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Netanyahu face aux généraux

Netanyahu, en 2014, avec deux chefs d’état-major Yaalon et Gantz Moshé Yaalon (Likoud), ministre de la Défense de 2012 à 2016, appelé par Netanyahu, puis vertement écarté, à la faveur d’une alliance politique, au profit de Lieberman

Netanyahu face aux généraux (info # 012307/16)[Analyse]

Par Guy Millière ©MetulaNewsAgency

 

Israël, qui peut l’ignorer, est confronté, depuis sa renaissance il y aura bientôt sept décennies de cela, à la guerre. Celle-ci a pris la forme de guerres conventionnelles : en 1948-49, en 1967 et en 1973. Peu à peu, la confrontation s’est transformée pour prendre la forme de la guerre terroriste menée par l’OLP dès les années 1970, qui n’a pas cessé depuis, même si, grâce à la barrière de sécurité, à l’endiguement de Gaza, à des moyens de surveillance sophistiqués, et à une vigilance de chaque instant des forces de sécurité, le nombre d’actes terroristes a diminué. Et, faute de pouvoir recourir aux explosifs et aux attentats suicides, les assassins recourent désormais essentiellement au couteau, au fusil d’assaut ou à la voiture tueuse.

 

La confrontation a pris aussi la forme de la guerre diplomatique et de la guerre de propagande, on ne peut que le constater tous les jours. Et l’OLP a remporté, hélas, diverses victoires dans ces domaines. Les accords d’Oslo ont constitué l’une de ces victoires, la création de l’Autorité Palestinienne, qui a donné une apparence présentable à une organisation criminelle, en a été une autre, ainsi que la reconnaissance de l’Autorité Palestinienne en tant qu’Etat palestinien, partout où cette reconnaissance s’opère.

 

Les résultats des élections israéliennes, année après année, montrent que le peuple israélien en sa majorité n’est pas dupe, n’a pas d’illusions, sait ce qu’est l’Autorité Palestinienne, discerne que confier un Etat à ces gens-là serait irresponsable et suicidaire. Les Israéliens n’ignorent pas que ces gens-là, de toute façon, ne veulent pas d’un Etat mais visent uniquement la destruction d’Israël ; ils instrumentalisent les territoires qu’ils occupent comme bases-arrière en vue de ladite destruction, utilisent les populations arabes qu’ils contrôlent par l’endoctrinement, et amassent des armes pour l’anéantissement d’Israël et du peuple juif.

 

Ces résultats montrent que la gauche, parce qu’elle reste dupe et prisonnière d’illusions, est condamnée à être minoritaire, et ce n’est pas la récente révélation de pourparlers secrets entre Itzkhak Herzog et Mahmoud Abbas, au moment des dernières élections israéliennes, négociations au cours desquelles Herzog s’est révélé prêt à tout céder à l’OLP sans rien obtenir en échange, qui vont changer cette situation, ni la perception que la majorité des Israéliens peut avoir de la gauche.

 

Ces résultats se heurtent également à une double réalité : la majorité des journalistes israéliens, à  la différence de la majorité des Israéliens, est de gauche, et livre une guerre médiatique aux dirigeants choisis par l’électorat israélien. La majorité des chefs militaires de l’armée d’Israël, et une majorité des chefs des services de renseignement israéliens sont eux aussi de gauche, et font tout ce qui est en leur pouvoir pour entraver les décisions prises par les dirigeants légitimement élus.

 

La guerre médiatique livrée par les journalistes de gauche a conduit aux multiples campagnes de presse contre Binyamin Netanyahou et, de manière récurrente, contre son épouse. Elle a conduit aussi aux campagnes de presse contre Avigdor Lieberman. Elle sert, de facto, la guerre diplomatique et la guerre de la propagande menée contre Israël. Elle fournit des arguments à l’OLP devenue Autorité Palestinienne, qui sait pouvoir compter sur nombre d’idiots utiles s’exprimant dans Haaretz, entre autres. Elle fournit des arguments  aux gouvernements anti-israéliens du monde entier, qui peuvent dire qu’ils ne sont pas complètement anti-israéliens, puisque les arguments qu’ils utilisent sont des arguments exprimés dans les media israéliens.

