AMITIE JUDEO-ARABE
Oui, moi,une jeune Tunisienne de 28 ans j’y crois dur comme fer à cette amitié et j’espère voire débarquer un jour tous les juifs qui sont partis et je voudrai retrouver l’ambiance d’avant, celle qu’ont connu mes parents.On est tous frères et soeurs, qu’on soit chrétiens, Juifs ou musulmans.
Salma

Chers amis,
Nous vous prions de trouver ci-joint une information importante concernant la restructuration de l’Unifan.
Rappel :
Nous sommes la seule communauté à ne pas être organisée et représentée auprès des pouvoirs publics
Nous sommes la seule communauté qui se decharge de la Klita sur une association, alors que pour les Anglophones, la Klita est l’affaire de tous.
Resultat : plus d’un tiers des olim retourne en France.
Il y a environ 3.000 olim de France qui arrivent en Israel chaque année
Plus du tiers retourne en France.
Plus de 22.000 juifs de France ont emigré aux USA et au Canada en 2006,
C’est cette tendance qu’il faudrait inverser.
Nous sommes persuades que tous ensemble, nous pourrions y arriver.
Yom Tov
Yossi TAIEB
Email : yotaieb@012.net.il
www.terredisrael.com
MICHEL GURFINKIEL
ET L’INSTITUT JEAN-JACQUES ROUSSEAU (JJRI)
ont l’honneur de vous inviter
au colloque
LE MONDE LIBRE, UNE IDEE NEUVE
Comment naquit le « ‘monde libre » au lendemain de la Seconde Guerre mondiale
Ses réussites
Les valeurs judéo-chrétiennes et humanistes qui inspiraient ses fondateurs
Les nouveaux ennemis de la liberté au XXIe siècle
Ripostes, stratégies, mobilisation
qui se déroulera
le Jeudi 28 juin 2007
de 9 heures à 18 heures
à la Mairie du XVIe arrondissement de Paris
71, avenue Henri Martin
75116 Paris
P R O G R A M M E
ACCUEIL ET INSCRIPTIONS.
9 heures.
OUVERTURE.
9 heures 30. Pierre-Christian TAITTINGER, maire du XVIe arrondissement :
ouverture du colloque.
9 heures 35. Nicolas TENZER, président du CERAP : Comment est né « le monde
libre » ?
PREMIERE PARTIE : LES VALEURS DE LA LIBERTE.
Modérateur : Charles MEYER.
9 heures 45. André KASPI, professeur à la Sorbonne Paris I : Valeurs
religieuses et valeurs politiques.
10 heures. Armand LAFERRERE, président d’Areva Canada : L’impératif
biblique.
10 heures 15. Yves ROUCAUTE, professeur à l’université de Nanterre : Lumière
divine, philosophie des Lumières.
14 heures 30. Pierre-André TAGUIEFF, philosophe : L’Occident démocratique,
admirable et détesté.
10 heures 45. DEBAT.
11 heures 15. Pause café.
DEUXIEME PARTIE : LES REUSSITES DU MONDE LIBRE.
Modératrice : Valérie HOFFENBERG.
11 heures 30. Florin AFTALION, professeur émerite à l’Essec : Comment la
liberté économique s’est imposée.
11 heures 45. François HEISBOURG, directeur de la Fondation de la Recherche
Stratégique : L’Otan, ou la démocratie armée.
12 heures. Christian MAKARIAN, rédacteur en Chef de L’Express : L’aventure
européenne.
12 heures 15. DEBAT.
12 heures 45. Pause déjeuner.
TROISIEME PARTIE : LA CRISE SOCIALE ET POLITIQUE.
Modératrice : Anne-Elisabeth MOUTET.
14 heures. Louis CHAUVEL, professeur à l’Institut des Sciences Politiques de
Paris : La démocratie peut-elle fonctionner sans une classe moyenne ?
14 heures 15. Jürgen LIMINSKI, Deutschlandfunk : La démocratie peut-elle
fonctionner sans la famille ?
14 heures 30. Dean GODSON, Policy Exchange : Multiculturalisme et
démocratie.
14 heures 45. Melanie PHILLIPS, The Daily Mail : Le Londonistan.
15 heures. Philippe KARSENTY, directeur de Média-Ratings : Démocratie et
responsabilité médiatique.
15 heures 15. DEBAT.
15 heures 45. Pause café.
QUATRIEME PARTIE : LA CRISE GEOPOLITIQUE.
Modérateur : Michel GURFINKIEL.
