La Sidra « ‘HAYE SARAH » s’est achevée sur le décès d’Avraham et son inhumation dans la caverne de Makhpéla à Hebron, par ses enfants Isaac et Ichmaël.
La succession spirituelle d’Avraham est définitivement acquise à Itzhak : il est porteur du projet divin et sera la continuateur de la mission monothéiste assumée par Avraham au prix de nombreuses épreuves [dont la « ligature » (Akéda) d’Itzhak].
La Sidra de cette semaine, « TOLEDOTH », traite essentiellement de la descendance d’Itzhak, les frères jumeaux Esaü et Jacob. Dès leur conception, ils ont montré des dispositions opposées : Jacob montrait du contentement quand Rebecca, sa mère, passait devant les lieux d’étude monothéistes, tandis que son frère trépignait de joie quand sa mère passait devant des lieux d’idolâtrie.
A leur naissance, Esaü étant sorti le premier, c’est à lui que devait revenir naturellement le droit d’aînesse, et par conséquent l’héritage du projet divin incarné par Isaac [ou Itzhak, vous m’avez compris].
Mais la Thora nous a précisé qu’Esaü était « un habile chasseur, un homme des champs », alors que son frère Jacob « homme inoffensif, vécut sous la tente », c’est-à-dire qu’il s’adonnait à l’étude dans la yeshiva de Chem et Ever, sur le Mont Moriah.
Tant qu’Avraham était vivant, Esaü s’est retenu de donner libre cours à ses penchants impies ; mais, le jour même où mourut Avraham, Esaü tua Nimrod son rival et rentra épuisé. Jacob s’affairait à préparer un repas d’endeuillés fait de lentilles, et Esaü lui demanda de l’en « gaver » (littéralement). En contrepartie, Jacob exigea qu’il lui vendît son droit d’aînesse,
car il voyait bien qu’Esaü était indigne d’assumer la charge du projet divin.
Esaü, dont la personnalité était diamétralement opposée à la foi dans le monde futur, et dont la nature n’était faite que d’agressivité et de brutalité, dit : « Certes ! Je marche à la mort ; à quoi me sert donc le droit d’aînesse ? »
Assumer la continuité de la mission d’Avraham devenait donc l’apanage de Jacob.
Un autre incident vint attiser l’opposition entre les frères ennemis, incident auquel a grandement participé Rebecca : la bénédiction qu’Isaac destinait à Esaü a été donnée, par la ruse, à Jacob. Dès lors, la rupture entre les frères devenait définitive et devait se perpétuer entre leurs descendances respectives à travers les générations : Rabbi Chim’one Bar Yo’haï formulait l’axiome : ESAU HAIT JACOB. Ainsi, notre tradition nous fait observer que c’est un descendant d’Esaü, MAGDIEL, qui a fondé Rome : l’un de ses lointains descendants, Vespasien, devait détruire le Temple qu’avait construit un lointain descendant de Jacob, le roi d’Isarël, Salomon.
CHABBATH CHALOM !
Leon Masliah