Ce qui nous rassemble.
Pour beaucoup d’entre nous, les vieux ou les anciens nous avons encore la chance de dialoguer en judéo arabe.
Nous avons eu la chance dans ces temps passé d’avoir les mêmes plats, de sentir les mêmes parfums, d’avoir partagé les même lieux. D’avoir vécu les même kifs et plaisirs.
Nous partageons encore ces plats bien sur mais plus les odeurs du jasmin, des roses de l’Ariana et l’odeur de la mer et moins encore fouler le sable de nos plages.
Nous avons eu la chance d’avoir vécu en bonne entente et harmonie avec nos amis musulmans.
Nous avons eu la chance de partager, de s’associer, d’associer nos joies et nos peines sans que rien ne vienne troubler l’ordre établi c'est-à-dire notre sérénité.
Nous avons eu la chance bien que nous fumes distants de quelques kilomètres les une des autres d’avoir eu la même vision des choses d’où que tous nos souvenirs se fondent dans une même gargoulette.
Nous avons eu la chance d’avoir vécu en paix. Bien loin de certains tintamarres guerriers mais sous des musiques qui nous donnent encore cette joie de nous reconnaitre dans ce pays que nous avons quittés pour nombre d’entre nous.
Nous avons eu la chance de vivre longtemps auprès de nos parents là bas et ils ont eu la chance pour beaucoup d’entre eux de nous avoir accompagnés dans les divers pays d’accueil qui ont bien voulu de nous. Ils ne vivent plus par contre parmi nous mais dans des appartements salubres mai seuls. Rares sont ceux d’entre nous qui assistent au départ d’une mère ou d’un pére. Mieux encore d’une mémé.
Chose impensable il y a qqs années avant le grand exil.
Nous avons la chance aujourd‘hui et cela grâce au net de se retrouver sur la toile. Chose impossible, il y a 20 ans.
Nous avons donc la chance de nous retrouver ici ou ailleurs avec le même esprit d’il y a 50 ans, rien n’a changé dans nos habitudes nos mœurs et surtout nos us et coutumes.
Nous avons la chance de déballer nos souvenirs, une résurrection venue à point. Et du coup nous voilà nous rajeunir comme les enfants et adolescents que nous étions auparavant.
Nous avons la chance de retrouver dans ce virtuel bien sur nos anciens amis, ‘nos cafés’ et nos ‘kaddet’ sans bouger de nos fauteuils tournants. Il suffit de tendre la main, de pointer la souris sur les ‘makrouds’ pour gouter à tous ces plaisirs de la table et gratuitement. Se goinfrer par l’internet ne fait pas grossir.
Nous avons la chance de voir apparaitre de temps en temps, comme venu de nulle part une ou deux folles de quartier pour animer notre station de palabres.
Nous avons la chance de découvrir des choses que nous avons oublié ou ne pas connaitre, nous instruire de ce nous avons raté grâce à, l’apport de chacun d’entre nous.
J’ai eu les chances de les avoir vécues, connues embrassées d’où que je ne regrette rien.
Toutes ces chances sont passé sans doute inaperçues à vos yeux alors qu’aujourd ‘hui nous les percevons mieux. Ce qu’il faut retenir c’est notre passé, notre passé et non plus le présent, ce présent de là bas qui cherche à détruire les chances de notre vécu.
Y’a-t-il une chance que nous avons raté et que vous voudriez bien là rappeler à ma mémoire défaillante… ??? Non, je ne crois que vous vous en souviendrez. Parce que j’ai évoqué presque toutes les chances.
Je ne peux m’empêcher de penser à elle.
Surtout à l’approche des fêtes parce qu’elle était présente autour de la table que cela soit à Paque, sous la cabane de la CHEUKA et les veillés de ROCH ACHANA.
Autrefois alors que nous étions célibataires, elle présidait d’une main de fer toutes nos fêtes. Puis à mesure que nous partions de la maison pour fonder nos familles, elle s’invitait chez nous.
Elle avait sa place et elle avait toujours son mot à dire. Elle attendait surtout mes blagues, elle attendait de rire de ces dernières elle attendait de rire. Et elle riait de mes frasques avec bon cœur, elle riait du ’fou’ comme elle me désignait et plus elle riait et plus je faisais le fou.
‘…Maman, cela fait un an que tu n’as plus participé à nos fêtes. Tu étais malade. Alitée dans un endroit morne aux murs pâles cherchant des yeux tes enfants qui angoissés attendaient t le lendemain pour te faire gouter toutes ses sucreries. Je te disais que c’était ROCH ACHANA et tu me regardais avec tes petits yeux surpris. ‘…Comme c’est bon …’ Tu me disais. Oui c’était bon dans ton palais mais dans le notre, il était amer ce gout de miel.
Maman tu as tant fait pour nous et je voulais en ce début d’une nouvelle année juive te dire combien tu nous manques et combien ton absence nous pèse. Hier soir, je t’imaginais assise face à moi avec ton petit sourire qui m’invitait à blaguer, j’avais en tête toutes tes réparties et j’avais aussi les miennes. Mais hélas, elles ne sont pas sorties mais tu as du les lire là haut.
