La république des livres
Le blog de Pierre Assouline
Conversation animée avec A.B. Yehoshua
Donc l’autre jour, à l’invitation de l’Institut français de Tel Aviv
http://fr.ambafrance-il.org/inner.asp?mainnavcat=3&MainDepartmentID=373&DepartmentID=373&ArticleID=94
qui inaugurait en fanfare ses nouveaux locaux, je me suis livré à une conversation en public en compagnie de l’un des plus importants écrivains israéliens, certainement l’un des plus stimulants pour le débat d’idées tant il est provocateur, pétillant et déconcertant, Avraham B. Yehoshua
http://www.ithl.org.il/author_info.asp?id=286 .
Il est une conscience. Contesté mais admiré. Ancré de longue date dans le camp de la gauche et de la paix, c’est un homme direct, qui ne s’embarasse pas des filtres du savoir-vivre, plein d’humour et d’énergie communicative. Son cheval de bataille depuis quelques années, c’est la morale, la question morale que les écrivains ont scandaleusement laissée tomber, l’éthique à tous les étages de la réflexion. Aucun sujet à l’ordre du jour, juste la volonté partagée de bavarder tous azimuts deux heures durant autour de la langue française, de la littérature, de la poésie, de l’identité et naturellement des Juifs, des Arabes et d’Israël (ce dernier thème mobilisant en permanence, comme vous l’avez certainement remarqué, la moitié des commentateurs de ce blog quel que soit le sujet du billet, phénomène qui demeure une source inépuisable de mystère).
Ca a commencé piano autour du français que Yehoshua parle très bien, avec une pointe d’accent, pour avoir vécu à Paris de 1963 à 1967. Pour lui, notre langue demeure l’idéal du parfait équilibre entre le spirituel et le matériel car elle n’a pas son pareil pour dire l’esprit des choses. Il illustra son propos d’un exemple relatif au vin, mais il est vrai qu’avec le vin, c’est évident. Avec les institutions aussi. Il rêve d’importer notre modèle républicain en Israël, plutôt que le modèle d’autonomie à la catalane, sachant que cette importation se fera au prix d’une difficile séparation de la synagogue et de l’Etat ; c’est d’ailleurs dans le conflit entre laïcs et religieux qu’il pointe le principal problème à venir de son pays :“Avec le Hezbollah, on n’a pas à négocier, ce sont des étrangers venus d’Iran, mais ceux du Hamas sont des Palestiniens, il faut parler avec eux comme on a fini par le faire avec l’Olp“. Et le statut de Jérusalem ? “Un Vatican pour trois dans la vieille ville”. Et l’Europe ? “Nous n’avons aucun intérêt à essayer d’entrer dans l’Union européenne mais plutôt à construire une Union méditérranéenne car la moitié des Israéliens sont déjà des orientaux”.
La France, donc. A ses yeux, c’est le pays du bonheur, non qu’on y soit spécialement heureux mais on sait détourner le tragique et le transcender si nécessaire, ce qui n’est pas le cas d’autres pays.”Il n’y a qu’à se promener dans vos librairies et ouvrir vos livres, ça ne parle que du bonheur d’une manière ou d’une autre“. Il est vrai que lors de sa dernière visite à Paris, il s’est précipité dans un vieux cinéma pour revoir Le bonheur d’Agnès Varda, ce qui a du imprimer une certaine couleur à son séjour. J’ai donc du mettre un petit bémol dépressif à son tableau de notre beau pays avant qu’il ne reprenne : ”Chez nous en Israël, c’est tout le contraire. Le peuple juif a une expertise de la souffrance qui fait que désormais, il jouit de la souffrance”. A partir de là, ça a commencé à tanguer dans l’assistance. L’atmosphère s’est décontractée lorsqu’il m’a apostrophé :”Toi, tu es un juif partiel parce que tu ne vis pas ici alors que moi je suis un juif total parce que je vis ici”. J’allais me lancer dans une réponse du même type pour lui dire qu’un juif comme lui, né à Jérusalem, Palestine, en 1936 et citoyen israélien depuis la création de l’Etat, était également un Juif partiel puisqu’il lui manquerait toujours l’expérience tant de la gola (dispersion) que de la galout (exil) que l’on réunit en français sous le nom grec indistinct de diaspora. On a enchaîné sur la question de l’identité et là encore, il a loué le modèle français doté d’une forte conscience historique contre le modèle américain dont la conscience est à la fois mythologique, religieuse et mondialiste. J’ai bien essayé de l’amener sur le terrain d’une hypothétique 3ème voie à l’israélienne, dans laquelle l’identité serait tant historique que mythologique afin de mieux correspondre à la spécificité de ce peuple, mais il était déjà parti dans autre chose qui lui tenait à coeur et c’est là que les choses se sont envenimées. Oh pas avec moi car je suis partisan d’une polémique argumentée, décomplexée mais décolérée. Avec la salle plutôt, constituée majoritairement d’Israéliens francophones dont certains vivent là-bas depuis un demi-siècle. Or là-bas, une salle reste rarement passive lorsqu’elle n’est pas d’accord et les Juifs entre eux sont rarement d’accord.
