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Pas de "Roméo et Juliette" arabo-juif pour les lycéens en Israël

Pas de "Roméo et Juliette" arabo-juif pour les lycéens en Israël

 

 

Le ministère israélien de l'Education a décidé de ne pas inclure au programme de littérature des lycées juifs un roman d'amour entre une Israélienne et un Palestinien, expliquant qu'il craint qu'il ne provoque des tensions parmi les élèves.

Selon les médias israéliens, certains enseignants avaient demandé à ce que le roman de l'auteure israélienne Dorit Rabinyan, paru en hébreu sous le titre "Haie", figure au programme des lycées, mais, a déclaré jeudi un responsable du ministère, une commission a rejeté ce titre, jugé susceptible d'attiser les tensions entre Juifs et Arabes.

"Ce livre pourrait inciter à la haine et provoquer beaucoup d'émotions (dans les classes)", a estimé au micro de la radio de l'armée israélienne Dalia Fenig, qui dirige la commission ministérielle chargée de sélectionner les oeuvres littéraires au programme.

Pour Dorit Rabinyan, le roman, qui se passe à New York, vise à illustrer les points communs et les différences entre les protagonistes.

"Les deux héros passent un hiver à l'étranger et se découvrent l'un l'autre, comme ils n'auraient pas pu le faire sur les terres contestées", a dit l'auteure sur les ondes de Radio-Israël. "Peut-être que leur capacité à surmonter les obstacles du conflit proche-oriental est justement ce qui paraît menaçant au ministère de l'Education", a-t-elle ajouté.

Les systèmes éducatifs juif et arabe sont en grande partie distincts en Israël, avec des programmes spécifiques pour chacun.

Selon la directrice générale du ministère Michal Cohen, le ministre de l'Education Naftali Bennett, chef du parti Foyer juif (droite nationaliste), n'a pas pris part à la décision, même si c'est lui qui a défini la ligne de conduite générale du ministère.

Pour Oriana Inbar, qui enseigne la littérature hébraïque dans un lycée de Tel Aviv, l'exclusion de ce roman des programmes est une "honte".

"J'espère que le tollé va conduire le ministère de l'Education à changer d'avis. J'en parlerai à mes élèves et je suis certain qu'ils se précipiteront pour acheter le livre", a dit cette enseignante à Radio-Israël. (Eric Faye pour le service français)

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