MEIHA…MA GRAND MERE.
Elle avait pris l’habitude dans son grand âge d’être coquette. Pas trop.
Si le fard était trop voyant, elle l’atténuait en passant sa houppette sur ses chaires roses. Elle me disait dans sa langue maternelle
‘…Ye ouldi, én hab neb’’qa prisentable ou akebriye fél qawa… !’ (Je veux être présentable et noble lorsque je vais au café… !’
Un léger soupçon de poudre venait donc rehausser ces joues, sans trop abuser.
En souvenir surement de son défunt mari. Elle tenait au respect de la mémoire de son défunt époux qui l’avait laissée veuve un soir de fête,cinquante plus tôt.
Puis, c’était autour du choix de sa robe qu’elle désignait dans son armoire bien rangée, avec l’aide de maman. Jamais de robe au ton criard mais plutôt dans les couleurs sombres. Cette dernière, une fois mise, elle ajustait par la suite sa coiffure tout en se mirant devant le grand miroir. Se donnant des airs de grande dame.
Elle avait ses amis et à ce titre, elle voulait faire honneur à ses compagnes, ses habituées de la divine tasse de café.
Lorsqu’elle se peignait, assise sur son lit, avec son peigne fin, felaya, elle prenait soin de ne pas laisser tomber un seul de ces cheveux blancs à terre ou alors perdu d’entre les couvertures.
Elle tenait absolument à les récupérer d’entre les fines et étroites dents de sa feleya pour ensuite les ordonner avec précaution et soin pour les empaqueter avec soin dans un papier journal.
Le tout venait par la suite s’archiver dans une boite en carton à chaussure. Personne d’entre nous, n’allait fouiller dans ce tiroir où ‘fourchinettes’ (fourches, épingles à cheveux) de différentes dimensions s’accouplaient entre eux.
Dans un autre petit carton de son coin de tiroir, il y avait aussi des dés à coudre, des bobinos de fil, des aiguilles et divers boutons révolus qu’elle gardait comme des reliques sacrées.
Malgré sa mauvaise vue, elle tenait absolument à continuer à coudre. Plus d’une fois, elle nous appelait à son secours pour enfiler une extrémité de ce fil tordu qui glissait d’entre ses doigts mouillés par la salive dans le chas de son aiguille.
Hélas, elle s’obstinait tellement que bien souvent, elle se blessait. Et là, elle nous appellait.
‘…I’jeou 3ânouni béch en dekhel el khet fél âine mta él ibra… ! Rani hart !’ Venez m’aider à enfiler ce fil dans l’œil de l’aiguille…Je suis perdue !).
J’allais bien souvent le faire pour la sauver d’une opération délicate, devenue à ses yeux, insurmontable et risquée d’autant plus qu’elle commençait à faire des choses assez drôles dans son grand âge, comme repriser son pot en plastic qui lui servait de kitchenette dans sa chambre.
Nous avions compris ce jour là que Mémé perdait légèrement le fil de sa bobine ( Bek’ra mta él Ndar).
Cela nous amusait beaucoup en vérité de la voir faire des choses extravagantes.
Le jour où Meiha est partie, maman a mit trois semaines, avant d’ouvrir ses tiroirs secrets.
Et là nous sommes tombés sur tous ces petits paquets, bien rangés, remplis de petites touffes de cheveux.
Ses archives personnelles, nous étaient donc dévoilées au grand jour. Après de longues années de respect pour elle.
C’était sa seule fortune qu’elle nous léguait et que nous avons pris grand soin de mettre dans la poubelle avec beaucoup de regrets.
Une petite partie d’elle trouvait donc ainsi un chemin peu enviable mais il fallait le faire. Sans que son souvenir ne soit oublié.
Nous avons gardé au fond de nos cœurs, par contre, son humour, sa joie de vivre, ses proverbes etc…pendant des années sans que véritablement, elle nous soit une charge gênante.
UN SEUL MOT........BREITOU..... MÊME SI TU INVENTES .... TON IMAGINATION EST TELLEMENT VRAIE, QUE C'EST AUSSI CE J'AI CONNU AVEC MA GRAND-MÈRE.
Ma mémé , elle avait un chignon de cheveux tout gris qu'elle déployait le soir avec une patience que je revoies et ensuite ..... ce peigne .... elle prenait tout son temps .
C'estt un de mes meilleurs souvenirs parmi tant d'autres avec ELLE.
Pas là MaYte, je te le jure, ce serait contraire à tous les principes de ma moralité.
Je vous en parlerai de temps en temps d'elle.
Elle m'a élevée MaYtè et surtout sauvée de situations assez marrantes.

