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Rassurez-vous, Ennahda n’a pas de problème avec le string

 

Rassurez-vous, Ennahda n'a pas de problème avec le string

 

Le quotidien tunisien Le Temps s'inquiète de la forte poussée d'Ennahda aux élections du 23 octobre. Il appelle le parti islamiste à ne pas oublier l'héritage laïc du pays.

 

Raouf Khalsi  | Le Temps

 

 

Que ferez-vous de cette démocratie, messieurs les gagnants ? Que ferez-vous de la République ? Que ferez-vous de notre Histoire ?
Et surtout quelles intentions avez-vous envers notre identité et envers la laïcité, legs incontournable d’une civilisation trois fois millénaire ; berceau de ce brassage pluriculturel, pluricultuel, la force de diversité et, finalement, la tolérance sans laquelle nous n’aurions jamais pu vivre ensemble.

Les urnes s’apprêtent à rendre le verdict historique. La Démocratie, dont les observateurs disent qu’elle ira à bon port, s’accomplit et renaît, trois mille ans après en Tunisie, depuis Carthage avec son parlement, ''les suffitats''. Mais c’est une démocratie fatalement fragile, qui bégaiera, qui provoquera ces ébranlements sur le sol de nos vieilles certitudes.

Hier, les Tunisiens se sont réveillés avec la gueule de bois. A l’ivresse de dimanche succède l’expectative, la jubilation tranquille des Nahdhaouis [partisans du parti islamiste Ennahda], la résignation du PDP [Parti pour la démocratie et le Progrès], la surprise que provoque le CPR [Congrès pour la République] et le sprint final d’Ettakatol. A l’heure où nous livrions ce journal à l’impression [mardi 25 octobre], les jeux, à l’évidence, n’étaient pas encore (définitivement) faits, mais les dés étaient jetés. On a parlé de dépassements, de vote orienté, de manœuvres d’Ennahda en faveur du CPR et d’Ettakatol. En fait, si cela s’avérait vrai, il s’expliquerait quelque part : le jeu du scrutin proportionnel n’attribue pas forcément le plus grand nombre de sièges à celui qui a obtenu le plus de voix. Les alliances se feront donc. Mais trop de regroupements bloqueraient la dynamique de la Constituante.

Et de surcroît, on a bien vu qu’Ennahda et le CPR que tout sépare idéologiquement et religieusement se rejoignent. Devons-nous avoir peur pour nos acquis ? Ennahda se veut rassurant et affirme n’avoir guère l’intention de toucher aux femmes, et de n’avoir guère de problèmes avec le string, le tourisme, ni encore avec ceux qui ne se rendront pas aux mosquées. Le modèle que prône Cheikh Rached ? La Turquie. Mais il serait inspiré de relire la Constitution turque. Et finalement qu’est-ce qui est possible et qu’est-ce qui est impossible avec Ennahda ? Ecoutons plutôt Sherlock Holmes : ''quand nous aurons éliminé toutes les impossibilités, il ne restera que des probabilités''.

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