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Les leçons de la catastrophe, par Jacques BENILLOUCHE

Les leçons de la catastrophe

Par Jacques BENILLOUCHE

 

 

D’un malheur peut rejaillir la lumière. L’incendie du Carmel, qui dure depuis une semaine, a mis en évidence des points de faiblesse dans la structure sécuritaire du pays. Les ennemis d’Israël n’ont pas besoin de fusées balistiques, d’armes nucléaires, de drones, de missiles ou de bombes guidées au laser pour détruire le pays. Il leur suffit d’avoir quelques allumettes pour engendrer la mort et désorganiser toutes les forces de l’Etat.

Le pays de la chaleur, de la sècheresse et du désert n’avait aucun avion pour lutter contre les flammes et pour ralentir la progression du feu. Les deux premiers jours ont été gâchés à se battre avec des moyens disproportionnées par rapport à la réalité du sinistre. La catastrophe écologique ramènera le site du Carmel vingt ans en arrière car 5.000 hectares de végétation, des millions d’arbres, sont partis en fumées. La catastrophe est à la mesure de la taille du pays qui manque de forets puisque l’eau est rare. Il faudra des années pour reboiser, des années pour rééquilibrer la nature d’une faune naturelle qui a grillé sous les flammes et des mois pour repeupler le site d'abeilles qui apportaient, non seulement le miel, mais surtout la vie.

Mais le malheur a prouvé que l’homme n’était pas foncièrement mauvais. Israël, qui souffre d'isolement diplomatique, a bénéficié de la solidarité des pays étrangers qui n’ont pas lésiné sur les moyens pour l’aider dans sa détresse. La France a prêté la moitié de ses avions Canadair. Même la Turquie, qui vouait aux gémonies l’Etat juif, a envoyé ses deux avions CL215 en précisant cependant que son aide ne changerait rien à la brouille entre les deux pays.

Des pompiers palestiniens de l’organisation « Sauveteurs sans Frontières » ont demandé à traverser la ligne de démarcation pour aider au combat contre le feu après avoir laissé chez eux toute la haine accumulée pendant soixante ans. Le malheur rapproche les hommes. Il est vrai que l’on reconnait ses amis à leur comportement dans les moments de détresse qui font oublier la signification du mot ennemi. Près de la braise, les hommes se sont à nouveau côtoyés alors qu’ils avaient ignoré jusqu’alors le sens du dialogue. Si le sacrifice de 5.000 hectares et la destruction de quelques villes par le feu devaient être le tribut à payer pour donner un peu d’humanité aux hommes, alors les pompiers venus de tous les pays du monde n’auront pas travaillé pour rien.

Mais au lendemain de cette catastrophe, les dirigeants sécuritaires israéliens devront se pencher sur les mesures à prendre pour éviter que quelques flammes ne portent préjudice à l’existence même du pays. Au lieu de se pencher sur les méthodes perfectionnées pour la diffusion de la mort, ils auront à étudier les moyens de préserver la vie, la faune et la flore.

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