ME voila de retour chez moi ,
nous etions pour la 2 eme visite medicale pour mon mari , barouch hachem tout va bien ,
comme il n'y avait rien d;urgence pour rentrer aussitot a la maison ,
on s'est promene aU KENYION DE RAMAT AVIV , quel luxe !!!!!
je me suis achete deux paires de chaussures , en soldes , 2 pour un prix d'une paire ,
on s'est installe dans un cafe, salades fraiches, toasts plateau de fromage, et pour dessert , crepes a la glace de pistache et vanille ,
je n'ai pas fais de compte aux calories,
on est alle ensuite rendre visite a mon fils, un beau ventre a ma belle fille , mais ma pauvre cherie ses pieds bien enfles avec les chaleurs et la grossesse, elle vient de rentrer au 9 eme mois, inchallah que tout se passe bien , c'est ma priere, ma peite fille MIKA ETAIT SI HEUREUSE DE NOUS VOIR , adorable et gentille petite fille ,
ahahahah le plus important je ne vous ai pas dit ,
je suis allee voir pour les fourmis ,,,tah mazzalom ,
le type m'a fait voir quelques produits, je lui ai dis faites moi une commande de tout ce que vous avez pour ne plus les voir !!!!
je suis revenue avec un carton plein de produit !!!!
ce soir sera la chasse aux foumis !!!
bonne nuit les fifilles et a demain si DIEU VEUT !!!!

JACQUIE avant de commencer la chasse aux FOURMIS fait CHI FOUR ME...!!!
Breitou, mon cher ami,
Je te crois, bien sûr, mais, je connais tes divers talents et j'ai pensé que ...... Donc, tu vois nos grands-mères se ressemblaient.
Quand je pense à la mienne, j'ai des flashs bien précis... je remercie le Ciel d'avoir eu une Grand-mère, car souvent, on rencontre des personnes qui n'ont pas eu le bonheur de les connaître et combien ils le regrettent.
MAYTE. Des récits sur Mémè MEIHA j'en ai pas mal, presque tous publiés ici ou dans le vieux theâtre, voilà donc pour toi et pour vous tous ce que vous avez sans doute pas lu.
Et c'est de l'authentique.
AUJOURD’HUI POUR HIER...MEIHA...Z’al.
Elle avait cette habitude de chanter à voix basse lorsqu’aucune tache familière ne lui été proposée.
Lorsqu’aucune occupation lui était présentée par maman, elle sortait de la cuisine et venait s’asseoir sur le bord de son lit à trois places, en réalité une seule, pour chanter une partition très monotone.
Une tristesse invisible venait l’envelopper et de sa voix douce, elle évacuait en chantonnant et chuchotant son chagrin* qu’elle n’avait pas oublié malgré le temps qui s’était écoulé.
Un chant triste que j’entendais tout en étant debout dans ma prison en bois** située juste en face de son lit. Trop jeune pour comprendre, ce n’est que plus tard que maman m’instruisait des paroles de cette mélodie dont les principaux acteurs étaient des enfants, les prénoms de ses enfants qu’elle ressuscitait dans ces chants avec langueur.
C’était sa façon à elle de soulager son trop plein de souffrance.
Dans ses moments de tristesse, elle fermait ses yeux tout en dandolinant la tête pour mieux se concentrer sur sa litanie. Le mouvement de son haut de corps s’accentuait à mesure que sa chanson prenait de la hauteur. Le balancement du corps fait partie aussi des mouvements des jeunes Loubavitchs et intégristes pendant la liturgie et cela afin de ne pas penser à autre chose
Qu’aux textes sacrés. Meiha avait son texte sacre qu’elle débitait dans sa solitude.
Lorsqu’elle terminait sa longue fredaine, elle venait me soulever et me prendre dans ses bras pour le ‘temlich’( caresses). Sa façon à elle de conclure sa chanson, en me serrant dans ses bras. C’était la fin de sa gestuelle. Le final.
Voilà pourquoi ce fameux soir d’un certain juillet 1973, je suis monté derrière elle, en pleine nuit alors qu’elle gémissait, pour la prendre dans mes bras. Nous nous balaçions une dernière fois dans cette position et là je lui demandais ‘...Echbiq ye mémè YINYIN... !? ’ Qu’as-tu... !’
Elle n’avait plus rien, elle était seulement partie. Tout simplement ma vieille fleur tant aimée.
En emportant avec elle, ses chansons de joie et de tristesse. Ses jours de bonheur. Son humour.
La vie quoi et puis le souvenir de NOUS. Ses petits-enfants.
Je ne me rappelle pas l’avoir vu pleurer dans ces moments là. Mais ces petits yeux trahissaient une grande émotion qu’elle retenait.
Elle ne voulait pas comme me le disait ma maman ‘...Verser des larmes chez sa fille et son gendre... !’
Une seule fois, elle a pleuré naturellement chez sa fille, maman, c’était le jour où mon grand-père décède en 1945, le matin de mon feqen Couhin. Mais plus après.
Le respect des lieux était pour elle, sacré.
A Suivre.
• La perte des ses quatre enfants de maladie.
• ** Sendouq. Mon parc de 0, 80x 0,80x 0,80
EH ! les filles ,
Bien sûr qu'elle était souffrante notre TITRITE, elle avait même de la fièvre, elle nous a tout expliqué.
Tu vois ma TITRITE, entre la Nanouche qui yeute mon rajel, SUZY qui a la tête dans les élections.... elles sont pommées.
Mais, il faut les comprendre ...... c'est l'âge !!!!!!!!
Autant vous dire que lorsque je me relis, je larmoie.
Tu as bien fait ma JACKYE, comme cela si tu perds une chaussure , tu en auras une autre de secours.
Je te taquine, ma belle, bonne nuit et tant mieux que pour ISRAEL tout baigne.
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