LES MEMOIRES D’UN GOULETTOIS
L’ENFANT DE LA GOULETTE
ALBERT SIMEONI
Il y a très longtemps….’
‘…….Indépendamment de la Direction de la Santé vétérinaire et de deux pharmacies (Natta et Sinigaglia), une lignée de médecins, tous devenus très populaire dont le Dr. Kaddour et le baron Achille di Castelnuovo…..’
Roul Darmon. Notules.
‘……..MEDECINS, SAGES -FEMMES ET PHARMACIENS…’
La Goulette pouvait s’enorgueillir de ses médecins, sages-femmes et pharmaciens très compétents tels le Dr Lellouche Finzi, Hattab, Berrebi et Dr Boujnah ( le père de l’acteur). Chacun avait sa clientèle qui changeait bien souvent de main au grès des guérisons. Lorsque le malade décédait, on imputait le fait au praticien traitant …
‘Tbib .x …élli katlou……'(C’est le Dr x….. qui l’a tué ) .Sic.
La plupart des enfants de familles modestes étaient abonnés à L’O.S ;E (L’Oeuvre de Secours et de L’Enfance).Les visites étaient gratuites (indigence oblige ), même les mieux nanties profitaient de l’aubaine pour faire passer leurs progénitures ‘ à l’œil’ …
– ‘Chéftèh … ?, skassak dèb fi yèddé oujjèt tétma fi visitéh…..!’
– (‘Tu l’as vu, des bracelets d’or ornent ses bras …..et elle est venue gratter une visite…!’)
Le Dr Lellouche, était un homme de petite taille affublée d’une moustache coupée de près, genre Charlot.Il était surtout apprécié pour sa philanthropie car il offrait tous les matins une obole à tous les malheureux de la ville, sans distinction d’origine. Certains, plus hardis, franchissaient carrément le seuil de son cabinet.
Le Dr Berrèbi, médecin du terroir, jeune et beau, sportif est un homme mêlé et fort sympathique. Il joue encore au football à un âge avancé. Il introduisit la radioscopie à la Goulette. Tous les goulettois, même les plus sains, voulaient posséder ‘un poster: /radiographie ‘ de leur thorax.
Plus d’un goulettois doit sa sortie des ténèbres à Mme Jeune, une corpulente et grande femme, toujours essoufflée, qui se déplaçait pour ses visites en calèche, celle de Loubia le maltais ; elle souffrait énormément des jambes. Mme Spitèri remplaça peu à peu Mme Jeune . Elle se déplaçait en bécane, sa trousse logeait dans ses sacoches à l’arrière. Là aussi, la clientèle changeait souvent de sage femme, tout dépendait du sexe du bébé …….les goulettois avaient une prédilection pour les garçons……donc si la dame accouchait d’une fille c’était la faute à l’obstétricienne.
‘ Yè Mérie…..jèbet tèflé…..mèchkinèh….Titè ….. ?
(‘ Hè ya Tité … ? Marie……. a accouché d’une fille.. ?’)
Tité………’.Euchkoun èl kabla li jébètàh….?’
…. (‘..Qui a t’elle appelé comme sage femme. ?’)
‘ Mme Chpitiri…. !.’
‘ Kôtlè bijjamè , jib Mme Jeune….!’
(Je lui ai pourtant conseillè Mme Jeune…’)
D’autres accoucheuses bénévoles ont pratiqué, à la sauvette leur ‘métier ‘……
Nos pharmaciennes les plus connues, Les demoiselles Haddad, dispensaient de quelques conseils ceux qui ne pouvaient s’offrir un docteur. Elles avaient cette particularité d’être toujours ensemble .Cet ensemble bien qu’homogène était parfois soumis à des questions gênantes lorsque par hasard un quidam les apostrophait dans la rue pour un bobo, constipation ou diarrhée. Elles lançaient à la volée …..à l’unisson …
‘Aspirine….Ganidan…..Tiazomide…..’;
Elles ont vieilli ensemble dans le calme et la sérénité dans leur villa à Carthage .
Il y avait aussi la pharmacie Fiorino, Soanen du coté de la vieille Goulette.
Depuis d’autres pharmacies sont venues s’ajouter aux anciennes, plus modernes mais. sans le cachet goulettois.
Nos mères et grands-mères, oncles et tantes se transformaient parfois en tortionnaires quand ils nous imposaient ‘leur médecine dite arabe’. Nos frêles petits dos devaient supporter les ventouses (Mrayèt)-un cornet de papier journal flambant dans un récipient en verre -genre pot yaourt – étaient censées aspirer l’air de nos bronchites. Le cataplasme -un journal enduit de ‘Chmen ‘ -beurre rance – avait la propriété de guérir les pneumonies. On nous enveloppait par cette mêlasse que l ‘on devait garder toute la nuit …….avec changement tous les soirs et cela durant une semaine…….ça marchait.
Les sang – sues – la saignée – soulageaient nos anciens du trop plein de ‘mauvais sang ‘.
Pratiques disparues comme ont disparu nos officines d’antan.
La Goulette …..médicale.