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SALLE LAURIE BOUTBOUl....RECIT DE LAURA BOUTBOUL NEE CHICHE. VOLET 1.2.3. 4..5..6..7°...8° 9°

Envoyé par breitou 
Re: SALLE LAURIE BOUTBOUl....RECIT DE LAURA BOUTBOUL NEE CHICHE. VOLET 1.2.3. 4..5..6..7° 8° 9°
11 mai 2021, 01:12




Comment parler des amis de mes parents sans parler de Gabrielle et Raoul...
Ma mère était institutrice de français à Tunis.Elle enseignait dans les souks,qu’elle traversait deux fois par jours.
Elle ne passait pas inaperçue lorsqu’elle se rendait à son école,
belle femme toujours élégante,rouge aux lèvres....
Tous les marchands la saluaient.
Elle en profitait pour faire quelques emplettes sucrées chez ses marchands préférés :
Chocolat à la nougatine,loukoum aux pistaches ou aux pignons....
Elle enseignait Le Français à de petits enfants tunisiens dont la langue maternelle était l’Arabe. Ils parlaient un peu français.
Il arrivait que j’accompagne de temps en temps. J’avais le même âge que ses élèves.
Lorsque ma mère leur parlait de l’histoire de France, je peux vous assurer qu’ils en paraissaient très très éloignés ...pour ne pas dire éberlués!
Nos ancêtres les gaulois; Charlemagne qui avait eu la mauvaise idée d’inventer l’école; les Huns et des Wisigoths, ces barbares; Louis 14 et son magnifique château de Versailles; Louis 16 à qui on avait coupé la tête; La révolution française et ses Lumières; Napoleon qui avait perdu sa bataille à Waterloo...et j’en passe!
Ces enfants n’y comprenaient rien!
Ma mère trouvait ridicule de leur enseigner cela mais il fallait respecter le programme de l’éducation nationale....
Comme tous les enfants du monde, ils n’avaient qu’une idée en tête, la récréation, leur goûter fait d’un morceau de pain et de quelques olives noires dont ils se régalaient, le foot avec un ballon de fortune et les bavardages pour les filles...
Dans cette école, ma mère avait fait la connaissance d’une très gentille dame, plus âgée qu’elle d’une dizaine d’années et très vite elles étaient devenues des amies à l’école et dans la vie...les meilleures amies du monde! Gabrielle....
Son mari, Raoul, lui aussi se lia très vite d’amitié avec mon père!
En été tous les samedi après-midi, ils venaient passer un bon moment de détente dans « la jolie maison de la plage »poussant jusqu’au soir et en hiver mes parents allaient chez eux...
C’était comme un rituel, c’était leur histoire d’amitié.
Ma mère n’avait jamais réussi à l’appeler par son prénom ....sauf peut être dans les dernières années de leur vie...lorsque ma mère rendait visite à Gabrielle tous les samedis après midi et qu’elles se retrouvaient toutes les deux sous la couette à faire une petite sieste de mamies,de deux amies....
Ma mère l’appelait Mme Bokobza et mon père appelait son mari:« Lèmine ».
Lèmine c’était je crois une façon de dire « mon ami »mais aussi « je te respecte », en yiddish on dirait « Mensh »!
Il y a comme cela dans chaque langue, surtout le judéo arabe, des expressions, des mots intraduisibles mais qui veulent dire beaucoup!!!!
Ces soirées chez mes parents commençaient par un apéritif sans alcool pour garder les idées bien claires ....
Mes parents sortaient tous les restes de Shabbat ...boulettes froides de folie, encore meilleures que vendredi ...toutes les salades souvent deux par deux dans un même ravier où l’une prenait le goût de l’autre...La mzora et la makbouba: la douceur des carottes légèrement vinaigrées relevée par le piquant de la Makbouba ....un goût irréel mais magnifique ...; La méchouia piquante que venait sublimer un reste de « tonara »...
Une farandole de goûts et de couleurs...mêlés

Ces soirées se terminaient par des parties de cartes enflammées, et c’est peu dire!
Il y avait la table ronde de Ramy pour les femmes ...une table calme et « pondérée »comme disait ma mère et à côté, la table de belote pour les hommes avec ses cris et ses querelles...pour la forme! comme s’il était obligatoire de crier et de se fâcher... pour la forme!
mais tout aussitôt réconciliés!
Les hommes avait la table carrée, en bois plein, au plateau épais, avec des pieds carrés et larges, assez solides pour supporter les coups de massue des joueurs .....
Il y avait un ami de mon père qu’on appelait « Pouppa »,parce que c’était son cri de victoire! Je n’ai jamais connu son prénom!
Mes enfants s’amusaient de ce cri de ralliement, et pour rien, pendant la partie de cartes, ils criaient en courant Pouppa!Pouppa jusqu’au bout de la nuit....parfois même en rêvant!!!!

Roger, le gendre de Lèmine qui malgré la différence d’âge avec son beau père était son alterégo ....ils s’entendaient merveilleusement
autour de cette table! Toujours associés!
Maryse, leur femme et fille s’invitait aussi de temps en temps pour une partie de Ramy. Toujours très élégante! Même pour jouer aux cartes! Souvent accompagnée de ces 3 magnifiques petites poupées....

Un autre ami M.Taieb, fabriquait ou vendait des parfums .Je me souviens qu’il traînait dans son sillage un mélange d’odeurs de Cologne, de citron et de bergamote! Une odeur de fraîcheur ...

Le Docteur Berrebi,médecin connu et reconnu qui avait soigné tous les goulettois riches et pauvres jusqu’à un âge avancé ....et que tout le monde respectait, lui donnant du Docteur par ci, Docteur par là!
Mais lui, restait très humble, discret et toujours dévoué.

André Berrebi dit Dédé, qui avait une usine de chemises et qui forcément était toujours habillé de près, très élégant, hiver comme été!
Il venait souvent avec sa femme
Annie, elle aussi amie de ma mère, très belle femme, rousse, avenante et distinguée...
Ils étaient nos voisins d’été.

Ces parties de cartes étaient l’occasion de finir la semaine en beauté , de passer un petit moment
de détente entre amis, sans invitation, « sans manière » notre porte étant toujours ouverte!
Après les parties de cartes ils finissaient la soirée dans le calme,
enfin, côté Jardin, jusqu’à une heure tardive de la nuit, sur les banquettes en bois blancs confortablement assis sur ces épais coussins fleuris, un bouquet de jasmin à l’oreille pour mon père , des colliers de « fel »autour du cou pour les dames, tous bercés par un petit vent de fraîcheur,
un verre de thé aux pignons à la main.....
Pour toi Audrey....

Recette des boulettes de Shabbat
À manger chaudes ou froides...

1 kg de viande hachée.
3 oeufs pour la farce et 5 oeufs pour la friture.
5 oignons hachés (pas trop fin).
3 gousses d’ail haché.
1 baguette .
1 et 1/2 bouquet de persil.
1/2 bouquet de coriandre.
1/3 bouquet d’aneth.
Quelques feuilles de céleri.
1CàS d’harissa.
Paprika,poivre, sel.
300g de farine pour la friture.
Prévoir un litre d’huile pour la friture.
Selon votre goût vous pouvez rajouter les épices que vous aimez(boutons de roses,cannelle...).

