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La rafle des juifs de Tunis-9 Decembre 1942, par Roland Aloni

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Il y a 64 ans, le 9 decembre 1942, un mois après l’invasion de la Tunisie par les Nazis, une chasse a l’homme, une chasse au juif, la premiere, se passa a Tunis. Nous citerons certains passages des souvenirs de Paul Guez et de Roger Borgel, pour rappeler a nos lecteurs la tragedie de cette journee.
Citons Borgel:
« Mercredi 9 decembre! Nous n’oublierons pas de sitot cette journee douloureuse, et un frisson retrospectif nous prend, a en retracer les penibles etapes.
« Des 5 heures et demie du matin, la rue Marceschau [siege des bureaux de la Communaute]. On de passe les dernieres consignes pour le rassemblement des volontaires a la Synagogue, l’equipement, les provisions de route…….
Vers 10 heures les Allemands occupent l’Alliance, arretant tous ceux qui s’y trouvaient pour les besoins des services, tous ceux qui y entraient, ignorant la reception qui leur serait faite.
« C’est la qu’ils deposent les rafles de la rue Marceschau, auxquels viendront s’ajouter certains autres de la Synagogue……
« Les officiers[allemands] ont divise la masse des rafles: ceux qui ont plus de 50 ans iront en prison grossir le nombre des otages, les autres prendrons la pelle et la pioche……
« D’autres rafles arrivent, qui vont rejoindre les premiers; ils ont ete apprehendes sans avoir pu prevenir leurs familles, au hazard, dans la rue; beaucoup sont assez ages.
« Cependant, la cour se remplit: les jeunes gens des classes appelees, comprenant, realisant la gravite de la menace pesant sur toute une population, n’ont pas hesite. Ils viennent aussitot, avec courage, preque avec bonne humeur; pourtnant ils ont laisse a la maison meres, epouses, fiancées, enfants en larmes, mais ils se sont raidis, ne voulant pas montrer aux Boches des visages abattus ou apeures.
« Il en part ainsi, dans la seule journee du 9 [Decembre 1942], 1700 environ »
Citons les souvenirs de Paul Guez:
« 9 Decembre.
Journee cruciale. Ca va barder.
Je me rends a sept heures a la Communaute.
L’heure fixee pour la presentation des hommes [requis pour les travaux obligatoires par les Allemands] est passee. Il y a 120 travailleurs au lieu de 3000 a la Caserne Foch……
« Dans l’Avenue de Paris, on voit circuler des S.S. avc mitraillette en collier.
A la synagogue, les S.S. armes font sortir avec une brutalite inouie tous les occupants du Temple . le Rabbin, l’officiant, le bedau, les fideles.
Dans les rues environnantes, on rafle tous les Juifs qui passent.
Ils sont la, transis sous la pluie, des vieillards, a barbe venerable, des infirmes, des enfants. Je distingue dans le groupe plusieurs de mes amis pris dans la souriciere. »
J’avais sept ans a l’epoque. Je n’oublierais jamais les soldats Allemands, accompagnes d’un agent de police, qui se sont presentes chez nous, au 140 avenue de Paris, et nous ont obliges a quitter notre maison, sans preavis, et sans nous permettre de prendre quoi que ce soit. Ils nous ont obliges a quitter la maison avec les habits que nous portions.
Il ne faut pas oublier, il faut se souvenir, et transmettre aux generations a venir, notre histoire. Cela fait partie de notre patimoine


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