s’avere qu’elle n’a pas commis la faute dont elle est soupconnee, d’une benediction supplementaire.
De la meme maniere, un juif egalement, meme lorsqu’il commet une faute, reste attache interieurement avec D-ieu, et finira au bout du compte par acceder a la techouva.
C’est ainsi que le prophete a assure qu’au jour de la redemption, nul ne serait repousse.
Bonne semaine
Chlomo