Hachez les oignons et bien les essorer.
Tremper la baguette coupée dans l’eau froide et la presser et l’émietter.
Laver soigneusement toutes les herbes et les couper menues.
Mélanger soigneusement la viande, les oignons, la baguette, les herbes , les épices, les 3 œufs.
Déposer devant vous un grand plateau avec de la farine étalée dessus.
Formez les boulettes et les rouler dans la farine.
Battre cinq œufs pour la friture et y ajouter un petit filet d’eau.
Préparez un grande poêle à frire,ajouter 1/2 litre d’huile au moins et chauffer.
Passer les boulettes déjà farinées dans l’œuf et mettre à frire dans l’huile bien chaude.
Les boulettes doivent être bien « bronzées ».
Réserver.
Préparer une sauce avec tomates fraîches coupées menues, ail, céleri .
Laisser cuire 15 mn à feu doux,
rajouter les boulettes, un bon verre d’eau et prolonger la cuisson à feu doux pendant une 1/2 heure au moins a couvert.
Rajouter de l’eau dans la sauce au besoin. Elles seront plus onctueuses.

Délicieuses pour accompagner votre couscous de Shabbat, ou en sandwich lorsqu’elles sortent du feu ou froides ou en apéro ou.....
.
Re: SALLE LAURIE BOUTBOUl....RECIT DE LAURA BOUTBOUL NEE CHICHE. VOLET 1.2.3. 4..5..6..7° 8° 9° 10°
23 mai 2021, 09:54
VOLET 10°


La situation semblant se calmer,je vais vous raconter une histoire qui vous distraira un peu....
Les jeux olympiques
On en parle de plus en plus !
On parle de plus en plus de la difficulté pour le Japon d’organiser les jeux olympiques cette année!
Pourtant , déjà en 1965, le plus facilement du monde, on les avait organisés!..à trois!!!!
Autour des années 65 nous habitions en hiver à Tunis et en été à L’Aéroport(tout près du Kram).
Nous avions décidé, mes frères et moi de faire les premiers jeux olympiques en ....Tunisie!
Spectateurs ou pas, les épreuves n’étaient jamais reportées! jamais annulées!
Certaines d’entre elles devant se dérouler en été à l’Aéroport et les jeux d’hiver à ....Sotchi....euh, pardon à Tunis!
Munis d’un petit carnet et d’un stylo Bic....dont l’encre coulait un peu...on pouvait commencer...
Tous les jours vers 11h, par une chaleur avoisinant les 30 degrés...
nous courrions plusieurs fois autour de la maison, environ 600m, tournant, passant et repassant sans cesse le long de la ligne de la ligne de chemin de fer...le fameux TGM qui nous réveillait très, très tôt le matin!
Souvent avant le chant du coq du voisin.....
On se servait d’un semblant de chronomètre,...c’était une vieille montre oubliée au bracelet en cuir élimé, qui dormait dans un tiroir mais qui avait quand même....deux cadrants et quatre aiguilles! et qui marchait parfaitement lorsqu’on la remontait!
Je crois de la marque « Lip » ou «Certina ». Ces 2 noms reviennent à mon esprit!
Un cadran pour les heures et les minutes, l’autre, comme une petite loupe, pour les secondes et les dixièmes de secondes je crois....
Plus d’un, se souviendra de sa montre de Bar mitsvah semblable à celle la!
Elle nous aidait dans la recherche de la performance et aussi à améliorer notre endurance à la course ....
Dès que quelques secondes étaient gagnées, c’était des hurlements
d’encouragement ....On ressentait à ce moment là, la montée de l’adrénaline. La victoire était proche, à portée de main! Le podium aussi.....

Puis venait l’épreuve du saut en longueur. On monopolisait la moitié de la plage!
On faisait le vide autour de nous.
On traçait un grand trait sur le sable, on prenait son élan et on s’élançait. Mais Il arrivait que l’on dépasse la planche, alors il fallait recommencer!
Tricher ne serait ce que d’un centimètre, hors de question!
Les traces laissées dans le sable par nos orteils servaient de preuve irréfutable.
Alors on sautait, on ressautait dix fois, vingt fois....

Puis on passait au triple saut, se prenant de plus en plus au sérieux.
On aurait dit des kangourous sautillant sur la sable....sauf que l’on n’était pas en Australie! mais en Tunisie! à l’Aéroport!
Les baigneurs nous regardaient étrangement mais peu nous importait!!!!Apres tout cela faisait quelques spectateurs de plus!
Puis quelques longueurs dans l’eau, dans cette mer,bleu émeraude pour se rafraîchir...J’ouvrais les yeux dans l’eau et je m’émerveillais....

Mais ce n’était pas terminé : en fin d’après midi lorsque nous rentrions de la plage,...épuisés, (et que ma mère n’était pas là, je précise!)on en rajoutait une couche!
On installait deux matelas derrière « la jolie maison de la plage » (côté cour!)pour amortir la chute, deux balais de chaque côté que l’on faisaient tenir, coûte que coûte, avec de grosses pierres, une corde à linge empruntée à Rzèla et là, pouvaient
commençer les épreuves de saut en hauteur!
A ce jeu là, j’étais une des meilleures...mon poids ultra léger aidant!

Puis avec ces mêmes pierres on faisait des épreuves de lancer de poids...
Je déclarais souvent forfait...la pierre faisant presque mon poids!!!!
Problème de catégorie: Je me faisais remplacer par un ami ou un cousin!

Puis l’épreuve du javelot...
Le pied du parasol ...pointu, faisait très bien l’affaire!
On ne craignait pas d’y perdre un œil!
On le lançait de toutes nos forces dans le jardin, essayant de le planter dans le sol...trop dur!

Ces jeux olympiques devaient se terminer inexorablement par les jeux d’hiver. L’épreuve de ski se déroulait en hiver, comme il se doit, et donc, dans la maison de Tunis.
Et comme on n’avait pas de neige, il nous vint l’idée Extraordinaire ...
d’étaler du Talc sur le carrelage pour pouvoir glisser plus facilement.
Vous savez le Talc, cette poudre blanche très fine et vaporeuse dont on enduisait la peau des bébés pour soigner les irritations...et qui pouvait ressembler un peu, vraiment un tout petit peu ...à de la neige...
Nous avions une imagination débordante!
Non contents de cette idée ...folle,
on décida d’y rajouter une difficulté, une haie, une chaise qu’il fallait enjamber...avant de se lancer dans un sprint effréné dans un couloir de 10m!

Cette épreuve eut raison de tous mes efforts: Une jambe cassée, dans le plâtre pour deux mois!
Je déclarais forfait!
Ainsi prirent fin nos jeux olympiques en 1965 à Tunis.....

Finalement c’est peut être facile d’organiser des Jeux olympiques mais il faut en mesurer les dangers ...
Je pense donc que le Japon a raison de vouloir les organiser dans des conditions drastiques....

Suite à mon accident de jeux olympiques, pour consolider les os, mon père disait que le drôo (farine de sorgho)était excellent!!!!
Et j’en ai mangé des bols et des bols de cette délicieuse soupe sucrée, agrémentée de sucre et de cannelle.

Recette du gâteau à la farine de Sorgho /Vegan en plus!
150 g de Sorgho.
150 g de farine blanche.
150 g de sucre de sucre.
1/2 cac de bicarbonate alimentaire.
1 zeste d’orange.
1 poignée de raisins secs.
20 dattes dénoyautées coupées en morceaux(irremplaçable!).
20 cerneaux de noix cassés.
20cl d’eau.
15ccl d’huile.
5 cl d’eau de fleurs d’oranger.
1 poignee de sesame.
Mélanger farine de sorgho,
farine de blé, sucre, bicarbonate.
Puis rajouter le zeste d’orange, les raisins secs, les noix, les dattes , l’eau,l’huile, la fleur d’oranger.
Mélanger le tout.
Mettre la pâte dans un moule avec du papier sulfurisé, saupoudrez de sesame et enfourner pour 40 mn au moins à 180 degré
Planter le couteau pour vérifier la cuisson.
Ce gâteau est un vrai délice!

