AU NOM DE TOUS LES MIENS
SHALLOM AAL KO AAM ISRAEL
BESMELLAH EL RAHAM EL RAHIM
AU THEATRE CE SOIR….
MUSIQUE……
NRJ/ RAOUL JOURNO.
Il est toujours sur les planches…..
Et comme il le fait toujours, il va inviter …
‘Madame ARLETTE…..Je vous vois, ne vous cachez pas, venez je vous invite près de moi ma chère dame avec le consentement de votre mari ( il la pousse de son coude)
‘Non….Je n’ose pas….’
‘Mais si Madame…..Allez monter, nous sommes entre amis et frères et puis vous n’avez pas à parler, ou alors si vous le sentez allez-y…..’
Elle monte, elle trébuche, je la rattrape….Elle rit….
‘……..Fi ghyèbèk, ya mâ ennèh marhouk
Yenèye ya mâ jrè fièm èl noum…( bis)
Fi baydèk qu’albi …… qualbi meghmoum
Enti lèyè yèz ahbib
Yè mâ ya mâ….’
‘Par ton absence, maman, j’en suis meurtri
Mes larmes, maman, ont coulé durant mon sommeil..
Après toi mon cœur…..mon cœur est chagriné…
Tu es pour moi ma chérie….…’
Maman….Maman…..’
‘Mais vous pleurez…..? ARLETTE….?’
‘Oui…..Je m’excuse…je suis émotive….!’
‘Vous avez donc compris les paroles…..?’
‘O que oui….nètkèlèm bèl yarbi…..’
‘Rabbi yallik yè madame FERNAND….. 5 X 5 pour vous….?’
‘Cela vous rappelle votre maman….?.’
‘Eye…..yè monsieur BREITOU…..merci…..emh….emh….!’
‘Bon cessez de renifler…voilà un papier lotus…..!’
‘Merci…..emh….emh….!’
‘Mnih…..yejji mèl emh….emh…..!
‘…….MA MERE –CE TRAIT D’UNION…’
ARLETTE………….
Je ne suis pas allé passer mes vacances de juillet à Tunis, cette année. Mais à Juan-Yupin ( Juan Les Pins). Cela fait 6 ans que j’ai désértè cette jolie station balnéaire au littoral agréable- flanquée entre Cannes et Antibes. Petite perle de la Méditerranée, elle s’est payèe un joli lifting entre temps. J’en profitais pour inviter ma mère et à partager un coquet petit studio, au première étage face mer. Juste au-dessus du Neptunia, café à la mode de nos belles sexagénaires.
Ma vieille maman, sa jeune valise, la mienne et moi prirent donc, en ce matin du 9 juillet, le TGV Medi…
Tu sais…….Elle a vieilli ma mère. Son pas hésitant, entre- coupée de halètements, a largement entamé sa démarche.. Elle ne presse plus le pas, ce dernier est devenu pesant. Elle avance péniblement en s’essoufflant, s’arrêtant parfois pour reprendre son souffle court. Elle halète ma mère.
Son visage s’est flétri. Ses cheveux blancs, à la bonne coupe régulière m’invite au respect qu’elle n’a pas envers moi
Son rouge à lèvres rose pâle déborde sur ses lèvres et son coup de khol autour de ses paupières est si discret …
Je ne veux pas croire à sa vieillesse. Je la vois dans mon esprit comme dans ma jeunesse …Energique ….Forte…et pleine d’entrain. ‘La mort’ me dit ‘elle ‘Je n’ai pas peur d’elle….j’appréhende seulement la souffrance ….je ne veux pas vous angoisser…’.
Mon regard glisse sur ses mains aux dos ridés, aux doigts lisses sans doute d’avoir trop râpé, essoré, reprisé et lavé car ma mère aujourd’hui encore utilise rarement le progrès.
Elle vaque à ses occupations quotidiennes avec courage et à ses obligations les plus simples comme ingurgiter matin, midi et soir un tas de pilules technicolors dont elle connaît les noms et les fonctions de chacune.
