SUPERSTITION EN TUNISIE
Lorsque j’ai obtenu les résultats de mon baccalauréat, le premier d’une famille nombreuse dont j’étais la sixième après quatre garçons, ma mère m’a machinalement demandé devant toute la tablée « alors, c’est une fille ou un garçon ? ». Ceci voulait dire, est-ce une mauvaise ou une bonne nouvelle ? Aurais-je dû répondre que c’était un garçon…
SUPERSTITION
Une Fille ? un Garçon ? Quelle était la nouvelle ?
Car si c’était un garçon, c’était heureux pour elle.
Dieu les avait bénis, ses fils, ses étalons,
Nous, on était contraire tout juste soumission.
Une mère trop fière de ses jeunes garçons,
Et parfois si sévère envers ses papillons,
Deux filles pour quatre frères, deux fleurs à la maison,
Tout juste pour servir les besoins d’un bastion.
Le soir quand ils entraient tour à tour comme lions,
Défoulaient leur colère d’une journée prison,
Eux libres comme l’air, nous enchaînées maison,
Nous seaux et serpillères, eux balades, ambitions…
Pourtant, le jour de naître, j’étais bonne nouvelle,
Pour mon père pour ma sœur, d’une certaine façon,
Juste ce jour de fête, contrariant le dicton,
Avant que ne succède, la perte de deux fleurons.
Encore chrysalides, mes deux sœurs envolées,
Le hasard, les médecins, peu importe la cause,
Le malheur sur elles perpétua l’hypnose,
Furent-elles sacrifice ou malheur redouté ?
MAUD







