Re: LE PTB ET MOI ZOUZ.
13 janvier 2015, 11:45
‘…..Nous sommes sous la menace…. !’

Je cite Mr le Président de la République.

‘…Nous sommes sous la menace terroriste…. !’

Un aveu qui donne à réfléchir, à méditer.

Il sous entend que tout un peuple, soit 60 millions de citoyens, toutes religions confondus, toutes identités confondus etc…courre un grave danger au quotidien.
Il y a danger dans la maison France et ce danger peut venir de n’importe où.

Sommes- nous destinés à être des otages… ? Demain, après demain dans une semaine… ? Comment le savoir … ?

Sommes nous sous une épée de Damoclès…A la merci d’un déséquilibré, d’un djihadiste sorti de nulle part…Fiché certes mais qui malheureusement prend le temps de s’armer et de canarder sur n’importe lequel d’entre nous… ? Comment vivre dans de telles conditions… ?

Imaginez un instant, vous êtes dans un wagon de métro, dans une salle de cinéma, dans une épicerie ou super marché, etc et que soudain un homme hurle ‘…Allah ou AkbaAAAr… !’ Fait mine de se pencher sur sa sacoche …Que va t’il se passer… ? Imaginez un plaisantin, un jeune crier dans la rue ce slogan ? Se pencher aussi et qu’une patrouille de CRS passe… ? A proximité… ?
J’invite surtout les blagueurs, les petits malins de rester tranquilles car ils peuvent payer cela de leur vie.

La police, les soldats ont investi certains quartiers. Ils ont le doigt sur la gâchette.

Méfiez vous jeunes écervelés. Et surtout éviter hurler ce nouveau slogan qui craint, en public.



Re: LE PTB ET MOI ZOUZ.
13 janvier 2015, 12:41
DIGNITE.

Mon cœur est tombé.

Face à des images insupportables.
Insoutenables.

Notre ami Avi, courbé par le chagrin,
Sa main posée sur les épaules de sa maman
Qui aura du mal à vivre une telle tragédie.
Et ce papa ??? Et ses proches… ?

Sa maman pliée par la douleur et le chagrin.
Comment restés maitres de nos sentiments
Lorsque nos larmes coulent sans retenues… ?


Mon cœur est tombé.

A la vue de ces images lentes
Sur ce recueillement digne
Où le temps s’est arrêté.

Pas un seul cri n’a été entendu
Pour ne pas faire peur à ce gentil garçon
Qui n’a pas eu peur d’affronter le diable.

Mon cœur est tombé.
Sous les mérites et l’oraison
De ce fils, ce frère, notre cadet,
Sur ces visages bouleversés.

Nous étions tous accrochés
A cette douleur, à ce chagrin
Qui nous a tordu les tripes.

On dit que le temps cicatrise
Les plaies et les douleurs.

Je ne crois pas au temps guérisseur.

Il y a des cicatrices qui ne se referment
Jamais. Elles sont là présentes, quotidiennes,
Pour nous rappeler ce qu’il y a de plus
Précieux dans notre vie.

Non, le temps remet en question
Douleurs et souffrances.

Que ta mémoire Yohan, et vous
Compagnons qui l’accompagnaient
Dans votre dernière demeure
RESTE IMPERISSABLE.


Re: LE PTB ET MOI ZOUZ.
13 janvier 2015, 12:42
DIGNITE.


Nous avons été témoins aujourd’hui sur l’hommage qui a été rendu aux victimes par le Président français MR HOLLANDE, un hommage dicté avec sincérité. Emouvant, digne dans un silence total.

Quoique qu’on puisse dire et malgré les ratés de la police française et des services ‘compétents’, Ilan Halimi, Merah, celle du super marché Cacher, et des deux autres frères terroristes dont je ne citerai pas les prénoms, la France ne plie pas devant ceux qui ont juré au nom d’ALLAH LE GRAND de bouleverser le paysage de notre quotidien. La vigilance est de mise.

Nous sommes tous concernés à tous les niveaux…

Vous aimez la France… ? Contentez vous de ce qu’elle nous donne.
Je n’ai pas à critiquer le gouvernement. Même les gouvernements intérieurs, parce qu’aucun d’eux ne nous plait et celui du futur aussi. Aucun d’entre eux n’est sympathique si cela peut se dire ainsi.
Nos gouvernants font leur boulot, ils font ce qu’ils peuvent faire avec rigueur et sérieux. Avec foi.