16 heures. Daniel PIPES, directeur du Middle East Forum : L’islamisme,
menace stratégique immédiate.
16 heures 15. Ilios YANAKAKIS, professeur à l’université de Prague : Chavez,
l’altermondialisme – nouvelles dérives.
16 heures 30. Pierre RIGOULOT, Institut d’Histoire Sociale : Corée du Nord,
Cuba, Iran – les Etats voyoux et ce qu’ils impliquent.
16 heures 45. Dr Richard ROSSIN, Appel pour le Darfour : Le Darfour et ce
qu’il révèle.
17 heures 00. DEBAT.
CONCLUSION.
17 heures 15. Père Patrick DESBOIS, directeur de Yahad/In Unum : La
civilisation est-elle possible après la Shoah ?
17 heures 30. Claude GOASGUEN, député de Paris : Le courage politique,
au-delà de la droite et de la gauche.
17 heures 45. Michel GURFINKIEL, président de l’Institut Jean-Jacques
Rousseau : Un manifeste pour la liberté.
18 heures. Remerciements.
Veuillez confirmer votre présence au colloque :
– en envoyant un e-mail à : jjri-1@jjri.net
– en téléphonant au : 06 08 74 25 24
La Tradition
Un collègue a maintes fois demandé:
Peut-on être juif sans le livre sacré?
N’est-il pas notre fond et notre essence?
Le but même de notre espérance?
La bible peut nous être un guide
Si nous restons purs et limpides
Mais nous devons écouter la conscience
Et lui donner notre entière confiance.
C’est elle qui nous appelle
A nous identifier avec elle
Par nos faits de bonté et d’amour
Que nous devons remplir tous les jours.
Nos vieux les appelaient Mitzvot
Alors qu’ils vivaient dans les grottes
Et pour ne pas les oublier
Ils ont pris soin de les compter.
Nos aïeux ont créé la tradition
Afin que nous fassions attention
A ce qui leur paraissait précieux:
Ils ont écrit la Torah des cieux.
A nos jours tout nous semble étrange
Alors que le monde autour de nous change
Ainsi nous cherchons à adoucir
Notre chemin avec des plaisirs.
L’essentiel est de répandre autour de soi
La gentillesse, l’amour et la joie
Que ce soit d’après la bible ou la tradition,
Que chacun le fasse à sa façon.
Maintenant que Barak est a nouveau dans le gouvernement j’ai trouve utile de revoir mes ecrits d’il y a deca 7 annees. Donc je vous prie de ne pas s’emballe mais de voir si cet ecrit est toujours valable?
Date: 24 Octobre 2000
J’ai lu la traduction en langue française de l’article écrit par Edward Luttwak. Les faits cités sont tous vrais et font partie de l’histoire mais les analyses restent toujours des analyses ou des suppositions. Maintenant que certains dés sont jetés, nous pouvons nous demander, que c’était-il vraiment passé entre Arafat et Barak, surtout après des années de négociations et de progrès qui a été achevé dans l’intérêt des Palestiniens. Du coup, rien ne va plus et les deux parties retournent à la violence. La parole ne compte plus. Le bon sens fait place à l’absurde.
Je ne crois pas aux excuses données par l’un ou par l’autre côté car chacun essaye de justifier sa position. Malgré tout Arafat avait tenu le coup depuis Oslo. Nous savons que certaines conditions des accords n’ont pas été entièrement respectées mais les Israéliens semblaient s’accommoder. Arafat avait contenu la Intifada et les violences avaient cessé. C’est ce que les Israéliens s’attendaient de plus de ces accords. Le calme avait reprit son cours, le commerce fleurissait des deux côtés.
Depuis la venue de Barak sur la scène politique les choses semblaient aller de mal en pire. Mais dans tout ce contexte quelqu’un avait aussi commis une grave erreur. Barak offrait plus que les Palestiniens ne pouvaient avaler. Dans le front du nord Barak retire ses forces armées après tant d’années de résistance et laisse la place à des mauvaises interprétations.
Les offres de Barak étaient plus que les Palestiniens ne pouvaient administrer. Ensuite vient le camp David accompagné d’un délai prescrit à l’avance. Aucun des deux leaders n’étaient prêt, car ni Barak ni Arafat ne pouvait décider sans avoir uni au préalable la majorité du peuple et des factions intéressées. Si les deux parties avaient plus de temps de préparation les négociations ne seraient peut-être pas terminées mais ne seraient pas rompues tel que nous l’avons vu, car les accords obtenus directement par les deux parties seraient plus solides que les accords forcés par d’autres.