Je lui ai demandé de m’expliquer ce mystère : comment se fait-il que depuis tant de siècles et jusqu’au début du XXème, les Juifs dans le monde n’aient cessé de répéter dans leurs prières “L’an prochain à Jérusalem” et qu’ils n’ont jamais été qu’une poignée à faire le voyage de Palestine alors qu’ils n’ont cessé d’être persécutés dans l’exil, qu’ils ont beaucoup voyagé et qu’ils ont eu maintes fois la possibilité de choisir cette destination plutôt qu’une autre ? Il a fait un pas de côté afin de modifier la perspective mais sa réponse n’en fut pas moins énergique. Il a commencé par reconnaître que l’Inquisition espagnole avait déversé des centaines de milliers de juifs vers le Portugal, le Maroc, l’empire ottoman mais pas vers la terre d’Israël. Au début du XXème siècle, on comptait un peu plus de 17 millions de juifs dans le monde dont 50 000 à peine en terre d’Israël Pourquoi ? La thèse de A.B. Yehoshua est qu’ils ont toujours choisi “névrotiquement” l’exil car c’était le seul moyen de résoudre le conflit intérieur au coeur de leur identité entre national et religieux, spirituel et temporel. Il estime qu’aujourd’hui, la moitié du chemin est fait puisque environ la moitié des 13 millions de Juifs vit en Israël (je rappelle à toutes fins utiles que Yehoshua est un laïc afin qu’on ne se méprenne pas en en faisant une guetteur de messie). Après quoi il a lancé : “La grande erreur du peuple juif a été de ne pas rejoindre en masse la Palestine en 1917 au lendemain de la déclaration Balfour. Il n’aurait pas seulement aidé à créer plus tôt l’Etat d’Israël : il aurait échappé à l’Holocauste. Les signes du danger imminent s’accumulaient et malgré cela il a refusé la révolution sioniste. En choisissant de rester dans l’exil, de même qu’il avait choisi l’exil depuis des siècles car les Nations ne le lui avaient pas imposé, le peuple juif est devenu moralement co-responsable de ce qui qui lui arrivé pendant la guerre”.
Du chaos qui s’ensuivit je n’ai pu retenir grand chose, chacun racontant sa vie et ses vues, mais j’ai tout de même compris qu’il avait mis le doigt là où ça fait mal. Même si, de mon point de vue, il a basé son raisonnement sur un anachronisme qui fausse tout : en 1938, les Juifs d’Europe n’imaginait pas ce qui allait leur arriver car ça n’était jamais arrivé. Si l’assistance a réagi (à juste titre) comme elle a réagi, c’est non seulement parce que dans sa majorité elle a vécu cette angoisse là, mais parce qu’elle a une conscience aigue de l’exil et de la dispersion. Ce qui manque cruellement à A.B. Yehoshua et fait de lui, comment dire, un juif partiel (ce qui me rassure et me réjouit car la totalité du “juif total” est une perspective aussi effrayante que le silence des espaces infinis). Cela dit, nous avons poursuivi la discussion lui et moi jusque dans la rue et tout à l’heure encore, il m’a appelé de Haïfa pour la relancer. Sans l’attendre, je l’avais continuée avec ses livres, ses grands romans bien sûr (L’Amant, Monsieur Mani, La mariée libérée, Le Responsable des ressources humaines) mais surtout son dernier essai en date qui développe tous les thèmes que nous avions abordés Israël, un examen moral paru il y a deux ans en français chez Calmann-Lévy comme les précédents. S’il y a des suites à cet échange, je vous tiens au courant.
