
Malgré ma « courte vie » à La Goulette , jéprouve le besoin de mintéresser à mes racines (alors ! pourquoi ne pas en faire profiter « Harissa.com ?)
Javoue que je ne me souviens pas de grandes choses mais le peu qui me reste (le principal, je crois) est essentiel pour moi aujourdhui. La France ma fait perdre (un peu -beaucoup ) de ce qui me restait de mon pays natal. Surtout la langue. Jai eu loccasion dapprendre larabe grâce à notre femme de ménage que jaimais beaucoup. Jétais très proche delle et nous
passions pas mal de temps ensemble.
Elle ma appris le ménage et la langue du pays. En outre de notre amitié est née une certaine complicité. Je laidais à laver le linge. On trempait le tout dans une bassine et frottait les vêtements avec le « saboun »(savon). Ma famille sétonnait parfois de me voir autant mettre la main à la « pâte ». A 6 ans jétais capable de faire de vraies tâches ménagères.
Cest dans ces moments là, que japprenais larabe.Nos voisins étaient surpris ,dés quils mentendait parler avec tant daisance cette langue très difficile (laccent, en particulier).
Malheureusement, à 7 ans, mes parents prirent la décision de quitter le pays pour la France et le changement (ou quelque chose dautre) ma fait tout oublier. Je suis incapable aujourdhui de prononcer une phrase en arabe comme avant. Je ne comprends que quelques mots mais rien de plus. Cela peut être surprenant mais cest ainsi. Il y a dix ans, je maîtrisais parfaitement deux langues …..aujourdhui une seule a survécu……cest triste…
Cette année, je suis allée au Maroc ,pays du Maghreb, où jai été choquée par la réaction de ceux qui voyageaient avec moi… Dans le car, à larrivée, jai adoré le paysage….. jétais complètement dépaysée alors que mes compagnons regardaient les habitants avec étonnement et même avec un peu de frayeur….. ils avaient lair apeuré par leur comportement.
Pourquoi ? je ne saurai le dire…. Les touristes avaient lair perdu ….. moi par contre je ressentais une certaine nostalgie sans doute à cause de mes racines qui me lient à mon pays. Jaime observer un homme marcher pieds nus, seul, sur un bord de route… il me semble livré à son triste sort. Jen souris. Je me dis, alors que lon parle affaire argent et politique sous dautres cieux, ici le temps semble sêtre figé.
Les marocains sont simples, chaleureux et familiers ….généreux même dans leur hospitalité. Loin dêtre stressés, pressés, pensifs comme ici, ils arborent un sourire angélique avec tout le monde. Malheureusement presque personne ne sen est rendu compte ……..certainement parce quil leur manque ce quelque chose que jéprouve moi, qui ait vécu à la Goulette. Jai
limpression de voir ces touristes de quelques jours, sennuyer et hâter le pas afin de retrouver leurs chambres dhôtel. Sont ils là pour la piscine ….. le soleil…?.. sans se mêler aux autochtones.
Apprécier les choses à leur juste valeur ….tel doit être le sens du voyage. Découvrir ceux que lon ne connaît pas et souvrir aux autres pour communiquer tel est lindispensable.
Valérie qui vous a écrit une impression…..
VALÉRIE SIMEONI albertsimeoni@wanadoo.fr
17 ANS