La paix qui a été signée entre l’Egypte et Israël avait été signée entre Sadate et Begin, qui était le chef de la Droite israélienne. A mon avis, toute paix avec les Palestiniens ou les Syriens ne sera signée que par quelqu’un de fort, qui pourra aligner son peuple derrière lui.
pour Cacouboulou
FOOT – Hop Suisse !!!
C’est dans une école à la frontière franco-suisse, l’institutrice dit qu’elle est fan de l’équipe de France et demande aux fans de l’équipe de France de lever la main.
Pour faire comme la jolie institutrice, tous les élèves lèvent la main, sauf une. « Bah alors, petite Emilie, tu n’es pas fan de l’équipe de France ? » demande l’institutrice. « Non », répond Emilie, « je suis fan de l’équipe suisse ». « Ah bon ? »
Demande l’institutrice, « et pourquoi ? ».
« Parce que mes parents sont fans de l’équipe suisse, donc je suis fan de l’équipe suisse » répond la petite fille.
L’institutrice veut donner une leçon à la fille et dit « Et si tes parents étaient des imbéciles finis, tu serais quoi ? ».
Là, la petite Emilie répond « Je serais fan de l’équipe de France ».
un petit clin d’oeil et mes meilleurs souhaits de chavoua tov
Henri il n’y a ni distance ni lieu dans l’amour. Il est partout pour ceux qui ont le coeur ouvert pour le recevoir.
Chabbat Chalom à tous les êtres
Henri il n’y a ni distance ni lieu dans l’amour. Il est partout pour ceux qui ont le coeur ouvert pour le recevoir.
Chabbat Chalom à tous les êtres
Alors là Richard Bravo ! On n’a pas toujours été d’accord, mais alors là c’est du 100%,,,
Un Trés Bon Shabat, à bientôt,
Ya Breitou, ya Henri Ana Qalbi Safi (Breitou Henri mon coeur est pur) depuis Béja jusqu’à l’au-delà, grâce à Lui.
L’UNIQUE Créateur c’est lui qui nous nettoie, nous filtre et nous purifie à travers l’échelle de Jacob et tous les échelons intermédiaires.
C’est de lui que vient la lumière qui éclaire notre obscurité et nos mésententes.
Nos coeurs sombrent toujours avant la tempête, quoique nous sachions que le soleil est là derrière les nuages et apparaîtra juste quand nous croyons être abandonnés.
Il faut se répéter au fond de soi-même A ANI MAAMIN BE EMOUNA CHELEMA (Je crois avec mon entière foi) que nous ne serons jamais abandonnés là ou nous soyons. Voilà à quoi je crois.
Chabbat Chalom
« En prenant Jérusalem,
Israël a décidé qu’il n’y aurait pas de paix »
Tom Segev
Entretien avec l’historien israélien Tom Segev, réalisé par Pierre Barbancey
Où en était la société israélienne à la veille de la guerre, en juin 1967 ?
Si vous étiez en Israël au milieu des années soixante, vous pensiez participer à une aventure extraordinaire et pleine de succès. L’État existait malgré deux guerres, 2 millions de juifs étaient venus y vivre et construire la nation, l’économie marchait bien et culturellement c’était un succès. Les gens venaient du monde entier pour voir ça, d’Alfred Hitchcock à Jean-Paul Sartre. Les Israéliens étaient optimistes, confiants dans un avenir qui fournirait à leurs enfants une vie meilleure. Tout cela disparaît de façon abrupte dix-huit mois avant la guerre et Israël entre dans une crise psychologique terrible. Le pays connaît une récession économique et une montée du chômage. Il y a plus de départs du pays que d’arrivées. Cela ne s’était produit qu’une seule fois dans le passé, en 1953. Il n’y a rien de plus offensant pour l’ego sioniste ! Une blague est d’ailleurs apparue faisant état d’un panneau à l’aéroport de Tel-Aviv demandant au dernier juif qui partirait d’éteindre la lumière. Le rêve sioniste était fini.