Ils mettent tous les moyens en œuvre pour faire leur devoir.
Ils seraient indécents de notre part à vouloir tout le temps les critiquer.

Suite…Plus tard…J’ai faim.
Re: LE PTB ET MOI ZOUZ.
14 janvier 2015, 02:08
Dialogue d’outre tombe.

Si maman était encore de ce monde…

‘…Aïe…Aïe….Lei yech’wiq ye VALLS…Amin….Tu m’a donné de l’espoir avec ton discours…. !’ Que D ieu vous épargne du malheur… !)
‘…Maman tu comptes renaitre et revenir en France… ?’
‘…Oui, bien sur reprendre mes habitudes.. !’
‘…Si tu veux ressusciter, ressuscites en Israël, ici les juifs vont partir même Fortuné s’en va… !’
‘… Son fils me l’a dit… !’

Le discours de MR VALLS, notre premier ministre a été en tous points rassurants, par deux fois, il dit qu’une France SANS SES JUIFS ne serait pas la France.

Pourquoi personne avant lui n’a prononcé de mots aussi forts, aussi vaillants, aussi clairs alors que nous avons vécu des périodes noires durant plus de 20 ans… ? Pourquoi avez-vous mit du temps pour reconnaitre la vérité ‘…Oui La France porte en elle des graines de l’antisémitisme… !’ Aux moindres faits divers contre nous, l’affaire était classée comme FAITS DIVERS… !

Pourquoi est ce que la mort de jeunes et de moins jeunes donnent t’elle un réveil de conscience, et un sursaut nationale… Aujourd’hui… ? Est-ce qu’il fallait en arriver là alors que tous les indices étaient au rouge en ce qui nous concerne… ?
La communauté juive de France désabusée, prise entre le doute, la peur et la crainte n’avait d’autres choix que d’alerter les pouvoirs publics qui sont restés ‘ presque sourds ‘ aux appels du pied de notre communauté…

La gifle, l’offense que vient de recevoir la RÉPUBLIQUE FRANÇAISE marque peut être un tournant pour le futur, mais n’est ‘il pas trop tard pour nous… ?

MR LE MINISTRE et je le redis, il faut une PROFONDE RÉFLEXION NATIONALE pour inverser la courbe, les juifs de France n’ont rien demandés, juste qu’on les laisse vivre sans qu’ils soient au quotidien insultés, brimés, agressés, tués.
Il ne faut plus rien laisser passer. Vous avez entre les mains le pouvoir de dire ‘…STOP… !’ Il suffit les mots, il faut de l'action, sinon je prends ma valise et je vais rejoindre ma fille.

Commencez par la base, l’école, les universités qui sont devenus un berceau de l’antisémitisme, un chaudron dans lequel notre désespoir a prit le dessus sur l espoir.

Que de gâchis dans une France que vous nous avez appris à aimer.
Est-ce trop demander… ?


Re: LE PTB ET MOI ZOUZ.
15 janvier 2015, 10:55
Pour CABU....DE LA PART DE BREITU
Pièces jointes:
BUREAU CABU 001.jpg
Re: LE PTB ET MOI ZOUZ.
17 janvier 2015, 11:39
Nous avons beau dire ‘…Plus jamais ca… !’ Et voilà que cela recommence.
Nous avions eu déjà un martyr, Ilan Halimi z’al, puis Toulouse, et là encore 4 jeunes gens dans la force de l’âge et tjs les mêmes slogans.
Nous avons eu 12 Victimes qui travaillaient ensemble, se croyant à l’abri dans leur journal…

Nous avons tous les jours ici en France, des agressions antisémites toutes identités et religions confondues.

Jusqu’à quand… ? Le pouvoir est débordé et ce ne sont pas les rondes quotidiennes de la police, de l’armée, les positions de nos gouvernants etc qui mettront un frein à un fléau qui prend de l’ampleur. Le danger est partout. On le voit, on l’entend, on le sent. Le pessimisme se fait sentir.


C’est un véritable casse tête pour les services concernés pour la bonne raison qu’ils ne traquent pas un groupe bien organisé mais des djihadistes isolés qui n’ont pas une structure pyramidale…Les donneurs d’ordre ne sont pas ici mais à l’étranger.

Il n’y a pas à proprement parlé un chef….Mais des petites cellules dormantes sans chef qui planifient leurs attentats.

Le piratage est devenu monnaie courante.

