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Poutine en Syrie : un tigrof de papier | Harissa.com/news


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Poutine en Syrie : un tigrof de papier

Un Soukhoï-30 sur l’aéroport russe de Lattaquié

Poutine en Syrie : un tigrof de papier (info # 012810/15)[Analyse]

Par Jean Tsadik © MetulaNewsAgency

 

Hormis l’état-major russe, celui d’Israël, Poutine, Netanyahu et leur premier cercle de conseillers, tout le monde ignore le contenu des accords, négociés à Jérusalem et à Moscou par deux imposantes délégations.

 

L’objectif de ces discussions consistait à éviter des confrontations aériennes impromptues entre les deux armées de l’air, et, sans doute, à définir les "zones d’influence" respectives, que les pilotes de l’autre armée doivent éviter de survoler.

 

Nous l’avions annoncé dès la nouvelle de l’instauration d’un aéroport militaire russe à Lattaquié, quelle que soit la nature des arrangements établis, le Khe’l Avir a perdu une partie de sa liberté d’action dans le ciel de Bachar al Assad.

 

Même si Jérusalem n’avait accepté aucune restriction à la capacité de ses chasseurs-bombardiers d’intervenir en Syrie, la seule présence d’une force aérienne supplémentaire dans leur pré carré constituait déjà une limitation de leur faculté de mouvement.

 

Les appareils à l’Etoile de David avaient l’habitude de détruire les entrepôts d’armes sophistiquées au service d’Assad, des Iraniens et du Hezbollah, lesquels entrepôts sont situés à quelques kilomètres seulement de l’aéroport russe et de sa base de soutien logistique d’al Sanobar.

 

Les positions de Poutine sont défendues par des systèmes sol-air relativement performants, déployés autour des deux emplacements de Lattaquié, mais également par des systèmes semblables, installés sur des navires mouillant dans le port militaire russe de Tartous, à 65 km au Sud.

 

Il est clair que si les F-16 s’approchaient trop près des deux camps russes, on n’échapperait pas à un affrontement ; il est encore plus évident, qu’au cas où le Khe’l Avir se mettait en tête de les détruire, cela marquerait le début d’une confrontation durable entre les deux pays, ou, plus précisément formulé, entre l’Etat hébreu et ce qui demeure la seconde force militaire du globe.

 

Il y a donc intérêt à prendre des précautions et à négocier avec le nouveau tzar, tant que ses exigences demeurent dans le domaine du raisonnable, et tant qu’il respecte ses engagements, ce qui n’est pas réellement sa marque de fabrique.

 

En attendant, Israël est contraint d’assouplir sa doctrine qui stipulait que son armée interviendrait aussitôt qu’elle repérerait des transferts d’armes sophistiquées en Syrie, principalement, des missiles balistiques, des missiles terre-air performants, ou d’autres armes de destruction massive.

 

Dans la pratique, les appareils aux deux bandes blanches étaient intervenus plusieurs fois dans la région de Damas, et notamment de son aéroport international servant de Q.G au Renseignement iranien, dans la zone montagneuse séparant la Syrie du Liban, et, comme nous l’avons déjà dit, aux alentours de Lattaquié.

 

A ce qu’il nous semble, aucune de ces prérogatives d’interventions ne peut plus être raisonnablement envisagée par Tsahal. Il est même probable que Jérusalem les ait officiellement abandonnées lors de ses discussions avec l’état-major russe.

 

Cela signifie que, grâce à la présence russe, les Iraniens possèdent désormais la latitude d’équiper leur milice supplétive du Hezbollah au Liban d’armes qui menacent directement et massivement la population israélienne.

 

Certes, il est probable que les Russes se sont engagés à empêcher ces trafics, usant de leur influence sur leurs alliés iraniens et alaouites, mais si l’Etat hébreu se trouve contraint de confier à Vladimir Poutine la protection de ses ressortissants, il leur fait évidemment courir un risque important.

 

C’est malheureusement ce qui paraît être le cas, car si nous n’avons pas eu accès au contenu des accords avec le tzarevitch, nous avons constaté d’inquiétants changements tactiques du Khe’l Avir, simplement en levant les yeux au-dessus de Métula ; auparavant, les jets de l’Armée de l’air franchissaient la frontière israélo-syrienne comme si elle n’existait pas, soit pour aller observer des convois suspects au pays des cèdres, soit pour les anéantir. Désormais, les F-16 décrivent des cercles concentriques sur l’Ongle de la Galilée, mais ils ne franchissent plus la frontière.

 

Jérusalem dispose certes de satellites pour scruter la région, ainsi que de drones – mais nous ne savons pas si elle les utilise encore au-dessus du Liban -, reste que certaines tâches ne peuvent être réalisées que par les chasseurs-bombardiers. Et une question s’impose : si nous repérons un convoi suspect et informons les Russes de sa présence, que font-ils ? Nous doutons qu’ils lancent leurs Soukhoï pour les anéantir, envoient-ils une "demande de précisions" à Téhéran ? Une protestation ? Tout cela n’est pas très sérieux.

 

On doit aussi se demander si Netanyahu a reçu la réciproque de la part de Poutine contre l’acceptation de cesser ses survols du Liban. Nous l’ignorons. Le maître du Kremlin s’est-il engagé à s’abstenir de survoler la partie syrienne du Golan, la proximité des frontières de l’Etat hébreu, de même que le Liban, à l’instar des Israéliens ?