 

L’action de la majorité des chefs militaires de l’Armée d’Israël, et d’une majorité des chefs des services de renseignement israéliens est bien plus délétère. Quand elle se retrouve dans des films de propagande anti-israéliens, tels The Gatekeepers (Les gardiens), basé sur les témoignages de six anciens dirigeants du Shin Beth (service de la sécurité intérieure [le contre-espionnage]), elle est un très mauvais coup porté à Israël. 

 

Quand elle conduit à des textes collectifs dénonçant ou critiquant l’action du gouvernement israélien, tel celui publié il y a quelques semaines par un groupe de deux cent quatorze généraux, signant collectivement Commanders for Israeli Security(Commandants pour la Sécurité Israélienne), elle est bien davantage qu’un très mauvais coup porté à Israël.

 

Il semble, c’est ce que décrit un article très documenté paru voici peu sur le site politico.com aux Etats Unis (Netanyahu vs. The Generals[Netanyahu face aux généraux]), que l’action susdite est allée jusqu’à empêcher que certaines décisions soient prises et que certaines actions soient réalisées par le gouvernement israélien dans un passé récent.

 

Il paraît évident qu’une hostilité aux allures de confrontation existe entre Binyamin Netanyahou et nombre de généraux israéliens. Cette confrontation est préoccupante, tout particulièrement dans le contexte turbulent d’aujourd’hui. Elle constitue un danger majeur pour la sécurité et l’avenir d’Israël. Le rôle de l’Armée d’Israël, qui est une armée du peuple, ne consiste pas à s’opposer au gouvernement démocratiquement élu et aux décisions souveraines du peuple d’Israël. Il n’est pas de contribuer en quoi que ce soit et sous quelque forme que ce soit à la guerre engagée contre Israël.

 

Il paraît  clair, hélas, que le danger susdit s’est déjà, pour partie, concrétisé. Comme Caroline Glick l’a noté il y a quelques semaines, des actions militaires israéliennes ont été conduites ces dernières années par des chefs qui n’avaient pas de stratégie de victoire1. Des chefs militaires, qui n’ont pas de stratégie de victoire conduisent à des morts inutiles. Toute mort inutile d’un soldat israélien relève de l’absolument inadmissible.

 

On ne peut que souhaiter un redressement clair, net et précis. Parce que je suis profondément attaché à l’existence d’Israël et à la sécurité du peuple israélien, je souhaite ce redressement.

 

 

 

Note du rédacteur en chef :

 

1En 2014, lors de l’opération Falaise Inébranlable (faussement traduite en français par "bordure protectrice"), Binyamin Netanyahu avait décidé seul d’engager Tsahal dans une campagne contre le Hamas à Gaza. Non seulement il n’avait pas de "stratégie de victoire", mais il n’avait pas désigné non plus à l’Armée Israélienne d’ "objectif stratégique" à atteindre.

 

Il ne s’agit pas uniquement de l’avis des spécialistes stratégiques de la Ména, confrères de Guy Millière, mais également de celui, exprimé sur un ton particulièrement dur à l’encontre de Netanyahu, d’Avigdor Lieberman, à l’époque ministre des Affaires Etrangères, et désormais nommé par Netanyahu au poste de ministre de la Défense. Lieberman affirmait que l’Armée israélienne devait pénétrer dans Gaza et en chasser le Hamas, et que sinon, Falaise Inébranlable était inutile.

 

"Falaise Inébranlable" a causé la mort de 67 Israéliens, dont cinq civils, et 2271 Israéliens ont été blessés, dont 837 civils. De nombreux officiers de Tsahal, n’ayant strictement aucun penchant particulier pour la gauche, considèrent que ces morts et blessés furent "totalement inutiles" et "absolument inadmissibles", puisque leur sacrifice fut la résultante de l’incompétence du Premier Ministre.

 

C’est non seulement le droit de ces officiers et experts en stratégie, responsables militaires de la sécurité d’Israël et de leurs concitoyens, d’exprimer leur point de vue professionnel en conformité avec les lois et les usages d’un Etat démocratique, mais c’est également leur devoir. 

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