http://passouline.blog.lemonde.fr/ du 25 juin 2007
Emile chalom,
En fevrier 2001 tu pouvais ecrire cela, mais aujourdh’ui il est plus dangereux de se promener a New-York, ou a Madrid qu’en Israel, le 11 septembre 2001 a malheureusement fait plus de victimes que toutes ces annees d’intifada.
Les americains sont plus vulnerables que nous, en Irak les soldats americains sont un cible facile et malheureusement payent tres cherement de leur vies.
Je t’invite a venir voir A Natanya,a Tel Aviv,et a Eilat avec quelle « relax » et insouciance les Israeliens passent leurs vacances.
Et comme tu aimes bien le dire en arabe, « eli fet met » ce qui etait n’est plus, aujourdh’ui les americains sont dans la crainte perpetuelle d’une attaque catastrophalique.
Donc si tu changes d’avis tu trouveras Israel pour te recevoir.
Chalom et brahka.
A l’attention de certains qui ne me connaissent pas, Voici un commentaire du 18 fevrier 2001 et que je reaffiche.
Pour ceux qui critiquent les Israëliens, ils ont tort, car ceux qui vivent là-bas avec crainte et tension permanente ne voient qu’une seule chose: ne pas perdre un enfant, un mari ou un membre de la famille. Je dirais que ça c’est humain, légitime et compréhensif. Les Israëliens sont constamment à l’écoute de la radio ou de la TV, de même que tous ceux qui les entourent. Chacun a des enfants ou petits enfants quelque part à l’école, à l’armée ou au travail. Je ne pense pas que si nous les critiquons celà servira à quelque chose, car nous vivons à l’abri de toutes ces tensions. La seule aide que nous pouvons leur offrir est l’encouragement et le soutien inconditionnel auprès de l’opinion publique, comme le font les Arabes à l’exeption de quelques personnes honnêtes que nous connaissons Shabat Shalom et paix pour ceux qui la désirent Emile Tubiana
« Ya Breitou Fhemtek Ouana Naref Qalbek » Je t’ai compris et je connais ton coeur.
Mais fais attention a toi meme car je sais aussi que tu es tres sensible
« Rodbalek ala Nefsek, Enti AAndek lemhass » Chey ma Idoum. Rien ne dure
Est-ce qu’Israël peut encore faire confiance à Abbas ? Jusqu’à présent il n’a pas été en mesure de faire quoi que ce soit pour les palestiniens. L’état palestinien n’avait jamais existé et le peuple palestinien n’existe pas non plus. Jusqu’à la guerre de six jours ce territoire était sous le contrôle de la Jordanie (la Cisjordanie) et Gaza était sous le contrôle de l’Egypte, à tort ou à raison.
Avant même que Hamas vienne au pouvoir, Abbas n’était pas en mesure de gérer une institution ou de contrôler ses diverses factions et milices Les autorités palestiniennes avaient reçu plus de fonds que les Européens avaient reçu avec le plan Marshall.
Les pays arabes ont été secoués de voir le Hamas prendre par force la bande de Gaza.
Encore une base terroriste, avec le Hizballah, qui s’implante en Méditerranée. Déjà quelques jours après la chute de Gaza les pays arabes continuent à envoyer des fonds au Hamas. C’est encore le manque de courage ou l’hypocrisie des Arabes du Golfe, de jouer les doubles faces pour garder le visage avec le Fatah et avec le Hamas, sachant bien que ces organisations ne sont que des organisations terroristes et qui n’avaient jamais géré des institutions civiles sans se remplir d’abord les poches. L’Egypte aussi joue un double rôle, car elle veut apparaître aux yeux du monde arabe, qu’elle fait tout dans l’intérêt arabe. (l’appel de Moubarek à la réconciliation avec Hamas )le prouve.