Après ça , je pense que vous pourrez vous entraîner pour le marathon....
le 21 mai à 18:14
ven 18:14
VOLET 11°

Mémé...
Ce mot là ,sonne doux à mon oreille ,comme une musique,comme le souvenir d’un temps heureux....
D’un temps où mon oncle Salomon dit Bill, nous confia pour six petits mois , sa fille Ketty et sa belle mère Mémé Khouikha...alors qu’il partait s’installer en France, quittant avec le reste de sa famille, la Tunisie pour toujours en 1963....
Tata Lydia, sa femme savait que chez nous, elles seraient bien, choyées et aimées en attendant qu’elles les rejoignent en France.
Vous aurez compris que Mémé était donc la mère de la belle sœur de mon père......
La famille c’était ça! Aujourd’hui, on dirait famille élargie pour nous c’était la famille, et c’est tout! et nous étions si contents de les avoir avec nous...
moi surtout.
Ce fut une belle expérience de vie puisque je n’ai jamais connu mes grands parents ....tous partis avant ma naissance, partis trop tôt!
Une double expérience puisque je n’avais pas de soeur et Ketty combla magnifiquement ce manque....pour 6 mois...
Mémé était un petit bout de femme aux beaux cheveux gris méchés de blanc, réunis en chignon serré dès le lever du matin...
Elle se faisait discrète, mais notre maison étant petite, on la voyait tout le temps.....passant et repassant avec ses « savates »plates et ses petits pas de poupée...toujours affairée...
Elle nous régalait d’attentions ....et de bons petits plats mijotés au grand plaisir de ma mère qu’elle soulageait et de mon père qu’elle faisait kiffer!!!!!
Je me souviens d’être rentrée un jour de l’école et je ne reconnaissais plus trop notre salon....elle l’avait «customisé »....
Sur notre canapé, elle avait installé une grande planche en bois, recouverte d’un drap blanc et dessus une grande couverture rayée orange et blanche...la fameuse batanïa en laine...que chaque femme de Tunisie devait avoir dans son foyer....pour affronter l’hiver tunisien ...l’hiver rigoureux (sic)....au pire 15 degrés!
Sous cette couverture qui m’intriguait, je découvris.....un autre drap blanc...et sous ce drap blanc des petites boules de pâte soigneusement alignées, bien rondes, bien régulières et bien gonflées .....
Des fricassés....
Elle en avait fait 100 au moins alors que nous étions 7 à la maison....
Vous voyez comment les mamies tunisiennes appréhendent l’appétit de leurs enfants...
Savant calcul: environ 14 fricassés par personne....
Elle me rassura , pardon, elle se rassura, nous n’allions pas mourir de faim!!!!!
Bien entendu elle comptait en offrir à l’associé de mon père Albert et sa famille, le comptable de mon père Ernest et sa famille, les collègues d’école de ma mère et leur famille, les parents des amis de mes frères et leur famille .....bref elle aurait aimé en offrir à la toute la Tunisie, à la Terre entière....de ces délicieux fricassés.
C’était ça ,Mémé Khouikha!
Sa gentillesse et sa générosité étaient légendaires!
Aussi elle excellait lorsqu’il fallait soigner des petits bobos....avec ses méthodes de Mémé....forcément!
Petite, j’avais quelques verrues disgracieuses sur les doigts, et qui me gênaient.
Le diagnostic était tombé, le médecin avait dit à mes parents que je manquais de calcium et avait prescrit du « Verrulyse »à appliquer deux fois par jour sur les verrues. La drôle d’odeur de ce baume âcre, appliqué à l’aide d’un petit pinceau était désagréable...
Et il dérangeait aussi Mémé....
Elle décida que l’on devait guetter la pleine lune et que ce soir là on monterait elle et moi sur la terrasse....
Et on guetta le ciel toutes les nuits comme des astronomes à la recherche de telle ou telle étoile....
Le jour J arriva enfin.

La lune était au rendez vous avec Mémé .....

Et nous voilà toutes les deux, en chemises de nuit, sur la terrasse de notre immeuble, juste éclairée par la luminosité d’une magnifique lune d’un blanc presque argenté ....Ce qui rajoutait de la magie à notre histoire.
Mémé dénoua ses beaux cheveux longs, ondulés, à force d’avoir été noués en chignon, elle se choisit un cheveu blanc bien long et bien épais et elle se l’arracha avec force et détermination....sans une grimace!
Elle enroula son cheveu méticuleusement, du mieux qu’elle put, autour de mes verrues faisant des zigzags entre mes doigts.
Elle leva ma main vers la pleine lune et pria D....qu’il fasse disparaître mes verrues...
Croyez moi ou pas ....
Mes verrues n’ont jamais disparu!!!!!!
C’était juste un souvenir partagé avec Mémé....qui me fait encore sourire.... C’était aussi ça Mémé Khouikha!....
Elle passa 6 mois chez nous et pour moi c’est un souvenir inoubliable ...
fait de moments insolites et délicieux ....
Merci Mémé, repose en paix!

Pour toi Axel,mon petit cousin, son arrière petit fils....

Recette pour 40 fricassés.
1 kg de farine.
1 cube de levure de bière.
Eau tiède/ en tout 600ml.
2 CAS de sucre.
1 oeuf.
1 petit verre d’huile 70ml.

Pour la farce.
3 pommes de terre.
3 oeufs.
Harissa ou mechouia.
Quelques olives.
3boites de thon (pour 40fricassés.)

Diluer la levure de bière dans un peu d’eau chaude(100ml), rajouter le sucre, laisser poser 10mn.
Puis mettre dans le robot la farine, le mélange de levure, l’eau tiède, l’œuf, l’huile, le sel en dernier.
La levure de bière est fâchée avec le sel!
Pétrir. Laisser lever 1 heure.
Puis faire des petites boules de pâte que vous laissez lever sous un torchon....ou sous « la batanïa »....
Au bout de 30mn faire frire dans une huile chaude, mais jamais bouillante.
Déposer sur du papier absorbant.
Laisser refroidir.
Couper les petits pains dans la longueur sans les ouvrir complètement.
Farcir dans l’ordre d’harissa ou méchouia, morceaux de pomme de terre bouillie, thon, 2 olives, un quartier d’œuf.....
N’oubliez pas d’en distribuer comme Mémé à votre famille, à vos amis, à la famille de vos amis....bref à tous ceux que vous aimez....
Quant à moi, je vais de ce pas, sur la terrasse prendre rendez vous avec la lune.....
VOLET 12°



La véranda côté jupons...

