Mes souvenirs de vacances en Tunisie - Gilles Barouch

Mes souvenirs de vacances en Tunisie - Gilles Barouch

Les souvenirs de mes vacances en Tunisie sont comme une légende. Ils viennent s’entourer de mes nostalgies, de mes rêveries. Ils sont devenus, avec le temps, des mythes. Car tout ce que nous avons vécu là-bas semble aujourd’hui entouré de perfection.

Sur la plage, qui n’avait rien à envier aux belles plages françaises, venait à notre rencontre le marchand de glibettes et de cacahuètes. Il nous interpellait : "jeunes hommes de la bonne famille" ; c’était Tataouine — c’est du moins ainsi qu’on le surnommait. Son panier posé sur la tête, il venait nous proposer ses petits trésors… Un véritable régal.

Après la plage, nous remontions à la maison. Là, nous attendaient les meilleurs des plats tunisiens : la slata méchouia, le couscous aux boulettes et aux légumes, et tant d’autres merveilles dont le souvenir, malgré les années, ne s’est jamais effacé. Je cherche encore aujourd’hui à les faire revivre, à réactiver ces sensations et ces espérances chaque fois que je pousse la porte d’un restaurant tunisien.

Et puis, il y avait Sidi Bou Saïd.

Sidi Bou Saïd… Ce lieu magique, aux couleurs bleu et blanc.

Assis sur les nattes du Café des Nattes, nous sirotions tranquillement un café. Un café qui avait, lui aussi, le goût de notre Tunisie natale.

Ou alors nous descendions les marches du café Sidi-Chaabane, immortalisé par la chanson Au Café des Délices, pour contempler, sous nos pieds, la vue merveilleuse sur le port de Sidi Bou Saïd.

Puis nous allions, au coin de la rue, retrouver le marchand de bambalonis, ces gâteaux frits et sucrés dont nous raffolions.

La nuit, nous nous retrouvions parfois à La Baraka, le night-club de Sidi Bou Saïd. Saad le gardien et maître d’œuvre des lieux, nous accueillait. C’est là que j’ai vu danser la lambada.   Ou alors, il y avait un autre night-club, au cœur de Sidi Bou Saïd, l’Olivier Rouge, avec ses nuits de folie et cette musique entrainante dont un disque qui n’est jamais sorti de mon esprit : Funky Nassau....

Un autre jour, nous nous retrouvions au Safsaf de La Marsa où le chameau, paresseusement, tournait en rond et faisait remonter l'eau du puit. Nous dégustions les briks à l'œuf en commentant les résultats de la dernière partie de chkobba.

La visite se terminait traditionnellement par une glace au sabayon chez Salem.

Le vendredi soir, nous nous retrouvions parfois avec oncles, tantes et cousins à La Goulette chez Bichi, le célèbre restaurant de poisson. Tout en bavardant entre cousins, nous dégustions un complet poisson et sa tostira tandis que les chats, sous nos pieds, se disputaient les restes.

Ainsi se déroulaient nos étés.

Des étés qui, avec le temps, sont devenus des fragments de bonheur.

Des images, des goûts, des musiques, des odeurs de parfum, celui du bouquet de jasmin que mon grand-père portait à son oreille.

Et surtout, une lumière.

La lumière de Tunisie.

 

 

 

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