LA GOULETTE SPORTIVE IV
HOMMAGE A JOJO MEIMOUN

PHOTO EQUIPE JUNIOR VAINQUEUR DE COUPE
A LA PEPINIERE DE TUNIS 1963
DEBOUTS G/A/D/ CLAUDE LELLOUCHE (FAFOUL)/BEBERT SIMEONI / SYDNEY LELLOUCHE /JOJO MEIMOUN (entraineur)
ASSIS G/A/D/ EDMOND MSIKA /AZZEDINE MEDDEB/PIERRE BOCCARA/RIQUET COHEN/
Figure emblématique de notre cité ,Georges Meimoun pour létat civil « JOUKOV » prononcez « Joukof ») pour les intimes ,était connu ,reconnu et apprécié par tout le monde sportif goulettois.
Ce nest pas le nom dun général russe ou celui dun haut personnage de la nomenklatura soviétique à la retraite ,Jojo a été entraîneur dans toutes les disciplines sportives de LU.S.G (Union Sportive Goulettoise).Son surnom ,il le doit à un voyage quil fit en U.R.S.S en 1954,sans lautorisation de la F.T.V.B.
Ce qui lui à valu une suspension à vie et linterdiction de représenter notre club sur les terrains. Mais nous, les suspensions à vie ,on connaissait à la Goulette.
On nen navait rien à cirer ,Jo ,pour nous cétait notre père .Dailleurs pour contourner linfâme décret ,il sasseyait sur une banquette de touche ou derrière les barrières pour nous crier ses directives et conseils par dessus la tête des arbitres.Ce nest que beaucoup plus tard que la F.T.V.B. leva cette suspension à vie.
Jétait bien jeune à lépoque quand mon père le croisant à un carrefour lui demanda :
« Ya Jo ……Ouldi methabch tackhdou tyalmou yeliab èl Vollé »
« Hè Jo……Mon fils tu ne veux pas lui apprendre à jouer au Volley ! »
« Dis lui de venir Mardi soir ,au terrain (du charbonnier)?
Javais 10 ans .Lépopèe commençait.
Jo cumulait les titres dentraîneur omnisports et à ce titre était investit de tous les pouvoirs « de vie ou de mort » sur nous.Aucune contestation nétait permise en sa présence sinon…..el bara (dehors).
Je remarquais ces deux doigts amputés.
« Il a reçu deux bombes sur chaque doigt, » me répondit un ami .Il était normal quà mon âge je puisse croire un couillon de goulettois.
Sa maison était ouverte à tous les sportifs. Il nous vendait survêtements et maillots ainsi que des écussons aux prix grossiste », à ce quil nous disait.Sa marchandise était de bonne facture.

VOLLEY BALL SCOLAIRE
PHOTO CHAMPION JUNIOR 1962.
CHARLES HADDOUK/BEBERT SIMEONI/ANDRE HYRI/JACQUES NORITO
A LENTRAINEMENT AU TERRAIN MUNICIPAL.
Sa façon de nous enseigner était fort simple « Regardez les vétérans jouer et appliquez, » nous disait il. A force despionner ,on a enregistré et appliqué.
Et puis, il y avait surtout les tournois 3X3. Deux vétérans plus un jeune. Cest ainsi que nous avions fait nos preuves parmi les vétérans qui nous insultaient quand ils perdaient le match.Nous étions parfois aux bords des larmes car nous étions leur bouc émissaire.Bref ,cela fortifia notre esprit .
Ce nest quaprès une période transitoire et probante -parfois assez longue-que Joukof nous intégrait dans le système. (jai attendu 9 mois avant dêtre titularisé officiellement en équipe cadette de lUSG. en tant que capitaine) .
Rien ne lui échappait ,il jugeait dun simple coup doeil les dispositions de chacun sans préjugès.Les plaisantins et les gâteux doués mais récalcitrants avaient fort à faire avec lui. Il leur enfonçait dans les côtes ces deux doigts mutilés pour les rappeler à lordre. Cétait là ,sa punition et aux dires de certains cela faisait mal.
Joukof nétait pas très grand. Il portait une casquette qui cachait sa grande calvitie. Des lunettes masquaient sa myopie.Chemises aux manches courtes en été ,par dessus gris en hiver ,il arpentait les surfaces de jeu toujours disponible .
Nous étions les enfants quil na pas eu. Nerveux, ironique et taquin dans son apprentissage ,il adorait nous lober par « ses petites balles »désordonnées.
Joukof maniait mal le ballon.Malgré cet handicap ,il avait le don de nous prendre toujours à revers. Ses smatchs imprévisibles et déroutants nous laissaient pantois. Nous étions obligés daller chercher ses balles aux trajectoires « ivres », partout ,à droite, à gauche, au centre et cette maudite balle vicieuse devait coûte que coûte être levée smatchèe ou lobée dans nimporte quelle position.Cétait hélas la rançon du succès.
Les Fitoussi, Les Bellaiche, Les Cohen, Les lellouche, les Simeoni « Brothers »et dautres centaines de jeunes, cétait lui. Lui qui a mené vers lultime consécration des joueurs de grande valeur en ÉQUIPE NATIONALE .Honneur et Gloire.
Joukof vivait entre Paris et la Goulette. Jeus la chance de le rencontrer à plusieurs reprises. Il me rendait visite à ma boutique du faubourg du Temple.
Ses yeux fatigués et rivés ,presque collés sur une feuille jaune de P.M.U ,il pointait ses favoris. Jo est décèdé depuis 8 mois. Il est tombé un certain jour dhiver sur un trottoir inconnu et gris dune quelconque rue à Paris.
« Jo……..mapprendras -tu un jour le nouveau volley quon pratique la haut sur les terrains éclairés ?…. »
« POUR JOUKOF »
« Tu nous appris à sauter, lever et à smatcher
A courrir puis à lober .
Tu nous a appris à aimer ce sport quest le volley
Au printemps, pendant lhiver tout comme en étè.
Tu nas jamais rien demandé et on na rien pu te donner
Par fierté et par dignité.
A présent que tu nous a quittés
On voudrait tadresse, par équité
Au nom de toute notre équipée
Un grand merci pour te récompenser.LU.S.G..
UNE BANDE DE JOYEUX LURONS CHAMPIONS DE RIEN
DU TOUT/ETE 1967 .On reconnaitra FEU FOLLE /RICHARD (mon frére)/
Max Lellouche /Richard Lellouche/Miro Kahloun/Jacques Koskas (ami de mon père) Mimon Kahloun/ Mon pére/ etc…..

Albert Simeoni albertsimeoni@wanadoo.fr