Très tôt le matin, mon père quittait « la jolie maison de la plage » pour aller travailler à Tunis.
Il y faisait très chaud dès le mois de Juin et il avait aménagé ses horaires et ceux de ses employés.
Il appelait cela « journée continue ».
Sa journée commençait à 7 heures du matin, petite pose sandwich à 11h et l’usine fermait à 14h....Tout le monde y trouvait son compte!
Mon père en revenait, sa « malle arrière »(coffre de la voiture)pleine à craquer d’énormes et délicieuses pastèques .....dessert irremplaçable!
Ma mère aussi débutait sa journée très tôt, souvent en même temps que mon père.....
Lourde tâche que de contenter tout cette « smala »que nous formions, enfants, neveux, nièces, cousines des nièces, sœurs, amis....
Et Rzela arrivait un peu plus tard en TGM ....
Comment parler de notre « jolie maison de la plage » sans parler de l’incontournable Rzèla, je n’ose pas dire notre femme de ménage, tant elle faisait partie de notre famille.... De plus elle avait été ma Nounou....
Toujours d’humeur égale, souriante, vêtue de son « seffseri » blanc immaculé....
On disait souvent que le seffseri servait de cache misère. Mais...
Petite, lorsqu’elle arrivait le matin, je le lui enlevais aussitôt, presque sur le pas de la porte pour voir quelle jolie tenue elle cachait dessous.
C’était tous les matins notre défilé de mode à nous, rien qu’à nous! Nous étions très complices!

Et jusqu’au bout ,nous sommes restés complices....
Jeune fille, lorsque Bernard et moi, amoureux, nous lui confiions nos petits mots doux à l’abri des regards de mes parents....d’un coup de baguette magique elle devenait mon pigeon voyageur.....ma colombe voyageuse!

J’adorais découvrir quelles jolies jupes elle avait mis....
C’était pour moi une découverte ....
Il n’y en avait pas une, de jupe, mais pratiquement toujours trois qu’elle posait et superposait, de longueurs différentes de telle sorte que les jupes du dessous faisaient jupons....Peu lui importaient les couleurs ou les matières. Elle avait une préférence pour de belles couleurs chatoyantes,.... des fleurs, des rayures, des ramages, des pois, des dentelles, des cotonnades, et même parfois du satin, de magnifiques mélanges de couleurs et d’étoffes, bruissant lorsqu’elle se déplaçait d’un pas vif et léger, ses pieds nus, toujours « peints » au henné rouge....
Elle portait bien son nom de Gazelle...(Rzèla en arabe).
Elle achetait ces merveilles pour 3 sous, pardon pour quelques millimes, à la Fripe....
D’ailleurs une fois par été par une chaleur accablante, elle nous conduisait, pardon, elle nous « escortait » dans ce qui fut l’ancien quartier juif de Tunis, La Hafsia ,
mémoire rasée.....de ce quartier, qui avait vu tant et tant de familles juives, pauvres pour la plupart obligées de quitter ce lieu de vie de tant et tant de générations pour La France ou Israël......
Là, sur cette immense place sans ombre, plombée par le soleil, on s’en donnait à cœur joie entre ces monticules d’habits provenant du « surplus américain », posés à même le sol, en pyramides....et nous négociions d’arrache pied de magnifiques hauts en velours, des chemisettes en Vichy ou en liberty, des jupes à volants, de superbes robes du soir des années 50, des chemises à fleurs dans le style Hemingway (sans le cigare)pour les garçons, bref des tenues d’un autre temps, désuètes....mais qui au gré de nos soirées nous faisaient ressembler à des « actrices du 7 ème Art »,....quand même pas....non! Juste à des jeunes filles du 6eme ou 5ème Art(?), parfois à des bohémiennes prêtes à enfourcher des chevaux sauvages en Camargue ou parfois encore à des hippies un peu paumées de Woodstok ....Fallait bien rêver un peu!
On changeait facilement de statut sans se ruiner, sans s’éloigner.... tout cela au café d’en bas, à Sidi Bou Saïd, là où se retrouvait tous les soirs, toute notre belle jeunesse.....un verre de thé aux pignons à la main, toujours debout, batifolant de table en table....

Revenons à Rzèla. Cette épaisseur de tissus ne la gênait pas le moins du monde.
Elle se ceinturait fort, la taille grâce à deux ou trois foulards au moins, et elle se mettait au travail après sa pause fraîcheur/café à l’ombre du jasmin dont les tiges tortueuses chargées de fleurs odorantes serpentaient autour des balustrades en fer forgé blanc, jasmin qui faisant office de tonnelle abritant du soleil la petite véranda de la cuisine ....et ses locataires.....
Plus tard, nouvellement mariée, de la cuisine où je me trouvais, affairée à mes yoyos, par la fenêtre, j’admirais ce tableau à jamais figée dans ma mémoire, comme une photographie, ce tableau de femmes assises chacune à sa même place, occupées à papoter dans cette véranda, côté cour, ombragée, le matin, un café à la main....

Un café qui n’en finissait pas d’être bu à petites gorgées pour que ce moment de grâce ne finisse jamais....

Ma mère vêtue d’une petite robe légère et fleurie, en coton réfléchissait aux menus de la journée, ses couffins encore tristement vides à ses pieds, ses couffins déformés prêts à être remplis ....
Tata Dora, exceptionnellement
sans son châle, dans un coin, toujours assise dans ce confortable fauteuil en bois, aux pieds de métal couleur bronze, vestige de l’ancien bureau de mon père de la rue Caton....Le bureau aussi en métal, avait dû être abandonné sur place!trop lourd!
Et Rzèla assise sur l’escalier au milieu des fleurs de jasmin tombées à l’aube....elle avait choisi cet endroit parce qu’elle disait capter un petit courant d’air marin(« Neshmè »! en judéo arabe)qui passait par là, c’était son climatiseur pour elle toute seule!
Elle animait la conversation!
A bien y réfléchir, cette petite véranda attenante à la cuisine, côté cour, était la chasse gardée des femmes de la maison...Dorénavant je l’appellerai
« la véranda des femmes »....

Recette des yoyos de Beya, la cuisinière des bar mitsvot ....de Tunis comme elle aurait pu me la donner...
Pour 25 yoyos.
3 oeufs.
4 demies coquilles d’huile « Atlas »(très importante,la proportion oeuf/huile disait Bèya.
1 petit verre à café « Duralex »de sucre en poudre.
Environ 300g de farine« Randa ».
1 paquet et 1/2 de levure chimique
« La Pâtissière ».
1 paquet de sucre vanillé
« LaPâtissière »
Zeste d’orange.
1litre d’huile pour la friture.

Recette pour le sirop de sucre.
300 g de sucre en poudre.
Jus d’1/2 citron.
Couvrir d’eau.
Mélanger tous les ingrédients et laisser cuire jusqu’à ce que le « miel »épaississe.1/ 2 heure.
Puis rajouter un peu de fleur d’oranger.

Mélangez les œufs, le sucre, l’huile, la vanille, le zeste d’orange.
Rajouter la farine, et la levure.
Pétrir un peu. Former une boule.
Il faut que la pâte soit moyennement ferme.
Laissez reposer 1/2 heure.
Rouler des petites boules entre la paumes des mains.Percer la boule de pâte avec les 2 indexs et tourner délicatement sans casser la boule pour faire un trou au milieu et élargir délicatement.
Mettre à frire d’un côté, lorsque le yoyo « fait une fleur », retourner le.
L’huile doit être chaude jamais bouillante!
Égoutter lorsque les yoyos sont dorés. Déposer sur du papier absorbant.
Tremper dans le sirop de sucre.

Pour ceux qui ont bien connu Rzèla, et ils sont des centaines, je pense qu’elle aurait aimé que je vous précise que ses enfants ont pratiquement tous, fait d’excellentes études (ingénieur agronome, cadre dans une grande société française,...)et que ses petits enfants sont aujourd’hui diplômés d’HEC en France, de médecine en Tunisie .....
Un parcours sans faute dont elle était très fière ....
Repose en paix ma Gazelle!