 

Rien ne permet de l’indiquer, à part, peut-être, le fait qu’aucune altercation entre nos avions et les leurs n’a été signalée, et qu’aucune incursion russe dans le Golan syrien non plus. Une agence iranienne a certes mentionné hier (mardi) que les pilotes de Poutine auraient, pour la première fois, bombardé la région de Deraa, dans le sud de la province ; mais, renseignements pris sur place, il s’agissait d’un raid de l’aviation gouvernementale, déversant, c’est son arme de prédilection, des barils d’explosifs sur l’insurrection.

 

Certains observateurs, dont nous sommes, se demandent si la puissance du corps expéditionnaire russe n’est pas surévaluée et si les Occidentaux ne sont pas en train de manquer une bonne occasion de remettre Poutine à sa place, en lui infligeant une petite correction sur le plan militaire.

 

A nous de préciser que ce questionnement ne s’adresse pas à Israël, qui n’a pas pour vocation de servir à nouveau de bouc émissaire face à l’impuissance affligeante des Américains et des Européens. Certes, Israël dispose de 450 avions qui sont presque tous technologiquement supérieurs aux 40 Soukhoï russes basés à Lattaquié et à Damas.

 

En une demi-heure, le Khe’l Avir, dont nous sommes absolument convaincus qu’il dispose des contre-mesures électroniques pour contraindre au silence les missiles sol-air russes, a la capacité de réduire les deux concentrations de Lattaquié en champs de ruines. C’est bon à savoir et cela participe également d’une assurance-vie, en cas d’insupportable nécessité ; de plus, cela oblige Poutine à négocier avec nous et à nous respecter, sachant que le contingent qu’il a déployé en Syrie est militairement à notre merci.

 

Là s’arrête la digression en ce qui concerne Israël, pour qui ce serait la plus grande faute stratégique de son histoire que de prendre une initiative qui le placerait en situation conflictuelle avec Moscou, tandis qu’Obama, l’Union Européenne et les Etats sunnites compteraient les points depuis les tribunes en se frottant les mains.

 

Non, si la décision de déloger les deux mille troupiers du tzarévitch de Syrie, où il n’a strictement rien à faire, et de l’empêcher de fanfaronner doit être prise, c’est à Washington qu’elle doit l’être. Mais Obama, qui n’a pas bronché lors de l’occupation de la Crimée par Poutine, n’est pas un va-t-en-guerre, loin s’en faut ; il semble même nourrir une aversion quasi-innée pour le recours à l’armée.

 

Pourtant, à y regarder d’un peu plus près, le président de toutes les Russies n’a pas grand-chose à opposer à l’armada U.S. Ce ne sont pas ses intercepteurs, six Mig-31, basés à Damas, et quatre Soukhoï-30, ancrés à Lattaquié, qui pourraient lui procurer la suprématie aérienne. Ni face aux appareils alliés présents dans le ciel syrien, pas plus que contre les appareils d’un seul des dix porte-avions U.S de la classe Nimitz actuellement en service. C’est dire la disparité des forces.

 

Au niveau de l’attaque au sol, la Russie dispose de six Soukhoï-34, le modèle le plus récent, le premier appareil russe capable de lancer des bombes guidées par GPS. Il s’agit d’un bon avion, mais délicat. Nous doutons qu’il soit possible au corps expéditionnaire d’en aligner plus de trois ou quatre en même temps dans les airs, ce qui limite largement son impact sur l’issue des batailles.

 

Autre avion de bombardement présent à Lattaquié, le Sukhoï-24, au nombre de douze. Bien qu’équipé d’un système de visée à laser de troisième génération, fabriqué par le Français Thalès, cet appareil a déjà vingt-cinq ans d’âge, c’est le moins fiable de la flotte aérienne russe, et il réclame des heures d’entretien après chaque sortie. L’Armée de l’air d’al Assad en avait deux douzaines avant l’éclatement de la Guerre Civile ; elle a réussi à en perdre deux : l’un abattu par un missile rebelle, l’autre, par les Israéliens, après une incursion de 300 mètres dans leur territoire.

 

Quant au Soukhoï-25, d’appui au sol, c’est pire encore : il est incapable de voler de nuit ou dans les nuages, et ses défenses antimissiles désuètes en font une cible facile.

 

Misère aussi du côté du renseignement aérien, qui repose presqu’exclusivement sur des drones Heron, fabriqués en Israël par l’IAI (Israel Aircraft Industry), ainsi que sur un Ilyushin-20, un appareil de surveillance électronique.        

 

On comprend, à la fin de ce bref tour d’horizon, que le contingent envoyé par Poutine n’est pas en mesure de faire tourner le sort de la guerre. Pire encore pour les Russes, ils n’ont pas les moyens de leur politique. Celle-ci consiste à faire d’eux un partenaire incontournable durant les négociations pour l’avenir de la Syrie.

 

Mais les alliés occidentaux connaissent leur faiblesse militaire, de même que les Israéliens et les russes eux-mêmes. Tous savent qu’un jour prochain, ils devront quitter Lattaquié et qu’alors, le régime s’effondrera. Ils savent, qu’en dépit du coup de bluff de Poutine, ou plutôt, à cause de lui, ils sont à la merci du désir de n’importe lequel de leurs adversaires d’en découdre. Or à ce jeu dangereux, même la Turquie pourrait, au prix de fortes pertes, certes, les rejeter à la mer.

 

Ce qui précède explique pourquoi le Kremlin lance des initiatives politiques à tout-va, et qu’il envisage même le retrait de l’allié al Assad de la vie politique. Il faut se presser car on ne maintiendra pas l’illusion indéfiniment. Et si personne ne veut lui parler – ce qui serait pour lui la pire des choses – Poutine pourra toujours installer Bachar et les alaouites dans la poche de Lattaquié. Cela, tout le monde le comprendrait.

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