La triste odyssée des boat-people de Saint Raphael nous rappelle quil y a de par le monde dautres peuples que les Palestiniens dont la souffrance est au moins aussi intense et les droits non moins légitimes. Ces Kurdes, qui fuient par tous les moyens leur terrre natale, sont un peuple de 25 à 30 millions dâmes, partagé entre lIran, lIrak, la Turquie et la Syrie, qui se bat vaillament et dans l’indifférence depuis des années pour obtenir une quelconque reconnaissance de son droit à mener une vie nationale sur son territoire.
Autres souffrances, autres malheurs, deux millions dAfghans fuyant les combats et la dictature moyen-âgeuse des Taliban, se réfugient comme ils le peuvent au Pakistan, tandis quen Afrique des dizaines de milliers de malheureux, faméliques et démunis de tout, parcourent le continent pour fuir les massacres et les persécutions ethniques et tribales sans savoir où aller.
Et pourtant lopinion internationale ne jette sur tous ces pauvres gens quun regard distrait car elle est toute entière focalisée sur la seule cause palestinienne qui remplit des pages entières des quotidiens et investit les chaines de télevision.
Parce que Yasser Arafat et ses collègues, passés maitres dans lart de la communication et des relations publiques ont reussi à faire de leur combat contre Israel la principale préoccupation dun monde qui ne vit plus quà travers lintifada dont le but ultime est l élimination à court ou à moyen terme de lEtat Juif. Les Palestiniens sont convaincus de reussir là où les Etats Arabes ont échoué aprés tant de guerres.
Ils fondent leur intransigence et leur optimisme sur trois arguments :
1) Le fait que leur jeunesse, conditionnée dans la haine dIsrael et lexaltation de la mort au combat qui leur ouvrirait toutes grandes les portes du paradis, accepte de provoquer quotidiennement Tsahal dans les territoires et en deçà de la ligne verte pour lobliger à riposter et provoquer un embrasement general.
2) Le retournement en leur faveur de lopinion internationale qui leur prête une oreille attentive quand ils sefforcent de diaboliser Israel, de nier sa légimité sur le sol de la Palestine, de nier les liens du judaisme avec ses lieux saints, que ce soit le mont du temple ou le mur des
lamentations à Jerusalem, le tombeau des patriarches à Hebron etc..
Dans cette entreprise négationiste qui réécrit à leur façon lHistoire et la légende depuis Abraham – puisque le patriarche est considéré comme le premier musulman – ils trouvent un appui inattendu auprés de certains écrivains et historiens israéliens et diasporiques tels Simha Flapan, Abraham Serfati ou laméricain Finkelstein qui leur fournissent des arguments inéspérés en tirant à boulets rouges sur Israel et les conditions de sa fondation.
Le nouveau négationisme arabe retourne en faveur des Palestiniens le potentiel émotionnel de loccident en accreditant limage dun Israel nazi et exterminateur qui se livre à un génocide sur le peuple palestinien, notamment au moyen de gaz pour faire plus vrai, un « détail » de plus en quelque sorte.
3) Le troisième argument qui conforte les certitudes palestiniennes est tiré de la démographie. En effet si la courbe de croissance se maintient égale à elle-même et compte tenu que les femmes de Gaza, font sept enfants chacune (comme le soulignait léditorialiste du Figaro), en 2050, il y aura 25 à 30 millions de Musulmans entre le Jourdain et la mer, dont 7 millions
à linterieur même dIsrael face à quelques millions de Juifs devenus très largement minoritaires, qui nauront plus alors le choix quentre lexil ou la soumission.
Cette nouvelle strategie arabe, extremement dangereuse pour Israel, justifie la formation dun gouvernement dunion nationale que Sharon sefforce de reussir, malgré les grincements de dents de certains travaillistes qui ne veulent plus de Barak.
Reste à connaitre le programme de ce gouvernement et la façon dont il entend lappliquer. Lavenir dIsrael nest asssuré que dans la mesure où il presente un front uni face à ses ennemis et que sa force de dissuasion soit toujours crédible.
© André Nahum, 2001