Je souhaite qu’Olmert comprenne la stratégie qui se joue dans ce sommet et ne pas simplement dire Amen à Bush qui, lui aussi, croit toujours pouvoir créer ce qui n’existait pas, soit un Etat Palestinien. En finale, comme je l’avait écrit, Israël aurait du retourner Gaza à l’Egypte et la Cisjordanie à la Jordanie. Avec ça Israël aurait eu moins de morts et des blesses et aurait eu besoin de moins de budget pour sa défense contre les terroristes.
Je ne suis ni un politicien ni un expert en la matière, mais comme toute personne, qui pense, je me pose la question : « Est-ce que Olmert ne peut pas rétablir son autorité en disant puisque que Hamas est seul en charge ? » Il pourrait déclarer que :
1. Hamas doit arrêter immédiatement les tirs de Quassam et de mortiers et toute opération contre Israël.
2. Hamas retourne le Caporal Gilad Shalit sain et sauf,
3. Faute de quoi et dans les 48 heures de cette déclaration Israël arrêtera toute livraison de nourriture, d’eau, gaz, pétrole.
4. Dès que la moindre roquette atterrit en Israël, il arrêtera l’électricité qui leur sert à faire fonctionner leurs usines et leurs ateliers et leur donne de la lumière.
Olmert doit aussi déclarer au monde que jusqu’à ce jour on n’avait jamais eu une nation qui livre des produits nécessaires à un ennemi, qui déclare vouloir sa détruction..
Quant à Abbas, il ne faut pas lui donner tout à la fois, mais par tranche et par étape et selon le progrès de ses promesses. Jusqu’à présent, selon le quotidien Asharq Al Awsat, par Mamoun Fandy :
« We need to tell them the only thing they have proven over 50 years is that they are adolescents who cannot and should not be trusted to run institutions of state or any other important matters. »
« Nous devons leur dire (aux palestiniens) que la seule chose qu’ils ont démontré durant les 50 années est qu’ils ne sont que des adolescents, auxquels on ne peut pas et on ne doit pas faire confiance pour gérer une institution d’état ou tout autre affaire importante »
Je conseillerais à Olmert de traiter avec le roi de Jordanie un accord dans l’intérêt des deux pays, qui prévoit qu’il reprenne en charge la partie de la Cisjordanie qui n’est pas habitée par les Israéliens.
C’est mon opinion.
LE VRAI PROBLEME AVEC LE PAKISTAN
Article de Fareed Zakaria, journaliste américain
Paru dans Newsweek du 25 Juin 2007
Traduit par Albert Soued pour www.nuitdorient.com
D’habitude, un film raconte une histoire avec force, émotion et simplicité. Mais le dernier film qui concerne la tragédie et le supplice de Daniel Pearl « A mighty heart », (un cœur généreux) est remarquable par les nuances qu’il transmet. Le meurtre du reporter du Wall Street Journal en 2002 n’était pas en soi une affaire compliquée: un groupe de terroristes du jihad l’a kidnappé, puis l’a sauvagement décapité. Le film peint avec adresse l’arrière plan du Pakistan, plein de tons gris. Pour bien comprendre cette histoire, nous devons nous rendre compte non seulement du caractère impitoyable des tueurs de D Pearl, mais aussi de la complexité du milieu où ils opèrent. Et maintenant que le Pakistan traverse sa plus grande crise depuis le 11/9, les Etats-Unis feraient mieux de tenir compte de cette complexité.
L’histoire est des plus simples. Le président du Pakistan, Pervez Mousharraf a abusé de son autorité et il se trouve face à des manifestations de rue de masse et devrait être écarté du pouvoir au profit d’un gouvernement civil. Ce point de vue semble tentant.
En fait, Mousharraf est un dictateur et son régime ne s’est pas totalement dédié à la lutte contre les islamistes radicaux. Les Talibans ont reconstitué leurs forces dans les régions tribales du Pakistan et les grands chefs d’Al Qaeda semblent bien installés à la frontière avec l’Afghanistan. Et si un front central contre la terreur existe, il n’est pas en Irak mais au Pakistan.