Maman tu manques énormément.
Albert ton fils.
De quoi avons-nous hérité…. ?
Nous les dignes successeurs, de CHOUA…MEIHA…BREITOU…JOULIE…Nos grands parents et de DEIDOU et LOUISE HAYE nos parents et de tous ceux qui font partie de notre lignée, de quels héritages avons-nous hérité… ?
Bien que ne les ayant pas connus ces chers ancêtres, je devine personnellement qu’ils ont vécu pauvres, indigents, simples modestes bref dans une vie de misère qui ne leur a pas permis, pour cause d’ignorance d’analphabétisme, de bâtir des châteaux ou des maisons de luxe. Simples salariés, payés sans doute à la tache, ils s’honoraient cependant de faire vivre leur foyer avec les moyens que le sort leur a réservé. Leurs enfants n’ont donc rien hérité. Sinon nous l’aurions su.
Pas une charrette, pas un âne, pas une pierre qui porte leur nom pas un are de terre et surement qu’à leur dernier soupir ils n’ont point appelés leurs enfants à leur chevet pour leur confier ‘…Fél mekhzen féma halbiya maabiya kolla déb… ! Dans la cave, il y a une gargoulette pleine de louis d’or… !’
Même pas remplie d’huile et je suppose que seules les araignées tissaient patiemment leurs toiles à l’intérieur. Ils n’ont rien hérités sauf de la crante de D.
La seule chose que je connaisse est que mon papa DEIDOU a hérité de son statu d’orphelin à 11 ans avec trois frères et sœurs en bas âge. A charge.
Alors qu’elle était donc cet héritage que nous , leurs enfants, ont hérité… ?
Elle n’est pas faite de biens matériels, de lopins de terre, d’immeubles de portefeuilles, non rien de tout cela. Quelle est donc cette richesse qui se passait de père en fils, de mère en fille jusqu’à nous… ? Elle se résume tout simplement à des valeurs morales, voilà de quoi nous avons hérité.
Des paroles de sagesse, des conseils de bienveillance, du respect pour autrui quelque soit son identité, nous avons hérité de la crainte de RABI. Celui dont le nom n’a jamais quitté notre palais.
Nous avons hérité de gros mots, de qqs blasphèmes dus à la boukha de mon pére. L’ivresse de l’alcool les fait dire. Il avait de larges circonstances atténuantes. Mais voilà nous n’avons pas hérité de la divine bouteille. Un grand souci en moins.
Nous avons hérité du tfedlic, de la convivialité, de l’hospitalité, de la compassion pour les autres, de la solidarité entre nous, de la fraternité que nous devons aux visages étrangers.
Nous n’avons pas hérité, il est vrai de beaucoup de livres de TORAH mais la vie nous a appris à bien se tenir. D’essayer d’être parfaits, un objectif difficile à atteindre.
Nous avons hérité de toujours implorer le ciel dans tous les moments de la vie.
Nous avons hérité un cœur tendre, des comportements en public dignes des hommes, j’ai hérité il est vrai d’un peu de cancanage pas bien méchant lol parce sans lui la vie serait bien triste.
Nous avons hérité de bons sentiments emprunts surtout de compassion et larmes qui coulent sur nos joues sont sincères autant que celles de ma défunte maman qui pleurait pour avoir gain de cause de partout.
J’ai hérité d’un métier qui m’a fait honneur et cela grâce à mon père.
Nous avons hérité de la joie qu’il qu’elle portait à toutes nos coutumes et aux moments les plus pénibles de leur vie.
J’ai hérité de leur charité, de leur générosité lorsque les circonstances l’exigent parce que pauvre je fus mais riche de compassion je le suis ainsi que mes frères.
Aujourd’hui, mes enfants hériteront du fruit de mon honnête travail, de ma sueur, et ma femme que j’aime et que j’honore le sera aussi afin qu’elle est une vie plus tard sans souci, mes petits enfants dont certains portent mon nom hériteront de qqs bienfaits lorsque le moment sera venu. Il est écrit.
Elles ont déjà hérité mes filles de ce que nous avons hérité de nos parents et grands parents, la mneha et la chokhfa, la gentillesse et l’affection. Seules vertus que l’école le lycée ou la faculté françaises ne dispensent pas.
Pour l’instant, j’hérite d’une ELSA mon amie, de ses fous rires, de sa parano, de ses élucubrations sans commune mesure avec la réalité.
Je lui laisserai mes textes et mes cinq livres (pentateuque) qu’elle n’a pas encore réglé mais aussi mon code personnel de CB. Ca c’est la réalité.
Mais au fait, est ce que par hasard nous, juifs musulmans ou chrétiens ou autres n’aurions pas le même héritage… ???
'...Y'en a di boulo ici...!!'
albert c est avec joie de revoir les bons moments ainsi que la naivete goulettoise une grosse bise a tes freres et soeur ainsi qu a toi et une longue vie
Merci Patricia, il y a des photos que je n'oublies jamais.Des familles de bonheur qui ont vu mon enfance grandir auprés d'elles.
