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Droit de réponse à mon ami le Père Remaud : Ancien ou Premier Testament ?

Droit de réponse à mon ami le Père Remaud : "Ancien ou Premier Testament" ?
Félix Perez, auteur de "Les Origines Juives des Fêtes Chrétiennes"
Ed. Convergences - 3è édition novembre 2010.

Mon ami le Père Remaud réagit à l'utilisation dans mon dernier livre (comme à quelques autres) de la terminologie "Premier et Deuxième Testaments" en lieu et place de la plus classique "Ancien et Nouveau Testaments".
Je voudrais lui répondre dans le cadre d'un sain débat théologique qui reste inscrit dans l'amitié et la fraternité  en entrant dans le vif du sujet.

Reprenons les arguments du Père Remaud :
1- "Jérémie annonce que Dieu va conclure avec la maison d’Israël et la maison de Juda une Alliance nouvelle" qui serait dès lors base du "Nouveau Testament".
C'est argument est absolument valable pour des lecteurs chrétiens. Mais il ne l'est absolument pas pour des lecteurs juifs qui, justement, ne reconnaissent pas dans ces livres la réalisation de la parole de Jérémie. Dès lors pour eux, il ne saurait s''agir, y compris en ligne avec la logique du Père Remaud d'un "Nouveau Testament" réalisant la prophétie de Jérémie. Leur messie reste à venir et cette alliance Jérémiesque aussi.
2- " Le terme d’ancien est plus ou moins synonyme de périmé. Mais dans la culture contemporaine, ce qui est nouveau est généralement synonyme d’éphémère".
Cela dit, ni les Juifs ni l'Eglise (les 2 protagonistes) n'ont prétendu que ce "Nouveau Testament" n'était pour l'heure, ni éphémère ni dépassé par autre chose. Dès lors on en reste bien comme le dit le Père Remaud à un "ancien testament" périmé par le nouveau. Ce qui est absolument dans la logique chrétienne mais nullement acceptable par la théologie juive.
3- " Il n’est pas nécessaire d’être notaire pour savoir qu’un second testament annule le précédent".
Sauf à considérer, comme la théologie juive le fait que le second, ne répondant pas à ses propres critères d'authenticité, est contesté devant notaire et n'annule dès lors pas le premier. (Cependant, la théologie juive, dans sa logique propre, ne conteste nullement aux chrétiens le fait de penser le contraire).
4- "« Le nouveau se cache dans l’ancien et l’ancien se révèle dans le nouveau », dit saint Augustin."
Cela est absolument vrai dans la logique chrétienne mais à l'opposé de la théologie juive pour qui le second testament n'est aucunement l'assomption du premier, ni ne s'y cache à aucun endroit ! Sauf à obliger les juifs à accepter la doctrine chrétienne !

Le Père Remaud a donc réussi à illustrer, un peu malgré lui, que les terminologies Ancien et Nouveau étaient absolument liées à la théologie chrétienne.
Et, de ce fait, comme nous venons de le montrer, inacceptables pour ceux qui, fidèles à la théologie juive authentique (dont l'Eglise se refuse à contester l'existence), ne sont nullement liés aux dogmes chrétiens : assomption de l'Ancien par le Nouveau, annonces du Nouveau par l'Ancien...

Dès lors, si on ne peut qu'être d'accord avec le Père Remaud pour le maintien des termes historiques pour des chrétiens, on ne peut qu'insister pour souligner que les personnes fidèles à la théologie juive, gênées par employer des termes à si forte connotation théologique comme souligné par le Père Remaud), leur préfèrent les termes plus neutres de "Premier Testament" et "Second Testament".

Félix Perez

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