Les enquêteurs nous apprennent leurs parcours après les faits alors qu’il est trop tard pour museler leurs actions.
Toutes ces victimes n’ont pas besoin de médailles, ni d’éloges, ni honneurs, les parents les ont fait grandir pour les voir vivre tous….Et non pas pour les pleurer.

Comment faire… ?


Pièces jointes:
BOUGIE.jpg
Re: LE PTB ET MOI ZOUZ.
18 janvier 2015, 02:05
Je suis Yoav Hattab
Publié le 15 janvier 2015 par annienovelli
[www.annienovelli2012.fr]

Je vous envoie un merveilleux texte en hommage à ce garçon tué à Vincennes. Il est écrit par Sara Horchani une jeune tunisienne qui parle de Yoav et des juifs tunisiens mieux que personne ne saurait le faire.

Pas de réaction des autorités tunisiennes . Pas de condoléance envoyée à la famille Hattab alors que Yoav Hattab ne détient qu’une nationalité: tunisienne.

Le premier ministre tunisien a participé à la marche républicaine de Paris. Seuls Nida Tounes France 1 et Ennahdha ont réagi. Le reste c’est silence radio dans la classe politique tunisienne.

Heureusement que des citoyens tunisiens se mobilisent comme cette courageuse Elo Bourguiba ou bien l’association tunisienne de défense des minorités pour la solidarité avec la famille.

Allô! un tunisien a été assassiné à la prise d’otage de Vincennes..
Allô! partis politiques tunisiens!

Allô autorités tunisiennes. Il y a quelqu’un? C’est le silence. Il me semble ressentir la froideur de la mort dans ce silence.
Et quand est- ce qu’il y a enfin une réaction? C’est quand on annonce son enterrement en Israël.

On se moque de la tristesse des proches c’est le silence côté solidarité et c’est le brouhaha côté polémique.

Le père de Yoav Hattab a défendu le vivre ensemble de la Tunisie dans les médias étrangers. Et les autorités et partis politiques tunisiens gardent le silence alors qu’un citoyen tunisien a été assassiné.
Pouvez-vous penser à la douleur d’une famille tunisienne?

Pouvez-vous penser à ce citoyen tunisien qui était fier de son pays natal, fier de porter le drapeau tunisien, fier de voter aux élections?
Pouvez-vous comprendre que c’est pour des raisons religieuses et non politiques que la famille souhaite enterrer Yoav Hattab en Israël? Je suis qui pour leur imposer un choix. Je respecte leur volonté et leur liberté?

Et d’abord avant tout je pense à la solidarité avec une famille endeuillée.Soyez humains. Quelle indécence de polémiquer sur le lieu d’enterrement de Yoav Hattab alors qu’on garde le silence, qu’on ne présente même pas les condoléances.

Ce silence est une atteinte à une partie de l’Histoire de la Tunisie. Une atteinte aux principes démocratiques.

Ce silence affecte la citoyenne tunisienne que je suis. Elle me blesse en tant que républicaine tunisienne, en tant que fervente militante de l’égalité.La base de toute démocratie est l’égalité entre citoyennes et citoyens quelque soient leurs origines.

Triste de voir les partis démocrates et de gauche se faire doubler par Ennahdha le comble.

C’est le devoir de la Tunisie de rendre hommage à Yoav Hattab. Il est citoyen tunisien victime d’un horrible assassinat. Assassiné car il était juif. Car il se trouvait dans un magasin casher pour faire ses courses avant shabbat.

C’est le devoir de la Tunisie de respecter tous ses citoyens quelque soit leur confession.Et il y en a assez ces soupçons perpétuels de manque de fidélité et de loyauté auprès de nos concitoyens juifs.
Ils ont fait la Tunisie avec tous les citoyens. La Tunisie sans les juifs n’est pas la Tunisie. La culture tunisienne qui unit une belle diversité d’origines riche de son Histoire plurielle est nourrie par la culture juive. Les synagogues, les traditions, les arts culinaires, les bijoux; les musiques juives font partie du patrimoine tunisien. Cela fait des siècles que la Tunisie a eu sur ses terres des juifs. Quelle fierté d’avoir cette synagogue de la Ghriba lieu de pèlerinage.

Souvenez vous de Habiba Mssika jouant « Patrie : les martyrs de la liberté » enroulée dans le drapeau tunisien et scandant des slogans indépendantistes et arrêtée par les autorités coloniales pour cela.
Réécoutez Georges Adda nous racontant la résistance du peuple tunisien pour son indépendance. Les murs de prison tremblant sous le chant des prisonniers accompagnant les condamnés à mort. » c’est ça le peuple tunisien » disait-il fièrement.

