Nous sommes maintenant dans la paracha Chemini, qui traite entre autres sujets des regles de la purete et de l’impurete. Ces regles font partie des plus complexes de toute la loi juive. Nous ne disposons pas aujourd’hui de tous les modes de purification necessaires. Aussi sommes-nous dans l’obligation de rester dans un etat impur.
Du fait de cette impurete, il ne nous est pas permis, par exemple, de penetrer a l’endroit ou se situait le Beth Hamikdach. Le service lie au Beth Hamikdach ne pouvait se faire qu’en etat
de purete, ainsi que certaines consommations d’aliment qui ne sont donc pas consommes de nos jours mais le seront a l’epoque messianique.
Il y a donc certains types d’impurete que l’on ne cherche pas a eviter aujourd’hui, mais d’autres par contre sont toujours geres.
A l’epoque du Beth Hamikdach, lorsque l’on disposait de tous les moyens de purification, les gens se comportaient de maniere a rester autant que possible dans un etat pur, meme lorsque ceci n’etait pas indispensable, et bien que ceci ne faisait pas l’objet d’une obligation.
L’impurete se transmet de facons diverses selon les cas, et il est important afin de s’en preserver de connaitre l’etat des personnes, des ustensiles, de la nourriture ou des boissons avec lesquels on est en contact.
On comprend donc dans ce domaine l’importance de mesurer la fiabilite des affirmations des personnes que l’on cotoie.
La loi juive stipule que l’on peut faire confiance a ceux qui ne sont pas verses dans l’etude de la Torah pour les cas d’impurete importante, mais que l’on ne peut pas leur faire confiance pour ce qui est des cas d’impurete legere. S’il declare qu’il n’a pas contracte l’impurete lie au contact avec un mort, on peut le croire, car il s’agit d’un cas particulierement important, et qui est connu de chacun. Il aura donc fait ce qui est necessaire pour s’en purifier. On ne pourra par contre pas le croire pour des cas d’impurete legere, puisqu’il n’a pas les connaissances necessaires a leur sujet.
La loi a ce sujet est donc que l’on ne peut les croire pour ce qui concerne les details.
Cette loi est ainsi toute l’annee, sauf lors des fetes de pelerinage, au cours desquelles on peut alors considerer que chacun est pur, de meme que ses ustensiles et sa nourriture, puisque les ignorants purifient le tout avant de se mettre en route pour Jerusalem.
Par contre, des la fin de la fete, ils retrouvent leur statut initial et l’on doit de nouveau les considerer comme impurs pour ce qui concerne les details des lois de purete.
Ce dernier point souleve une question : S’ils sont restes impurs, alors comment peut-on les considerer comme purs, et s’ils sont purs, que vient alors changer le fait que la fete prenne
fin ?
Deux explications sont presentees quant a ce qui provoque que lors des fetes chacun etait digne de foi.
Le Talmud de Jerusalem (Talmud Yerouchalmi) considere que c’est la ville de Jerusalem elle-meme qui motivait leur purification, alors que celui de Babylone (Talmud Bavli) l’attribue au rassemblement et a l’unite du peuple qui avait lieu a ce moment, ou ils etaient tous consideres « comme un seul homme ».
Nous comprenons ainsi que lorsque les juifs se rassemblent en un meme endroit, la sensation d’existence particuliere de chacun s’annule et laisse place a une sensation d’existence
communautaire. Ceci explique qu’un seul statut s’applique alors a toute la communaute et en touche chaque membre, y compris ceux qui ne sont pas verses dans l’etude de la Torah, qui sont donc egalement consideres comme purs.
De la, nous constatons la grande force que constitue l’unite. Lorsque les juifs sont rassembles, ils deviennent alors reellement une seule entite, au point que D-ieu lui-meme « reside avec eux dans leur impurete », et comme l’explique Rachi: « Meme s’ils sont impurs, la presence divine est avec eux ».
Ceci est lie au fait que l’union devoile le point profond et commun a chaque juif, sur lequel l’impurete n’a pas de prise.
L’union entre nous provoquera egalement la fin de notre exil et la construction du troisieme Beth Hamikdach, par le devoilement de Machia’h, tres prochainement.
Bonne semaine,
Chlomo