Il me vient à l’esprit une histoire que mon père me racontait et qui m’amusait beaucoup
Un ami à mon père déjà fonctionnaire, plus âgé que lui, devait se fiancer à une très jolie jeune fille de Tunis....
Elle était de « bonne famille »comme on disait en ce temps là!
« Un bon parti »!
Le père directeur de banque,la mère instruite....
Il faisait un mariage d’amour...
La future épouse suivrait son mari à Nabeul, sa ville de résidence.
Voilà que les fiançailles approchent,
l’ami de mon père invite comme il se doit, tous ses copains....de Nabeul.
Ses amis d’enfance, ses amis de foot, ses amis des quatre cents coups!!!!!
Et voilà Robert(mon père), Moumou, Shaïd, Amiel, Jojo et les autres larrons, rasés de près, bien habillés pour faire honneur aux fiancés .
Ils arrivent,en début d’après midi, chez les parents de la jeune fille avec dans la tête le rêve du bon « gueuleton » qui les attendait ....
Ils décidaient de ne pas déjeuner pour réserver leur appétit au festin qu’il ferait....
La famille de la future les reçoit avec diligence....on les fait asseoir dans le salon....on leur sert rapidement citronnade ou orgeat pour les rafraîchir ....
Ils attendent le Boulou....
Le Boulou qui ne vient pas!
Les estomacs de ces grands gaillards commencent à crier famine mais ils décident de bien se tenir et d’attendre la suite....
Mon père me disait qu’ils se contenteraient bien d’une bonne Chakchouka bien piquante (à la nabeulienne!)avec un bon gros pain italien....qu’ils tremperaient jusqu’au bout de la nuit....
Peut être leur vœux seraient ils exaucés?
On avance dans la soirée, l’échange de bague pour la fiancée et d’une montre pour le fiancé ....On fait de discrets youyous....
La sœur de la mariée passe avec un beau plateau en argent....dessus de très belles coupelles en verre finement ciselées ....pleine d’une magnifique salade de fruits frais de saison!
Suivent une farandole de délicieux gâteaux européens servis dans de belles assiettes en porcelaine de Limoges....
Mais il fallait plus que cela pour rassasier nos amis!
Quelle « Raadè »(grande déception)
pour mon père et ses copains!
Un ami les rassure, peut être à Tunis sert on les fruits avant le repas?
Mon père va à la cuisine pour être sûr d’avoir bien compris....
La Chakchouka ne viendra pas!
Le festin s’arrêtera là!
Ni une, ni deux, mon père calme ses copains affamés, quitte la maison et une demie heure plus tard le voilà qui revient discrètement avec 10 énormes pains italiens bien croustillants et 5 kgs de Zlabia!!!!!
Ils se mettent à l’écart et
commencent leur festin,....un
carnage!
On coupe le pain à « l’arrache » et on mange la délicieuse Zlabia qui dégouline un peu!!!!!
Rien que d’écrire cela, j’en ai l’eau à la bouche!
Les autres invités découvrent le pot aux roses et voilà que tout le monde en veut et se met à manger du pain italien et de la Zlabia....même les fiancés et même....les parents de la fiancée.....dans la bonne humeur.
Voilà une autre des histoires de mon père et ses acolytes toujours affamés et qui nous faisait bien rire...


Recette du pain italien ...à ma façon
1kg de farine.
1 cube de levure de bière.
1 CAS de sucre.
2 CAS de sel.
Eau tiède.(environ 1/2 litre).
Diluer la levure de bière avec un peu d’eau chaude
Rajouter le sucre.
Rajouter la farine et l’eau tiède au fur et à mesure.
Rajouter un bon filet d’huile d’olive.(environ 10cl)
Pétrir.
Laisser lever 1/2 heure environs
Faire des pâtons un peu large, étaler les,badigeonner généreusement d’huile d’olive au pinceau et rouler pour faire de boudins en forme de pains.Laisser lever 15mn.
Enfourner à 200 degrés jusqu’à ce que les pains soient bien dorés.
Si vous aimez vous pouvez rajouter des graines d’anis dans la pâte.

Si vous voulez vous régaler jusqu’au bout ,achetez un bon kg de Zlabia....

A Nabeul la famille Najar faisait une Zlabia si croustillante,si bonne,si....que même le bey y envoyait chercher ses Zlabias tous les jours pendant les fêtes du Ramadan.
Elles étaient livrées dans des pots en terre avec couvercle ,le tout
hermétiquement fermé par une pâte d’argile.

Aujourd’hui, c’est mon fils David qui a pris le relais en France et qui en fabrique d’aussi bonnes.....
Laurie Boutboul
Laurie, date d’envoi : le 14 juin à 09:36
Elle mérite son poème

Un ami de mon père
Amoureux comme pas deux
Se fiançait à midi
Ses amis invités
La fiancée bon parti
Le père est un banquier
La mère est professeur
Les voilà mis en route
Rasés de très très frais
Habillés d’un peu chic
Arrivés à Tunis
On leur sert citronnade
Orgeat et Boga frais
Ils attendent le Boulou
Boulou qui ne vient pas
Ils patientent malgré tout
L’estomac tiraillé
On sert salade de fruits
Dans des coupelles en verre
Finement ciselées
On attend le festin...
L’estomac déchiré
On sert de beaux gâteaux
Dans de jolies assiettes
De porcelaine française
On attend le festin...
L’estomac crie famine
Mon père les rassura
Dans une heure je serai
De retour triomphant
Il revient bras chargés
De dix pains italiens
De cinq très gros kilos
De Zlabia croustillante
Et très dégoulinante
On le reçoit en roi
On attaque la Zlabia
On déchire le bon pain
On se remplit la panse
Les invités s’en mêlent
Les fiancés s’y invitent
Les parents eux aussi
Dans la joie et les rire
Se terminent les fiançailles
À Tunis en ripaille
La Zlabia mérite bien son « poème »


« Baba Moushi »