Déjà en 1966 on parlait de post-sionisme. L’expression ne date pas de maintenant. Il y avait un grand fossé entre les générations. Les parents sentaient qu’ils perdaient leurs enfants en tant que sionistes. Pour la première fois les ashkénazes (juifs d’Europe centrale et orientale) étaient dépassés en nombre par des non-ashkénazes. Au niveau politique, le très charismatique David Ben Gourion était remplacé par Levi Eshkol, en qui personne n’avait confiance. Et le « terrorisme » palestinien commençait, ce dont peu de monde se souvient. Tout cela n’était pas dramatique mais un pays normal ne peut pas vivre avec tous les deux jours quelque chose qui se passe : une bombe ici, quelqu’un tué là…
Eshkol s’est donc tourné vers l’armée et a demandé ce qu’elle comptait faire. L’armée n’avait pas de réponse au terrorisme. C’est intéressant parce que c’est comme aujourd’hui. La seule réponse qu’ils avaient était de frapper la Syrie. La tension a commencé à monter à la frontière syrienne mais aussi à la frontière égyptienne. La crise à la frontière égyptienne avait des solutions diplomatiques variées, mais elles réclamaient toutes des nerfs solides et un gouvernement fort. La crise de mai 1967 a frappé la société israélienne au plus mauvais moment parce qu’elle se trouvait en perte de confiance. C’est à ce moment que l’idée de l’Holocauste a émergé.
Comme vous le savez l’Holocauste est un sujet problématique en Israël. Il y a beaucoup de manipulations. À cette époque le ministère des Affaires étrangères a demandé à son ambassadeur à Washington de prendre rendez-vous avec le rédacteur en chef du New York Times et de lui expliquer que Nasser était un nouvel Hitler ! La panique ici a été générale. Pour mon livre, j’ai collecté 500 lettres envoyées par des Israéliens aux États-Unis. Ce ne sont pas des lettres au New York Times mais des lettres personnelles, d’une mère à sa fille, d’un homme à son frère. Elles reflètent toutes cette peur. À Tel-Aviv, on a commencé à sanctifier des parcs, des terrains de football pour enterrer des corps parce qu’on pensait qu’il y aurait des dizaines de milliers de cadavres. Seul un pays qui a connu un holocauste peut se préparer ainsi au prochain.
La guerre était donc inévitable ?
Tom Segev. La guerre avec l’Égypte était inévitable. Pas pour des raisons diplomatiques et militaires comme le craignait Eshkol, mais parce qu’Israël était psychologiquement trop faible pour ne pas aller à la guerre. Mais il y a eu trois guerres cette semaine-là : avec l’Égypte, avec la Jordanie et avec la Syrie. Et trois explications différentes. Lorsque la guerre s’engage avec la Jordanie, le danger existentiel est fini. Nous avons déjà détruit les forces aériennes égyptiennes. La guerre avec la Jordanie contredit l’intérêt national d’Israël. Ce n’est pas moi qui le dis maintenant, ils l’ont dit eux-mêmes à cette époque. C’est une des choses nouvelles qu’il y a dans le livre. Six mois avant la guerre, la direction du Mossad, les renseignements militaires et le ministère des Affaires étrangères se sont réunis et ont fait quelque chose que les Israéliens ne font pas souvent : ils ont réfléchi à l’avenir.
La question était : quelles sont les circonstances qui rendraient nécessaire la prise de la Cisjordanie ? Parce qu’il y avait des groupes armés palestiniens qui venaient aussi de Jordanie. Mais à la fin ils sont arrivés à la conclusion qu’il n’était pas dans l’intérêt d’Israël d’occuper la Cisjordanie. Pourquoi ? À cause de la population palestinienne. Une occupation rendrait vie au nationalisme palestinien, ce serait dommageable pour la majorité juive et éventuellement cela amènerait une résistance armée. Ils ont donc dit qu’il ne fallait pas occuper la Cisjordanie. Mais au matin du 5 juin 1967 toutes ces raisons ont été oubliées. Le fait que Hussein de Jordanie ait attaqué Jérusalem pouvait donner lieu à des représailles, comme détruire l’armée jordanienne, exhiber Hussein en sous-vêtements comme ils ont fait avec Saddam.
Mais pourquoi occuper la Cisjordanie ? J’ai eu accès pour la première fois aux discussions du gouvernement. Pas un ministre n’a posé la question de savoir en quoi il était dans l’intérêt d’Israël de contrôler Jérusalem-Est. Ils n’ont pas convoqué un seul expert. On prend les lieux saints du monde chrétien et du monde musulman et on ne demande pas son avis à un juriste, comme on le fait pour acheter un appartement ? Il n’y a pas eu de question parce que la réponse est évidente. C’est irrationnel : la religion, l’aspiration nationale, deux mille ans de sionisme. Ils ont pris Jérusalem-Est et la Cisjordanie en sachant qu’il ne fallait pas. En prenant Jérusalem, ils ont décidé qu’il n’y aurait pas de paix puisque celle-ci ne peut exister sans rendre Jérusalem. Quarante ans après on sait qu’Israël n’a absolument rien gagné en prenant les territoires palestiniens.