Maintenant les choses compliquées. Globalement, Mousharraf a été une force de modernisation du Pakistan. Quand il prit le pouvoir en 1999, le pays courait à sa perte, avec une économie en stagnation, la corruption, l’extrémisme religieux et le chaos politique. Le Pakistan était devenu un état-voyou, allié des Talibans et tourné vers le terrorisme contre l’Inde voisine. Mousharraf restaura l’ordre, se sépara des islamismes et mit en place le régime le plus laïc et le plus moderne en 3 décennies. Sous son autorité, l’économie fut florissante avec un taux de croissance supérieur à 8%. En dépit des grognements d’intellectuels fréquentant les salons de thé, la cote de popularité de Mousharraf a toujours été haute, frôlant les 60%.
Jusqu’à récemment. Comme beaucoup de dictateurs, Mousharraf est allé trop loin et l’action récente de démettre le Juge Suprême de la Cour de Justice et de vouloir changer la Constitution pour rester à la fois Président et Chef des Armées est sans aucun doute une erreur et une folie.
Mais ce n’est pas nouveau dans ce pays. Le prédécesseur de Mousharraf, Nawaz Sharif, élu 1er ministre a démis de ses fonctions le Juge suprême en 1997 et a voulu changer la Constitution en 1999. Mais aveuglé par ses succès, Mousharraf n’a pas voulu voir que le Pakistanais de la rue en avait assez d’un gouvernement militaire. Shekhar Gupta, un commentateur indien, a suggéré qu’il était plus sage pour Mousharraf de se débarrasser de son uniforme et de se présenter en civil à des élections libres et régulières. Il gagnerait sûrement. Le danger n’est pas l’arrivée au pouvoir des Islamistes radicaux, si Mousharraf s’en allait, comme le pensent de nombreux candidats à la présidence des Etats-Unis. Les fondamentalistes n’ont jamais obtenu plus de 10 % du vote des électeurs et les 2 principaux partis du pays sont laïcs. Le problème du Pakistan est le disfonctionnement. Le film « Mighty Heart » montre ainsi avec précision que les forces de police ont essayé de trouver ceux qui ont kidnappé D Pearl. Mais le gouvernement central n’a qu’une autorité limitée dans ce pays. Les gouverneurs de province, les commandants locaux et les riches propriétaires terriens sont de vrais pouvoirs. De plus, au sein du gouvernement certains élément peuvent freiner, voire saboter la politique officielle. Une grande partie du pays est incontrôlable et le Pakistan est encore plus arriéré que la Corée ou même les Philippines, où les Etats-Unis ont aidé la démocratie à s’installer dans les années 80.
La seule institution qui marche au Pakistan est l’armée. L’armée est très professionnelle et compétente, très vaste aussi, avalant 39% du budget de l’état. Dans un livre publié le mois dernier, l’écrivain Ayesha Siddiqa donne le détail des possessions de l' »économie militaire », y compris des banques, des fondations, des universités, des sociétés qui valent plus 10 milliards $.
Comme l’explique Daniel Markey dans la revue « Foreign Affairs » de ce mois, les militaires, avec ou sans Mousharraf, continueront à gérer la politique stratégique du Pakistan. Profondément ancrée dans la psyché des militaires est la notion que le pays a été abandonné par les Etats-Unis dans les années 90, après que les Soviétiques eurent été évincés de l’Afghanistan. Les généraux sont inquiets de la large ouverture de Washington vers l’Inde et craignent d’être abandonnés à nouveau. L’une des raisons pour lesquelles les militaires ont gardé des liens avec les talibans, c’est qu’ils souhaitent garder une option « post-américaine », pour contrer le gouvernement de Kaboul, qu’ils considèrent comme pro-indien. Si les Américains lâchent Mousharraf, les militaires Pakistanais pourraient aisément saboter la politique américaine contre al Qaeda, partout dans la région.
Mousharraf est peut-être condamné, mais il n’est pas bon que les Etats-Unis apparaissent comme ceux qui l’ont chassé – mais s’il choisit entre les 2 fonctions qu’il cumule et s’il tend la main à l’opposition, il pourrait bien survivre encore.
Nous, Américains, nous ne pouvons atteindre notre objectif, maintenir la stabilité au Pakistan (1), en tournant le dos aux militaires. Déjà au 18ème s, la Prusse de Frédéric le Grand était considérée « non comme un état avec une armée, mais une armée avec un état ». C’est aussi la réalité complexe du Pakistan.
