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LA GOULETTE, MA VILLE NATALE, par Robert Saadoun

  • par

PAR ROBERT SADOUN


(Avec l’aimable concours de mon ami ALBERT SIMEONI. Qu’il trouve là toute ma reconnaissance pour l’aide qu’il m’a apporté pour l’élaboration de ce modeste témoignage)

La Goulette en 1951/

 A notre époque avoir une voiture était un luxe.

Premier à gauche / Hassan Gilbert, Smadja Judas, Tino Lapita, Sadoun Robert, Bijaoui Fredo.

La  Goulette, ma ville natale I

Port, situé dans une baie, relié par un canal artificiel avec la capitale Tunis.

J’ai même appris de la bouche du nouveau maire de Paris, M. Delanoë que son père fût  capitaine de ce port. Puis par la suite,  muté à Tabarka. Cela pour la petite histoire.

Que de souvenirs, cette petite ville balnéaire de 5 000 âmes en hiver et 15 000 en été. Estivants, pour la plupart, ils transhumaient de leur quartier tunisois pour s’établir quelques mois durant tout le long des plages qui s’étiraient sur un kilomètre environ.

La Goulette, havre  de plage, de mer et de paix,  chaleureuse, conviviale et humaine où  raisonnaient  la musique orientale entre ses murs et dans les cafés hétéroclites. Le parfum du jasmin mêlé à l’odeur du poisson enchantait et parfumé nos nuits goulettoises.

Je suis né en 1931, à la Goulette vieille ( cette ville est divisée en trois quartiers, la vieille Goulette, la neuve et la Goulette Casino ). Issu du coté maternelle d’une grand-mère livournaise et coté paternel de grands-parents tunisiens.

Ma grand-mère maternelle, vêtue à l’Européenne, dialoguait en trois langues : l’Arabe, le Français et l’Italien. Etant jeune, je lui rendais visite assez souvent. Dans sa salle à manger trônait un piano. De temps à autre, je la priais de me jouer quelques airs anciens, des mèlopés dans le style folklor arabe/andalous ou de vieilles musiques françaises qu’elle interprétait à merveille.

Par contre, ma grand-mère paternelle, était plutôt de situation modeste. Elle habitait-la ‘Hara’, le quartier  juif pauvre de Tunis avec son mari et sa fille, dans une minuscule pièce de 8 m2, sans confort  ( ni sanitaire ni eau ) seulement de l’électricité. Sa langue parlée était le judèo-arabe. Elle ne parlait pas français. Vêtue à  l’Arabe, vêtements très amples,  foulard noué autour de la tête,  chemisier blanc avec manches longues et assez larges, sarrouwèl ( pantalon bouffon) qui descendait jusqu’au chevilles la faisait ressembler à ces femmes des vieilles cartes postales.

Elle avait un joli visage. Son physique  était de forte corpulence et ce handicap la mouvait difficilement. Son mari, par contre était svelte, mince  fort et surtout vêtu à l’Arabe : il portait une chéchia de couleur rouge, un serwel étroit sous une chemise ordinaire. Il chaussait des babouches ( belkhè).

Il me parlait souvent  de sa jeunesse et de son époque. La vie n’était pas facile. Son métier, vendeur ambulant de tissus aux couleurs chatoyantes  convenait surtout aux femmes arabes. Tôt levé, il était déjà sur les chemins crevassés, accompagné par  son âne, chargé de parts et d’autres, de rouleaux de tissus imprimés ou non, vers les djebels. Ses clients étaient d’obédience bédouine. En cette période, bien avant le protectorat français  en Tunisie, il était risqué de s’aventurer chez les gens des douars. Apprécié et connu, il  était reçu comme un notable car il maîtrisait parfaitement l’Arabe, et, connaissant très bien leurs coutumes et traditions ancestrales, il était aussi aimé et respecté par ces autochtones..


albertsimeoni@wanadoo.fr

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