Une soirée rue de Zaghouan a Tunis - Robert Blassin/Belhassen

Une soirée rue de Zaghouan a Tunis.

 

Un peu avant la fin de l'école c'est-à-dire fin juin, nous avions l'habitude, les jours de semaine de nous  installer  sur des chaises devant la porte de notre maison, dans la rue.
Le passage de véhicules était exceptionnel.

Cette maison, de mon enfance, se situait dans cette toute petite rue dite de Zaghouan, ville bénéficiant d une eau bien connue. Les  voisins, juifs, siciliens ou sardes venaint nous rejoindre afin de refaire le monde. Baisers volés, et regards croisés.Des discussions étaient animées et très joyeuses accompagnées immanquablement, de dégustation de toutes sortes de glibettes . Les glibettes sont des graines de tournesol ou bien de courge ou bien de melon, qui était bien lavées, salées, et passées au four.

On pouvait également les acheter chez de petits marchands ambulants, qui passaient au moment de la sieste ,en criant, pour vanter leur marchandise pour quelques petits sous : "glibettes, glibettes, tout chaud !"
Et la soirée se poursuivait de cette façon. Puis, après avoir léché et croquė toutes ces graines salées, et surtout craché  ! La coque, nous avions tous soif, et c'était le moment de couper une grosse pastèque
accompagnée ou pas d'un melon.

Mon père achetait toujours de très grosses pastèques vertes, avec preuve.
La preuve de faisait en taillant un "puits" rectangulaire que le marchand extrait et faisait goûter.
Ces pastèques, étaient meilleures et moins chères que les toutes petites.
Donc, l'un d'entre nous, muni d un grand couteau, coupait la pastèque à la cuisine, séparait la peau verte de la pulpe bien rouge et l 'apportait dans un grand saladier devant la porte de la maison.

Et comme l'atmosphère était à s'agiter immanquablement, il s'en suivait une sorte de bataille de pastèque. On se jetait gentiment les écorces de pastèque les uns sur les autres et on terminait enfin par des batailles au jet d'eau devant la maison ; on terminait complètement trempés.

C'était les prémisses pour aller se doucher et enfin dormir
D'autres soirées se passaient au café du quartier Lafayette, en compagnie des copains et copines. Evidemment la fin de la réunion ne comprenait pas les batailles de pastèque, mais nous passions vraiment de bons moments à projeter sur l'avenir et à tirer des plans sur la comète, le tout,
agrémenté de flirts..

Bien sûr, avec le temps, j' ai magnifié tout ça !

Ah ! quel temps merveilleux.

 

Robert Blassin/Belhassen

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