Des tunisiens juifs ont milité dans le parti neo-destour comme André Barouch

Écoutez les chanson d’Henri Tibi. » La Goulette c’est le plus beau coin du monde » sur Tunis « je rêve la Tunisie »!
Des tunisiens juifs ont contribué à bâtir une Tunisie des Libertés et de Justice comme Gilbert Naccache ou Sophie Bessis

Regardez les larmes de Michel Boujenah et de Serge Moati lors de la révolution tunisienne l’émotion accompagnant toujours leurs mots quand ils parlent de la Tunisie.Et c’est ainsi pour les tunisiens juifs de par le monde. Ils parlent de la Tunisie avec fidélité et attachement. Dans le documentaire « bons baisers de la Goulette »,l’un dit » on ne dit pas qu’on est juif, on dit qu’on est juif tunisien ».

Elles sont ridicules ces leçons de patriotisme données à ces amoureux de la Tunisie qui lui donnent tant.

Et pourtant, que d’injustices sont subies par nos concitoyens. Parce qu’ils sont juifs. La discrimination dans les lois, l’interdiction de se présenter aux élections présidentielles; de servir dans l’armée, dans la pratique pas accès à la fonction publique. Quelle tristesse ces synagogues et ces cimetières laissées à l’abandon. C’est une partie de l’Histoire de la Tunisie qu’on laisse à l’abandon

Pourquoi dans les écoles tunisiennes n’est pas enseignée cette Histoire? Comment se fait-il que des jeunes tunisiens s’étonnent de voir des juifs tunisiens revenus faire un tour à leur pays natal leur apprendre qu’il existe des juifs tunisiens. Pourquoi n’y a t il pas une avenue honorant le chanteur Raoul Journo? Doukha le grand-père de Yoan Cohen, une autre victime de l’attentat de Vincennes d’origine tunisienne
Plusieurs tunisiens ou des personnes d’origine tunisienne ont été assassinées cette semaine en plus de Yoav Hattab et Yohan COHEN .Francois-Michel Saada, d’origine Tunisienne Elsa Khayat Tunisienne originaire de Sfax ;Georges Wolinski né a Tunis, de père Polonais et de mère Tunisienne….

Et pas un mot des autorités tunisiennes

Alors Yoav Hattab; bel ange,repose en paix. Même si tu es loin de ton pays natal, je connais ton amour et ton attachement pour la Tunisie. Je n’ai que faire des polémiques qui négligent la douleur humaine, ces polémiques intolérables irrespectueuses. Yoav Hattab, j’ai le cœur lourd, rempli de tristesse, de folle colère face à ton assassin; de la colère face à la haine. La rageante question brûle ma tête:comment de tels monstres peuvent exister

Repose en paix cher enfant de la Tunisie. Tu continues à vivre dans ma mémoire, dans mon panthéon tunisien.

Yoav Hattab tu portais sur ton dos avec fierté le drapeau tunisien quand des islamistes veulent le changer en drapeau noi
Je suis tunisienne et je ne t’oublie pas. Où que tu sois enterré; tu demeures mon concitoyen regretté ya khouya*.

Je suis Yoav Hattab. Il est mon Histoire. Il est mon pays. Je vous appelle démocrates de la Tunisie. N’oubliez pas notre concitoyen, nos concitoyens.

Vite la Justice et l’Égalité!
Sara Horchani – Tunisienne musulmane
*mon frère en arabe


Re: LE PTB ET MOI ZOUZ.
18 janvier 2015, 02:06
Le silence indécent de gouvernement tunisien.

La vox populi des tunisiens libres a p arle.
Les tunisiens en grand nombre ont assisté au kaddich prononcé à la grande synagogue de Tunis à la mémoire des juifs tunisiens tombés à Vincennes, sous des balles de criminelles.

Ils ont posé des fleurs, et des petits mots, allumés des bougies, devant cet hyper marché qui est devenu le symbole de l’horreur.
Ils ont ainsi prouvé l’attachement, la solidarité envers des compatriotes juifs tunisiens qui aimaient profondément leur patrie bien que vivant en France.