Note de www.nuitdorient.com
(1) La stabilité au Pakistan est primordiale pour l’Occident, du fait que cet état musulman sunnite est nucléaire.
THE REAL PROBLEM WITH PAKISTAN
By Fareed Zakaria – Newsweek -June 25, 2007 issue
Movies usually tell a story powerfully, emotionally—and simply. But « A Mighty Heart » is notable for the nuance it manages to convey. The 2002 murder of Wall Street Journal reporter Daniel Pearl wasn’t itself complicated: a group of jihadists kidnapped him and then brutally beheaded him. But its setting, Pakistan, is awash in gray tones, which the movie paints skillfully. To fully understand this story, we must recognize the utter ruthlessness of Pearl’s killers but also the complexity of where they came from. Now, with Pakistan undergoing its greatest crisis since 9/11, the United States would do well to take that complexity into account.
There is a simple story line: Pakistan’s President Pervez Musharraf has abused his authority; he faces massive street protests and should be nudged out in favour of a civilian government. It’s a tempting view. Musharraf is a dictator, and his regime has not been wholly committed to fighting Islamic radicals. The Taliban has reconstituted itself in Pakistan’s tribal areas, and Al Qaeda’s top leaders appear to be ensconced along its border. If there is a central front in the war on terror, it is not in Iraq but in Pakistan.
Now, the complications. Musharraf has, on the whole, been a modernizing force in Pakistan. When he took power in 1999, the country was racing toward ruin with economic stagnation, corruption, religious extremism and political chaos. It had become a rogue state, allied to the Taliban and addicted to a large-scale terror operation against neighboring India. Musharraf restored order, broke with the Islamists and put in place the most modern and secular regime in three decades. Under him the economy has boomed, with growth last year at 8 percent. Despite the grumblings of many coffeehouse intellectuals, Musharraf’s approval ratings were consistently high—around 60 percent.
Until recently. Like many dictators, Musharraf has gone several steps too far. His recent actions—dismissing the chief justice of the Supreme Court and attempting to change the Constitution so he could remain president and still run the Army—were wrong and foolish. Though not unprecedented. Musharraf’s predecessor, Nawaz Sharif, the elected prime minister, dismissed his chief justice in 1997 and tried to amend the Constitution in equally egregious ways in 1999. But Musharraf failed to recognize that perhaps as a consequence of his success, ordinary Pakistanis were becoming less comfortable with military rule. As Indian commentator Shekhar Gupta has suggested, he would have been wiser to give up his uniform and run as a civilian in a free and fair election, which he would have won.
The danger is not that radical Islamists would come to power if Musharraf goes—as several American presidential candidates have claimed. Islamic fundamentalists have never gotten more than 10 percent of the vote in Pakistan. The country’s two main political parties are secular.
The real problem in Pakistan is dysfunction. « A Mighty Heart » accurately shows that Pakistan’s national police forces were trying to find Pearl’s kidnappers. But the central government can claim only limited and divided authority over the country. Provincial governors, local commanders and rich landlords are powers unto themselves. Elements in the government can drag their feet and subvert official policy. Large swaths of the country are badlands where the state’s writ doesn’t run. This is a far more backward country than South Korea or even the Philippines, where the United States helped usher in democracy in the 1980s.
The only institution that works in Pakistan is the military. The Army is mostly professional and competent. It is also vast, swallowing up approximately 39 percent of the government’s budget. In a book published last month, author Ayesha Siddiqa details the vast holdings of Pakistan’s « military economy »—including banks, foundations, universities and companies worth as much as $10 billion. And with or without Musharraf, as Daniel Markey ably explains in the current issue of Foreign Affairs, the military will continue to run Pakistan’s strategic policy.
Deeply ingrained in the Army’s psyche is the notion that it was abandoned by the United States in the 1990s, after the Soviets were driven out of Afghanistan. The generals are worried about Washington’s warm overtures to India and fear that soon they will be abandoned again. One explanation for why the military has retained some ties to the Taliban is because they want to keep a « post-American » option to constrain what they see as a pro-Indian government in Kabul. If Washington were to dump Musharraf, the Pakistani military could easily sabotage American policy against Al Qaeda and throughout the region.