Quel était le sentiment des Israéliens – lorsqu’ils sont partis en guerre ?
Tom Segev. Avant la guerre ils pensaient être en danger d’extermination. Ils utilisaient d’ailleurs ce terme. L’armée a expliqué que celui qui frappe le premier gagne. Elle a mis le gouvernement sous pression. Le premier ministre Eshkol a laissé le portefeuille de la Défense à Moshe Dayan.
En fait Eshkol est apparu comme quelqu’un de fort : il a dit dès le début qu’Israël n’engagerait pas la guerre sans le feu vert des États-Unis. Il y avait aussi une forte tension entre les jeunes généraux et ces vieux politiciens qui étaient à leurs yeux des juifs faibles de la diaspora. Rabin, le chef d’état-major, représentait les nouveaux Israéliens, ces sabras qui voulaient se débarrasser de ceux qui parlaient yiddish. Eshkol, lorsqu’il parlait des généraux, disait « les Prussiens », ou, à propos de Dayan, « l’Arabe ». Tout ça a joué un rôle. Après la guerre la blague était la rencontre de deux généraux : « Qu’est-ce qu’on fait aujourd’hui ? Si on attaquait Le Caire ? OK, et l’après-midi ? » La société est passée du plus bas à une élévation quasi messianique. De plus il n’y a pratiquement pas eu de résistance de la part des Palestiniens et l’idée d’une occupation douce s’est installée. Nous n’avons pas décollé de 1967. Ce sont les mêmes problèmes, les mêmes débats, mais plus difficiles à résoudre. 1967 continue.
Pour les Israéliens, les Palestiniens n’étaient pas là en quelque sorte ?
Tom Segev. Les Palestiniens n’étaient nulle part. Lorsque j’ai grandi, on disait « Arabes », ce qui voulait dire Égyptiens, Syriens, Jordaniens, Irakiens, Libanais. On n’a jamais pensé aux Palestiniens. Cela a été le grand choc de l’après-guerre. Il fallait compter avec un nouveau facteur. On n’avait jamais entendu parler des Palestiniens. On savait qu’une fois par an il y avait une discussion à propos des réfugiés aux Nations unies. Mais rien de vraiment concret. On ne savait pas à quoi ressemblait un camp de réfugiés. Rabin pensait qu’il fallait établir un État palestinien indépendant et pas rendre les territoires à la Jordanie. Il y a eu des discussions avec les Palestiniens ainsi qu’avec le roi Hussein. Mais on se sentait si puissant qu’on pensait qu’on pouvait mettre des conditions : on ne rendrait pas Jérusalem ni Gaza, pas plus que la vallée du Jourdain. Pas non plus le Golan, ni le Gush Etzion, ni Hébron… Donc il y a eu de plus en plus de colonies. Je ne suis pas encore arrivé à la conclusion qu’on a manqué une opportunité de faire la paix en 1967.
Je ne pense pas que les Israéliens et les Palestiniens étaient prêts. Le fossé était trop grand. En 1967, on a loupé l’opportunité de résoudre le problème des réfugiés. C’était le moment. Ils étaient arrivés à la conclusion qu’il faudrait mettre les réfugiés de 1948 qui se trouvaient à Gaza en Cisjordanie. Rien ne s’est passé alors qu’il y aurait pu y avoir l’argent. La branche française des Rothschild avait offert d’en donner. Mais les Israéliens ont pensé que ce n’était pas pressé, que l’ONU s’occupait de ces réfugiés. Il y avait aussi des problèmes politiques. Des gens comme Begin, Dayan, Alon disaient que la Cisjordanie devait être gardée pour les colonies juives. Eshkol s’est dit qu’on pouvait se débarrasser des réfugiés palestiniens dans des pays arabes comme l’Irak. Il en a même parlé au président des États-Unis, Johnson. Il y avait aussi une dimension idéologique : le mouvement sioniste, Israël faisaient partie du problème, ce qu’ils se refusaient et se refusent à admettre. En 1967 on a appris que le problème n’était pas entre Israël et les pays arabes mais entre Israël et les Palestiniens. C’est la conséquence majeure de cette guerre, même si tous les Israéliens ne veulent toujours pas le reconnaître.