Baba moushi était Rav à Salonique (Grèce).C’était le gentil surnom que toute la famille donnait à Moïse Chaltiel.
Ma belle mère(zal) était son arrière petite fille...
Il avait quitté Salonique où il était Rabbin, pour Tunis....où il continua d’exercer ce métier jusqu’en 1914.
Pour quelles raisons avait il quitté Salonique?alors que la communauté juive de Salonique y était bien établie et qu’il semblait y avoir beaucoup de
Chaltiel à cette période....et encore aujourd’hui d’ailleurs.
Je fais en ce moment mon enquête à ce sujet...grâce à mon amie « Martinette »que je remercie, férue de généalogie......et qui avance bien dans ses recherches.....
Ma belle mère avait donné une gravure de son aïeul à chacun de ses enfants (Jacqueline, Bernard et Martine)pour les protéger....
pour qu’elle leur serve de porte bonheur.
Baba Moushi était connu dans sa famille et dans la communauté pour être un homme sage, un tsadik.
Bernard (mon mari)ne se séparait jamais de cette gravure qu’il avait toujours dans son porte feuille...même en voyage!
En 1992, nous avons décidé de passer un été aux USA avec nos trois enfants.
Le voyage était organisé au millimètre près par Bernard....
Côté Est d’abord avec New York, ses buildings, sa statue de La Liberté, ses musées....puis côté Ouest avec Los Angeles, San Francisco...
Nous voilà donc partis à l’Aéroport de Roissy, contents de notre séjour qui s’annonçait sans accrocs....
Premier couac....et de taille...
L’agence de voyage nous avait oublié ....nous n’étions répertoriés nulle part, sur aucune compagnie alors que nous avions tous les vouchers : vols et hôtels pour toute la durée du séjour ....
On finit par prendre un autre avion.....quelques heures plus tard.
Nous voilà arrivés à l’hôtel, à New York à cinq heures du matin.
Impatients, malgré la fatigue et les contre temps, nous commençons la visite de New York ....qui nous en met plein la vue ....
Marcher au lever du jour dans ces grandes avenues encore calmes, lever la tête et admirer ces gratte ciel qui nous rendaient si petits....grandiose!
N’étaient ouverts que les super marchés de quartier tenus par des chinois.
C’était parfait pour nous!
Un litre de café américain (ultra dilué)pour Bernard et moi, quelques bâtonnets glacés pour les enfants, aux aurores (sic)....et nous commençons à arpenter les rues de New York... guidés par Bernard ,toujours sa carte géante grande ouverte devant les yeux.....à cinq heures du matin.....
De vrais touristes!
Treize heures les estomacs crient famine, nos enfants sont fatigués....
On rentre dans une pizzeria ... on s’installe confortablement...on se met à l’aise ...je dépose mon sac à mes pieds .... entre David et Bernard je précise,....on commande ....on commence à manger.... on demande l’addition et au moment de m’emparer de mon sac pour payer ...
Plus de sac....aille!Deuxième énorme couac ...imprévu!
On nous l’avait « emprunté »! sans que personne d’entre nous ne s’en aperçoive!Sous nos pieds! Entre deux costauds....
C’est dire la dextérité et la témérité de certains voleurs!
Catastrophe annoncée.....
Affolement général....dans mon sac il y avait les cartes de crédit, les permis de conduire, de l’argent, le porte feuille de Bernard....
Il nous aura fallu 2 grosses journées pour arriver à nous sortir de cette sale affaire....
Le reste du voyage se passe sans encombre .....heureusement!
Nous revenons ravis de notre magnifique voyage .....
Oublié les ennuis du départ!
6 mois s’écoulent.... Puis, un jour nous recevons une grosse lettre recommandée des USA ....
Nous n’avions pas connaissance d’un oncle Sam d’Amérique.....
A l’intérieur, le permis de conduire de Bernard, son porte feuille vidé de tout son contenu(bien entendu!)avec juste la photo de « Baba Moushi »notre aïeul de Salonique!
Une dame qui faisait les poubelles à New York à la recherche de cannettes de sodas vides qu’elle revendait pour subsister, l’avait trouvé....et nous l’avait expédié.
Elle nous avait écrit une petite lettre pour nous expliquer comment elle avait trouvé le porte feuille.
Elle avait senti que la gravure était assez importante à nos yeux pour qu’elle se trouve dans ce porte feuille....et nous la renvoyait!
Magnifique dame!
Et voilà comment la gravure de « Baba Moushi »fit un aller retour incroyable Paris/New York /Paris, et reprit sa place ....dans le porte feuille de Bernard ....
Bien entendu ,elle y est toujours!

Recette de la Moussaka grecque à ma façon.... tunisienne.
Elle aura elle aussi voyagé....
3 grosses aubergines.
3 grosses tomates.
600 g de viande hachée.
1 oignon haché.
1 gousse d’ail hachée.
1 petite boîte de concentré de tomate.
6 tomates séchées.
1 CàS de sel.
1 CàC de poivre.
1 CàS de sucre.
1/4 l d’huile pour la friture des aubergines.
3 CàS d’huile d’olive pour la farce à la viande.
2 CàS de miel, cela vaut la peine d’essayer....

Faire frire les aubergines en rondelles ou en lamelles sans oublier de bien les égoutter.
Déposer ensuite sur du papier absorbant. Réserver.
Dans une poêle mettre un fond d’huile d’olive.
Y faire roussir l’oignon, puis y ajouter l’ail, puis la viande hachée, puis le concentré de tomates, le sel, le poivre, le sucre, les tomates séchées coupées en petits morceaux, un petit verre d’eau et laisser cuire à feu doux pendant 20 mn.
Mélanger de temps en temps.
Commencer le montage dans un moule en verre.( Je préfère).
Badigeonner le moule, de miel fondu à l’aide d’un pinceau.
Déposer dessus la moitié des aubergines frites en les faisant se chevaucher.
Puis une couche de la farce à la viande.
Re couche généreuse d’aubergines frites.
Couvrir les aubergines de rondelles fines de tomates.
Battre trois œufs en omelette, saler,
poivrer et déposer sur les tomates .
Enfourner pour 30mn à 180 degrés.

Cette moussaka est une moussaka revisitée .....en l’honneur de « Baba Moushi ».
De Salonique à Tunis!
Re: SALLE LAURIE BOUTBOUl....RECIT DE LAURA BOUTBOUL NEE CHICHE. VOLET 1.2.3. 4..5..6..7° 8° 9° 10° 11° 12°
06 septembre 2021, 07:23
Pourquoi?

Je ne pouvais clôturer notre voyage à Corfou sans parler plus longuement de ma réflexion personnelle. »
Lors du tour de cette magnifique île je remarque de très jolies petites villas qui longent les bords de mer….
Elles ressemblent à nos villas tunisiennes…seules les couleurs des murs sont différentes.
En Tunisie c’est blanc et bleu, à Corfou c’est rouille et blanc, vert pistache et blanc, rose et blanc….
C’est moins uniforme!
Les balustrades blanches restent les mêmes de l’autre côté de la Méditerranée, les fers forgés
qui ornent les balcons sont le plus souvent noirs, alors qu’en Tunisie ils sont toujours blancs….
Je n’ai pu m’empêcher de penser que certaines familles juives de Corfou devaient sûrement passer des étés formidables à l’ombre de ces magnifiques lauriers roses et blancs, fleurs qui recouvrent les murs de ces villas comme le jasmin ou le chèvre feuille recouvraient les murs de notre villa à l’Aéroport….
Ici et là ,devant le portail d’une petite maison,un papie, une mamie, assis là, sur des chaises en bois….sous un laurier rose alangui sur un jasmin blanc…image idyllique…..
Maintenant nous déambulons dans les rues de la ville de Corfou, mon regard est inexorablement attiré par ces petites rues sombres et étroites, serrées, où à peine deux personnes peuvent se croiser; mon regard attiré par ces vieilles pierres qui semblent pleurer de solitude; par ces vieilles portes en bois défraîchi sans teint, sans couleur ….fermées, sans âme…
Je me dirige vers ces ruelles et là, monte le son long et langoureux d’un violon qui me serre le cœur, me transporte dans un autre univers, un monde en noir et blanc. Nous nous asseyons sur un banc à proximité. Je n’ai plus aucun mal à imaginer que c’était là que vivaient des familles juives, dans ce ghetto. Les magasins de souvenirs prennent soudain l’allure d’échoppes sombres et chargées de fruits, de légumes , de charcuteries suspendues; les touristes en robes légères se transforment en clientes en chandail pressées de rentrer pour préparer les bons petits plats pour leur famille….
Devant, des mêmes petits enfants magnifiques, sautillent, jouent en attendant leur mère…
Les odeurs sucrées de crêpes et de glaces laissent place aux bonnes odeurs de Sofrito de veau et à l’excellente salade de fenouil à l’orange anisée et parfumée ….par la magie de mon imagination….
Soudain le violon entonne un air plus rapide et saccadé …
Je quitte ce passé à regret….
Et dans mon présent je me pose une question, toujours cette même question….. Comme chaque fois que nous visitons une ville européenne, dans chacun des ghettos, de Venise à Budapest, de Prague à Salonique ou à Corfou ….,et quand on connait l’Histoire, je me demande:
Pourquoi?