Musharraf may be doomed—though were he to choose between the presidency and his Army post, and reach out to the mainstream opposition, he might well survive. Still, it does the United States no good to be seen forcing him out. We cannot achieve our goals—or help Pakistan gain stability—by turning our back on the military. Back in the 18th century, Frederick the Great’s Prussia was characterized as « not a state with an army, but an army with a state. » So it is with Pakistan. A complex reality.
Emile,
Ehne jeddah qalb safi ye baba.
Omri me net rayad, louqen chi sebouni ouni.
Ehne hatte louqen i habou i tradnou ââliyè i nej’mou. Lab ou dahq edeqeoue, hatte béb el gbar.
Adra ferghe. Mta Matèo mi houq’che fiye.
Ou zid en koloq haja okhra, omri me nched bouninou el hatta had.
Hene qifeq dem’yati fi ââini.
El chem me narfouch, dime en sameh hata lakherti,
femti ou lélè…????
Emile, moi aussi j’ai un coeur pur.
Jamais je ne me fache quoique l’on dise.
Sauf si en attente à ma vertu.
Même si certains veulent dérisonner sur moi,ils peuvent le faire.
Amusements et plaisanteries jusqu’au tombeau.
Paroles en l’air et paroles désuétes ne me touchent nullement.
Et en plus,et je confie que jamais au grand jamais je ne tiens rancune envers personne.
Je suis comme toi, j’ai larme à l’oeil.
La sécheresse du coeur, je ne la connais pas et je pardonne tjs sur l’instant jusqu’à la fin.
Me comprends tu au moins…????
Henri merci pour ton message, mais comme je n’ai jamais sympathisé avec monsieur Burg donc je trouve votre réponse pas assez approfondie sur ce que j’avais affiche. Entre autre les temps ont change, et comme vous le dite
« Tout juif ressent un lien profond avec Erets-Israel. certains le ressentent fortement, et d’autres moins. »
Aujourd’hui c’est encore une question d’opinion.
Mes respects, emile
Un an sans Guilaad … venez temoigner au BB … alors qu aujourd hui peut etre un des plus important signe de vie de Guilaad … Nous sommes tous inquiets … soutenons la liberation de ce fils qui peut etre celui de n importe qui d entre nous !!!
https://harissa.com/forums/read.php?15,36245
Israël ou Galout – Olim ou Yordim
Le débat est relancé sur
https://harissa.com/forums/read.php?47,36200,page=4
Petite precision pour ceux qui n’etaient pas au courant: Avraham Bourg fait maintenant partie des « yordim » puisqu’il ne cache pas qu’il vit desormais en France.
Une nouvelle publiee aujourd’hui qui fera sans doute chaud au coeur des candidats a la Aliya qui ont le sens de l’entreprise. Comme quoi il n’y a pas que des nouvelles negatives concernant la Aliya, cf. post de Yossi Taieb d’hier (pour lequel j’attends tjrs une reponse d’ailleurs).
Olim who want to start or expand businesses will be eligible for inexpensive loans of up to NIS 70,000, the Immigrant Absorption Ministry announced Monday (May 28, 2007).
The loans will be available for 10 years from the date of aliya for most olim. Ethiopian olim will have 15 years of eligibility, while returning citizens will have two yeas. The loans can be returned over six years.
Up until now, immigrant entrepreneurs were eligible for loans of up to NIS 35,000.
Bank Hapoalim will provide the loans, which the borrower won’t have to begin repaying for the first year. The oleh will have to provide three guarantors, or two guarantors and collateral.
For some home businesses, NIS20,000 would be enough, a spokesperson for the Federation of Israeli Chambers of Commerce said. But for businesses that require real estate, expensive inventory for sophisticated machinery, NIS 70,000 would not be enough to get started, the spokesperson said.
The ministry said it would subsidize the establishment of 12 business centers throughout the country that will provide advice and assistance to olim seeking to open or expand their businesses.
The ministry said it would also establish a special business information hot line. The hot line will provide business information in Hebrew, English, French, Russian and Spanish around
the clock.



