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Pour les États-Unis, la France est antisémite

Une croix gammée taguée sur l'un des bâtiments de l'université de Toulouse en février 2014. © Capture d'écran Twitter

Pour les États-Unis, la France est antisémite

Le Point.fr 

Le "New York Times" et le "Washington Post" clouent la France au pilori. Une affaire embarrassante...

Par SOPHIE COIGNARD

 

C'est un tir groupé ! Samedi 21 juin, les deux plus grands quotidiens américains publient de longs articles sur la montée de l'antisémitisme en France. Le Washington Post, le plus agressif, en fait même une une spectaculaire, titrée "L'antisémitisme érode la fraternité française". En illustration : une photo de jeunes manifestants, emmitouflés dans de gros manteaux, qui font une quenelle. En accroche, trois chiffres : 37 % des Français qui expriment ouvertement des opinions antisémites ; 40 % de hausse des actes de violence à caractère antisémite en France au premier trimestre 2014 ; 64 % d'augmentation des départs de citoyens français qui émigrent en Israël

L'effet est saisissant, et le corps de l'article ne l'atténue pas. Dieudonné, Mohamed Merah, Mehdi Nemmouche, le score du Front national aux européennes : une telle énumération, à elle seule, sonne comme un réquisitoire. L'explication donnée à cette lugubre résurgence ? Quatre facteurs convergents : le besoin de trouver un bouc émissaire en période de crise ; la montée de l'extrême droite ; les relations détériorées entre les immigrés d'origine africaine et les juifs de France ; les tensions croissantes avec la population musulmane.

 

Le Quai d'Orsay prépare une réponse

À la lecture de ces deux articles, l'intelligentsia américaine au sens large, qui constitue le coeur de cible de ces quotidiens, risque désormais de considérer la France comme un pays antisémite. Certes, dans ces articles, certains candidats à l'immigration en Israël invoquent aussi des raisons économiques à leur décision, mais l'image qui demeure est désastreuse : celle d'un pays qui compte la plus grande communauté juive d'Europe et qui ne parvient plus à la protéger.

Dès la parution du Washington Post, de loin le plus virulent des deux, la diplomatie française s'est mise en quête d'une riposte. L'équation est difficile : répondre, c'est alimenter la polémique ; ne rien faire sera forcément interprété comme le signe d'une gêne, voire d'un acquiescement. D'ores et déjà, plusieurs médias américains s'emparent de l'affaire et sollicitent une réaction française. Il sera difficile d'éviter la polémique.

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