Salade de fenouil à l’orange pour accompagner le Sofrito de veau
à la mode de Corfou.
3 Bulbes de fenouil.
5 oranges sanguines de préférence.
1 citron.
1 petit verre d’huile d’olive.
Sel, poivre.

Couper le fenouil en tranches fines.
Faire des suprêmes avec 4 oranges
Presser le jus de la dernière orange et d’un citron que vous mélangez avec l’huile d’olive, le sel et le poivre pour en faire une marinade.
Bien mélanger le tout. Et laisser reposer au frigidaire.
Si vous aimez , vous pouvez parsemer de graines de fenouil ou rajouter un oignon rouge coupé en fines lamelles.
Re: SALLE LAURIE BOUTBOUl....RECIT DE LAURA BOUTBOUL NEE CHICHE. VOLET 1.2.3. 4..5..6..7° 8° 9° 10° 11° 12°
10 septembre 2021, 09:45
DE LAURIE BOUTBOUL NEE CHICHE.

lRosh Hachana

Les fêtes de Rosh Hachana approchent…Cette période marque forcément la fin de l’été et le début de la nouvelle année que je vous souhaite la plus douce possible….

A l’époque, autour des années 68, confidence pour confidence, je n’aimais pas ce moment où mes cousins nous quittaient, où il fallait retourner à l’école et surtout parce que Bernard me quittait pour faire ses études en France….
Par contre, mes parents appréciaient beaucoup cette période propice au repos pour eux.
Après l’agitation de l’été, enfin un peu de calme…
Je revois encore ma mère dans « la véranda des femmes », dire en regardant le ciel « j’adore cette période de l’année »….
A l’époque je ne comprenais pas pourquoi….aujourd’hui je perçois mieux que l’été de folie que nous passions tous ensemble cousins, cousines, tantes, oncles, amies, amis…demandait beaucoup d’efforts et de gestion pour eux.
Nous, enfants étions juste contents d’être ensemble, de « s’éclater »…sans nous soucier de cela!
Mais n’est ce pas le propre des enfants ?
C’est vrai qu’il y faisait moins chaud et dans le ciel bleu parsemé de duvet, le vol des hirondelles se faisait plus bas….Elles s’apprêtaient à quitter notre début d’automne pour aller vers des contrées lointaines, très lointaines, là où il fait chaud en hiver….
Dans le jardin,un peu moins de jasmin, mais les fleurs étaient plus vigoureuses et l’odeur qui s’en exhalait plus légère …
Ma mère aimait bien sortir plus tôt ce matin pour faire les emplettes « des fêtes »….
Ses couffins à la main, la voilà qui démarre dans sa R 16 couleur vert émeraude …un peu passée à cause de ses nombreuses années de service.
Les épinards pour la pkaila (et les beignets)étant l’ingrédient le plus important, elle fait le tour de toutes les pyramides pour les choisir bien verts, bien craquants, bref bien frais… Deux ou trois kilos feront l’affaire.
Puis elle avance à la recherche d’une belle tranche de potiron et de belles gousses d’ail bien roses pour confectionner les beignets que l’on arrosera de miel pour que l’année soit douce , très douce….
Elle trouvera son potiron chez un marchand , dans un petit coin de marché, sur une petite table recouverte d’une nappe plastifiée à carreaux rouges et blancs aussi vieille que Mathusalem….
Dessus une multitude de petites bassines de couleurs…
Il y vendait « en exclusivité »des pois chiches trempés, des févettes, du hlèlèm, quelques gousses d’ail vendues par trois, et de belles tranches de potiron bien dodues, et encore quelques fois, de belles cuillères en bois d’olivier taillées à la main…

Pour la petite histoire, je me souviens lui en avoir acheté une XXL,si grande qu’elle rentrait à peine dans ma valise…
Et, je l’ai toujours, c’est ma cuillère « spéciale Msoki »…pour nos grandes tablées de Pessah…

Derniers tours du marché pour acheter les dattes de la nouvelle récolte, les olives fraîches que ma mère mettait en saumure(saumure qu’elle préparait à l’aide d’un oeuf…..flottant!), et enfin des belles grenades aux mille grains, translucides mais bien rouges . La plus belle pour la prière et les autres pour la délicieuse confiture, gourmandise qu’elle confectionnait et distribuait une fois l’an….
Mais quel régal! Ces petits grains sucrés qui explosent en bouche et ce petit goût de sésame grillé….
Mon père, lui, aimait nous préparer les grains de grenade avec un peu de fleur d’oranger mélangée à juste ce qu’il fallait de sucre….
Entre les deux mon cœur balance et je ne sais lequel préférer de ces deux
madeleines de Proust!!!!

Associées à mes parents, je prends les deux et même les souvenirs qui vont avec….
le 28 août à 19:58
28 août 2021 à 19:58
Vous avez envoyé
j ai du retard sur la publication de tes textes, il fo que je reprenne mon souffler lol
le 29 août à 00:16
29 août 2021 à 00:16
Laurie
Laurie Boutboul
Pas grave!
Shavoua tov
le 29 août à 15:45
29 août 2021 à 15:45

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Laurie Boutboul

Un autre jeu…..
La saison des fruits d’été commençait en Juin….
L’incontournable pastèque, bien rouge et bien fraîche qui constituait l’essentiel de nos desserts: après nos déjeuners tardifs de quatre heures de l’après midi, après la plage, après la sieste, en fin de soirée …Enfin on en mangeait toute la journée….
Le melon aussi, de plusieurs variétés
Melon de Beja( ville de Tunisie)à la peau lisse jaune et à la chair blanche de forme oblongue dont la chair est ferme et sucrée; Le Gualaoui melon à la peau dentellée, à la chair couleur saumon, souvent farineux peu connu à part en Tunisie…Ma mère aimait bien en faire son dîner avec un petit morceau de pain…; le Galia rond à la peau jaune, à la chair verte ; le charentais que tout le monde connaît…
Et puis les fruits à noyaux comme les savoureuses pêches blanches, les pêches plates et enfin les abricots, fruits de couleur orange saumoné couverts d’un léger duvet, fruit doux et fragile, mais à l’inverse son noyau est bien dur ….
Les abricots, Ma mère aimait bien en faire d’excellentes confitures de ces fruits achetés murs et bien sucrés en pleine saison, et en grosse quantité pour l’occasion.
Son petit plus, était d’y ajouter quelques amandes fraîches en fin de cuisson qui apportaient un peu de croquant et de ravissement lorsque l’on tombait dessus …au détour d’une tartine!
Elle en faisait des pots et des pots!
Et elle les alignait dans le « cagibi » pour tout l’été ….
La confiture ,c’était pour régaler les adultes mais, nous on préférait les noyaux….
Et oui!
Avec les noyaux on (plutôt les garçons!) fabriquait un jeu qui nous occupait quelques semaines …
Moi j’étais plutôt spectatrice et parfois aide manipulatrice!
Mes frères et leurs amis sortaient le gros matériel: les tournevis, la petite petite vrille du tire bouchon(je crois). Ils se servaient aussi des trottoirs sur lesquels ils frottaient les noyaux….tout cela pour les percer …pour y faire un trou, pas trop grand, pas trop petit pour pouvoir y glisser à l’intérieur du plomb fondu ….pour l’alourdir!
Avant de le fourrer, il fallait parfois utiliser une pince à épiler ou une fourche à cheveux ou n’importe quoi d’autre pourvu que l’on réussisse à extirper l’amande qui se trouvait à l’intérieur….
C’était tout un travail de patience, toute une technique!
C’était aussi et surtout la chasse au fil de plomb.
Le plus chanceux était celui dont les parents avaient des gros problèmes de canalisation…
Je m’explique: Les canalisations des maisons dans les années 60 en Tunisie étaient en plomb, ( le plomb étant un métal très malléable)et il arrivait que le plombier laisse sur place un bout de tuyau…alors là, c’était mieux que de l’or…
Bernard (mon mari ) me raconte qu’il faisait fondre des petits bouts de plomb dans une cuillère à café sur le « bec de gaz »de la cuisinière et qu’il en remplissait les noyaux d’abricots….(sous les yeux attendris de sa mère …. je précise!)

