LES MEMOIRES DUN GOULETTOIS
PHOTO N° 23 LA ROUE AU DEBUT ;L’ AUTRE A LA FIN.

On dit souvent que les voyages forment lesprit et que lon en revient plein dusage et raison. Ceci est si vrai que je vais vous narrer…..
« SI LA FRANCE METAIT CONTÉE »
Il y à des situations parfois dramatiques qui vous mettent dans une situation inconfortable alors que vous etes nullement impliquée. Dans ce site ,il y a une rubrique nommée « Ghassra= angoisse » ,je profite donc de cette aubaine pour vous relater avec beaucoup de sérieux ma
mésaventure .Vraie.
Mes maîtres et instituteurs -dans mes premières classes-sattachaient avec beaucoup de rigueur et de passion -a nous abreuver dinstruction civique. La morale. Politesse, respect discipline en toutes circonstances. Bref les bonnes manières.
La France représentait à mes yeux la crème du monde tant par sa civilisation que sa culture sans oublier sa géo..
En hiver 1963, jeffectuais mon premier voyage dans le pays de Zola et de Richelieu. Je vous avoue -tout dabord,et cela pour ne rien vous cacher que nous pétons de grands-pères en fils et de grand -mères en fille, un instinct tout naturel que nous nous offrons en privé mais
jamais en public quoique……bon.
Jarrivais donc par bateau à Marseille. Le départ de mon train était fixé vers les 14 heures, ce qui me donnait du temps pour visiter la cité phocéenne.Vers les 13heures 30, je me pointais à la gare ST CHARLES. Un long parcours. Je monte dans le wagon(un Mistral). Dans ma
cabine, 5 personnes étaient déjà assises, un couple assez âgée; la femme « cascroutée »,à leur coté un homme somnolant; Je mintercalais juste en face deux entre une grosse dame et un « campagnard » qui émit un grognement sourd : je lobligeais a rétrécir lespace de ses deux jambes écartées.
Il faisait chaud dans le compartiment. Je gardais mon pardessus.
Coup de sifflet. Le serpent démarre. Par la vitre de la fenêtre, je regardais défiler les immeubles de la ville puis la belle campagne française toute provençale; les collines, les champs, les geais et les corbeaux, bref la belle France telle quelle était imprimée dans mes livres de géo. Nous roulions depuis deux heures quand tout à coup, sans prévenir ni crier garde -à limproviste-une odeur nauséabonde infecte -petite dabord puis croissante- envahit lair surchauffé. Mon flair -habituè à ce genre de fumet- nhésita pas un seul instant à reconnaître lintrus.Un pét. La vielle dame sarrêta de bouffer tandis que le monsieur séveilla. La grosse dame et le campagnard sursautèrent. Tous avaient le regard figé sur moi. Pourquoi? je nen savais rien. Avaient ils compris que jétais tune donc étranger donc péteur ? Une idée me traversa lesprit : me lever et crier mon innocence : « Ourras chiffer Tou….que ce nest pas moi…! » puis me ravisant aussitôt, je me rappelais ce vieux proverbe goulettois:
« Le premier senteur est le péteur »
« Quauriez vous fais à ma place ? quand 6 paires dyeux c.a.d. 12 « Oeils « méchants et mauvais » vous « flèchent »avec insistance 12 fois toutes les secondes durant 5 mn . Rien…..je vous assure que protester ou ouvrir la bouche alors quun conard à ouvert son trou du cul sans scrupule aurait éte inconcevable dans pareille situation de touriste immigré. Fuir ….abandonner ….le bateau ? donc mes compagnons de voyage! cela aurait pris lallure dune traîtrise …..il fallait que jassure et jassume ….à la guerre comme à la guerre ….et il nétait pas question de me dérober. Limmobilisme de linfection au dessus de nos têtes, comme une épée de Damoclès, narrangeait pas les choses, il avait même pris, je crois, une couleur gris-noir. Le libérateur de la « libération pétale » à du s »empiffrer dun mélange de pois chiches, de fèves et dharicots durant au moins trois jours sans aller à la selle. Jétais mal en point et surtout très gêné. Et toujours cette même interrogation qui venait buter la paroi intérieure de mon front « Mais pourquoi me regardent ils donc ….ya Rabbi? »
Je restais donc immobile les mains moites. La sueur perlait sur mon front formant un diadème invisible. Lodeur devenait insupportable presque suffocante.Je me hasardais a lancer du coin de loeil les réactions muettes de mes autres compagnons. Ils me toisaient toujours du
regard.
« Mais quai je donc fait pour mériter un tel jugement alors que je ne suis quune victime innocente? me disais je.
Au bout dun quart dheure, le campagnard se leva brusquement et dun geste violent ouvrit la portière.
« Vous êtes une bande de cochons » dit il
Sauvé. Je nétais pas donc le seul coupable innocent. Sauvé aussi le nuage « Tchernobilien » qui profitant de cette voie de secours et aller emmerder les autres dans le corridor.
Je restais assis durant tout le voyage avec de grandes envies daller aux toilettes. Javais très honte.
Arrivé à la Gare du Nord ,je mattablais à un café pour méditer sur la chose :
« Alors …..les français pètent …eux aussi…. »
Triste et amère constatation envers un peuple que je croyais au dessus de tout soupçon.
A mon retour ,je me confiais à ma grand-mère ,qui me dit avec plein de sagesse:
« Ya ouldi èl francise i boussou….i khraw….i garyou kif él nèch élkol…..yékhir oumen méchdounin !. »
(Mon fils, les français pètent ….chient….rotent….comme tout le monde……ils ne sont pas bouchés!)
Ce que je croyais être quun incident de parcours isolé…il y à trés longtemps , nen est pas un, puisque mon voisin du dessus « claironne »tous les soirs entre 2 et 3 heures du matin.

« albertsimeoni » albertsimeoni@wanadoo.fr