ARLETTE………. Toutes nos mères sont des traits d’union. Des messagères de paix. Des porteuses d’espoir. Celles qui nous rapprochent quand nous nous querellons, entre frères, utilisant plus d’un stratagème pour aplanir nos différents. Allant même jusqu’à inventer des prétextes pour donner raison à l’un ou l’autre quand des frictions subviennent. Elles sont les racines qui font vivre les feuillages, les sèves qui irriguent nos esprits. Qu’elles viennent à manquer et nous voilà devenus des branches sèches et solitaires.
Le soir, elle respire fort, la bouche ouverte sans doute que ses narines se sont retrécies.
Pourquoi tout rétréci chez nos mères… chez les vieilles personnes… ?
-‘Oui…..Breitou……la mienne elle était devenue si petite que je ne savais pas si elle était sur son lit ou sur le divan…..’
O la mienne…….Il m’arrive de la chercher à la maison……’
‘Vous vous moquez de moi…Breitou…?’
‘Je ne me le permettrait pas Madame ARLETTE….! Je plaisante….Ma mère est une grande dame avec plus de qualités et moins de défauts….!’
‘Mais c’est kif kif ce que vous dites là…..!
‘Oui un pléonasme…..’
‘Oui…..la pauvre, elle plait….Aux âmes…..!’
‘Aux quiproquos surtout qu’elle plait ma mère……ARLETTE…..’
Elle ronfle ma mère….Ma chère ARLETTE….…des ronflements qui prennent la forme et le bruit, tour à tour, d’une grande calvacade de cosaques foulant les steppes mongoliennes à la poursuite d’un TGV Mèdi…ou d’une meute d’oie agressive et caquetante. Par moment, elle s’arrette. Plus rien. Silence radio. Je profite de ce moment de répit pour aiguiser mon sommeil. Puis…. Intrigué par ce brusque arrêt respiratoire, je prends peur et m’assois sur mon lit pour vérifier si elle n’a pas trépassée sans……….Me prévenir. Non…..Elle respire.
Je relatais cet épisode curieux à un ami de plage qui m’informait que ma mère rentrait en apnée. En apnée.. ? Voilà donc… ma mère, en plus de ce qu’elle a, faire de la plongée sous-marine, chaque soir sans tuba ni scaphandre. Elle plonge donc, à son insu, dans les profondeurs océanes et si un jour ……merde alors…. ?.. Et si en plus je devais aller la chercher à 150 mètres au fond de la grande bleue…. Je ne serai pas sorti de l’auberge. Il va falloir m’équiper pour l’avenir.
Je l’observe la vieille dans ce sommeil apnèique et meurs d’envie de lui timbrer sur son front crevassé, un baiser.
‘Peut être vais -je la faire sursauter… ? Je me trouve un prétexte fallacieux pour me dérober. Je suis perdu dans mes pensées…et n’arrive pas à croire qu’à 56 piges et quelques crottes je m’interdis de faire le geste le plus simple de la vie…. Celui qui ne mérite aucun effort….Embrasser ma mère. Aaaaaah…soupir.
‘ ARLETTE…..Attendez ….ne soyez pas si pressée de partir….j’ offre toujours une chanson à mes invités….MUSIQUE.
Voilà pour vous un peu remanié…..
Yè marhaba bè madame Arlette….
Talyouââ yâl kerssi bèh déyiè
Yè jmââ…….Hadrou èl chmè
Yendi farh bèch yahdar…..
Yè marhaba benti RAHEL
Gââddouya…ou hèzouhè
Zarkhrèt yè NAO….MICHKA…JANET…..
( Soit la bienvenue o toi Arlette
Faites là monter sur la chaise…près de moi….
Et vous la bande…préparez les bougies
J’ai une fête qui s’annonce
Soit la bienvenue ma fille RAHEL
Faites là asseoir…et levez là….
Youyoutez mes amies……
‘Yââââââ ……Raâââââââbiiiiiiiii…… Farèh…… kôl bnèyé….’
ALBERT EST SUR LE THEATRE DE BREITOU TOUS LES JOURS.
ARLETTE EST LA FEMME D UN AMI. JE FAIS DONC MONTER SUR LES PLANCHES DES AMIS DU SITE A TOUR DE ROLE.