Et je connais bien un galopin qui a déjà tiré sur le tuyau de l’évier de ses parents pour avoir son petit bout de plomb…et qui a déclenché un bon tsunami à la maison…..
Je tairai son prénom….j’avais promis!Il se reconnaîtra!

Car avec ce super noyau appelé « La Manique », on était presque sûr de gagner la partie.
Ces parties se disputaient en général dans la cour de récréation, parfois entre le cours de maths et le cours d’anglais…
Un petit break pour reposer nos chers petits cerveaux encombrés de tables de multiplication et de verbes irréguliers…

Les règles tunisiennes sont relativement simples: Cette partie se joue à 2 ou 3 ou 4….
Il s’agit de faire plusieurs « Castels »(châteaux) avec 4 noyaux, 3 au sol en triangle et un dessus, sur une ligne perpendiculaire au mur.
On se met à une distance réglementaire et définie (en général 3 ou 4 mètres)et le but étant de casser le premier Castel alors là, jack pot, on gagne les autres Castels et on ramasse tous les castels alignés.
Si on casse le second on empoche celui cassé et les 2 qui suivent ;
Celui qui touche le 3ème gagne le cassé et le troisième et ainsi de suite….
Donc plus le noyau que l’on envoie est lourd ,plus la probabilité de casser le Castel est grand.
D’où l’invention du noyau en plomb….qui s’abat plus lourdement comme une catapulte et explose le Castel.
Le grand vainqueur est celui qui repart dans sa classe avec le plus de noyaux dans son polochon, en tissu de récupération, noué par deux lanières …..ou encore celui qui a les poches les plus déformées par les noyaux….
Vous remarquerez que je donne les règles de ce jeu au présent…
Ce serait sympa que nos petits s’y remettent …..mais, un bon conseil, protégez vos canalisations……

Je précise qu’il y avait plusieurs façons d’y jouer…
Les règles que je donne là sont celles dont Bernard se souvient….

Recette de la confiture d’abricots:
1 kg d’abricots coupés en 4.
600 g de sucre en poudre.
1 jus d’1/2 citron.
10 amandes fraîches.
Déposer les fruits, le sucre, le citron dans une casserole à fond épais et mélanger.
Lancer la cuisson à feu doux jusqu’à ce que l’eau des fruits remontent à la surface des fruits.
Puis à feu fort mais il faut surveiller.
Écumez si besoin pour enlever l’amertume.
C’est prêt lorsqu’une petite goutte déposée sur le pouce et l’index commencent à coller.
Ma mère y rajoutait une dizaine d’amandes fraîches.
Mettre en pot bien propre, et retourner le pot.
le 1 septembre à 06:50
1 sep 2021 à 06:50


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Laurie Boutboul

Un soir de fin d’été….« Les Dunes »
Je ne sais pourquoi cette soirée un peu fraîche réveille en moi un souvenir lointain d’une soirée passée aux « Dunes », en compagnie de mes parents.
« Les Dunes »,Restaurant chic, situé un peu en hauteur, sur une petite colline, d’où le nom de « Dunes »je pense, près des rives de Gammarth….
Une fois l’an, à la fin du mois d’Aout, début Septembre , souvent pour l’anniversaire de mariage de mes parents(9 Septembre)c’était La grande soirée de fin d’été…une soirée emprunte d’un grand romantisme….aujourd’hui d’une grande nostalgie….
Pour l’occasion ma mère mettait sa plus belle robe longue, et mon père s’habillait souvent de blanc….
Il fallait réserver plusieurs jours à l’avance , c’est dire comme cet endroit était prisé du « Beau Tunis »…
C’était un défilé de femmes, l’une plus belle que l’autre, des brunes, des blondes, des princesses aux yeux pleins d’étoiles, cheveux au vent, les épaules hâlées, discrètement dénudées , …

Elles trainaient dans leur sillage l’odeur de parfums un peu forts mais mêlés aux embruns marins qui venaient de la mer tout près, ces parfums se transformaient, s’allégeaient pour ne plus former qu’un seul et unique parfum qui revient, aussi vif, dans ma mémoire….
L’indescriptible parfum « des Dunes »….

On prenait place, confortablement
assis, et là, nous étions aussi vite transportés par cette musique d’ambiance joué par un orchestre….un son de batterie, unique, comme étouffé….qui donnait à cette soirée quelque chose de spécial, une ambiance
particulière, douce, toute en harmonie….
Et ce léger souffle de petit vent marin de fin d’été, rajoutait quelques jolies notes de mélancolie ….
Les flammes dans les photophores dansaient ….
La vaisselle en porcelaine fine , les couverts en argent, les nappes amidonnées, les verres ciselés donnaient à cette table une atmosphère d’exception.
D’élégants serveurs en livrée apportaient aussitôt, un seau à glace sur pied, dans lequel surnageait une bouteille de vin rosé…. Le cliquetis de la bouteille dans ces glaçons déjà fondus s’harmonisait parfaitement avec la musique d’ambiance….
Puis, dans de grands plateaux en argent, étaient servis de magnifiques poissons grillés, le plus souvent des bars au ventre bombé par les tiges de fenouil, accompagnés de leur sauces mayonnaise et kérkénaise (des îles Kérkéna)….un petit citron en forme de fleur …Pas besoin d’en rajouter….tout était dans la qualité et la préparation du poisson pêché au filet, ce matin, puis parfaitement grillé aux sarments rougis dans un four à bois…..
Confidence pour confidence, j’aurai bien aimé quelques frites pour accompagner mon poisson mais ce n’était pas du tout assorti à ce repas, tout en délicatesse!

Nous passions une bonne petite heure encore, alanguis au son des douces mélodies qui ravissaient mes parents…. De temps en temps ils se levaient et esquissaient quelques pas de danse à deux…slows , tangos…

Cette soirée se terminait par un dessert tout en légèreté……toujours offert!

C’était une de nos belles soirées de fin d’été

Recette de la sauce dite
« Kerkenaise ».
4 tomates.
2 gousses d’ail.
1/2 citron.
Un filet d’huile d’olive.
Quelques brins de persil.
Sel , poivre.
Râper les tomates, puis l’ail.
Ajouter le citron, un bon filet d’huile d’olive fruitée,sel, poivre, persil ciselé.
Cette sauce légère et goûteuse est parfaite pour accompagner votre poisson grillé.

Elle a le goût léger des beaux rivages
Elle a le goût de mes souvenirs….
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