C’est dans pareilles situations hélas, que l’on reconnait, le frère le cousin l’ami tombé en héro, le patriote qui, bien loin de son pays, garde en lui l’amour de son bled, et c’est ce qui le rend aimant.
Les tunisiens ont prouvé, lire la lettre de cette jeune femme SARAH HORCHANI qui fustige le silence des autorités tunisiennes suite à ces meurtres. 5 natifs tunisiens sont tombés sans qu’aucun membre de la classe politique n’a dit un mot.

Mais le peuple lui a manifesté, il a parlé et donné son sentiment avec une grande sincérité, avec de généreux élans de cœur

C’est ce qu’il faut retenir.

Re: LE PTB ET MOI ZOUZ.
18 janvier 2015, 23:05
Re: LE PTB ET MOI ZOUZ.
19 janvier 2015, 00:25
Georges Wolinski

a été élève au lycée Carnot de Tunis ,

il nous avait raconté ses années tunisoises.

Voici son témoignage :

Je suis né à Tunis. Mon père, Sygfrid Wolinski, sorte de Juif errant venu de Pologne, est tombé amoureux de la petite Juive italo-tunisienne, Lola Bembaron, ma mère. Ils se sont mariés en 1928 dans la Tunisie coloniale. Ce qui fait que je suis né français comme ma sœur. Je n’ai pas eu le temps de connaître mon père. Il a été assassiné en 1936 par l’un de ses employés. Il avait l’air d’être un type formidable.


lycée Carnot

A la suite de ce drame, ma mère est partie en France. Ainsi, j’ai passé toute mon enfance auprès de mes grands-parents maternels. Mon grand-père était très connu à Tunis. Il dirigeait la pâtisserie Chez les nègres, renommée pour ses chocolats et ses gâteaux, qui se trouvait juste en face du lycée Carnot. C’est mon père qui avait décoré le magasin avec des têtes de nègres en fer forgé. Je garde la nostalgie du vendredi soir où toute la famille venait manger le couscous. C’était une fête à chaque fois. Dans ces soirées familiales très gaies, tous mes oncles et tantes qui avaient remplacé mon père et ma mère, étaient adorables avec moi. Je me sentais bien dans ces liens familiaux très serrés.

Et puis, il y avait tous les plaisirs de la vie tunisoise. Nous allions à la plage avec le TGM* (le train aux wagons en bois qui reliait Tunis à ses plages). L’été, nous passions deux-trois mois au bord de la mer. La famille louait une maison vide à La Marsa ou à Khereddine. C’était une équipée, dans la haraba, une grande charrette conduite par des chevaux, nous entassions tous les meubles : les armoires, les lits…Un autre grand moment, c’est quand à neuf ans, ma grand-mère m’a amené au hammam avec ma sœur et ma cousine plus âgées. J’étais chez les femmes. C’était la première fois que je voyais des femmes nues, avec tous leurs poils. Comme des gamins, on a joué, on s’est envoyé de l’eau. J’ai gardé le souvenir de cette ambiance, de cette lumière, de ces corps de femmes luisants, avec cette beauté des corps à l’ancienne – des hanches et des seins. Pas des maigrichonnes comme maintenant, qui ont aussi des seins et des fesses, mais qui n’ont pas de hanches. C’étaient de vraies nanas. J’ai gardé un souvenir ébloui de tout cela.

LA HARA, LE QUARTIER JUIF

Mes autres grands plaisirs étaient de lire et de dessiner. Ma sœur et moi, nous étions fous de littérature. Nous avions la chance d’avoir à la maison une très grande bibliothèque avec toute la littérature française et anglo-saxonne. A douze-treize ans, j’avais lu tous les Victor Hugo, Jules Verne, Edgar Poe, Jack London. De plus, avec mes amis, nous échangions des livres. Nous avions fait un fond commun où les livres des autres étaient aussi les nôtres. Parfois, nous les reprenions pour les relire. Je lisais énormément. A treize ans, j’ai même lu des livres interdits comme L’amant de Lady Chatterley ; je n’ai rien compris, enfin il y a des choses que j’ai comprises, d’autres que je n’ai pas comprises. Quand je gardais les enfants chez mon oncle Henri et ma tante Dolly, j’allais fouiner dans leur bibliothèque parce qu’il y avait une édition très belle des Mille et une nuits avec des descriptions extraordinaires. J’aimais bien parce que c’était très érotique. Pour les fêtes, les oncles et les tantes nous donnaient de l’argent que nous dépensions en livres chez les bouquinistes. Je me souviens particulièrement de celui qui était dans la Hara, le quartier juif.

Drole de destin, le pere et le fils tous deux assassines
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