Bonne et heureuse année Patricia. RM.
Tous mes voeux de santé surtout et de joie. Amen
.
Sans faire de politique, lisez le poème :
"les larmes du drapeau»
J'ai longuement flotté sur les champs de bataille,
Résistant bravement aux coups de la mitraille
Maintes fois ma voilure épongea dans le vent
Le sang des soldats morts, les pleurs des survivants.
Au sommet du pays je dressais mes couleurs,
Témoignage vibrant de la Foi, de l'Honneur
Les anciens devant moi soulevaient leur chapeau,
Qu'y a-t-il de plus beau que l'amour dun drapeau ?
Mais la honte survint par un soir gris d'hiver :
Ma hampe fut brisée par des mains étrangères.
Lacérés, mes beaux plis sanglotaient en silence
en voyant que ces doigts s'attaquaient à la France.
Devant la foule haineuse, on me jeta à terre.
Un instant je pensais : « nous sommes donc en guerre ! »
Mais en guerre, un étendard a ses défenseurs,
Ici nul n'accourut pour calmer ma douleur !
Les uniformes bleus trépignaient de colère,
mais leur chef, tout là-haut, préservant sa carrière,
me laissa sans mot dire aux mains de mes bourreaux :
Je mourus sans qu'une arme quitte son fourreau.
Ce soir je regrettais de porter ces couleurs,
Car une part de la France est morte dans mes pleurs.
Quand mon pays me laisse ainsi succomber, seul,
Je ne suis plus drapeau, mais je deviens linceul.
Lieutenant-colonel Michel BRAULT
La Poupée Agency NEWS.
Ma grand-mère Emma, Meiha z’al en judéo, décédée bien repue un certain mardi de Juillet 94 et bien connue dans certaines rubriques et sites juifs pour ses expressions dans sa langue maternelle, le judéo employés souvent ce mot ‘..T’FECH… !’ A ne pas confondre avec un son de pétard ou autre bouchon de bouteille de champagne qui prend son envol. Non.
Pour illustrer cette expression rien de mieux que de la ressusciter juste pour cette expression ‘…
YE HEYE…SAKILI TARF T’FECH… !’ ( Merci même, tu peux aller te reposer) ‘…O toi ma fille sert moi n’importe quoi (sous entendu comme diner ou déjeuner) . Dc ici au vue de l’indigence de ma famille à cette époque, maman Hayé cuisinait souvent soit BEL FALSSOU soit ‘…TARF T’FECH… ! ( Artificiel soit Sans consistance.) La consistance tenait à quoi par exemple… ? Juste à un morceau de viande par exemple dans un ragout de bsal ou loubia, sans ce morceau, il était nommé BSAL OU BOUNIA FALSSOU. Lol. Ou alors FOUKOU TARF LHAM YEIRIYE…. ! Par-dessus un semblant de viande.
TFECH….Presque rien, sans consistance.
Mais lorsqu’elle disait ‘… Yé ouldi el dénié é’di TFECH….Cela prenait une tout autre tournure. Je traduis ‘…Mon fils la vie n’est que FUTILITE… !’ TFECH devient ici FUTILITE…Dérisoire. La vie est dérisoire. Nous nous accrochons à la vie comme un naufragé retient sa paille jusqu’ ‘au jour où cette paille n’a plus la force de retenir son rescapé et nous voilà sombrer dans les fonds marins.
Nous connaissons tous bien sur la futilité de la vie mais j’ai voulu vous traduire cela en judéo.
Comme par exemple cette belle expression ‘…E ‘li tââda ââla snéni ( ou droussi)… !’ Cette expression soulève souvent le soupir de celui ou de celle qui l’emploi. Son visage souvent devient triste. Elle fait allusions à des peines, des tristesses des douleurs et parfois des tragédies endurés dans son vécu personne…’…Ah si tu savais que ce que mes dents ont souffert ou enduré… !’ Cette formule dite sur un ton bien triste s’accompagne souvent d’un hochement de tête et d’un geste giratoire de la main droite ou gauche pour bien faire comprendre à l’interlocuteur la durée de ces épreuves et plus la personne ‘dandoline’ la tête et mime le geste avec la main et plus elle marque la durée de ses mauvaises situations vécue parfois cette personne fait couler des larmes.
(… J’ai souvent entendu cette phrase dans la bouche de ces mamans juives qui a l’époque du grand exil de TUNISIE fuyant le pays de leurs aïeux, arrivant en France avec un dinar en poche pour chaque membre de leur famille et des valises mal fermées ont subi tant de vicissitudes qu’elles ont mit 35 ans à en parler soit une génération entière.)
Nombreuses donc furent ces familles qui ont vécues avec du TFECH…Et aussi des drames qu’elles ont MACHE AVEC LEURS DENTS.
Mais comme on dit aussi chez nous ‘…El dénie dour ou tââti… !’ La vie tourne est elle donne… Que du bon…!’ Elle leur a laissé de bons et de mauvais souvenirs. Aujourd’hui ces expressions n’ont plus leur place dans le langage courant.
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