Aller au contenu

Sidra VAYIGACHE, par Leon Masliah

  • par


Dans cette sidra, nous sommes en présence d’une des situations les plus dramatiques qui soit dans le ‘Houmache [Pentateuque] : Joseph,  Vice-Roi d’Egypte, dispose de tous les atouts et peut rendre à ses frères le mal qu’ils lui ont fait. Les apparences plaident en sa faveur. Face à lui Judas qui fait preuve de diplomatie, mais dont les paroles cachent mal l’impatience et le ton menaçant.  Judas sait que Benjamin est victime d’une machination, mais comment faire prévaloir ce point de vue ?

Dans sa  » plaidoirie « , Judas dit notamment ceci :  » Car comment retournerais-je près de mon père sans ramener son enfant ?  » (Genèse XXXXIV, 34).  Dans un très beau commentaire, on compare Benjamin au jeune enfant juif, arraché à son milieu et dont l’éducation est confiée à des étrangers ignorant la culture juive, ce qui le conduira à méconnaître son patrimoine culturel, l’ambiance juive héritée du Patriarche Jacob. Il se trouve effectivement des juifs, qui ne prêtent que peu d’attention à ce danger, comme s’il ne les concernait pas.

Au verset 34 de Genèse XXXXIV, nous lisons la supplique de Judas à Joseph  » car ton serviteur a répondu de cet enfant à son père  » : seul  » Judas « , – qui symbolise ces Juifs totalement solidaires et responsables de leurs frères-,  ne connaît pas le repos face à ce danger.  Si Benjamin est entre les mains d’Egyptiens, il ne saurait y avoir de  » paix dans la maison de son père « .  C’est une allusion à tout foyer juif qui ne peut trouver la sénénité, quand ses jeunes sont exposés au risque de déjudaïsation.  Et l’appel puissant que les parents, conscients des périls,  lancent à l’ensemble de la Communauté,  est destiné à sortir de leur indifférence ceux qui n’ont pas conscience de la menace qui guette la jeunesse juive.

Revenons à notre récit : Que va-t-il se passer maintenant  ? La force des enfants de Jacob n’est pas à démontrer : à Sichem, deux d’entre eux ont fait chèrement payer les violences infligées à leur sour Dinah.  Si leur colère se déchaîne, Joseph et toute la ville auront des moments redoutables à endurer, et Joseph en est conscient !  Le ton de soumission apparente de Judas montre que les enfants de Jacob ont  » payé pour leur faute « .

Joseph peut alors faire connaître sa véritable identité : son émotion est telle qu’il éclate en sanglots quand il prononce les paroles  » Je suis Joseph, votre frère, que vous avez vendu  » (Gen. XXXXV, 4).

Il ajoute  » hâtez-vous, MONTEZ chez mon père « .  Le terme  » monter  » est toujours utilisé, quand on parle d’aller en Terre d’Israël (Alya veut dire  » montée « ).  Canaan est-elle plus élevée que les autres terres du globe ?  Certainement pas, il s’y trouve même le point le plus bas du monde (la mer morte) !  En fait, c’est une terre de spiritualité supérieure, élevée, inégalée.  Il peut y avoir en Egypte ou en Grèce de grandes civilisations, mais en esprit, en morale, elles n’ont rien de comparable à Eretz-Israël !  C’est une terre qui a aussi ses exigences : l’idolâtrie est sévèrement châtiée ; les abominations aussi.  C’est une terre qui  » vomit ses habitants  » (Lévitique XVIII, 25)  qui ne sont pas fidèles à l’observance des commandements de D.eu et ne marchent pas dans la voie de l’Eternel.

Jacob est donc amené à quitter Canaan, non sans réticence, d’ailleurs.  Mais l’Eternel lui dit :  » n’hésite point à DESCENDRE en Egypte. Moi-même, je DESCENDRAI avec toi en Egypte ; moi-même aussi, je t’en ferai REMONTER « .

La Promesse faite à Avraham, toujours elle, continue d’être en voie de réalisation.

CHABBATH CHALOM ! 

Leon Masliah


Laisser un commentaire